Revenir en haut
Aller en bas

avatar
Totem de compagnie
Date d'inscription :
11/10/2017
Messages :
210
Voir le profil de l'utilisateur
Totem de compagnie
le Jeu 30 Aoû - 8:40
L'enfance est ce que nous passons notre existence à essayer de retrouver
Feat. Cole Walker
Ton café était trop chaud et un peu imbuvable. C’était de ceux simplement dilué dans de l’eau brulante et qui, dans ce genre d’endroit, coutait la peau des fesses. La tasse en carton dans la main, tu la repose vite sur le petit plateau pour attraper ce qui servait de chocolat et le glisser entre tes doigts. A l’heure actuelle, ton corps était un peu perdu sur le moment exact de la journée, tu devais être à ton 5ème café, 3ème viennoiserie, et probablement à ton deuxième matin en l’espace de quelques heures.

Ton regard glisse pour observer la foule face à toi. Bizarrement, il était à peine 8h du matin et pourtant l’aéroport grouillait de monde. Des familles, des hommes d’affaires, des personnes solitaires ou des couples, tout ce petit monde de nationalités bien différentes se croisaient. Certains arrivaient, d’autres partaient, ils déposaient leurs énormes bagages puis passaient les contrôles, ayant toujours ce petit instant de stress en passant sur les portiques. Certains avaient déjà des chemises bariolées et des lunettes de soleil sur le nez. Tu souris doucement, comment ton frère allait-il arriver ?  Avait-il mis une tenue simple comme d’habitude ou avait-il finalement troqué cela contre un short plus décontracté ?

Assis à ton café, sur la « terrasse » donnant dans le hall de l’aéroport, tu attendais patiemment que le vol de ton frère arrive. Robin était endormi à tes pieds, une oreille pourtant toujours attentive au balai des voyageurs et des valises, aux pleurs d’aurevoir et aux sourire de bienvenue. Au fond, tu savais qu’il était aussi impatient que toi de revoir ton frère : cela faisait deux mois que tu avais quitté Toronto et que tu ne l’avais pas vu.

Le 23 juin très précisément, suite à une demande de ton écurie, tu avais dû partir pour le travail et parcourir le monde pour participer à diverses courses. Tu avais un peu hésité, ta relation avec Gan venait à peine de débuter et elle n’avait pas supporté ton départ. Ça avait été un peu abrupte, et maintenant que tu y repensais, et que tu avais eu ces deux mois pour t’y pencher, tu avais été un beau salaud. Ces quelques semaines à ses côtés avaient été vraiment bizarre pour toi, incapable de totalement faire passer l’asiatique de « voisin » à « petit ami ». Il fallait dire que te poser n’était pas tellement ton truc et tu avais été tellement obnubilé par ton frère que tu avais très peu pensé à ce que c’était qu’être en couple.  

Aussi… avec Gan ça avait été une petite catastrophe et aujourd’hui tu commençais à le regretter. Tu aurais dû le regarder autrement, agir autrement, tu aurais dû...Tu grimaces en repensant à cela, ça avait été si vite et au final vous n’aviez échangé que quelques baisers et caresses sur le canapé. Jamais tu n’avais réussi à te motiver pour franchir ce cap, et si parfois ton corps te disait le contraire, tu n’avais pas voulu faire quelque chose contre ta volonté simplement pour te convaincre d’une relation que vous n’aviez pas. Tu bois une gorgée de ton café refroidit pour penser à autre chose : à chaque fois que tu revoyais l’expression de Gan lorsque tu lui avais annoncé ton départ, ton cœur se serrait douloureusement.

Tu seccoues la tête pour chasser ces pensées. Pendant deux mois tu n’y étais pas trop mal arrivé, obnubilé par ton travail, la pression des courses et le stress de passer de la drogue. Oui, malgré tout cela, tu étais encore pieds et poings liés à la Black Plague… Plutôt content tu avais bien réussi tes courses, tu en avais gagné un petit nombre, fini pas trop mal pour les suivantes et maintenant qu’elles étaient finies tu étais en « vacances ». Aussi, tu avais décidé de te retrouver avec ton frère, parcourir le monde ensemble et retrouver votre complicité. Vous n’aviez pas vraiment déterminé de durée, probablement quelques mois, mais tu étais content de ça.

Tu glisses ton regard sur ta montre, avec tous ces changements d’heures que tu avais accumulés depuis deux mois tu étais un peu déphasé mais ce début de vacances en Grèce était un bon début. Tu avais un peu bronzé avec tout cela et étrangement l’une des questions qui te tournait constamment en tête était de savoir si Cole allait autant bronzer que toi… Tu fini par terminer ton café puis te lever, attraper ta valise, réveillant au passage Robin qui s’étire de tout son long avant de se dresser sur ses pattes, exposant à tous sa silhouette fine et élancée.

Tu le fixes un instant, souriant doucement puis lui caressant le haut du crane. C’était un superbe totem… Se frottant à toi, il ouvrit la marche, fendant la foule de personnes et de totems avant de s’arrêter devant la porte des toilettes, s’assoir. Tu lui laisses ta valise pour aller faire ton affaire avant de revenir et observer le panneau des arrivées. Le vol de Cole n’allait plus tarder. Tu étais arrivé ici quelques heures plus tôt après avoir fait ton ultime course et soirée avec ton écurie en Allemagne.

Tu attrapes donc ta valise pour venir te positionner en face des portiques indiquant l’arrivée de l’avion, impatient et heureux de revoir ton frère.

_________________

Spoiler:
avatar
Curses
Date d'inscription :
11/10/2017
Messages :
238
Voir le profil de l'utilisateur
Curses
le Lun 3 Sep - 18:31

D'abord il y avait eu Noël. Puis le nouvel an. Puis l'hiver et encore l'hiver. L'hiver est long à Toronto. Puis les prémices et la fin du printemps. Puis Kieran avait dû partir. Son boulot l'obligeait à être sur les routes, le mouvement en était la clé. Tant de mois où ils avaient pu redécouvrir ce que c'était de revoir l'autre sans toujours trop y croire. Ils habitaient toujours chacun dans leur appartement, ils se voyaient régulièrement, majoritairement chez Kieran... Uniquement chez Kieran en fait. Rien que tous les deux. Cole avait parlé de Kieran à Cally mais n'avait jamais amorcé de rencontre. Kieran n'avait pas vraiment de personne à faire rencontrer à Cole de son côté. L'acclimatation était lente, en tout cas pour Cole, mais bienheureusement grisante. Les petits rien faisaient tout.
Enfin, il y avait quand même eu l'attentat à l'université. Lui et son frère s'en étaient sortis. Cally aussi. Pour la première fois, Cole s'était retrouvé dans un des lits de l'hôpital dont il était habituellement le vigile de nuit. Côtes cassées, y'a pas grand chose à faire à part attendre des semaines en faisant gaffe. Du coup, il n'était resté qu'une nuit et les suivantes, il rendait visite à Cally et à d'autres. Cole avait découvert la peur pour autrui. L'angoisse qu'accompagne la possibilité que les êtres chers disparaissent. Il avait connu la peur à son kidnapping, mais cette peur avait été différente. Il avait eu peur pour lui, de ce qui lui arriverait à lui. Les êtres chers lui avaient été arrachés en un clin d’œil, alors seulement avait subsisté l'angoisse de ne jamais les revoir, pas celle de les perdre. Les temps changent, les peurs varient.

Étrangement, Cole n'avait éprouvé aucune peur quand Kieran lui avait annoncé qu'il allait devoir s'absenter pour son boulot de rallye, des compétitions à jouer dans le monde, etc. Il sentait qu'il le reverrait, bien que 2 mois allait faire long. Puis, sorti de nulle part, Kieran eut la tête de quelqu'un qui a une idée de génie et il proposa une idée de génie à Cole. "Et si on prenait des vacances tous les deux ? Au moins un mois, toi et moi et des endroits paradisiaques !" Ce à quoi Cole répondit, les yeux ronds, pris au dépourvu "Euuuh, faut que je vérifie mon emploi du temps." Les Curses n'avaient eu aucune objection à ce qu'il s'en aille un mois. Il serait remplacé sans problème à l'hôpital. Pour eux, il ne représentait quasiment aucun danger. Il était à leurs yeux aussi muet et docile que son totem. C'était s'il ne revenait pas qu'il aurait des problèmes...
Kieran s'était tout de suite enthousiasmé sur les préparatifs pendant qu'une idée trottait dans la tête de Cole. Il hésitait à l'énoncer à voix haute. Elle était si persistante qu'il finit par se jeter à l'eau. "Est-ce que... Est-ce qu'on pourrait passer au Texas ?" Pas besoin d'en dire plus, Kieran avait tout de suite compris tout ce que signifiait cette question et il avait accepté. Ça n'allait pas être facile, mais Cole avait besoin de cette étape...

Le voici en ce jour assis dans un avion. Pour la première fois de sa vie. Peut-être avait-il été amené en avion du Texas à Toronto lors de son kidnapping mais il n'en avait absolument aucun souvenir. Il avait probablement été drogué tout du long... Bref. Le voici, grand gus dans un siège économique, serré entre ses accoudoirs, la tête dépassant du dossier. Il y aurait une escale, une seule, et beaucoup d'heures assis. Presque comme à son job, sauf que c'était beaucoup plus stressant et peuplé. Le décollage fut impressionnant de sensations ventrales, la vue d'en haut était époustouflante, même s'il n'y avait que la mer de nuages. Il y eut la timidité, les repas, les films et jeux sur écran et le semi-sommeil. Ladies and gentlemen, we are now arriving. The temperature is... Cole était pressé de récupérer sa valise, il savait que son frère était arrivé avant lui et qu'il l'attendait sûrement là-dehors. Une fois les portiques traversés, il y eut les interminables secondes où on ne trouve pas celui que l'on cherche et où l'angoisse pointe dangereusement, jusque, miracle, il est là, juste là, lui, sa peau plus bronzée et son grand sourire. Cole accéléra et enserra fort Kieran dans ses bras en prononçant son prénom. Kieran n'avait plus l'odeur de son appartement, mais Cole reconnut tout de même l'odeur de son frère pendant l'étreinte.

_________________
Me'n'ma brotha:







avatar
Totem de compagnie
Date d'inscription :
11/10/2017
Messages :
210
Voir le profil de l'utilisateur
Totem de compagnie
le Dim 16 Sep - 17:30
L'enfance est ce que nous passons notre existence à essayer de retrouver
Feat. Cole Walker


Lorsque ton frère apparu en franchissant les portiques, tu sentis cette petite joie, ce cœur qui s’emballe et ton sourire qui s’étend considérablement pour l’accueillir dans tes bras. Quand tu y pensais, vous étiez deux hommes de presque 30 ans, grands, et pour ta part assez costaud. Vu sous cet angle beaucoup vous lançait un regard rapide intrigué, avant de capter votre troublante ressemblance. Tu t’écartes de l’étreinte, souriant à ton frère et l’observant un moment. Toi tu voyais les différences, ce sourcil arqué différemment, cette pommette plus haute, l’implantation des cheveux dans l’autre sens… mais au fond tu étais heureux, heureux que même avec les années, même avec ton attrait pour le sport, vous restiez toujours identiques.

Tu fini par récupérer ta valise, observant Robin qui se frottait allégrement contre ton frère, tendant son museau vers le ventre de ce dernier, pour saluer Batman. Tu souris avant de demander à ton frère comment c’était passé son voyage, inquiet du premier vol de sa vie. Puis, alors que tu le conduisis vers l’extérieur, mettant sur ton nez tes lunettes de soleil, c’est à ton tour de lui raconter tes deux mois. Ravis, tu lui expliques tes victoires, les pays que tu avais visité et bien sûr les projets que tu avais prévu pour votre mois ensemble.

C’est ainsi que démarra cette première semaine en Grèce. Tu ne savais pas bien pourquoi tu avais choisi la Grèce, peut-être cette pub qui était passé à la télévision au moment où tu t’étais posé la question. Mais tu étais content, tu voulais un pays éloigné du Canada, ensoleillé tu voulais profiter du beau temps et découvrir des paysages extraordinaires avec ton jumeau. Et c’est ce que vous aviez fait.

Tu avais réservé pour cette semaine un appartement en plein cœur d’Athènes. Visites, promenades dans la ville et dans les cités antiques, restaurant, tu avais offert à ton frère une visite touristique de qualité, l’embarquant partout où vous le vouliez, prenant des cafés sur des terrasses ensoleillés, puis vous aviez passé un jour en bord de mer dans un paysage magnifique, une eau turquoise et un sable immaculé, et aux bâtiments d’un blanc nacré. Afin de parfaire le paysage idyllique, tu avais réservé un petit yatch afin de vadrouiller quelques jours et rejoindre la côte sud de la France.

Quand vous étiez jeune votre mère aimait vous parler de la France. Il te semblait même que c’était là qu’elle avait rencontré votre père avant qu’il se barre vous ne saviez où. D’après ce que tu te souvenais, elle faisait ses études à Toulouse lorsqu’elle avait croisé le chemin de cet autre américain à une soirée Erasmus. Elle ne t’avait jamais trop raconté la suite et de toute façon tu avais très vite raillé cette histoire de ton esprit. Tu ne voulais rien savoir sur ton géniteur.

Tu avais donc toujours souhaité passer un moment en France, et même si tu y étais déjà aller pour tes courses tu n’avais jamais trop pu y rester.

Ces vacances te faisaient du bien. Vous parliez beaucoup, tu en apprenais sur ton frère comme il en apprenait sur toi et bientôt vos vies communes ne furent plus qu’une. Tu appris ce qu’il prenait au petit déjeuner, ses expressions lorsqu’il était impressionné, serein ou bien pensif, son sourire lorsqu’il était joyeux, tu savais désormais la taille de ses vêtements, sa façon de nager et la façon dont sa peau prenait le soleil.  Le plus amusant pour toi était de voir, lorsque vous vous doriez la pilule, ses cheveux prendre le large, sa peau un peu plus hâlée et ses lunettes sur le nez : vous étiez presque méconnaissable si on oubliait les muscles.

Paisiblement assis sur l'avant du yatch, tu observe ton frère un instant. Vous étiez devenu moins tactiles, mais tu t’étais habitué à avoir sa présence à tes côtés. Ce vide si longtemps absent en toi se remplissait petit à petit.


Dernière édition par Kieran A. Walker le Lun 17 Sep - 19:42, édité 1 fois

_________________

Spoiler:
avatar
Curses
Date d'inscription :
11/10/2017
Messages :
238
Voir le profil de l'utilisateur
Curses
le Lun 17 Sep - 18:35

Robin aussi redonnait toujours le sourire à Cole et la tortue était heureuse de retrouver son jumeau à elle aussi. Le calme solitaire de Cole s'effaçait déjà tandis qu'il racontait ses vols, cette montée dans les airs extraordinaire et les premières annonces entendues en langue étrangère. Cela faisait si drôle de voir des caractères grecs partout, de ne plus rien comprendre à ce que disaient les gens autour de vous. C'en était presque grisant, on se disait qu'on pouvait raconter n'importe quoi aussi, malheureusement pour Cole, l'anglais était quasi mondialement connu, aussi le comprendrait-on même s'il divaguait. Il félicité Kieran de vive voix pour ses victoires automobiles. Il avait suivi les actualités des courses à son boulot, où il y avait un meilleur internet. Enfin, il ne s'intéressait pas plus que ça à ces compétitions, il ne regardait que les courses auxquelles participait son frère pour en connaître les résultats.
Dès qu'ils sortirent de l'aéroport, Cole en regretta tout de suite la climatisation et son pantalon long, mais ce n'était rien à côté de l'enthousiasme de découvrir enfin le monde, d'être loin de tout, seul avec son frère avec le sentiment qu'il ne pouvait rien leur arriver que du bon temps.

Athènes ravit son cœur ! Il n'en revenait pas de l'immensité des constructions antiques alors qu'il vivait dans une ville qui comportait des gratte-ciels. Il adorait chaque visite guidée et gardait précieusement tous les flyers et autres brochures explicatives. Il avait bien entendu parler des dieux grecs dans son enfance et de quelques mythes mais ils remontaient à si loin... Il n'avait jamais pensé se réinteresser de ce genre de choses, ni de l'Histoire avec un grand H. Cole était un excellent élève à l'école, malheureusement il n'eut pas la chance d'accéder au collège ni au lycée et il avait envie de tout rattraper, d'apprendre tout ce qu'il aurait dû apprendre. Cela fit partie des grandes conversations avec son frère : la scolarité, comment s'était-elle passé pour lui ? Le genre de profs qu'il eut, les matières où il était bon, l'ambiance, etc. Kieran lui donna l'idée de voir s'il pouvait s'inscrire à des cours du soir pour adultes, une fois de retour à Toronto, ce que Cole considérait avec le plus grand sérieux.

Crevant de chaud dès le premier jour il avait tenu à acheter quelques vêtements plus légers et avait notamment craqué pour un t-shirt basique "I ♥️ Athen". C'était la toute première fois qu'il était un touriste après tout... Ses lunettes de soleil n'avaient pas un indice assez fort contre le soleil méditerranéen et il s'octroya des nouvelles, plus opaques, au style Top Gun. Il découvrit aussi à ses dépens qu'il pouvait être nécessaire de se mettre de la crème solaire...
La vue de la mer Méditerranée restera un souvenir à jamais ancré dans sa mémoire, plus belle que ce qu'il n'aurait jamais imaginé ! Kieran lui avait annoncé qu'il irait se baigner et Cole avait acheté un bermuda de bain en avance, il ne laisserait personne voir ses cicatrices aux cuisses. D'ailleurs, chaque fois qu'il était avec son frère, le besoin de se scarifier disparaissait et Cole avait pris la décision d'essayer d'éliminer cette mauvaise manie de ses habitudes. Pour l'heure, il demandait encore le téléphone de son frère pour prendre tout ce qui l'entourait en photo : la berge, les gens entassés, l'horizon, Kieran et Robin... Cole était impressionné que son frère arrivait à être classe en toute circonstance. "C'est un don naturel chez toi" lui dit-il.
Cole adora se baigner et nager entre les vagues azurées, le sentiment de flottement qu'elles offraient était divin. Avant d'en profiter il lui avait fallu vérifier quelque chose. Il était entré dans l'eau jusqu'au niveau du bassin, tenant la tortue entre ses mains. Elle était toute pressée d'essayer, elle agitait tous ses membres pendant que Cole appréhendait un peu la suite. Puis il fit ce qu'ils avaient convenu elle et lui, il la plongea doucement dans l'eau et la lâcha tout aussi doucement à l'intérieur... Miracle, elle pouvait effectivement nager dans l'eau comme une vraie tortue, tournoyant dans tous les sens, allant plus vite qu'elle n'avait jamais pu le faire ! Leur joie explosaient dans l'âme de l'autre, Cole n'avait presque jamais ressenti ça. Ce simple fait était proprement extraordinaire pour lui. Leur enthousiasme fut partagé par Kieran et par Robin qui les éclaboussait en s'agitant autour d'eux avant de nager avec la tortue avec autant de grâce. Un intense souvenir mémorable...

Cole, et surtout la tortue, purent largement profité de la mer les jours suivants sur le petit yacht. Qu'il pleuve ou qu'il vente, elle restait un maximum de temps sous l'eau, voire sous la coque du bateau, sauf quand il voguait trop vite. Dix mètres lui conférait un assez large périmètre pour en profiter sans que Cole ait à se mettre à l'eau aussi hors des escales journalières. Seuls entre eux, Cole pouvait enfin se baigner sans mettre de marcel. Ce qui avait été une condition sine qua none à la plage en public ne l’était plus sur ce yacht isolé. En effet, Cole n’exhiberait jamais la marque des Curses posée au fer rouge entre ses omoplates, surtout pas à des inconnus. Déjà parce qu’une cicatrice de brûlure de cette taille n’était pas belle à voir, qu’elle attirait inexorablement l’œil mais aussi qu’elle était comme une cible bien voyante pour qui serait anti-Curses, à commencer par lui. Il en était venu à l’oublier avec le temps, à faire comme s’il ne la sentait pas quand il se lavait le dos, mais un jour qu’il sortait de la douche de Kieran, ce dernier la remarqua, faisant pâlir Cole d’effroi. Encore une chose à dévoiler, toutefois chaque révélation les libérait un peu plus du poids du passé, plus ou moins difficilement.
Ainsi Kieran en était venu à comparer leur corps sur le yacht et comme il s'entrainait régulièrement, Cole se fit embarquer dans cette galère-là aussi. Il n'y a pas grand-chose possible à faire sur un yacht, aussi exécutaient-ils le plus souvent des compétitions de pompes et d'abdos, que Cole perdait très souvent dans le rire.
Assis sur le ponton ou adossé à la rambarde, Cole profitait au fil des jours de la vue et du calme que conférait cette navigation. Il n'en revenait pas de tout ce luxe, de tous ces bons moments qui dépassaient ses modestes espérances, des capacités organisatrices de son frère et surtout de la quantité d'argent qu'il devait posséder. Cole n'avait jamais réfléchi à estimer la richesse de son frère et s'en préoccupait peu à vrai dire. Il ne culpabilisait pas non plus de ne rien avoir à lui offrir en échange, leur relation n'était pas basée là-dessus. Pour la première fois, Cole commençait à rêver du futur, il s'autorisait à envisager des voyages, des sorties de l'ordinaire, des journées avec son frère. Il ne savait pas encore quoi, cela viendrait plus tard.

« Je n'aurais jamais cru pouvoir être aussi heureux un jour. Je suis si heureux que tu m'aies retrouvé. » déclara-t-il un soir sur le bateau, assis à côté de Kieran, front contre front, la main sur la nuque.


Dernière édition par Cole Walker le Mar 25 Sep - 19:49, édité 2 fois

_________________
Me'n'ma brotha:







avatar
Totem de compagnie
Date d'inscription :
11/10/2017
Messages :
210
Voir le profil de l'utilisateur
Totem de compagnie
le Lun 24 Sep - 21:45
L'enfance est ce que nous passons notre existence à essayer de retrouver
Feat. Cole Walker
Le soleil descendait doucement sur la méditerranée alors que vous mouillait tranquillement au large de la côte Corse. Votre périple en yatch toucherait bientôt à sa fin mais si tu avais adoré ces moments passé sur l’eau, ton portefeuille remerciait la fin. Assis tranquillement sur la baquette blanche tu observais ton frère avec un sourire. Il avait pris de jolies couleurs et un peu de muscles et c’était bien loin de s’arrêter !

Il était devenu vraiment beau… tu l’avais toujours trouvé attirant bien sûr mais cette fois ci il prenait de belles couleurs et son corps commençait enfin à prendre quelques formes. Cela te fit sourire en te remémorant l’autre jour sur les bords de plage où vous vous étiez posé à un bar. La soirée commençait à peine lorsque vous vous étiez posé après une baignade au troisième étage d’un bar. Assis à une table haute face à la mer, vous aviez pu voir le soleil descendre sur l’eau, vous éblouissant au passage.

Pour ta part ça avait été un mojito (oui ce n’était pas le bon pays et alors ?), puis une planche de charcuterie, fromages et autres assortiments typiques du pays. Vous discutiez tranquillement lorsque deux filles vous avaient abordés avec leur peau halée et leurs sourires ravageurs. Vous leurs aviez sourit en retour et si tu avais un peu lorgné sur l’une d’elle tu t’étais bien désintéressé : tu étais avec ton frère.
Tu avais donc échangé quelques blagues avec elle, souriant de temps à autre à ton frère (et pas peu fier de le voir plaire à ses demoiselles) avant de gentiment les rembarrer, gagnant un sourire compréhensif et un petit geste de la main. Observant Cole et sirotant ton verre de vin, tu repensais à ce moment avec un petit sourire et une hésitation. Ton frère, ton jumeau, ta moitié, n’était pas au courant d’un de tes traits principal… cette chose que tu n’avais jamais osé dire à ta mère de peur de la voir te haïr. Tu te mordilles la lèvre avant de te racler la gorge, rompant le silence qui s’était doucement installé entre vous et le clapis de l’eau.

« Cole, il faudrait que je te dise quelque chose. C’est pas grand-chose mais j’ai besoin que tu le saches »

Tu le fixes et attend qu’il se rapproche, admirant sa peau halé (mais un peu moins que la tienne) qui commençait terriblement à faire ressortir ses yeux bleus et ces cheveux de jais. Si tu ne t’aimais pas autant, tu serais tombé amoureux de ton frère ! Tu te racles à nouveau la gorge, soudainement gêné. Tu ne connaissais pas tellement l’avis de ton frère à ce sujet, quand vous vous étiez quitté, vous étiez encore bien loin d’aborder la question de la sexualité. A vrai dire, peut-être aviez vous fantasmé sur une quelconque égérie de lingerie, mais ce n’était jamais allé plus loin.
Tu te redresses et pose ton verre sur la table en plastique devant toi, déglutissant un peu avant de croiser le regard azure de ton jumeau. Qu’il le prenne mal ou bien, vous étiez coincé ici. Pourtant, tu n’étais pas si inquiet, tu ne doutais pas une seconde qu’une information aussi dérisoire que ton orientation sexuelle puisse à nouveau vous séparer.

« Je… c’est vraiment rien, mais je voulais te dire que … je suis bi. On va pas se mentir j’ai une préférence pour les hommes, mais une femme ne me gêne pas non plus »

Tu commences à partir dans tes explications un peu fumeuses de « parce qu’un homme parfois ça pose moins de question, puis tu sais les sentiments l’attirance tout ça, on fait pas gaffe » lorsque tu t’arrêtes subitement et offre un petit sourire gêné. Tu attrapes ton verre pour le porter à tes lèvres et te cacher derrière, bon au moins le sujet était abordé.

« Je ne te dis pas ça parce que ce que j’ai quelqu’un dans ma vie … »

Tu t’arrêtes subitement alors qu’une image de Gan t’apparait, te faisant te mordre la lèvre et détourner le regard.

« enfin, je voulais juste te le dire ! et… toi ? »

Un peu timide et le regard fuyant tu fini pas te fixer sur ton frère, fier d’avoir enfin pu poser ta question fatidique de la vie amoureuse si énigmatique de ton jumeau.

_________________

Spoiler:
avatar
Curses
Date d'inscription :
11/10/2017
Messages :
238
Voir le profil de l'utilisateur
Curses
le Mar 25 Sep - 16:52

Quand l’un des deux frères avait une information à communiquer à l’autre, l’ambiance devenait toujours immédiatement sérieuse. Au début, l’ambiance était anxieuse en plus d’être sérieuse mais au fil des mois, l’angoisse prenait moins de place. Il y avait un nombre significatif de parts sombres enfouis dans leur histoire qu’ils pouvaient dévoiler à l’autre qu’ils ne pouvaient jamais prédire à l’avance si cela concernerait leur passé, leur famille ou même leur présent… L’annonce « ce n’est pas grand-chose » permit à Cole de rester détendu dans son attente, le verre restant dans la main, quoiqu’un peu perplexe. Cole n’avait jamais vraiment vu ce genre de gêne maladroite chez Kieran. Qu’est-ce qu’il pouvait bien avoir à dire ? Est-ce qu’il y avait un problème avec la suite du programme ? Est-ce qu’ils devraient annuler et rentrer tout de suite ? Est-ce que Kieran avait fait une énorme bourde ? Non, rien de tout ça, Kieran était juste bisexuel. Cole eut tout juste le temps d’émettre un léger « oh » avant que son jumeau n’enchaine sur plein d’explications qui ressemblaient à des excuses, ne le laissant pas le temps de rajouter quoi que ce soit. Tout ce qui traversait alors la tête de Cole se résumait en « ok… ok… ok… » qu’il traduisait en acquiesçant la tête à chaque phrase de Kieran. Pendant ce temps, son cerveau prit le loisir d’imaginer son frère en relation amoureuse avec une femme, puis un homme, puis une femme, comparant les images, essayant de voir ce que ça donnait. Le cerveau prit même l’initiative d’imaginer une scène osée ce qu’évinça promptement Cole. Pourquoi, cerveau, pourquoi ? Dans tous les cas, Cole n’était nullement choqué, il trouvait même que ça correspondait bien à son frère, à son côté libre qui mordait la vie à pleine dents.

« Ben écoute, très bien. Tant que tu trouves ton bonheur » lui sourit-il.

Cole se dit que Kieran avait dû aborder ce sujet à cause des deux jeunes filles grecques de l’autre soir. Parmi toutes les activités qu’il lui faisait découvrir, il y avait les bars tendances, remplis de jeunes gens dans le vent et de cocktails colorés aux mille saveurs. Ce soir-là, ces filles étaient venues les accoster. Cole paniquait intérieurement, il avait juste eu la bravoure de répondre à leur « salut » en grec avant de laisser Kieran prendre la majorité de la parole. Cole ne s’était jamais, au grand jamais, trouvé dans ce genre de situation, lui qui avait toujours cherché à rester invisible aux yeux de tous. Il regardait plus souvent les boissons ou son frère que les deux jeunes femmes, se frictionnant les mains entre ses genoux et avait soupiré de soulagement quand elles furent reparties. Ç’avait été chouette, mais stressant, Cole n’était pas préparé à être dragué, heureusement que Kieran avait été là.

« Merci de me l’avoir dit. Et moi ? Moi, je… euh… »

Tiens comme son fond de verre était soudainement devenu intéressant… Cole fut pris au dépourvu bien qu’il ne fut pas étonné que la conversation ait pris cette direction. S’il avait reporté son attention ailleurs, ce n’était pas parce que le sujet était embarrassant pour lui, mais parce que…

« Je n’ai jamais eu de relation. J’en ai jamais eu l’opportunité ou plutôt, je n’ai jamais cherché à en avoir. Jusqu’à il y a un an, je ne m’étais jamais approché de personne, je ne voulais pas. Puis d’un coup, je me suis fais une amie, Bullet – tu sais je t’en ai parlé, la jeune adulte casse-cou – et encore d’un coup, tu es arrivé. En quelques semaines, j’avais enfin une amie et une famille. »

Cole marqua une pause. Il lui revenait en mémoire un microscopique émoi qu’il avait eu pour l’infirmière de l’université.

« Quand j’ai été muté vigile à l’université le mois suivant l’attentat, il y avait une infirmière scolaire qui était toute jolie, avec de beaux cheveux bleus, mais il ne s’est rien passé et il ne se passera rien, elle est partie ailleurs. À part ça, rien du tout. Je pense pouvoir dire que j’aime que les femmes. Peut-être ? Je sais même pas… »

À y réfléchir, c’était comme s’il s’était interdit toute forme d’amour en provenance d’autrui. C’était peut-être aussi ce qui avait facilité son accroche avec Bullet, qu’elle le chambre plutôt que de montrer de l’affection. Il avait préféré l’absence de sentiments plutôt que la déception ou la tristesse.
Il ne voulait pas plomber l’atmosphère et relança la conversation sur autre chose.

« Elles étaient plutôt jolies aussi les deux jeunes filles au bar, l’autre soir, mais j’aurais jamais pu arriver à leur parler avec ton aisance. Merci de t’en être chargé. »

Il posa son verre vide sur la table.

« Et euh… ça fait comment d’embrasser quelqu’un ? »

_________________
Me'n'ma brotha:







avatar
Totem de compagnie
Date d'inscription :
11/10/2017
Messages :
210
Voir le profil de l'utilisateur
Totem de compagnie
le Dim 30 Sep - 15:10
L'enfance est ce que nous passons notre existence à essayer de retrouver
Feat. Cole Walker

Tu observes ton frère un peu pensif et clairement coupable. Était-ce à cause de son enlèvement qu'il n'avait connu personne ? Tu grimaces et t'en veut immédiatement. Vous aviez réussi à ne pas penser à ça depuis que vous étiez en vacances et toi tu remettais les pieds dans le plat. Tu étais curieux de la vie amoureuse de ton frère mais tu aurais facilement dû te douter de ce qui allait suivre.

Le regard fuyant tu écoutes Cole te raconter sa vie amoureuse relativement vide. C'était probablement de ta faute, toi qui avais suffisamment bien vécu pour vivre de nombreuses expériences. Plus que zéro en tout cas. Un peu perdu dans tes pensées tu te revoyais draguer tout ce qui bougeait dans ta jeunesse, fier de tes muscles et ton charisme... Tu n'avais vraiment pas de quoi être fier.

Après un léger silence, ton frère reprend la parole comme pour détourner le sujet et esquiver simplement la question du pourquoi il n'avait personne dans sa vie. Tu souris doucement alors qu'il évoque les deux grecques, rigolant légèrement. Ok tu acceptais le changement de sujet avec plaisir. C’était égoïste et tu en avais conscience mais tu n'aimais pas vraiment te souvenir de ce que tu avais eu et pas ton frère.
Pris d'un nouvel élan, tu glisses ton regard sur lui bavant de répondre avec un haussement de sourcils.

« C'est normal, aussi mignonne qu'elles soient c'est juste toi et moi ces vacances. Sauf si tu veux que je branche ! »

Tu rigoles à nouveau et reprend ton verre dans la main. Comme prévu ton frère n'avait pas spécialement réagi face à ta bisexualité même si tu te doutais que ça allait le travailler.

« J'ai l'habitude de parler aux gens. Dans mon métier je dois sourire aux photographes, parler aux journalistes et toujours être aimable avec les fans. Evidemment c'est beaucoup moins que si j'étais un chanteur ou quoi (t'imagine l'horreur) mais je ne peux pas me permettre d'être timide ! »

Nouveau rire, nouvelle gorgée, tu portes ton regard vers l'île de beauté dont les rayons du soleil léchaient les reliefs avant de s'effacer dans la pénombre. Tu pensais que les déclarations aussi brusques et que les étouffements aussi clichés n'arrivaient que dans les films. Et pourtant, en entendant la question de ton frère tu recrachas subitement le vin que tu buvais, tachant ton short, arrosant tes jambes et manquant de t'étouffer. Et décidément s'étouffer avec n'importe quel type d'alcool était la pire chose au monde à tel point que tu ne le souhaiterais pas à ton pire ennemi. Toussotant pour te remettre de tes émotions tu te tournes vers Cole, les yeux rougis et les joues rouges de ton manque subit d'air.

« Euh bah euh... »

Éloquent tu le regardes avant de réfléchir un instant. Embrasser. Irrémédiablement tu revoyais Gan. Cette soirée arrosée avait marqué le début et la fin de ce que tu appelais « embrasser ». Au début ça avait été grisant et ton corps lui-même se souvenait de la caresse alcoolisée et douce de Gan lorsque vous vous embrassiez sur cette table au milieu des invités. Puis dans ton appartement alors que vous rejoigniez ton lit. Et puis au lendemain et les jours suivant ce n’avait plus été que des caresses, légères et oubliable, tu te demandais parfois si tout cela était déjà arrivé.

Tu grimaces un peu avant de soupirer et offrir un sourire amusé à ton frère… qui se mua immédiatement en visage circonspect. S’il n’avait jamais embrassé alors… tu rougis subitement à cette pensée, la chassant rapidement. De notre temps on pouvait très bien être trentenaire et puceau. Et alors ? Tu le fixes du coin de l’œil, te faisant la promesse que quoi qu’il arrive tu lui glisserais de quoi se couvrir. Au cas ou.

« Hm. Tu verras bien le jour où tu le feras… honnêtement la première fois c’est bizarre, puis après on s’y habitue… je suppose. Je vais pas te faire le coup du « tu veux qu’on teste ? »

A cette pensée complètement sordide entre frère, tu te lèves pour venir essuyer ta jambe et ton short.


_________________

Spoiler:
avatar
Curses
Date d'inscription :
11/10/2017
Messages :
238
Voir le profil de l'utilisateur
Curses
le Dim 30 Sep - 20:12

Cole avait vivement secoué la tête en réponse à l’idée que Kieran le branche avec une fille, un sourire caché au coin de la bouche. Cole n’était pas prêt et comme Kieran l’avait dit, ces vacances étaient pour eux deux et eux deux seulement. Pas d’intrus.
Cole n’aurait pas non plus pensé que son frère eut une telle réaction face à sa question à lui. Il l’aurait plutôt vu partir dans un éclat de rire et jouer le grand savant de l’amour. Comme quoi, son frère pouvait avoir des points faibles. Ou alors c’était parce que c’était trop bizarre venant de son jumeau ? Dans les teen movies, tous les ados avaient ce genre de conversation que Cole n’avait jamais pu avoir. Et qui de mieux que son frère pour discuter des choses intimes de la vie que le Cole de presque trente ans ne savait presque rien. Non ? En attendant que Kieran reprenne une respiration normale, Cole lui tapotait empathiquement le dos, mi-désolé mi-amusé. Ainsi donc la première fois, c’était bizarre ? Cole allait précieusement conserver cette information capitale dans un coin de sa tête.

« Merci mais non » rigola-t-il.

Le reste du voyage en bateau se déroula aussi tranquillement que le roulis du yacht sur la mer plate. La chance leur avait souri, la météo leur offrait majoritairement un ciel radieux.
Le sud de la France fut aussi enrichissante que la Grèce. C'était bête à dire mais les deux pays n'avaient rien à voir tout en étant tout aussi magnifiques. Il lui sembla que leur mère avait parlé de la France un jour, mais il n'était pas certain. Prochaine escale : Mexico !
Cole avait un petit pincement de quitter l'Europe, il aurait aimé en voir bien plus ! Ce pincement provenait également du fait qu'il retournait sur leur continent natif, il signait le rapprochement de la fin des vacances, mais il signait aussi autre chose d'encore moins joyeux. C'était Cole qui en avait fait la demande, c'était essentiel dans son Odyssée. Pour l'heure, ils n'y étaient pas encore... Avec le pincement était aussi revenue l'envie de s'isoler sous la douche pour faire couler de son sang, mais il réussit à ne jamais céder. Être en présence permanente de son frère l'aidait énormément, plus qu'il n'aurait pu lui dire.
D’ailleurs, le trajet dans l’avion parut lui sembler bien plus rapide qu’à l’aller, mais c’était parce qu’il était aux côtés de Kieran cette fois, duo aux grandes jambes coincé dans le maigre espace entre deux sièges. Ils demandèrent les deux plats disponibles pour goûter l’un chez l’autre, ils commentèrent les consignes de sécurité et le magazine de la compagnie aérienne… Quand Kieran s’endormit avant lui, Cole relut le papier des normes de sécurité, pour bien les retenir. Déformation professionnelle. La feuille eut raison de lui et lui tira enfin un bâillement qui le décida à enfin éteindre la loupiotte au-dessus de sa tête. Il hésita sur la position à prendre pour s’endormir et, finalement, sans déranger Kieran dans son sommeil, Cole posa son oreiller sur son épaule et s’endormit contre lui. Il y avait longtemps de cela, leur mère avait récupéré un lit superposé une fois qu’ils en eurent l’âge, mais bien souvent, ils dormaient encore ensemble sous la même couverture…

Mexico regorgeait de tellement de vie, l'ambiance hispanique résonnait avec ses racines. Peut-être un jour iraient-ils en Argentine ? Comme en Grèce et en France, Cole faisait des efforts pour apprendre et retenir des mots de la langue locale. Il commençait aussi à entasser de plus en plus fortement les papiers touristiques dans sa valise.
Premier jour sur place et déjà une pause en terrasse d'un café, un de leurs petits rituels vacanciers fort agréable. Cole s'éventait avec la carte de l'enseigne. Bien que né au Texas, il s'était déshabitué de la chaleur dans les geôles et à Toronto depuis tout ce temps.

_________________
Me'n'ma brotha:







avatar
Totem de compagnie
Date d'inscription :
11/10/2017
Messages :
210
Voir le profil de l'utilisateur
Totem de compagnie
le Mar 16 Oct - 12:01
L'enfance est ce que nous passons notre existence à essayer de retrouver
Feat. Cole Walker

Malgré ta gêne et les images de Gan qui revenaient sans cesse, ton frère avait rapidement passé la question de la sensation d'embrasser. De toute façon tu n'avais pas de réponses à ça. Ça ne t'empêcherais tout de même pas de suivre avec énormément d'attention la vie amoureuse de ton jumeau.

Tu avais fini par hausser les épaules pour aller préparer à manger (ton petit plaisir sur un bateau). Tu avais toujours eu cette petite passion pour la cuisine mais dans un paysage aussi idyllique tu te sentais chef particulier. La suite du chemin avait été ensoleillé (on allait bientôt vous prendre pour des maghrébins) et vous aviez fini par accoster et rendre le yatch à Nice. Passage rapide vous étiez passé par Cannes avant de rejoindre Toulouse. Habitude que vous aviez prise, un café sur la place du Capitole alors que l'air était encore frais. Une discussion banale et vous étiez déjà reparti pour Paris où vous n'aviez pas manqué de faire les touristes en prenant un selfie devant la tour Effel.

Cela faisait un étrange retour à la civilisation après autant de jours à la plage et sur le bateau qui te mis un petit coup au moral avant de reprendre l'avion pour le Mexique. Tu avais fait exprès de choisir le Mexique avant les USA, simplement pour ouvrir profiter encore un peu de la plage et du soleil.

Tu avais bien rigolé en voyant Cole s'inquiéter du décollage et atterrissage. De ton côté tu t'étais vite endormi en pestant contre les sièges trop petits et tes genoux bloqués contre le siège devant toi. Tu n'aimais pas l'avion pour ça, tu étais beaucoup trop grand pour cette connerie et tu voyais que Cole n'était pas en reste. Malheureusement les nombreux budgets et locations ne te permettaient pas d'acheter des billets première classe !

En posant le pied sur le sol mexicain, ça t’avait à la fois fait un petit coup au cœur et en même temps une vive excitation. Tu avais bien évidemment déjà fait quelques allers retours au Mexique, principalement pour le compte de la black plage où le trafic était idyllique, mais c’était la première fois que tu venais en touriste et tu avais bien l'intention d’aller voir les monuments.

Une fois les contrôles passés, vous vous étiez rendu à l’hôtel, quelque chose d’assez standard mais bien situé et agréable, une petite cour agrémentée de verdure était le point central du lieu. Tu avais choisi l’hôtel un peu au hasard mais c’était principalement les commentaires sur le site de réservation qui t’avais fait craquer. Tu étais décidé à offrir un voyage inoubliable à Cole. D’un autre côté vu les 700 photos qui étaient sur ton téléphone, ça devenait déjà inoubliable.

Tu avais pris une douche en arrivant à l’hôtel, tandis que Cole débarrassait les valises, avant que vous ne vous rendiez en plein centre-ville, sur une place ombragée. C’était devenu votre petit rituel, dans chaque ville vous vous installiez sur un café quelques heures, observant la vie quotidienne des passants. En général tu profitais de ce moment pour essayer de décrypter un journal local, abandonnant bien vite et finissant par regarder uniquement les images, histoire de suivre l’info.

L’info… depuis ton départ, et surtout depuis l’arrivée de Cole, tu avais très peu touché à ton téléphone, fuyant tous les réseaux sociaux pour profiter des vacances et… et aussi esquiver Gan.

Pensif, tu regardes les passants en essayant de te remémorer exactement le visage de ton voisin. Aussi étrange que cela soit, ta mémoire commençait déjà à rendre ses contours flous et l’ambiance du voyage apposait sur toi un anesthésiant puissant, comme si tu cherchais à l’oublier. Et pourtant parfois, tu t’en rappelais et il revenait dans ta mémoire comme la lame d’un couteau chauffé à blanc. Tu grimaces et, toujours en regardant vers les passants, te mets à parler machinalement.

« Je crois que j’ai fait une connerie. »

Alors tu lui racontes tout. Sorti de nulle part cela avait dû déstabiliser ton jumeau mais tu t’en fichais. A chaque mot, d’autres suivaient sans arrêt. Tu avais conscience que tu te livrais soudainement et que ton frère ne souhaitait peut-être pas le savoir mais tu lui disais tout, ta rencontre avec Gan le fait que c’était ton voisin, votre rapprochement puis cette soirée et enfin la pseudo relation que vous aviez entretenue.

_________________

Spoiler:
avatar
Curses
Date d'inscription :
11/10/2017
Messages :
238
Voir le profil de l'utilisateur
Curses
le Jeu 18 Oct - 20:42

« Je crois que j’ai fait une connerie. »

Le serveur vint poser deux expressos à leur table et repartit aussitôt, n'ayant cure de leur conversation, laissant juste le temps qu'il fallait à Cole pour respirer avant la tirade de Kieran qui arriva juste après. Il ne s'y attendait pas du tout. Enfin, il n'était pas étonné que Kieran lui parle de ses sentiments ou même de sa vie amoureuse - ils avaient déjà commencé à aborder ce genre de sujet sur le bateau, n'est-ce pas -. Ce qu'il l'avait surpris, c'était la soudaineté de la situation. Cole n'avait eu aucune préparation, mais il n'en perdit pas une miette. Il l'écouta attentivement. Des fois, il le regardait pendant qu'il fixait au loin tandis que ses mains accompagnaient ses paroles et des fois, il regardait son propre café avant d'en boire une mini gorgée.
C'était la première fois que Kieran mentionnait ce Gan, pourtant il avait l'air de faire partie intégrante de sa récente vie. Voisin, ami, petit-ami... Cole n'avait jamais vécu ce genre de relation, mais il avait vu assez de film pour comprendre le schéma. De loin, du moins. Plus ou moins. Dans les grandes lignes. Autrement dit, Cole ne savait absolument pas quoi répondre. Que dire ? Que conseiller quand on n'avait jamais traversé pareille épreuve ? Comme lorsque Kieran avait avoué sa bisexualité, Cole eut la même première réaction : il voulait le voir heureux avant tout, mais il était évident que son frère ne savait plus comment trouver le bonheur avec ou sans ce Gan et que son cœur lui en pesait. Après la tirade de Kieran, Cole s'octroya enfin le temps dont il avait besoin pour chercher ses mots à lui et répondit, la tasse de café vide.

« Jeeee... sais pas quoi te conseiller. Tout ce que je peux dire c'est que si ça te tracasse encore et aussi loin de lui, c'est qu'il reste encore quelque chose à faire ou à exprimer. Enfin, je sais pas si tu comprends vu que moi je vois pas ce que ça pourrait être. Enfin... »

À son tour d'agiter ses mains dans l'espoir que ça puisse aider son discours. Kieran lui offrit un de ses sourires dont il avait le secret, comme une façon de le remercier. Ils n'avaient pas besoin d'en dire plus pour le moment.
Tout le reste du voyage les attendait et il n'allait pas se dérouler tout seul ! Il y eut une journée pour voir la ville, goûter ses mets. Il y eut une nuit pour voir les lumières, s'imprégner de l'ambiance nocturne, boire ses breuvages (avec modération pour Cole). Il y eut une autre journée sur les sommets, la vue, la marche, l'accomplissement à deux. S'ensuivit un long trajet en car jusqu'à Monterrey en passant par San Luis Potosí. D'autres villes, d'autres photos, d'autres longues siestes fenêtres grandes ouvertes dans les bus sans climatisation sous le soleil qui termina la caramélisation de la peau de Cole débutée en Grèce. De toutes les langues dans lesquelles ils avaient baigné, l'espagnol était la préférée de Cole, sûrement à cause de leurs origines argentines.

Il y eut la frontière, les longs contrôles du passeport américain de Kieran et du passeport canadien de Cole. En plus du climat politique, le fait qu'ils étaient jumeaux mais n'avaient pas la même nationalité rendit le douanier méfiant... D'autant plus que Cole portait officiellement le nom de Cole Niguel Damas donné par les Curses. Les contrôles d'aéroport avaient été moins tatillon. Il leur avait suffi de se mettre dans deux files différentes à chaque fois pour ne pas être vérifié par la même personne et les compagnies voulaient surtout vérifier que c'était le même nom sur le billet et le passeport, rien d'autre. Mais le contrôle informatique des passeports leur donna raison et le douanier dut les laisser passer. Merci l'efficacité des mafias à délivrer des passeport impeccablement passe-partout.

Ils louèrent une voiture et roulèrent jusqu'à la tombée de la nuit. Le bain de foule mexicain avait été grisant mais le soupir poussé de manière synchrone quand ils s'assirent sur les fauteuils molletonnés de la voiture, en plus de les faire rire, prouva leur bonheur de retrouver un minimum de confort et de solitude. Pouvoir choisir sa propre station de radio était aussi un luxe qui leur avait manqué au bout de dizaines d'heures sur "Radio Mariachi", station fort entrainante au premier abord mais à fort potentiel répétitif. Ils s'arrêtèrent au premier motel venu. Qu'il était bon d'avoir la climatisation, il fallait bien le dire. La tortue qui était toujours collée dans son harnais contre Cole était elle aussi bien contente quand il transpirait moins. Le motel avait même une piscine ! Cole était comme un fou, tout simplement parce que c'était "comme dans les films". C'était nul, basique, mal insonorisé, mais c'était comme dans les films ! Après avoir reçu leur pizza commandée, ils allèrent s'asseoir au bord de la piscine bleu néon au milieu de la nuit noire, pour manger sous les étoiles, les pieds dans l'eau chlorée. Ça ne valait pas la Méditerranée, mais la tortue se plut à barboter dans la piscine le temps qu'il dîne, attendant de voir si Robin allait la rejoindre.

Cole venait d'entamer sa première part de pizza au bord de la piscine qu'il la garda dans sa main posée sur sa cuisse, perdu dans ses pensées. La tortue s'arrêta de s'amuser, elle savait exactement à quoi il pensait et se rapprocha de lui pour l'apaiser. Il le ressentit mais ne le montra pas, hermétiquement emprunt par ce qui l’accaparait. Il prit la parole sans regarder son frère.

« On n'est plus très loin, n'est-ce pas ? On s'y dirige demain, hein ? »

Yeux sur Kieran.

« Je vais me répéter mais je te remercie d'avoir accepté d'y repasser pour moi. Je sais que toi tu n'y serais jamais retourné, mais je vais vraiment avoir besoin de toi demain. Tu promets que tu resteras avec moi ? Que tu me laisseras tout le temps dont j'aurais besoin ? »

Questions idiotes, il connaissait les réponses. L'émotion pointait son nez, il avait besoin de sûreté.

_________________
Me'n'ma brotha:







avatar
Totem de compagnie
Date d'inscription :
11/10/2017
Messages :
210
Voir le profil de l'utilisateur
Totem de compagnie
le Dim 21 Oct - 22:43
L'enfance est ce que nous passons notre existence à essayer de retrouver
Feat. Cole Walker

Tu avais vraiment fait n’importe quoi. Tu avais saisi cette opportunité avec ton boulot pour t’échappé à cette toile que tu avais toi-même tissé entre Gan et toi. Au fond tu savais que votre séparation était la meilleure chose à faire, que ce soir pour lui ou pour toi…. Mais tout aurait tellement pu se passer autrement. Si seulement tu n’étais pas resté inactif, perdu et incapable de prendre une décision. Et puis ce regard… le tien s’échappe de celui de ton frère, tu lui confiais tout mais tu ne voulais pas voir ses réactions. Tu te savais stupide, mais tu ne voulais pas voir la déception dans le regard de ton jumeau. Alors autant lui laisser un peu de temps pour qu’il reprenne contenance et son regard.

Parlant donc de la façon dont tu avais lâchement abandonné Gan ce fameux soir (tu avais également sous-entendu que ça avait été le moment où tu avais souhaité passer le cap), tu regardais une vieille dame avec une enfant, marchant tranquillement dans la rue. Tu les fixais qui traversaient la rue et toi petit à petit tu te recroquevillais sur ta chaise. Finalement, une fois fini, un lourd silence s’installa et tu osas reporter ton regard vers ton jumeau. Ok, il avait plus l’air perdu, à chercher ses mots qu’autre chose et toi ça te fit sourire. Sur ta face décomposée, un petit sourire faiblard s’installa, ton frère était adorable et tu savais que si lui parler ne servait pas à grand-chose, tu sentais ton cœur un peu plus léger. Enfin, tu le sentais surtout beaucoup plus sûr. C’était un de ces moments où il suffisait de poser la question à voix haute pour que la réponse nous vienne.

« T’inquiètes, je ne cherchais pas spécialement des conseils… je crois… »

Tu soupires et interrompt ta phrase. Tu souris à nouveau mais cette fois au vide, un sourire mitigé entre la résolution et la stupidité.

« Il me manque… »

Rapidement tu te reprends pour te tourner vers ton frère et balbutier une phrase sans trop de sens entre le « non mais je suis content d’être là avec toi hein » et « c’était une façon de parler, je ne veux pas rentrer hein ! ». C’est ainsi que c’était conclu cette conversation (qui avait plus ressemblé à un long monologue) mais ton cœur étrangement c’était remis à battre et ta tête t’insinuait de plus en plus des souvenirs de Gan. Si son visage s’effaçait, tu te souvenais de ton rire, de la texture de sa peau, que tu n’avais que trop peu effleurée.

La suite du voyage avait poursuivi son cours, à base d’expériences et de bonheur pleins les yeux. Parfois tu te disais que tu voulais revenir avec Gan, et puis d’autres que ce moment était ce qui était de mieux pour vous retrouver entre frère. Plus un temps se passait sans que vous soyez ensemble, vous dormiez l’un sur l’autre, vous rigoliez ensemble et cette étincelle dans les yeux de Cole valait tout l’or du monde. Tu te dis d’ailleurs, alors que vous vous rapprochiez de la frontière américaine, dans un énième bus bondé et où ton tee-shirt blanc avait viré au marron, que la prochaine fois vous iriez en Argentine. Vous n’aviez jamais connu votre père mais il était originaire de Rio de Janeiro et si on ne choisissait pas sa famille, cela faisait tout de même parti de vous.

Le contrôle des passeports t’avais un peu surpris, tu ne t’étais pas attendu à ce que Cole ait un nouveau passeport et maintenant que tu y pensais tu n’avais jamais fait attention au fait qu’il ait un nouveau nom. Tu avais fixé ce « Damas » inscrits sur ce bout de papier, avec déception, te demandant si tu arriverais à demander à ton frère de refaire un passeport. Cette pensée fut pourtant rapidement éclipsée alors que vous arriviez en Amérique. Cela faisait un petit moment que tu n’avais pas mis les pieds au Texas.

Dans la première voiture que vous conduisiez enfin en étant seul, Robin pu enfin sortir, profitant de l’air plus frais et toute la place à l’arrière. Le pauvre fauve, quoi que fais pour les températures désertiques, n’avait pas supporté le premier trajet, entre le monde et les totems, il avait rapidement élu domicile dans Kieran, ne sortant qu’en de rares occasions. Aussi, heureux comme un pinçon, il s’étala sur la banquette arrière et s’étira de tout son long, faisant griser ses griffes sur le fauteuil.

Autant dire que quand vous vous posèrent sur le bord de la piscine, Robin ne se fit pas prier pour plonger et nager à côté de Batman. Bien qu’il ait fini par avoir l’habitude, tu ne pouvais pas t’empêcher de rire en voyant le superbe pelage du félin disparaitre pour laisser apparaitre la peau et les os de Robin. Animal tout de même très élancé et fin, une fois mouillé il ressemblait à un gros rat… Après un rire, tu entamas la pizza, bien heureux de retrouver de la nourriture américaine (les haricots rouges ça allait bien au bout d’un moment).

L’ambiance changea pourtant du tout au tout et face au silence de ton frère, tu tournas ton regard vers lui, sursautant en voyant son regard alors qu’il parlait du Texas. Tu lui offres un petit sourire, reportant ton regard sur Robin qui sortait de la piscine dans un gros tas d’eau, t’arrachant un petit rire.

« On y sera en début d’après-midi. J’y suis déjà retourné tu sais… même si je la hais, je m’en occupe. Être devant ne me fait pas grand-chose mais pour toi bien sûr que je resterai le temps que tu auras besoin. »

Tu soupires avant de sourire amèrement.

« Ça va lui faire chaud au cœur de t...nous voir. Ne t’inquiète pas, ça va bien se passer. »

Tu détournes le regard et mange ta pizza, tu ne voulais pas montrer ton animosité envers votre mère à Cole. S’il était au courant, tu ne voulais pas qu’il se sente gêné. Pourtant, tu avais du mal à le cacher, elle qui l’avait vendu, elle qui s’était échappé sans vouloir s’expliquer. Robin, sentant ta gène, se rapprocha puis se secoua, vous trempant rapidement de l’eau chloré. Ça t’arracha un rire que tu espérais communiquant. .

_________________

Spoiler:
avatar
Curses
Date d'inscription :
11/10/2017
Messages :
238
Voir le profil de l'utilisateur
Curses
le Ven 26 Oct - 16:10

Cole rit à peine une seconde, le cœur n’y était pas. Ça lui faisait plaisir d’entendre que Kieran y retournait pour entretenir ce qu’il y avait à entretenir. Cet acte prouvait un trait que son frère n’avouerait jamais par les mots.
La soirée finit de se dérouler aussi tranquillement que la surface de la piscine. Lumières éteintes, couché dans un lit simple à un mètre de son frère qui devait dormir depuis plusieurs minutes, si ce n’est plus d’une heure, Cole fixait encore le plafond dans le noir. Un noir teinté du jaune des lampadaires du parking et du mauve du néon de l’enseigne, où se dessinaient clairement les formes de la chambre. Il serait alors plus juste de dire que Cole restait éveillé dans la nuit plutôt que dans le noir. Couché sur le dos, bras étendus le long du corps ou bien mains croisés sur son ventre, tortue contre lui, Cole n’arrivait pas à s’endormir. Lorsque Kieran lui avait souhaité bonne nuit, Cole s’était retrouvé seul avec son trop-plein d’émotions. Ou plutôt son vide intérieur. Les deux à la fois. Il était très étrange de ressentir tellement de choses à la fois que tout s’effaçait et qu’il ne restait plus que vous. Cole n’était pas triste, il n’était pas non plus en colère ni même inquiet. Il avait beaucoup appréhendé ce jour qui était désormais demain. Toutefois, le voici qui ne savait plus ce qu’il devait ressentir. Toute l’ambiance estivale et vacancière partagée avec son frère rendait ce lendemain abstrait et détaché de tout. Cole n’avait pas non plus envie de faire couler du sang dans la douche, il n’en avait pas besoin, il était calme. Calme avant la tempête, le déluge, le tsunami… Demain, il reverrait ce qu’il ne visualisait plus. Dans quelques heures, il retrouverait ce qu’on lui avait arraché mais auquel il n’aurait plus accès, ni lui, ni Kieran. Tout cela était énorme et en même temps inconcevable. Alors Cole ressassait en boucle ses souvenirs d’enfance, ceux qu’il s’était interdit pour ne pas souffrir. Il ne restait plus que des bribes brouillées, mais il en restait. Des souvenirs d’école, des souvenirs de jeux, des souvenirs de repas, de fêtes, de chamaillerie, de pleurs… Et quand il y en avait plus, il revisionnait la cassette, jusqu’à finir par s’endormir.

Il réussit à sourire à son frère au réveil, à manger leur petit-déjeuner décoiffés et dans une bonne humeur relative. Ensuite, au fur et à mesure que la voiture s’approcher de leur ville de naissance, Cole s’assombrissait. S’il avait conduit, peut-être son cerveau aurait-il été occupé à autre chose, mais Cole n’avait pas le permis. Les Curses ne l’y ont jamais autorisé et il n’en a jamais vu l’utilité, lui qui ne voulait fuir nulle part. Il s’était excusé auprès de Kieran de lui laisser toutes les heures de conduite, mais Kieran lui avait dit qu’il n’y avait aucun problème, qu’il avait l’habitude de conduire des heures durant. Il lui aurait bien fait la conversation pour l’occuper et faire passer le temps plus vite, mais le cœur n’y était toujours pas. Au moins, même dans le silence, les jumeaux se savaient là l’un pour l’autre, il y avait un soutien tacite. Il n’y a parfois besoin que de la présence de l’autre.
Avant de rejoindre Kieran pour ce périple, Cole s’était demandé s’il devait acheter un costard-cravate pour ce jour, pour le cérémonial pour finalement abandonner l’idée. Il n’en portait jamais, cela ferait trop étrange et même en septembre, le Texas pouvait être caniculaire, alors il était en tenue normale mais intégralement noire.
Les montagnes se profilaient toujours à l’Ouest, les paysages étaient constamment arides, les autoroutes étaient longues… Un cadre peu clément qu’aucun des jumeaux n’affectionnaient plus. Cole tenta un vague instant de se sentir comme s’il était chez lui, mais cela ne fonctionna pas. Il tourna le regard vers Kieran et là, il retrouva ce sentiment. Quand le nom de leur ville apparut sur les panneaux routiers, Cole eut une boule au ventre pour le reste du parcours. Kieran fronçait des sourcils plus longtemps que Cole ne l’avait jamais vu faire. Il pouvait facilement deviner ce qu’il ressentait. L’arrivée serait douloureuse pour Cole mais à aucun moment il n’avait hésité, il ne reculerait pas.

Des pneus freinent, une porte de voiture claque puis une seconde, une paire de pieds rejoint une autre sur l’asphalte et s’arrête un instant. L’homme sans mèche blanche prend une lourde inspiration. Il y a une accolade et quand l’homme se dit prêt, les deux s’avancent à l’intérieur du cimetière.
Il y a d’abord la partie militaire, à la pelouse entretenue et aux dalles blanches, comme les américains les aiment. Vient ensuite la partie des particuliers, à l’image des montagnes visibles au loin : sèche et poussiéreuse. Les yeux de Cole furetaient pour lire tous les noms, nerveux, tandis que Kieran l’amenait sans fléchir à destination. Ils étaient à présent devant. Une pierre tombale avec le nom et le prénom de leur mère. Un rocher sculpté avec une inscription gravée parmi tant d’autres. Des fleurs fanées, poussées par le vent et défaites par la pluie parmi tant d’autres. Cole fixait le nom, encore et encore. Aucune nouvelle réminiscence, aucun flashback, seule la boule au ventre qui prenait toute la place et restait cramponnée.

- S’il te plait, raconte-moi comment ça s’est passé.

Kieran ne lui avait dévoilé que les grandes lignes et Cole n’avait pas insisté. En ce jour, il avait besoin de savoir. De tout savoir.
À mesure que Kieran déroulait son récit, la boule se fissura, explosa et les larmes montèrent enfin aux yeux de Cole. Il les laissa couler avant de se mettre à essuyer le flot continu, encore et encore. À la fin, il se laissa tomber à genoux et continua de sangloter. Quelque soit le temps qu’il prit, cela dura longtemps. Il sentit finalement la main de Kieran venir le réconforter, relançant ses larmes malgré lui. Dans toute la misère de son histoire, Cole pleurait une nouvelle chose. Dans son chagrin se rajoutait la tristesse d’avoir trouvé le bonheur. Kieran l’avait retrouvé. Son frère, son jumeau, la personne à qui il tenait le plus au monde l’avait toujours aimé et jamais abandonné. Il avait traversé les États-Unis et s’était installé à Toronto dans le seul espoir de les réunir. Leur mère avait été ce qu’elle avait été et elle était désormais morte. Il ne restait plus qu’eux mais c’était amplement suffisant pour Cole, cela avait même été au-delà de ses espérances. Toujours à genoux, il se tourna vers Kieran et le tira à terre pour le serrer dans ses bras, le gardant contre lui le temps que ses pleurs se calment… La fin de toutes ses larmes confinées pendant des années…

Cole tint à renouveler les fleurs de la pierre tombale. Peut-être ne reviendrait-il jamais et il voulait accomplir ce geste au moins une fois. En remerciement, en pardon, avec déférence. Il acheta un pot de chrysanthème au fleuriste du cimetière et le déposa sur la tombe, la débarrassant des autres végétaux décrépis. Adieu maman…

- Merci Kieran. Merci…

Les yeux rougis, marchant en direction de la sortie, Cole finit de renifler, sourit à son frère et déclara avec le plus de dédramatisation possible :

- Je sais pas toi, mais moi, j’ai la dalle. On va manger ?

Les frères Walker n’avaient pas de restaurant préféré dans leur enfance. Leur mère n’en avait pas le budget. Il y avait seulement les petits écarts au fast-food d’à côté et Cole n’avait pas envie d’aller y manger. Aujourd’hui, ils possédaient assez de richesse pour s’asseoir à l’enseigne la plus gastronomique de la ville, mais ni le faste ni la fête n’avaient lieu d’être.
Pendant qu’ils déjeunèrent, Cole regarda les passants comme ils en avaient pris l’habitude à chaque terrasse de café étrangère, mais d’un autre œil. Il cherchait à reconnaître, à retrouver sa ville, à superposer ses visions du passé avec celles du présent. Mais rien.

Avant de régler la note et de reprendre la voiture, Kieran lui raconta cette fois ce qui était advenu de la maison après, eh bien… après. Pas grand-chose à dire, il l’avait vendue, il s’en était débarrassé. Sur le petit trajet, Cole resitua la poste, le parc, l’école et les chemins qui y menaient. Ils se garèrent sur le trottoir d’en face et Cole vint se positionner à côté de Kieran, les mains dans les poches, face à leur ancienne maisonnée. C’était bien elle. La peinture avait changé, les buissons étaient entretenus derrière la barrière, elle ne donnait plus d’impression de pauvreté. Elle, elle avait ressuscité. Cette vue ne le rendait ni triste ni heureux. Il n'avait pas envie d'y rentrer, de toute façon, cela ne se faisait pas. Ils n'allaient pas non plus rester là longtemps. Juste l'espace de quelques minutes. Cette étape était une manière de clore le pèlerinage. Ils n'auraient pu quitter la ville sans s'arrêter devant.

- C’est une famille qui y habite ?

La vie suivait son cours et c'était ce que le monde faisait de mieux. Leur histoire personnelle ne déteignait que sur eux-mêmes. La maison avait pu rester une maison, un toit malgré tout.

_________________
Me'n'ma brotha:







avatar
Totem de compagnie
Date d'inscription :
11/10/2017
Messages :
210
Voir le profil de l'utilisateur
Totem de compagnie
le Dim 4 Nov - 16:20
L'enfance est ce que nous passons notre existence à essayer de retrouver
Feat. Cole Walker


Le soleil de ce matin là avait été radieux. La température, comme toutes celles que vous aviez connus depuis le début des vacances était agréable. Ce matin pourtant, malgré la chaleur ambiante, tu avais opté pour un teeshirt noir et un jean de la même couleur. Tu ne savais pas trop pourquoi mais tu avais fait attention à toi, tu t’étais coiffé, lavé le visage, admiré quelques secondes ta peau teinté dans le miroir et la lumière blafarde du motel. Tu t’étais même mis du parfum. Même Robin avait léché correctement ses poils pour apparaitre soigné.

Tu voyais dans le regard et les mimiques de Cole qu’il se forçait à paraitre de bonne humeur mais tu le sentais morose. Fatigué, tu savais qu’il avait mal dormi, tu voyais dans ses yeux cette perdition dans ses pensées, il était songeur et tu imaginais sans mal ce à quoi il pensait. Vous aviez petit déjeuner avant que tu ne prennes le volant. Au début tu avais eu besoin d’un GPS, et puis à mesure que vous arriviez dans votre ville natale, tu reconnus les rues, les maisons, ces magasins que tu fréquentais. Tu avais regardé un instant ton frère, tu te demandais s’il se souvenait de cette station-service chez qui vous voliez parfois des bonbons. De cette boulangerie où, les jours de week-end où votre mère recevait sa paye, elle vous envoyait acheter du pain et des viennoiseries françaises.

Puis tu prends un tournant et vous passez sous cette grande arcade si souvent synonyme de cimetière. Tu gares la voiture sur le parking, lançant un rapide coup d’œil aux autres voitures présentes. Tu souris sans joie avant d’accompagner ton frère à travers les tombes grises, parsemées de fleurs, doucement suivit par le pas feutré de Robin. Ton regard se permet un rapide coup d’œil sur les noms et parfois tu faisais les calculs. Il est mort vieux, il a bien vécu. Il est mort jeune… tu regardais les fleurs et parfois ce petit mot qui demandait aux descendants de contacter le cimetière. Il y avait besoin de place…

Machinalement mais à une vitesse réduite, tu traverses les allées, ton frère sur tes talons, Robin un peu après, aussi silencieux que les morts. Tu ne prononces pas un mot, tu n’aimais pas parler dans les cimetières et à en voir le regard fermé de ton jumeau, il n’avait de toute façon pas l’air prêt pour discuter.

Et puis finalement vous y arrivèrent. Tu t’arrêtes devant, attendant que Cole pose son regard sur la sombre pierre. Tu la regarde un instant, alors que viens à toi les souvenirs de ce sombre enterrement. Ça n’avait pas été comme dans les films, il avait fait beau, un soleil de plomb qui t’avais fait transpirer sous ton costume noir, et personne n’était venu en dehors de toi. Tu te souvenais t’être battu avec l’église pour qu’elle soit pardonné, tu avais débattu avec le prêtre pour finalement que cette pierre arbore cette petite croix, pour que finalement il prononce quelques mots. Ça avait été très court, a peine personnalisée et tu avais vu dans le regard de l’homme ce dégout pour ta mère. Elle avait, après tout, défié Dieu en mourant plus vite. Tu fixes la tombe et le nom inscrit dessus. Votre mère était-elle contente de revoir Cole ?

Tu sursautes lorsque la voix de ton frère vient troubler le silence du lieu, attirant ton regard sur lui plutôt que cette tombe. Tu restas silencieux quelques secondes, tu ne voulais pas que ton frère souffre mais tu voyais la détermination dans ces yeux. Cette détermination qui n’accepterait pas que tu passes par 4 chemins. Tu te racles la gorge et lui raconte tout. Comment tu avais trouvé ta mère le matin de sa disparition, votre vie après, votre chambre devenue chapelle, cette lueur que tu voyais dans ses yeux turquoise, cette tristesse, puis sa mort. Alors que ton frère s’effondrait, tu continuais ton récit, l’enterrement, la maison, tout ce dont tu te souvenais de cette femme.

Puis une fois fini, alors que Cole pleurait silencieusement, accroupi devant la tombe de celle qui vous avait abandonnée, tu mis ta main sur son épaule pour le soutenir. Tu ne dis plus rien, observant simplement la tombe que tu avais désespérément évitée. Si tu te sentais mal pour Cole, que sa tristesse et sa solitude t’atteignait comme un poignard en plein cœur, la tristesse de la perte de votre mère ne te faisait plus rien. Mélancolie et vagues souvenirs hantaient ce lieu, mais tu restais insensible, te demandant simplement ce qu’elle aurait fait si elle avait été encore en vie pour revoir Cole.

Ce dernier t’attire à terre et tu l’enlaces alors pour le rassurer, tout allait bien, vous vous étiez retrouvé et aussi haineux que tu étais envers votre mère, vous étiez réunis. Puis les larmes cessèrent et Cole se redressa, insistant pour acheter des fleurs. Pendant son achat tu avais nettoyé la tombe comme tu avais parfois l’habitude de faire, puis laissé ton frère y mettre le pot nouvellement acheté. Et puis finalement vous aviez dû vous éloigner, et tu jetas un petit coup d’œil en arrière, offrant à ta mère un petit sourire alors que l’image de son sourire lorsqu’elle vous lisait une histoire s’insinua dans ta mémoire.

Alors que vos pas s’éloignaient de la tombe, que ton regard glissait à nouveau sur les pierres et les dates, la vie sembla reprendre son cours. Le son devient bourdonnant puis d’un coup tu entendis vos pas sur les graviers, les voitures un peu plus loin, les oiseaux dans l’arbre… alors tu soupiras, la tension s’étirait pour ne devenir qu’un fil fin sur le point de se briser. Ce que fit ton frère en brisant à nouveau le silence et en te proposant de manger.

Un petit rire et un sourire plus tard, vous étiez assis dans un restaurant sans prétention dont tu ne te souvenais même pas l’existence. Discutant peu, songeant beaucoup, tu portais parfois ton regard dans la direction de celui de Cole. Tu avais beau être parti plus d’un an plus tôt, tu ne reconnaissais plus personne. Tu avais pourtant fait tes études ici, un de tes trophées trônait dans une vitrine du lycée, mais chacun t’avait oublié sans doute. Ou bien votre attitude pensive et fantomatique n’aidait pas à engager la conversation.

La note réglée et la tension finalement disparu, vous étiez devant la maison à observer ses murs qui vous avaient accueillit pendant si longtemps. Tu soupires, tu te souvenais que tu avais repeint la façade un jour, non sans attirer les regards envieux des voisins, face à ton torse nu (il avait fait très chauds ces quelques jours) et les actuels propriétaires semblaient aimer cette couleur. Nostalgique, quelques souvenirs de ta vie dans cette maison revinrent mais tu n’en parlas pas à Cole… lui n’avais pas eu cette chance. Il n’avait pas eu la chance de mettre une voiture sous ce garage, d’embrasser sa première fille sous ce porche (et plus si affinité dans le cabanon du fond), de tondre la pelouse, d’aider votre mère à porter les courses, à cuisiner. Et pourtant, tu voyais entre les rideaux de la fenêtre la cuisine. Cette même pièce où elle avait mis fin à ses jours… tu secoues la tête pour chasser cette pensée

-Je crois ouais, ils vivaient à New York avant de déménager ici. Je ne me suis pas occupé de la vente, trop compliqué alors j’ai fait appel à une agence… je ne connais pas trop la famille du coup.

Tu lui souris doucement, haussant les épaules. Vous restèrent un petit moment à regarder la maison avant que tu ne remontes dans la voiture. Il ne vous restait plus beaucoup de temps avant de rentrer au Canada mais ut ne voulais pas vraiment t’étendre dans cette ville. Et vous aviez toute la route à faire jusqu’à Toronto. Route que tu savais longue, car elle représentait le trajet que tu avais fais presque un an pile auparavant.

Nouveau sourire pour ton frère et en quelques minutes vous quittèrent votre ville de naissance, laissant avec vous les souvenirs désagréables, vous ouvrant plutôt à votre nouvelle vie ensemble.


_________________

Spoiler:
Contenu sponsorisé
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum