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Totem de poche
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Totem de poche
le Sam 10 Nov - 11:20
« Quoi de neuf docteur ? »
Feat. @Vance Roy
Perché en haut de ta commode, je te regarde pendant que tu t’agites en bas. Me dandinant un peu à cause d’un frisson de froid, je finis par m’envoler et venir me blottir contre ton cou. Encore une fois, tu prépares tes affaires pour aller dans les bois. Toi qui n’est ni très sportif, ni très nature, tu n’as jamais été autant dans la forêt que cette année il me semble. Est-ce que tu finis par te coller un peu plus à ce que je représente ? Ca voudra peut être dire aussi que tu finiras par manger plus et ne plus ressembler au garçon gringalet que tu es…

- Nino, où est Neil ?

Nous regardons autour de nous, avant de voir un truc bougeant dans le sac à dos. Celui-ci tombe sans qu’on le touche, et ton chat finit par en sortir, emmenant avec lui quelques vêtements. Je secoue la tête d’une air réprobateur. Comme à son habitude, il s’endort et joue où il ne faut pas, et ce n’est pas Archi qui va lui apprendre à comment bien se tenir. Je viens donc me poser sur sa tête, piaillant un peu alors qu’il miaule pendant que tu t’occupes de remettre tes affaires dans le sac.

Une dizaine de minutes plus tard, ton réveil sonne et tu finis par sortir de ta chambre avec ton sac et tes chaussures de randonnées fraîchement achetés. Comme toujours, tu as ton télescope avec toi mais cette fois-ci on part beaucoup plus tôt que prévu pour réussir à trouver le lac avant qu’il ne fasse nuit. Enfilant ta doudoune noire à l’extérieur et pelucheuse à l’intérieur, je viens me glisser encore une fois contre toi. Tu termines par ton écharpe épaisse en laine, m’enveloppant aussi avec. Rapidement, nous rejoignons la gare routière pour prendre le bus nous emmenant à la forêt.

Tu regardes le paysage qui défile derrière tes lunettes de vue, à deux ou trois reprises tu piques un peu du nez, mais tu t’empêches de dormir pour ne pas rater ton arrêt. Tu as beau avoir confiance en moi, tu préfères quand même rester réveillé. Une fois arrive, tu descends en traînant tes affaires avec toi alors que je déploie mes ailes pour virevolter un peu autour de toi histoire de me dégourdir un peu. Nous passons devant le bâtiment du garde forestier, jetant un bref coup d’oeil avant de continuer. Quand c’était encore Roger qui travaillait là, tu venais parfois pour boire un thé, mais depuis qu’il est parti à la retraite, tu n’as pas eu l’occasion d’aller rencontrer son remplaçant. Tu n’aimes pas le changement, autant que les nouvelles rencontres d’ailleurs. Alors tu t’enfonces dans la forêt avec ton matériel, fouinant dans la poche de ta veste, tu ressors une barre de céréales. Tout en grignotant, tu avances, jusqu’à ce que je piaille pour que tu t’arrêtes. Te stoppant net, tu me jettes un coup d’oeil avant de tendre l’oreille. Tu ne tardes pas toi aussi à entendre un couinant plaintif près d’ici. Fronçant les sourcils, tu ranges la moitié de ta barre dans ta poche en prenant soin de rabattre le plastique pour que ça ne colle pas partout, puis tu quittes le chemin pour te diriger vers le bruit. Le bas léger, tu écrases les feuilles mortes sur le sol, trop humide pour qu’elles craquent sous ton poids. Je m’avance un peu en éclaireur, regardant autour de moi avant de piailler pour dire que j’ai trouvé. Tu arrives plus rapidement, et finit par t’accroupir face à un petit lapin tout blanc. Sa fourrure au niveau de la patte est devenu rouge à cause du sang, ça ressemble à une morsure ? Tu évites de trop regarder, pas bien à l’aise face à la vue de ses chairs un peu trop dévoilé.

- Attends…

Tu retires ton écharpe pour venir l’envelopper dedans. L’animal semble bien trop faible pour réellement essayer de se débattre. Le tenant contre ton torse bien au chaud, tu te redresses rapidement. Nous revenons sur le chemin, partant dans l’autre sens d’un pas rapide pour pouvoir rejoindre le garde forestier. Prenant de l’avance sur toi, autant qu’un totem et son humain le peuvent, je ne cesse de piailler bruyamment pour prévenir de notre arrivée. Derrière moi, je t’entends un peu essoufflé de devoir marcher si vite. Tu surveilles que tes mouvements ne lui font pas plus mal qu’autre chose à chaque pas que tu fais.

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Sans-Totem
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Sans-Totem
le Ven 30 Nov - 23:52

Quoi de neuf docteur ?.

@tag
notes
Dans la forêt limitrophe à la zone urbaine, on entend le son de la nature qui bourdonne et qui se complait dans son temple de paix. Mais la nature ne serait point aussi tranquille sans son gardien de marbre, armé de ses tatouages, de son crâne délaissé de toute pilosité et de son uniforme en harmonie avec sa belle. Vance avait été nommé gardien, valet de ces lieux. De ce fait, il devait assurer son bon fonctionnement, valoriser ces étendues vertes, comme ses habitants de toutes les menaces qui pouvaient subvenir. Vance était donc le bon gars sur qui la population devait compter pour prendre soin de son brin cette beauté. Pour lui, c’était un comble, un mec aussi con n’aurait jamais dû avoir accès à une si grosse responsabilité, néanmoins il se répète toujours de ne pas déconner. Cependant, il en était ainsi, il ne devait pas refaire ces sales conneries.

Vance son chemisier associé à son cou se sentait un peu comme coincé dans la formalité de sa tenue, mais heureusement il avait trouvé un moyen d’oublier toute cette rigueur qu’on lui imposait. Un bonnet noir, sur son crâne presque chauve ressortait. Il n’aimait pas le chapeau prescrit, il le mettait uniquement lors de grandes cérémonies, lors de grands évènements on l’on pourrait lui reprocher de ne pas le porter. Alors aujourd’hui encore, il adoptait ce petit style décontracté. Le garde forestier dans son accoutrement était prêt, ses bottes bien enfilées, son matériel accroché et pendant sur les pourtours de sa ceinture. Le jeune Vance pressait sa mâchoire carrée et dans cette journée il s’en allait à ses occupations.

Ces occupations semblaient les mêmes toutes les journées. Prévenir les nouveaux arrivants des dangers, accompagné les enfants dans leurs activités, surveiller que tout soit dans l’ordre, intervenir dans le cas de désordre ou de mise en danger de la faune, de la flore ou d’un être humain, régler des papiers administratifs, patrouiller aussi simplement dans les bois… Vance n’avait pas vraiment le temps de papillonner. Ses journées étaient remplies, et d’un côté, cela lui permettait de ne plus penser.

Aujourd’hui, Vance était donc parti voir l’état d’une zone de la forêt qui avait été un peu saccagée lors de la nuit passée. Cette aire lui avait été indiqué comme abîmé par l’amusement dernier de la jeunesse qui avait éclaboussé sa belle aux reflets verts de débris d’îvresse. Sur l’étendue de feuillages et de galets, des emballages avaient été délaissés. Canettes, paquets de chips, cartons de pizza, mégots de cigarette, bouts de verres, bouteilles en verre… La femme de Vance avait été traité comme une vulgaire poubelle, elle aurait bien pu s’emballer et s’enflammer, mais heureusement il n’en fut pas ainsi. Le chauve ne supportait pas ces comportements, il se sentait un peu nauséeux et coupable de ne pas avoir été là, mais il n’était pas omniscient et ne pouvait pas être à deux lieux à la fois…

Puis vint le moment du labeur. C’était ça aussi les activités du garde forestier, tomber nez à nez face à la connerie des autres et devoir tout nettoyer, tout protéger, tout astiquer. Vance était devenu pour quelques minutes le monsieur Propre de ces bois. Il enferma alors les saletés de la jeunesse dans un sac poubelle et marcha pour vérifier que rien de dangereux n’avait été délaissé et pouvait mettre en péril la santé des créatures vivant en ces lieux. Il ne trouva rien d’autres qu’un préservatif usagé. Vance fixa l’arme du crime avec dégout. Il avala sa fierté et préféra mettre celle-ci avec le reste des déchets, loin de lui, dans le fond du vieux véhicule de service. Il se sentait frustré face à tant de saletés. Puis il dû reprendre la route pour retourner à son poste, une fois cette quête effectuée. Il grimpa pour le retour dans le vieux 4X4 gris métallisé, prit par la poussière. Il glissa une vieille cassette audio du groupe The Cure dans le magnéto avant de se mettre en route vers sa maisonnette verdoyante. Sur le chemin, il se mit à chantonner Boys Don’t Cry, suivie de Close to me, puis il arriva sur la mélodie de Lovesong et retourna à son bureau pour signaler les dégâts qu’il avait constaté sur le terrain. Il les répertoria sur son cahier de maintenance avant de repartir à l’aventure.

A peine eut-il le temps de sortir de la maisonnette, qu’il put apercevoir un homme qui tenait dans les bras quelque chose. Il ne put pas vraiment voir ce que c’était, mais il se contenta de le laisser s’approcher. Il avait sûrement besoin d’aide, ou peut-être devait-il signaler quelque chose à l’autorité forestière. Vance se contenta de te tenir droit comme un tronc, et se s’avancer vers l’essouffler qui lui apportait certainement une preuve de son utilité.

- Puis-je vous aider ?

Demanda l’ancien cancéreux.


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Totem de poche
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Totem de poche
le Lun 10 Déc - 9:03
« Quoi de neuf docteur ? »
Feat. @Vance Roy
Bon sang, ce gros bêta de garde forestier semble faire exprès de ne pas m’entendre ! Je peste un peu plus fort, mais il attend que tu arrives à son niveau pour daigner dire quelque chose. Mécontente, je lui tourne autour alors que tu m’observes un instant sans répondre à l’homme. Cessant de m’époumoner, je reviens m’installer sur ton épaule alors que tu lui tends le lapin blessé. Tu lui glisses entre les bras en prenant bien soin de ni le regarder dans les yeux, ni même le toucher. Assez peu à l’aise en société, je suis en général là pour faire l'interprète, mais dans cette situation forcé de constater que tu es tout seul.

- Je l’ai trouvé. Blessé.

Tu regardes un instant le lapin, qui remue sa truffe en respirant rapidement. Il doit sûrement être en train de souffrir, espérons que l’homme ait un minimum de matériel pour aider. On entre dans le bâtiment et pendant que tu t’assoies dans un coin, je suis le garde forestier pour surveiller. Virevoletant autour de lui de manière assez agaçante, je finis par me dire que s’il me voit, il doit être d’une grande patience.

- Nino.

Tu m’appelles et après un coup d’oeil vers le chauve, je reviens à toi. Le regard perdu sur l’horizon, tu attends des nouvelles du lapin, bien décidé à ne pas bouger d’ici tant que tu n’auras pas été rassuré. Si tu te fiches assez souvent de ce que les humains ressentent, tu es plus attentif envers les animaux. Parfois tu te demandes si ton intérêt pour eux aurait été le même sans les totems. Mais de manière général, beaucoup de choses auraient été différentes dans ta vie si je n’avais pas été là. Tu caresses le sommet de mon crâne alors que dehors le paysage est moins net, le ciel se couchant lentement sur la plaine. Tu penses un instant à nos parents qui sont en train de participer à une course d’orientation comme bénévoles. Le maire avait choisi ça comme événement pour lier totem/humain, et maman avait trouvé ça bien de pouvoir aider à l’organisation. Je soupire un instant en te regardant du coin de l’oeil, me demandant ce que ça aurait pu donner avec toi comme participant… Mais je n’ai pas le temps d’y penser bien longtemps, rapidement mes pensées commencent à s’embrouiller.

Perdu dans ta contemplation, tu sursautes lorsque tu sens quelques chose venir te pincer le coup. Criant un “aïe” en te levant d’un bond, tu regardes Nino sans comprendre. Ta main protégeant la zone fraîchement attaquée, tu te penches de justesse alors que le petit oiseau fond sur toi. La peau encore plus blanche que d’ordinaire, tu sens un stresse intense t’envahir alors que tu n’arrives pas à ressentir ton totem. Elle avait toujours été là, prêt de toi à te rassurer, te chanter une berceuse quand tes crises de panique alors pourquoi est-ce qu’elle n’était plus là ? Pourquoi tu n’arrivais plus à la sentir ? Peut être en avait-elle marre de tout ça… Une vague de chaleur t’envahit, ton esprit n’arrive plus à correctement réfléchir ou analyser la situation. Tu commences à te prostré sur le sol, criant et tanguant d’avant en arrière alors que Nino ne cesse de venir te donner des coups de bec. Si elle ne parvient pas à réellement te faire mal physiquement, on peut dire que ton coeur lui en souffre réellement.

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Sans-Totem
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le Lun 17 Déc - 22:09

Quoi de neuf docteur ?.

@tag
notes
L
’homme à la chevelure brune vint déposer un lagomorphe entre les bras du protecteur. La petite créature semblait chétive. Elle ne bougeait plus comme si elle n’en avait plus la force, ou que la douleur lui faisait bien trop peur. Le garde forestier grimaça alors en voyant l’état de la bête. Ce dernier semblait à la merci de sa blessure qui teintait son blanc pelage de la couleur de l’amour. Il luttait contre la douleur en respirant à toute vitesse. Vance au fond semblait assez satisfait que quelqu’un vienne lui apporter ce petit animal pour l’aider, mais il n’aimait pas cette scène. Comme père de la forêt il allait se charger de l’état de l’infirme écharpé, en espérant pouvoir le soulager et le sortir de cette situation compliquée.

- Je vais m’en occuper, je vais voir ce que je peux faire. Merci de l’avoir apporter jusqu’ici. Je vais devoir le mener chez un spécialiste rapidement.


Vance ne souriait pas. Il semblait presque même un peu froid. Mais l’homme était juste inquiet. Il n’aimait pas voir les animaux blessés. Pour lui, ces êtres n’étaient que victime de la présence de l’être humain. Ce dernier n’étant qu’une menace pour l’environnement.  Le grand mena la bête dans son bureau sur un pas pressé. Ici se trouvait des papiers, des outils, des objets. C’était la caverne du garde forestier, l’entre où chaque petit objet pouvait tout simplifier. Il garda l’animal dans ses bras comme pour le maintenir au chaud et chercha quelque chose pour désinfecter la plaie et la panser. Il se trouvait bien étonné que le lapin ne réagisse pas, mais fut soulager car la tâche était facilitée. Il ouvrit la trousse de secours, puis prit donc du désinfectant type bétadine, une compresse, ainsi qu’un rouleau de ruban. En addition, il prit aussi une paire de gant de jardinage afin de ne pas souffrir d’une morsure surprise au cas où l’animal voudrait s’acharner sur sa peau. Il posa l’animal sur la table et tenta de le stabiliser afin de pouvoir lui appliquer le produit. Cependant, l’animal s’agita. Il commença à remuer les pattes dès que la compresse se heurta contre la blessure. Vance fut obligé d’un peu plus le maintenir alors que la bête respirait et semblait stressée. L’homme n’aimait pas cette situation, l’animal devait être vraiment apeuré et dans un état de stress très intense. Il ne pouvait pas laisser ainsi cet animal, bien que les mouvements fussent de plus en plus denses. Il trouva le moyen d’enrouler le ruban autour de la plaie mais devrait le mener dans les heures qui suivent chez un spécialiste. Il caressa le lapin de son autre main ensuite dès que l’application du produit prit fin. Il alla déposer l’animal dans une vielle cage qui se trouvait à l’arrière et qui fut utilisée autrefois par des braconniers. Vance ne pouvait pas laisser l’animal libre au milieu de ce bazar, trop de câbles jonchaient le sol

Puis des cris, du bruit. Que se passait-il ? Il sortit de la pièce à toute allure et tomba nez à nez avec l’homme qui lui avait apporter le petit animal, au sol, picoré de part et d’autre par un oiseau qui n’était certainement pas de cette forêt.

- Qu’est ce qu’il se passe ici ?!... C’est quoi ce bordel ?...

Il resta immobile quelques secondes, analysant la situation incongrue. Un oiseau qui ne semblait pas venir de ces bois attaquait l’homme qui avait apporté l’animal. Ce n’était pas un comportement habituel pour un animal. De plus, cet animal semblait dégageait quelque chose d’étrange, mais il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Serait-ce un totem ? Il ne pouvait pas les voir. Ce n’était pas possible. De plus, ils n’étaient pas agressifs d’après les autres, bien au contraire. Il ne comprenait pas ce qu’il se passait. Trop de question jacassaient dans son esprit. Il sentait un peu perdu mais ne perdit pas plus de temps. Vance se jeta entre « l’animal » et le plaintif. Ce dernier était pâle et n’essayait même pas de lutter face au petit animal. Le porteur de bonnet fut donc obligé de le dégager jusqu’au bureau pour faire cesser les attaques du piaf. Il enferma le sauveteur du pseudo rongeur avec lui et le guida jusqu’à la première chaise qui passa pour qu’il puisse s’assoir et se calmer. Après tout, il venait de subir une agression et paraissait sensible.

- Ça va aller ? Vous allez bien ?

Vance, observa le brun avec un peu plus d’attention, essayant de distinguer un peu plus ses expressions derrière ces amas de bouclettes. Des questions lui bouffaient le crâne, mais il se tenait à carreaux, il ne pouvait pas rassasier sa curiosité et préférait laisser l’homme s’exprimer s’il le désirait. Il n’avait pas la possibilité de le faire parler si ce dernier était trop chamboulé. Il portait sur son visage une mine qui ne pouvait pas cacher son inquiétude.


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Totem de poche
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Totem de poche
le Sam 29 Déc - 12:09
« Quoi de neuf docteur ? »
Feat. @Vance Roy
Tu veux que ça s’arrête. Tu ne comprends pas, ton souffle est saccadé, ton esprit brouillé et ton coeur est douloureux. Les hurlements sortent de ta bouche sans que tu t’en rendes compte. Ce ne sont pas des cris de douleurs, ni même des mots, tu as juste besoin d’évacuer tout ce que ton cerveau ne peut pas comprendre. Ces sentiments qui te rendent triste et mal.

Lorsque les attaques de Nino cessent, tu ne relèves pas la tête, tu ne t’arrêtes pas pour autant. Les crises ne sont pas simples à faire passer, et celle-ci semble être une des plus violentes. Pourtant, le chauve ne semble pas s’en formaliser. Il t’attrappe sans ménagement par le bras, te conduisant avec lui dans ce qui semble être un bureau. Ton corps tremble sans que tu ne puisses le contrôler. Tu optes pour le sol plutôt que pour sa chaise, te coinçant dans un des coins de la pièce. Tu ramènes tes jambes contre ton torse alors que tu reprends ton mouvement de balancier. Inconsciemment tu reproduis le mouvement que ta mère faisait pour te bercer plus jeune, c’est une chose que tu as adopté bien vite pour essayer de te détendre. Tes bras s’enroulent avec force autour de tes genoux, pour les maintenir contre toi. Tu blottis ta tête dans le creux qu’il y a entre ton torse et tes jambes, formant ainsi une parfaite petite boule qui se balance. Tes cris se sont calmés alors que tu renifles plus fort.

Derrière la porte tu entends Nino qui semble être entrain de se taper contre le bois pour parvenir à ouvrir la porte. Mais ce n’est pas avec ses 50 grammes tout mouillé qu’elle risque de parvenir à faire quelque chose. Tu pousses un grand souffle, essayant de rassembler tes esprits comme tu le peux. Habitué à te sortir de cet état grâce à ton totem, tu semble l’entendre dans ta tête. D’abord tout doucement, comme une étrange sensation, puis plus fort. Tu l’entends pialler pour t’engueuler, te dire de te reprendre avant de venir sur ton épaule. Cette berceuse retentit doucement dans ton esprit, chantonner par ton oiseau. Sans t’en rendre compte, tu commences toi aussi à la chantonner, marmonnant un peu la mélodie alors que ton visage est toujours caché. Tu commences à te dire que si cette musique t’apaise, peut être qu’elle parviendra aussi à calmer Nino ? Alors tu chantes un petit peu plus fort, la voix mal assurée, et pas forcément très juste.

Les bruits derrière la porte cesse et tu te redresses un peu. Tu te dis que ça marche, que peut être elle parvient à t’entendre et que ça l’apaise elle aussi. Pleins d’espoir, tu poses ta main tremblante sur la poignée de la porte. Tu sembles ne pas voir le chauve qui te demande si tu vas bien, ni même si il te demande de ne pas ouvrir la porte. Tu veux voir ton totem, tu as besoin de lui, tu ne peux pas vivre sans lui. Alors doucement, tu ouvres. Tu retrouves ton oiseau perché sur une table après avoir balayé la salle du regard.

- Nino ?

Elle ne vole pas vers toi comme elle l’aurait fait. Elle reste figé sur le coin du bureau, le regard vide et perdu avant de totalement disparaître. Tu laisses échapper un couinement de tes lèvres alors que tu commences à t’approcher, mais tu as à peine le temps de faire un pas, qu’elle réapparaît avant de devenir…

Tu pâlis, tu ne comprends pas ce que c’est que cette nouvelle forme. D’abord l’attaque, et puis ça ? Ta mère t’a pourtant toujours dit que les totems arrêtaient de changer de forme lorsque le porteur avait 12 ans. Cette fois-ci, tu n’as pas besoin du garde forestier pour comprendre que tu dois te protéger. Tu repars rapidement dans le bureau, ne quittant pas des yeux cet énorme rhinocéros qui vous fait désormais face. Si Nino-oiseau ne pouvait rien face à une porte en bois, c’est désormais bien différent.

- Je ne… Je ne comprends pas…

Tu commences à te frapper la tête avec la paume de ta main, comme si ça allait t’aider à mieux intégrer la situation.

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