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Totem de poche
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Totem de poche
le Jeu 3 Mai - 3:46
Des cris.
De la poussière.
Du sang.

Du sang partout.
Mélodie regardait ses mains. Pleines de sang. Elle ne comprenait pas. Des tirs. Coups de feu, explosions. Elle regardait autour d’elle, mais ne voyait rien. Que du chaos. Elle cherchait. Mais elle ne trouvait pas. Elle se tourna à droite, puis à gauche.

Rien.

En tout cas, pas ce qu’elle cherchait. Des visages inconnus passaient, des corps inertes et chaque fois, la même crainte, la même peur sourde la hantait, chaque fois qu’elle se rendait compte que la personne qu’elle cherchait n’était toujours pas là.

Abishai.
Absent.

Elle cria son nom. Une fois, puis une deuxième. Une voix lointaine, celle de Maciej résonnait en écho. Il la blâmait. Parce qu’elle ne le trouvait pas. Pourtant, elle faisait de son mieux.

Du sang arriva jusqu’à ses pieds. Elle suivit cette trace, ne sachant pas pourquoi, ne trouvant pas d’autres solutions.

Et c’est là.
Elle le fit enfin.
Et elle se mit à crier. D’horreur. La peur l’envahit
Et c’est là qu’elle…

***
Un rêve. Encore. Un putain de rêve. Je déteste les rêves. En fait, ce ne peut pas être un rêve. C’est un cauchemar. Jamais ce n’était la même chose, l’idée en restait par contre toujours la même. Cette idée d’être encore une fois confinée dans ce maudit amphithéâtre avec tout ce monde. Et chaque fois.

Chaque fois. J’arrivai trop tard.
Chaque fois quand je le trouvais.
Il était mort.

Je n’en peux plus. J’ai toujours cette impression que c’est réel, si réel. Et pourtant. Pourtant je me réveille dans cet appartement qui n’est pas le mien, je me réveille dans un appartement beaucoup trop luxueux. Je suis chez lui.

Et pourtant trois secondes avant, je voyais son cadavre.
Je n’en peux plus.
JE VEUX SEULEMENT DORMIR EN PAIX.

Je respirai. J’ai besoin de respirer. J’allumai la lampe de chevet. Le noir, n’avait rien de rassurant. Même pour une adulte. Je dois avoir l’air d’une vraie gamine. Je m’en fiche. Je suis terrorisée. Je pleure. J’ai froid. Je me sens mal. Mon cœur bat à la chamade. Je ne comprends pas. Enfin, oui je comprends que c’était un rêve, mais je ne comprends pas quand même.

Je…
J’ai…

J’ai besoin de le voir. De me rassurer qu’il va bien. Que tout est beau que… qu’il dort.
Mais.
On n’entre pas dans la chambre de quelqu’un comme ça, sans rien dire. Ce… Ce n’est pas ma maman et je n’ai plus six ans non plus.
Mais.
Arrgg! Pourquoi ça ne peut pas être simple !? Pourquoi je ne peux tout simplement pas dormir normalement !? Pourquoi cet événement m’a terrorisé à ce point ? Bien sûr que j’ai les réponses à toutes mes questions, mais ça me frustre tellement!

Je dois me calmer. Je dois absolument me calmer. Je pris mon ourson-abeille que Ludovick m’avait offert avant mon départ de Montréal. J’avais besoin de tenir quelque chose de rassurant. Je n’arrivais pas à me décider…

Mais de toute façon… Il ne peut rien m’arriver ? Et si ne veut pas me voir, ou s’il me voit, je n’aurais qu’à dire que je me suis trompée de chambre ? Un truc tout con comme cela, ça passe plutôt bien à 2 :30 du matin.

Je sais ce que j’ai de besoin. J’ai besoin d’être rassurée.

Sans plus attendre, je me levai, mon ourson-abeille, je dois vraiment lui trouver un nom à celui-là, et je me mis en mode : pas de souris, pour aller le rejoindre.

De toute façon, je n’allais pas le réveiller, j’allais juste voir s’il était toujours vivant.

Non ?

Une fois arrivée dans sa chambre, j’entrouvris la porte doucement. Je voyais sa silhouette. Je voulais m’approcher, juste un peu. Et par « réflexe », je murmurai son nom… Ne demandez pas pourquoi, je n’en sais rien.

- Abi…

En vrai, je n’avais aucune idée de ce que je faisais, tout ce que je sais, c’est que j’avais ouvert sa porte et je fis quelques pas dans sa chambre, faisant bien attention à ne pas me…

BAG !

- Aïe! Échappai-je spontanément.

FUUUUUUH MON ORTEIL! C’EST LA PLUS PETITE EN PLUS! J’AI MAL, J’AI MAL, J’AI MAL!
Ok. Mon niveau de subtilité est archi nul, je suis toute gênée. C’est certain qu’il va se réveiller. Je suis idiote, je n’aurais pas dû m’approcher autant.

Pourtant ne voulait pas faire grand-chose. Juste le voir de plus près. Il allait me trouver complètement ridicule, surtout s’il me voit avec ma peluche encore plus s’il voit mon pyjama du Roi Lion. Je n’y peux rien, j’adore ce film et ce pyjama était vraiment trop chouette… Je n’ai pas pu résister.
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le Lun 7 Mai - 2:14
La nuit. Quiconque de normalement constitué pourrait croire que l’appartement de la famille Lis pourrait être parfaitement silencieux la nuit. Mais non ! Un habitant vit la nuit dans cet appartement et a déjà réveillé ou tout du moins tenté de réveiller deux tiers de la maisonnée. Le chat. Le chat a une mémoire de poisson rouge. Le chat ne se souvient pas chaque soir qu’entre 2 et 7 heure du matin, il n’y a pas humain qui vive dans cette maison. Non, malgré l’échelonnage des couchers et réveils avec Maciej qui se couche au milieu de la nuit parce que la musique et Nadia qui se lève avec les poules, il y a 5 heures où tout le monde dort, où les totems même ont besoins de dormir (genre par exemple, Ada roulée en boule sur son coussin, son nez dans sa queue, ronflant élégamment comme un gros chien) et qu’il n’y a que lui, lui, le félin qui dort jusqu’à 16 heures par jour, pour vivre de nuit. Il est allé gratter chez Nadia sans obtenir de réponse, est allé voir s’il pouvait chasser Paloma dans la chambre parentale mais un truc bizarre l’a attaqué en crachant et il a fait demi-tour vite fait, n’a pas testé la porte de l’invitée qui ne lui revient pas encore suffisamment, elle, c’est sûr, elle ne sait pas où sont ses croquettes.

Alors il a tenté chez Abishai. Abishai et son énorme bandage, Abishai qui a mis une heure à trouver une position où il n’avait pas mal, Abishai qui dort vêtu uniquement d’un pantalon de pyjama bleu marine style jogging parce que les médecins ont dit qu’il fallait laisser un peu la blessure respirer pour que ça cicatrise. Le chat a surtout trouvé une porte entrouverte ce qui est moins fatiguant qu’une porte à ouvrir. Doucement, il s’est glissé dans la pièce, a ignoré volontairement Ada qui a levé une oreille à l’arrivée et a grimpé sur le lit. Le miaulement n’a pas suffi, Abishai ayant l’habitude des visites du chat pour venir dormir contre lui. Mais là, ce dernier pose une de ses grosses patounes poilues sur la bouche d’Abi et attend une réaction. Abishai ouvre un œil, marmonne, demande au chat ce qu’il veut, le chat miaule en ronron, Abi le caresse, avant de le porter jusqu’à son panier parce que ce n’est pas l’heure mais promis, demain matin, il joue. Le chat a miaulé en le regardant candide, s’éloigner, fermer sa porte et se recoucher.

Nouvelle tentative du chat qui place un saut sur la poignée de porte, ouvre, revient embêter Abi, Abi qui grogne, recongédie le chat en le grondant, en le traitant de sale matou et le remet dans son panier. Cette fois ci, le chat boude, on ne congédie pas un chat comme une vieille chaussette deux fois. Si bien que lorsqu’on le dérange une seconde fois, Abishai se relève difficilement, gronde d’une voix rauque.

« Bon, là, le chat, t’abuses ! »



« Miaou » répond le chat de son panier, il n’a rien fait, il faisait sa toilette, d’abord. Et ce n’est pas le chat qui se tient devant lui. C’est …

« Mélodie ? »



Une Mélodie perdue, enfant, dépenaillée, forçant le trait avec sa peluche. C’est mignon. Il secoue la tête. C’est bon, là, il est réveillé. Lentement, il se lève, les joues un peu rosies, attrapant un tee-shirt pour se couvrir et vient la rejoindre. Il hésite un peu mais là, il sent bien qu’elle a besoin d’une étreinte alors il s’y soumet, blottissant la jeune femme contre son torse, massant son dos. Il niche son visage contre ses cheveux, respire leur odeur, instaurant un silence avant de lui demander.


« Quelque chose ne va pas ? Tu as l’air d’avoir fait un cauchemar. »



L’expression d’Anshel, mot pour mot, c’est « d’avoir vu la mort » mais au vu de leurs dernières aventures, il l’a un peu banni de son vocabulaire avec Mel. Doucement, il l’emmène s’assoir sur le lit, lui laissant le choix de l’étreinte ou du face à face, gardant sa main.


« Il parait qu’il faut raconter les cauchemars pour qu’il n’hante plus personne. »



Il caresse sa joue avec tendresse, distraitement. Ada n’est pas venue, elle ne semble pas vouloir déranger.

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Ada see you , bro !
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le Lun 7 Mai - 4:05
OMG. OMG. OMG. OMG. Mais quelle mauvaise idée. Si seulement il m’avait seulement pris pour le chat, tout irait bien. S’il ne s’était pas relevé et qu’il se serait rendu compte que… En fait, ce n’est pas du tout le chat, ça aurait été particulièrement correct, j’aurais fait comme si rien était, je… J’aurais fait aucun bruit et je me saurais sauvé de sa chambre, parce que je l’avais entendu, je savais qu’il allait bien.

Mais il semblerait qu’Abi ne l’avait pas entendu ainsi. Il s’était redressé. Instinctivement, j’avais figé. Incapable de bouger. Je n’avais pas envie de bouger. Encore moins lorsqu’il dit mon nom. Je me trouvais maintenant idiote là, dans sa chambre, à seulement m’assurer qu’il dorme bien. Mais… Voilà quoi. J’étais prise en flagrant délit. Comme une voleuse. J’avais cette très forte envie d’aller me cacher. Mais il avait dit mon nom. Il avait bien vu que c’était moi. Zût. J’avais fait un pas pour la sortie. Je ne me sentais pas vraiment dans l’état pour lui parler. Je me sentais gênée. Mais je trouvais quand même quelque chose à lui dire.

- Allô…

Ok. Ce n’était pas ce qu’il y avait de mieux à dire. J’aurais pu être un peu plus futée, lui donner mon excuse bidon du « je me suis trompée de chambre », mais étant donné que je suis une très mauvaise menteuse, du coup, ça aurait sonné beaucoup trop faux à ses oreilles, il aurait su que je savais que ce n’était pas ma chambre, mais bien la sienne et que j’étais ici pour une bonne raison. Ce n’était peut-être pas une raison logique, mais c’était une bonne raison. C’est quand même mieux que de ne pas avoir du tout.

Mais avant de lui expliquer je vis sa silhouette se lever, ramasser un truc, il semblait mettre un chandail. Rapidement après, il vient me serrer dans ses bras. Je ne pouvais pas refuser. C’est du luxe des câlins. D’autant plus qu’il me massait doucement le dos. Ça me rappelait lorsque j’étais petite, lorsque je faisais des cauchemars, quand mon papa venait dans ma chambre, il me frottait le dos durant quelques minutes me forçant à penser à quelque chose que j’aime. Je pensais alors à des fleurs, ça avait quelque chose de rassurant, sans que je sache exactement pourquoi.

Faisant attention à mon plâtre et tenant toujours ma peluche, je me fis toute petite dans les bras d’Abi. Ça me faisait du bien, un grand bien, il ne pouvait pas vraiment savoir à quel point, je dois quand même l’admettre. Ses mains contre son dos, ses bras m’entourant, cette impression que rien ne peut m’attendre.

Je fermai les yeux.
Je respirai tranquillement.
Le calme.
Moment savoureux.

Il finit par me demander pourquoi j’étais ici… Du moins en quelque sorte. Il me demanda s’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Beaucoup de choses n’allait pas. C’est un peu difficile de dire que tout va bien alors que ce n’est pas tout à fait le cas, mais on n’a pas le choix de passer au travers, un peu comme une rupture amoureuse.

Je lui expliquai vaguement pourquoi j’étais en train de visiter sa chambre :

- Eum… Je… Je… voulais juste savoir… si tu allais bien…

Abi finit par me lâcher, il me traîna vers son lit, préférant m’installer en face de lui. Je crois que si je retournai dans ses bras, mon cœur n’allait pas le supporter. Mais j’aimais bien garder sa main. Ma peluche ourson-abeille, je la posai juste à côté, en fait, entre nous deux, si jamais il veut la prendre, ce qui m’étonnerait. Mais savoir qu’elle était proche avait quelque chose de rassurant.

Mais oui, j’avais fait un cauchemar. Mais je me trouvais complètement bête. Je ne crois pas qu’il voulait…

Ah… Non, il semblerait qu’il veuille que je lui en parle. Ça me met un peu mal à l’aise ? Parce que mon rêve le concerne. C’est vrai que j’avais particulièrement eu peur de le perdre cette journée-là, je m’en serais vraiment voulu si mes rêves avaient été la réalité. Mais… Mais voilà quoi.

Mais c’est difficile de parler, d’expliquer toutes ces mauvaises choses qui se sont produites lorsque quelqu’un vous caresse la joue de la sorte. C’est difficile de se concentrer. Difficile de garder son calme. Je comprends, mais je ne comprends pas pourquoi mon cœur bat toujours aussi rapidement lorsque j’ai un contact physique avec lui. Ça me plaît beaucoup trop par moment.

Je restai silencieuse un moment. Méditant un peu sur la façon que j’allais le lui expliquer. Trouver des mots intelligents. Parfois, la nuit, dire quelque chose de censé, c’était plus difficile.

- C’est à cause de… l’explosion… encore.

Oui. Encore. Parce que ce n’était pas la première fois. Je me doute également que cela ne soit pas la dernière fois non plus. Lui dire que c’était à cause de l’explosion, c’était une réponse facile. L’entrée en matière parce que le reste était beaucoup plus délicat à aborder. Mais je n’irais pas en détail. Pas envie. Ce serait trop dégoûtant. Je pourrais faire des cauchemars à cause de cauchemars. Ce serait quand même assez déprimant. Je pris une bonne respiration pour faire de mon mieux pour expliquer tout ce qui s’y passait. Simplement.

- Chaque… fois… je te cherche… mais… je ne te trouve pas… Et ton père qui me gronde parce que je ne te trouve pas…

Voilà. C’était le plus simple. Mais en le racontant, même si c’était les grandes lignes, je m’y revoyais encore. Je serrai sa main un peu plus forte, évitant tout de même de le regarder, ne voulant pas lui donner les prochains détails, ce pourquoi je me réveillais en sursaut durant la nuit, pourquoi j’étais maintenant ici, pourquoi il m’arrivait de faire des insomnies depuis quelques jours.

- Et… d’autres… fois… comme ce soir… je te trouve mais…tu… tu… tu… es toujours très, très mal… en point… lorsque je te trouve…

Parce que je n’avais pas à dire que je le trouvais mort. Je n’aime pas ça. La mort hante, elle revient toujours même si l’on souhaite la pousser de toutes ses forces. Elle est sournoise, elle s’attache. Je déteste la mort. Elle me fiche la trouille. Et c’était pour cela que j’étais venue voir Abi finalement.

Je finis par lever de nouveau la tête vers lui, troublée par mes cauchemars et mes peurs. Il devait très certainement me prendre pour une enfant. J’en étais peut-être encore une. Je ne sais pas. Probablement. Je n’ai jamais réellement grandi. Encore moins lorsque votre meilleur ami c’est Ludo. Grandir, c’est encore plus difficile.

Je tentai de lui sourire, un sourire qui devait lui sembler un peu fade, triste, alors que ma bouche prononçait ces mots :

- Je… Je ne voulais pas te réveiller… Je suis désolée.

Parce que je n’avais pas pris le temps de m’excuser. Peut-être que ça lui déplaisait que je l’aie réveillé de la sorte ? Il semblait plutôt soucieux qu’autre chose. Je n’avais pas voulu non plus l’inquiéter, ce n’était pas mon but, j’avais seulement voulu me rassurer. Et je crois que ça fonctionnait plutôt bien. Enfin, finalement, ça fonctionnait peut-être qu’à moitié.

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Merci Vilmos hihi
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le Sam 30 Juin - 22:36
Silence. Calme. Tout ce dont on a besoin pour créer un environnement sécurisant après ces dernières semaines de folies. Ils ont l’air d’enfants entrelacé dans une pénombre, pour se rassurer, plus que d’amant adultes à se chercher, se découvrir. Finalement, ils en avaient autant besoin l’un que l’autre de cette étreinte. Abishai veille à ce qu’elle n’appuie pas trop sur les bandages, histoire de ne pas aggraver un peu plus son état. Cela plait peut-être à des gens de se faire plaindre et sembler malade en permanence mais ce n’est pas trop son genre, bien au contraire. Etre fort, toujours, ne rien transparaitre. C’est ce qui fait de lui le fils de son père, atteint du même mal. C’est pour cela qu’ils sont eux, à exploser sans prévenir, face au trop plein.

Ils prennent place sur son lit, assit face à face, Abishai laissant courir sa main sur le matelas pour garder un contact avec elle, sentir sa présence. L’explosion. Abishai baisse les yeux. Encore elle. Cette explosion est venue tout chambouler encore dans sa vie bien réglé. Elle a eu, et même si cela peut sembler égoïste et inhumain, des bons et des mauvais côtés qui se tempèrent. Les mauvais … sa mère qui a doublé sa production de grue en origami, peut-être, espérant que ces petits oiseaux de papiers jouent leurs rôles et protègent enfin sa famille de tous les malheurs et les aléas du monde. Sa mise à pied obligatoire aussi. Avec l’épaule bandée, plus de sport, plus d’aviron, plus d’échappatoire pour se défouler. Finalement, la boxe, ça aurait peut-être servi à quelque chose en utilisant qu’un bras mais passons. Plus possible non plus de continuer à rédiger sa thèse sauf à avoir un ou une secrétaire compatissant(e). A la limite, il pouvait continuer des recherches en parallèle ou à préparer ses cours pour les premières années, tout en sachant qu’il avait toujours été aussi mauvais vulgarisateur que sa mère.

S’il va bien. Abishai penche la tête. Oui, il va bien. C’est le « bon » côté de l’explosion. Il va même surement mieux qu’avant celle-ci. Pleins de raisons, des dizaines de raisons. D’abord, Mel n’a jamais été aussi présente et ce, sans qu’il n’ait eu besoin de se torturer à ce sujet pendant une demi-heure s’il devait l’appeler ou non. Il inscrit avec surement beaucoup de moins de convictions le message sur le bras de sa mère, parce qu’il a l’impression que cela ne sert plus à rien. Pas qu’elle ait définitivement régressé, au contraire, elle va mieux, infiniment mieux, comme si les hospitalisations successives de son mari et de son fils l’avaient réveillé de sa torpeur. Mais Mélodie enchaine. Elle, ça ne va pas. Son aveu semble douloureux, Abi a un petit sourire triste, il cherche comment il pourrait la réconforter du mieux qu’il peut pour qu’elle n’ai plus jamais à faire ce genre de cauchemar. Déjà, lui dire ce qui lui passe par la tête lui semble une très mauvaise idée. Parce que dès qu’elle lui parle de Maciej, il soupire. Il voit mal son père reprocher quoi que ce soit à quelqu’un. Et puis, malgré le mieux de leurs relations père fils , il doute grandement que ce dernier ne pleure sa mort ou rende responsable quelqu’un de cette dernière, une fois la sidération passée . Plus d’Abishai signifie champs libres sur Sisel, non ?

Elle s’excuse, se redresse, il la retient, sans vraiment réfléchir.

« Reste. »


Il se reprend.


« Tu ne veux pas rester ? Je veux dire …. Je ne suis pas très fatigué et je peux te laisser un peu mon lit si tu veux. On peut parler d’autres choses ou de ça … Je peux te redire pour la vingtième fois toute l’admiration que je te voue pour supporter ma famille sans broncher … Et te poser la question, hein, comment tu t’y prends pour les supporter ? On peut aussi faire des trucs d’amoureux très bêtes, tu sais comme dans les films … Mais comme je n’y connais rien, ça me semblera moins bête … Je t’ai déjà dit que je n’y connaissais rien ? Puis il y a les trucs d’amoureux plus prosaïques. Ou on peut juste dormir … tous les deux.»


Passant à l’écarlate rien qu’à l’idée .

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Ada see you , bro !
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le Dim 1 Juil - 0:42
« Reste. » C’est tout ce qu’il avait dit au début. Rester. Oui. Bien sûr. J’avais quand même le sentiment d’être de trop ici, de ne pas être à ma place, parce que j’étais entrée dans sa chambre sans y être invitée. Même d’un autre côté, il m’offrait quand même la possibilité… Enfin, ce n’est pas tellement une possibilité, parce qu’il semblait quand même assez convaincu que je devais rester.

Mais rester c’était une bonne idée. J’avais l’impression que leur lit d’invité, il n’était pas gentil, surtout à cause de mes fréquents cauchemars. Il doit causer mes cauchemars. Ouais, ça doit être sa faute. Bon, en réalité, je suis bien au courant que ce n’est pas à cause d’un matelas. Le problème c’est quand même dans ma tête. Et voilà que je vois qu’il va plutôt bien, je peux respirer, je peux penser à autre chose, je peux me permettre de sourire un peu plus.

Après ça, il avait dit des choses. Mais beaucoup de choses. Presque trop.
Espèce d’Abi.
Il est complètement adorable, je craque complètement.
Mais je dois quand même y aller en ordre, il y avait tellement de choses différentes dans ce qu’il venait de me dire. J’étais un peu perturbée. Mais… dans un bon sens. Est-ce possible d’être perturbé dans un bon sens ? Je crois que je viens de décider que oui.

- Je… Je peux bien rester. Surtout si ça ne te dérange pas, hein.

Voilà. Je resterai. Je crois que squatter son lit était une idée particulièrement intéressante. Comme ça, j’allais être certaine qu’il va bien, qu’il est vivant. Il n’y aurait aucun doute sur cela. Je pourrais dormir sur mes deux oreilles. Tiens, c’est une drôle d’expression ça.

Une fois tout ça dit… Bon, je n’ai pas encore dit grand-chose, mais ça ne va pas tarder, il me parlait de sa famille. Comment je pouvais bien les supporter. Il trouvait que je faisais ça bien… Mais en même temps, ce n’est pas quelque chose de difficile à faire. C’est viable. Très bien même. Il n’y a pas vraiment de problèmes dans cette famille. Chacun à ses habitues, ce qui est fort normal, chacun à ses propres soucis, ce qui est tout aussi normal, mais c’est relativement harmonieux.

Enfin. Ils ne se crient pas dessus, ils ne cassent pas des objets, ils ne se disent pas de gros mots. Je ne vois pas où il pourrait y avoir un problème dans ce cas-là. Je serais partie si l’ambiance avait été vraiment désagréable où que les l’uns ne respectent pas les autres. Mais là, ça va, c’est tranquille. Et j’aime plutôt ça être ici, j’ai toujours cette peur de déranger l’un et l’autre, mais on dirait qu’ils se sont habitués à ma présence. J’ai été un peu « adopté », comme si j’étais l’équivalent du chat quoi. C’est plaisant de voir qu’il y a de la vie, contrairement à mon appartement où il n’y a que Béa et moi. Mon appartement que je trouve beaucoup trop tranquille…

Peut-être qu’il me faudrait un chat alors… Enfin, ce n’est pas vraiment ça la question présentement…

- Ce… Ce n’est pas si difficile de supporter ta famille, tu sais. Et… Pour répondre à ta question… je dirais que je les prends comme ils sont… Enfin, c’est maladroit dit comme cela, mais… Enfin. Ton papa, je le trouve bien gentil et ça me plaît bien de l’entendre jouer du piano, c’est une autre forme d’art. Tout ça, ça fait que je suis quand même curieuse d’en savoir plus sur la musique et son histoire. Et pour ta maman… je ne sais pas trop. J’ai l’impression qu’elle m’aime bien, enfin je crois… Tu peux toujours me le dire si je me trompe… Si j’avais mes deux mains de libres, j’aimerais bien faire de l’origami avec elle…

Oui, ça m’énerve de ne pas pouvoir plier des feuilles et me tenter à faire de l’origami, je ne suis pas certaine que je sois particulièrement bonne, mais quand même, j’aurais aimé au moins m’y pratiquer avec sa maman. Je suis certaine qu’à force de la regarder faire, il est possible de créer quelque chose de beau… Sinon des tutoriels sur Youtube, cela doit être quand même assez facile à trouver.

Je me demande si je serais bonne.

J’aurais aimé mettre mes deux mains sur le piano… Juste pour faire du bruit. M’entendre faire du bruit. Bon, j’en fais quand même assez lorsque je parle, mais bon, faire de la musique. Je n’en ai jamais réellement fait, du coup. Mais en même temps, je ne sais pas si je pourrais y toucher.

Je ne savais pas non plus si mes explications étaient claires. J’avais quand même fait de mon mieux, en réalité, je ne sais pas trop pourquoi. Je ne voyais pas ce qu’il y avait de difficile dans ce que je faisais… C’est assez naturel. Et ils sont gentil également, ça aide beaucoup, je dois quand même dire.

Les autres trucs qu’Abi me dit… Je dois admettre que c’était quand même assez…
Je n’y comprends rien.
Enfin, je crois que je ne comprends pas grand-chose. Peut-être que je comprends, mais que ce n’est pas ce qu’il veut dire exactement. Ou c’est exactement ce qu’il voulait dire ? Dans tous les cas, c’est vraiment étrange, je suis perplexe et…

Non mais que fais-tu Abi ?
Il veut ma mort. Monsieur Lis, je crois que votre garçon veut vraiment ma mort.
Il voulait quand même que nous fassions « des trucs d’amoureux » … Des trucs comme dans les films. Je dois admettre que je ne m’y connais pas trop. Étonnement, les films d’amour ce n’étaient pas ma tasse de thé.

Mais il n’y connaissait rien.

- Je… Je crois que tu ne me l’avais jamais dit…

Ou peut-être qu’il me l’avait déjà dit mais que j’avais complètement oublié aussi. Ça m’arrive quand même assez souvent, parce qu’on me dit généralement beaucoup de choses, j’en dis également beaucoup, tout cela mis ensemble, fait que j’oublie Je suis bonne pour oublier.

Comment pouvait-il dire autant de choses !? Je… OMG. Tout simplement OMG. Je ne sais pas comment réagir. Avec tous ses trucs d’amoureux. Ça me rend folle, ça fait que mes joues sont tellement rouges, trop rouge, on pourrait me confondre avec une tomate.
Le pire, c’est ce que je lui répondis spontanément :

- Tu… Tu… es mon amoureux maintenant ?

OMG. OMG. OMG. OMG. OMG. OMG. OMG. OMG. JE SUIS TELLEMENT IDIOTE. Non mais sérieusement, c’est une réponse de MERDE! Je n’aurais pas pu dire quelque chose de pire !? Je suis vraiment une idiote.

Du coup, je voulais me rattraper :

- Je… C’est… Enfin… Ce que je veux dire… C’est juste… que…

Ça y est, je crois que mon cerveau a eu une panne. Ça m’apprendra à dire des choses complètement débiles sans même réfléchir! Je m’en veux terriblement. Je ne sais pas quoi faire. Je dois faire quelque chose. Parce que visiblement, mon cerveau ne veut plus coopérer, il n’est plus capable de faire en sorte que je puisse dire quelque chose de décent.

Que…
Que faire ?

AH PUIS ZÛT! J’en ai marre, c’est lui qui a commencé tout ça. Je n’ai qu’une seule idée en tête. Et tant qu’à être idiote, autant être idiote jusqu’au bout.

Non ?
OUI.

Avant que je change d’idée ou que je retrouve l’usage de la parole, je m’approchai de lui et l’embrassai.
VOILÀ.

Bien fait pour lui.

J’avais le cœur qui battait à la chamade, je me disais que j’étais complètement ridicule, que mon idée était complètement foireuse. Mais c’est quand même lui qui a commencé, c’est lui qui m’a embrassé à l’hôpital.

Et c’est moi la cruche qui n’a pas su comment réagir. J’avais seulement quelques jours de retard, mais quand même, ce…

Je crois qu’il n’y a rien d’autre à ajouter. Sinon que :

- Enfin... C’est pour ce qui s’est passé à l’hôpital… Je n’ai pas pu te le rendre.

J’ai juste un peu peur de ce qu’il va me dire après toutes les bêtises que je viens de faire. Finalement, j’aurais peut-être du partir…?
À cause de tout ça, peut-être que Ludo va avoir raison.
Le vilain.
Je le déteste.

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Merci Vilmos hihi
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le Mar 17 Juil - 2:44
Si elle ne dérange pas. Abishai grommelle. Bien évidement qu’elle ne dérange pas, c’est même sûr, absolument sûr, plus proche du 99,999% et encore. Laissons 0,001% pour les impondérables indépendants de sa volonté. Quand elle fait sa moue, il n’a qu’une envie, lui tirer les deux joues pour qu’elle arrête de réfléchir comme ça. Un peu ce que lui faisait l’une des collègues de sa mère lorsqu’on lui avait piqué ses Kaplas pour expliquer une théorie lambda et qu’il boudait comme un pou dans un coin de l’appartement newyorkais, oiseau-Ada perché sur son crâne. A sa décharge, il avait six ans et son but dans la vie était de construire la plus haute tour de Kaplas que la Terre n’ait jamais connu. Le challenge à l’échelle de la ville était assez simple, le jeu de construction étant peu rependu sur la côte est à l’époque. Mélodie continue. Abishai, lui, garde ses mains posées sur ses hanches, les caressant en l’écouter décrire un tableau idyllique de sa famille. Elle y voit une famille passionnante, lui n’y voit qu’un nid perpétuel de problème et repoussoir de sa vie sociale, même s’il fait en ce moment tout ce qu’il peut pour évacuer cette idée. Il sait que ça énerve Mel, qu’elle n’aime pas sa relation qu’Il a avec son père. Elle l’a déjà grondé, en privé, lorsqu’il a eu un mot blessant un peu trop violent pour son père, lorsque le sujet de la famille Lis s’invite dans la conversation, ou le rapport de son père aux prescriptions médicales et au repos imposé par les médecins. De toute façon, si la dispute porte sur quoi que ce soit d’autre, Sisel s’interpose à sa manière.

Nouvelle phrase de la jeune femme, grands yeux surpris d’un Abi qui tombe des nus. Comment ça, il ne lui avait jamais dit ? Enfin, certes, pas avec des mots, mais pour lui, le passage à l’hôpital était tout ce qu’il y a de plus clair non ? De plus, dans son amnésie traumatique, il est persuadé qu’il lui a dit s’il s’est vu mourir comme elle l’a raconté. Et puis zut, comment on peut oublier une déclaration d’amour ? C’est possible ça ? Dans la vraie vie ? Non parce que dans les romans à l’eau de rose, c’est possible, tout est possible, comme les histoires les plus invraisemblables de ces bouquins. Mais là, on est dans la vrai vie, ça ne devrait pas arriver, si ? Quoi que. La réalité a fait de son histoire familiale un conte digne des romans feuilletons du XIXème siècle alors on peut s’attendre à tout avec elle. Mélodie demande s’il est son amoureux. Abishai détourne le regard, cache l’écarlate qui colore maintenant ses joues. Elle a le chic pour poser des questions improbables dans des situations tout aussi improbables. Il garde cependant le contact qui existe entre eux deux, ce contact qu’il chérit tendrement tandis que sa main portée par son bras valide, cette si grande main avec laquelle Mel a l’habitude de jouer se déplie pour mieux épouser la courbe de son dos. Elle bégaie encore, Shai prends son courage à deux mains pour lui répondre que oui, si elle est d’accord, il est son amoureux, son amant, son petit copain ou tout autre synonyme qu’elle peut trouver et qui peut lui convenir dans la description de leur relation, qu’il l’aime et que c’est bien la seule chose nouvelle dont il est à peu près sûr . Ah et que le Chat est un emmerdeur fini, le jeune homme aperçoit sa queue plumeau bien droite se faufiler dans l’interstice laissé entre la porte de la chambre et son cadre. Mais le Chat semble vivre sa vie et préférer embêter Ada qui grogne un peu.

Abishai se retourne alors pour faire face à la jeune femme, jeune femme qui le prend de court, ne laissant pas un mot s’échapper de ses lèvres, préférant les embrasser, comme ne pas avoir à entendre ce qu’il a lui dire. Il ne bronche pas, le garçon, préfère fermer les yeux tout le long du baiser, laissant sa main se glisser sous son haut pour caresser la peau de son dos. Un baiser doux et calme, moins alarmiste que celui de l’hôpital mais tout aussi surprenant. Puis le baiser se clos, elle recule. Pour l’hôpital, qu’elle dit. Abishai a l’un de ses rares sourire qu’il a avec elle, qu’elle a pu entrevoir de temps en temps lors de leur sortie, jamais ici. Les hommes Lis sourient peu, à croire que c’est génétique. Ne parlons pas du rire ou de tout autres expressions de la joie. Ils viennent d’un monde où moins tu en exprimes, plus tu préserves tes sentiments et tes objets d’affections. Doucement, il vient nicher son visage contre le cou de la jeune femme, pose sa tête contre son épaule valide pour garder avec lui un peu de tendresse, un peu de douceur avant de venir lui chuchoter un air un peu taquin et gentiment moqueur à l’oreille.

« Je suis ton amoureux maintenant ? »


Il lui sourit toujours, son euphorie soudaine vissée sur son visage tandis qu’il l’attire un peu plus contre son torse, pour l’empêcher de protester. Il a l’impression d’être un jeune premier, un débutant à qui on a oublié de fournir un mode d’emploi. Il la berce avec tendresse, caressant toujours le nue de la peau de son dos avant de lui proposer de s’étendre, se couchant doucement dos au matelas, l’aidant à installer contre son torse, lui laissant le choix de le déshabiller un peu plus, de lui faire retrouver sa semi nudité du début ou de garder le sweat. Au pire, il l’enlèverait plus tard, quand elle dormira. Doucement, il entraine une des mains de la jeune femme pour sentir son contact contre sa joue, essayant de deviner ses traits dans la pénombre de la pièce. Il a encore envie de l’embrasser, hésite entre le faire et profiter de l’instant présent ou attendre pour ne pas tout prendre maintenant et en garder pour la suite, comme on se soucierait d’un dessert presque trop bon. Alors ses lèvres effleurent doucement la paume de sa main comme pour patienter un peu, encore un peu.

« Peut être … que si on parle d’avenir, du futur … tu penseras moins au passé et l’explosion. Je veux dire … C’est peut-être cruel … ou mon côté défaitiste mais regarde. Nous, on est là. On s’en est sorti vivant, tous les deux. Presqu’en un seul morceau et on se répare petit à petit. Déjà, à nous deux, on a deux mains, je suis sûr qu’en se coordonnant un tant soit peu, on pourrait aider maman dans sa production industrielle de grue. »


Inconscient de sa plaisanterie, il tend le bras, vient remettre une mèche derrière l’oreille de la jeune femme dans un geste protecteur pour la rassurer.


« On pourrait par exemple se dire que demain, on se prépare une sortie comme on avait l’habitude d’en faire avant … que l’on s’embrasse. Quand on se tournait gentiment autour en tentant l’un et l’autres de se séduire sans vraiment y arriver. Avec tout ça, j’ai l’impression que c’était il y a un siècle. On pourrait par exemple aller boire un verre quelque part … retourner manger un bagel chez les amis de grand père … ou manger une pizza dans le restaurant de monsieur Di Luca pendant qu’il nous raconterait les disputes mémorables de madame Coté et Madame Callaghan puis on irait faire les idiots à Woodbine Beach. »


Un autre silence, une main qui demande sagement la permission de se reglisser sous le haut de pyjama et de remonter un peu encore dans son dos. Sa voix grave berce la maisonnée, comme s’il racontait une histoire


« Ou alors on fait dans la nouveauté. On prend un ferry sur le lac Erie pour aller à Rochester …. Ou on profite de notre congé maladie respectif pour passer deux trois jours à Montréal où tu tenteras de m’apprendre quelques mots de français tout en essayant de m’inculquer un semblant de culture. »


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le Jeu 19 Juil - 0:56
Oh. Oh la la.

Il y a beaucoup de choses qui peuvent se passer à deux heures du matin. Beaucoup, beaucoup de choses. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, j’étais morte de trouille à l’idée de le perdre, de ne plus jamais le revoir et de me faire châtier à l’infini par monsieur Lis. Maintenant, je vois étrangement, non en vrai, ce n’est pas si étrange que cela, mais quand même, les choses de façon différentes.

Parce que je suis bête. Bien sûr. Quelle idée ridicule de lui demander s’il était mon amoureux. En plus de cette façon. C’est tellement… Arg! J’ai bien vu qu’il avait tourné la tête, j’avais bien vu qu’il y avait une certaine gêne. Bah, j’imagine que c’est de la gêne, j’aurais probablement fait la même chose s’il m’avait posé une telle question. Non mais en vrai, tout le monde sait sur cette planète que ce n’est pas son genre de poser des questions stupides comme les miennes. Je crois qu’il n’y a que moi qui peut réussir à sortir des trucs comme ceux-là. Bah bravo. Mais bon, c’est lui qui a commencé. Je ne le boude pas pour ça. C’est juste…

C’est juste que je ne suis plus certaine de vouloir savoir sa réponse. S’il dit non ? S’il dit que ce n’est pas ce qu’il veut ? Ou qu’il fait comme l’autre là, et pour une fois, je ne parle pas de Ludo, hein. Si ça ne lui convenait pas de vouloir être mon amoureux.

Mais… mais je crois que je me fais du souci pour rien. Parce que ses mains. En fait, sa main. Sa main dans mon dos. J’ai eu un frisson. Et un petit sourire, un peu gênée. Probablement qu’il ne le voyait pas celui-là. Ça m’allait quand même bien. Mais mon sourire s’agrandit. J’étais rassurée. J’avais envie de pleurer. Il y avait une tonne d’émotions que je gardais pour moi. Je veux dire, il venait quand même me dire qu’il le voulait bien. Ça me plaisait grandement qu’il veuille. En même temps, je me trouvais quand même un peu idiote d’avoir doutée.

Enfin. Doucement installé contre lui, il finit par me retourner la question. Ça me faisait quand même drôle. Les battements de mon cœur qui s’affolait, mes joues qui devinrent rouge encore une fois, cette petite hésitation. Une hésitation parce que par son ton, je me demandais si cela valait quand même la peine que je lui réponde. Parce que je crois que les actes en avaient dit beaucoup. Peut-être que lui dire que je l’aime était superflus.

Mais ce murmure, son souffle chaud près de mon oreille… C’était normal d’en être un peu troublé… Sans que ce soit de façon négative non plus.

Il a vraiment le don de rendre mon cerveau en compote par moment.

J’aurais peut-être du lui « tu m’aimes tu ? » comme la chanson de Richard Desjardins… Enfin.

- Je… J’aimerais bien… Parce que je tiens beaucoup à toi… Parce que je t’aime…

Les mots étaient peut-être de trop. Je les avais murmurés, comme s’ils étaient un secret, même si je savais qu’il savait déjà tout ça. Mais je trouvais quand même cela important de lui partager le tout, de lui dire un simple « je t’aime », même si c’était cliché, comme si c’était une évidence même. Ces mots sont importants pour moi. Parce que l’on m’a toujours dit que c’étai important de dire à ceux que l’on affectionne particulièrement ces doux mots.

J’étais bien. Il avait quand même un drôle de don, celui de me sentir calme, bien, tranquille, moi qui habituellement est toujours en mouvement, qui bavarde sans cesse. Sa main qui se promenait tranquillement dans mon dos me plaisait grandement. J’en fermai les yeux, une fois bien couchée contre lui. Je le laissai guider doucement ma main. Découvrant sa joue du bout des doigts, comme si j’avais peur de lui faire mal. Jusqu’à ce que ses lèvres viennent toucher tout doucement ma paume.

Encore des frissons.

Il se mit à parler. Je n’étais pas certaine si j’étais heureuse ou triste, l’envie de l’embrasser était forte, tout aussi forte que celle de lui parler ou de rester coller contre lui.

Penser au futur. C’est quand même une bonne idée… Quoi qu’un peu contradictoire avec le travail que je fais, de parler de vieilles choses réalisées par des artistes qui sont bien souvent déjà décédés.

Mais à ses propos, je ne pus m’empêcher de pouffer de rire, doucement. Mais c’est vrai que nous étions vivants, nous avions eu beaucoup de chance… Contrairement à…

Non. Penser au présent et au futur, voilà tout ce qui m’est nécessaire présentement. Pas besoin de repenser à ces horreurs, mais plutôt savourer ce moment où je suis couchée dans le lit de celui qui est visiblement mon amoureux et que nous réfléchissions à des projets assez bêtes comme faire des origamis… à deux. C’est bien ce qu’il m’avait fait marrer.

Mes doigts effleuraient tranquillement son t-shirt, cherchant à se glisser sous ce morceau de tissus, voilà découvrir timidement son ventre. Timidement. Un morceau de peau. Voilà. Mes doigts faisaient des petits dessins, des courbes, n’osant pas encore d’y mettre toute ma main.

- Tu es rigolo. Je ne pense pas que nous puissions faire des grues avec chacun une main… Enfin. On pourrait quand même essayer, pour rigoler, mais je ne crois pas que cela serait très productif. On pourrait toujours voir combien de temps ta maman aura le temps d’en faire alors que nous, nous en faisons un.

Dans la noirceur, je souris. Je trouvais l’image assez marrante. Il continua, il parla de différents projets que nous pourrions faire ensemble. Un sourire interrompu par un soupir qui s’échappa de mes lèvres. Un soupir de bien-être. Je pris un bon moment avant de lui répondre. Tant de possibilité.

Et pourtant, je sortis quelque chose qui n’était même pas dans ses propositions.


- Est-ce que tu aimerais qu’on aille manger des crêpes ? Enfin, ce pourrait tout simplement être un restaurant-déjeuner, on pourrait essayer de trouver les meilleures crêpes de la ville ! Sans nous ruiner non plus hein! Comme cela, on pourrait rajouter cette place-là à notre liste d’endroits!

Je pris une pause. L’idée de la plage me plaisait quand même. Ça aurait été encore mieux dans pendant une journée chaude d’été, mais l’idée d’aller y faire les idiots me plaisaient assez bien. Quoi que… Toutes ses propositions me plaisaient. Le choix était difficile. Il allait de soit que je voulais bien aller l’un de ses jours à Montréal avec Abi.

- Eum…

Oui. Je réfléchissais toujours. Il ne m’aidait pas vraiment. Mes doigts s’égarèrent sur ses côtes, toujours aussi hésitants. Pourtant… Ce n’était pas la première fois que j’étais avec un garçon, ce n’est pas la première fois… Mais j’avais l’impression que c’était tout comme…

- Ce… Ce serait bien d’aller à Montréal l’un de ses jours… Mais peut-être que pour l’instant, nous pourrions aller à Woodbine Beach, ce pourrait aussi être amusant.

Quoi que, sortir ça signifie également de porter quelque chose de joli pour l’occasion. J’avais quand même apporté quelques robes avec moi, mais…

- Mais si nous sortons, il va falloir que tu m’aides à enfiler une jolie robe…

Oupsi. Ça aussi c’était sorti tout seul. Décidément je suis la championne par moment. Il allait certainement me trouver étrange. Mais bon, j’avais quand même envie de me mettre jolie pour une sortie. Parce que j’ai l’impression que ça lui plaît. Enfin, j’espère que cela lui plaît… Je finis par me cacher légèrement, embarrassée par mes propres propos. Je dois être la seule à qui cela peut arriver de telles choses.

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le Ven 24 Aoû - 21:15
Il joue, Abishai. En fait, il est bien dans ses bras. Plus besoin d’être adulte prématurément, d’être grande, sage, mature, autonome. Juste de se poser dans un environnement calme, celui que peut être sa chambre à cette heure de la nuit. Cette heure où ses géniteurs sont en train de dormir et donc d’être sage, sans créer de problèmes ou autres incidents. D’ailleurs, il y pense maintenant. Si lui part, qui s’occupe d’eux ? Qui veille sur eux ? Nadia ? Anshel ? Seront-ils assez convaincant si Sisel s’entête sur une chose stupide mais dangereuse ? Maciej ne pourra pas l’arrêter, Maciej n’a jamais su rien lui refuser, même les choses les plus idiotes et insignifiante. Il ne l’a jamais arrêté lorsqu’elle se baladait pieds nus. Il s’en souvient, il lui en avait vraiment voulu, plus que d’habitude, suffisamment pour plaquer à nouveau, sans sentiment, une boucle de fille aux cheveux de lin sur le piano du salon en sa présence, histoire de marquer le coup et d’enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie. Et si la folie ne venait pas de celle que l’on croit folle. Si cela venait de l’homme à la colombe ? Si Maciej décide d’aller, malgré son état, se remettre en avant pour les Lis, devant sa grand-mère ? Si les mots de celle-ci lui donnent de mauvaises idées. Comme si la falaise, la ligne droite et le faux virage mal anticipé n’avait pas suffi. Ou s’il décide de les faire à deux, ces bêtises ? Genre, partir à l’autre bout du monde sans prévenir personne. Ils en seraient capables. Son père a toujours eu la bougeotte et sa mère est dans un moment où elle semble pouvoir le suivre jusqu’au bout du monde. Pire que pouvoir, vouloir. Du moment que l’on met ses grues à vœux dans une valise taille cabine qui ne la quitte pas. Il n’y a plus qu’à s’imaginer la tête des douaniers au moment de passer les contrôles pour atteindre la salle d’embarquement, qui se devront d’examiner ladite valise. Import en grande quantité de grue en origami.

Essayer de se convaincre, encore. Qu’il est l’enfant, que c’est à lui de se relâcher, de se reposer sur les plus âgés. C’est lui le gamin. Théoriquement. Et tout est dit dans ce mot. « Théoriquement ». Mais le « théoriquement », dans la famille Horovice-Lis, visiblement, on ne connait pas. Il y a la pratique et uniquement la pratique. Et s’il pouvait tout simplement oublier. Parait-il qu’on devient assez idiot quand on est amoureux. Alors il peut bien devenir idiot, un peu. Un idiot de mathématicien amoureux. Un ensemble plein d’oxymore, qui se glisse un peu partout dans le concept. Mais elle a dit qu’elle aimerait bien. Qu’il soit son amoureux. Parce qu’elle l’aime. Il trouve qu’ils ressemblent tous deux à des enfants maladroits. Il ne manque plus pour faire correspondre au cliché le bouquet de pâquerette cueilli dans le jardin public. Il a une excuse, il a un bras en écharpe, une épaule en carafe et interdiction de sortir jusqu’à il y a peu. Sinon, elle l’aurait eu, son bouquet. Ada se serait même fait un plaisir d’aller détruire toutes les autres pâquerettes du parc de son instinct de chasseresse histoire que le bouquet soit unique.

Ses doigts passent contre sa peau, il frissonne, peu habitué à ce genre de proximité. Mais c’est un frisson agréable, timide. Elle parle de concours de grue, de manger des crêpes. Essayer de trouver les meilleurs crêpes de la ville lui semble une bonne idée et Ada non loin en salive d’avance.

« On cherchera demain par où commencer notre test. Il va falloir se choisir un type de crêpe en particulier, que l’on peut demander dans toutes les crêperies, établir un tableau d’analyse avec des critères, se renseigner sur les produits utilisés pour ainsi prévoir le protocole d’expérimentation … »


Esprit scientifique, sort de ce corps. Ou alors, c’est une plaisanterie et comme il a toujours eu un humour un peu douteux. Il rit silencieusement, laisse trainer nonchalamment ses lèvres dans le creux de son cou. C’est idiot, encore, ça va probablement la faire rougir une nouvelle fois. Mais elle est drôle à faire rougir dans la nuit, ses joues deviennent d’un joli sombre élégant. Elle est élégante, Mélodie. Sauf en pyjama. Montréal et le monde les attendront. Quant à la robe… Abishai sursaute, lève des yeux ronds vers son amie, un peu surpris de la proposition qu’elle vient de lui faire. Il réfléchit à la rassurer, qu’il n’est pas choqué sans être trop pressant. Il ferme les yeux, inspire, s’y reprend plusieurs fois pour formuler quelque chose de concis, du bout des lèvres, presque chuchoté, pour qu’il n’y a qu’eux deux, à en exclure Béa et Ada.

« Ce sera … un préambule à la suite. Quand toi et moi, on sera réparé. Je vais avoir besoin d’aide, moi aussi, avec mon épaule. »


Il se déplie tout du long, pour embrasser son front puis s’étends en travers du matelas, levant son bras valide pour lui proposer une place à ses côtés. Le Chat, qui a refait son apparition, semble trouver l’idée excellente. Il est grimpé d’un saut au pied du lit et attends, tout ramassé, la queue battante que l’Humaine daigne prendre sa place pour que lui aussi trouve sa place. Parce que le panier, en fait, c’est vraiment trop nul et l’autre bidule pas net risquerait de l’attaquer encore.

« Viens. Tu vas avoir du mal à te lever demain et moi aussi, si on ne dort pas. Cela compromettra l’équipée « crêpe » du déjeuner et attirera de drôle de regards sur nous si nous sommes fatigués en même temps. Et puis, si ça se trouve, je suis un bon repoussoir à cauchemar, tu ne penses pas ?
»


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le Sam 25 Aoû - 2:04
Il me faisait rigoler. Il me faisait toujours bien rigoler ce petit… plutôt grand chat. Semblait quand même assez sérieux dans un délire beaucoup trop rigoureux afin de trouver quelles étaient les meilleurs crêpes. Alors que lui, il voulait y aller avec des tableaux et des critères très précis, moi j’étais plutôt du genre à vouloir y aller avec mes sentiments. Je crois que ce n’était pas seulement une question de crêpes, mais aussi l’ambiance du restaurant. Mais, ça, nous allions avoir une tonne de temps pour en parler. Pour le moment, j’essayais de rester relativement calme, compte tenu du fait qu’il semblait dire des bêtises, mais je ne savais pas à quel point il était sérieux ou pas. Des fois, c’est un peu le problème que j’ai avec Abi, je ne suis jamais certaine de savoir lorsqu’il dit des conneries. Mais pour le moment, je préférais ne pas le relever. Je crois qu’il s’amusait dans ce qu’il disait, c’est ce qu’il y avait de rassurant.

De toute façon, j’avais été déconcentrée. Déconcentrée par ses lèvres contre mon cou. Ça faisait un peu vampirique. Il faut vraiment que j’arrête de dire des bêtises par moment, du moins de les penser. Ce n’était pas du tout le moment quoi! Surtout, que l’ambiance avait un peu changée, c’était un peu plus sérieux, un peu plus intimiste, si cela pouvait l’être encore plus que ce ne l’était déjà. Un chuchotement.

Que je ne compris pas tout de suite le sens. Un préambule.

Parce que bien entendu il allait éventuellement avoir une suite. Pas immédiatement par contre, pas aujourd’hui, ni demain. Mais un jour, nous allions…

Bien sûr qu’un jour ça allait arriver. Nous n’étions quand même pas pour nous tenir seulement la main pou le restant de nos jours. Ce n’est pas comme cela qu’on fait des bébés. Ou encore uniquement avec des câlins.

Aaah! Il faut que j’arrête, je suis absolument trop bête. Je ne dis pas que je veux des… Oh! Je n’ai pas à me justifier, il n’a personne qui est là pour entendre tout ce que je pense! Je finis donc par lui répondre, tout en chuchotant à mon tour, comme si c’était notre petit secret :

- Oh… Je… Je ferais de mon mieux pour t’aider en retour dans ce cas.

Un bisou sur le front. J’avais l’impression que ces petits bisous comme cela pouvait me protéger contre des mauvais sorts, qui me rendaient plus forte. Il se mit à bouger, m’invitant une nouvelle fois à venir me coller contre lui. Je ne pourrais certainement pas refuser une telle chose. C’était mon garde du corps, il allait me protéger contre tout. Contre les mauvais rêves, les mauvaises pensées. Je me blottis tout doucement contre lui, doux sourire aux lèvres, je me sentais comme une petite enfant contre lui, bien que nous étions loin d’en être. Le chat, lui, vint plutôt se coucher contre mon dos. J’étais prise en sandwich, mais tout ça, c’était douillet, c’était chaud et relativement confortable. Si je n’avais pas mon plâtre, je serais encore plus confortable.

Mais si je n’avais pas eu mon plâtre, probablement qu’Abishai et moi nous ne dormissions pas, probablement, trop occupé à autre chose.

- Le meilleur repoussoir que j’aurais pu imaginer. Je suis certaine que, contre toi, je vais faire les plus beaux rêves.

Je me redressai de nouveau, je ne pouvais pas dormir, comme ça dans ses bras, sans lui voler un dernier baiser. Une long baiser, j’avais eu envie de laisser aller un peu plus longtemps, parce que je n’en avais pas eu assez. Je finis par retourner dans mon petit trou entre Abi et le chat avant de dire tout doucement :

- Bonne nuit.

Ce ne fut pas bien long que je finis par m’endormir, je crois vraiment que j’étais fatiguée.

***

Un réveil doux. Tranquille. Si j’avais rêvé, je ne pouvais pas dire à quoi exactement. Ce que je pouvais dire, c’est que je me sentais reposée, chose qui ne m’était pas arrivée depuis longtemps. J’étais contente, j’étais bien, je crois que je n’avais pas bougée de la nuit, ou pratiquement pas. J’avais envie de dormir encore, je n’avais pas encore osé ouvrir les yeux, déjà que mon esprit s’était mis en route. Mais il manquait quelque chose, quelqu’un.

Oh.

Abi s’était levé. J’espérais que ce n’était pas parce que j’avais pris toute la place dans son lit, si oui, je m’en voudrais terriblement. J’espérais que je n’avais pas ronflé, sinon je serais terriblement gênée de cela aussi. Je souhaitais seulement qu’il ait passé une bonne nuit, parce que, je l’avais dérangé et que si, ce n’était pas le cas, je pense que je ferais de mon mieux, avec mon bras en moins, pour le forcer à aller retourner se coucher ou tout simplement faire une sieste.

Je devais me lever. En même temps, je n’étais pas certaine de savoir si j’en avais envie ou non. Après tout, j’étais bien. En plus, les couvertures gardaient son odeur, je trouvais ça agréable, c’était presque l’équivalent d’un câlin continuel. Je bougeai tout doucement, d’un côté. Je grimaçai. Mon bras était mal placé, je n’étais plus aussi bien. Tant pis. Je crois que je n’avais d’autres choix que de me lever, je serais probablement mieux. Me lever fut d’ailleurs du sport, j’eus un peu de difficulté, parce que je devais m’appuyer avec ma main gauche, ce qui n’était pas quelque chose de particulièrement facile.

Je fus finalement mise sur mes pieds. Mes pieds nus qui touchaient le sol. J’aimais bien cette sensation froide, bien que cela changeait grandement de la chaleur des couvertures. J’allai pour sortir, puis je m’arrêtai, la main sur la poignée. Ce n’était pas un peu trop… louche… si quelqu’un me voyait sortir de la chambre de mon ami? Amoureux maintenant. Enfin. Ce… Ils ne savait pas quoi! Du coup, ce pourrait être super gênant, encore plus si c’est Monsieur Lis qu’il le voit. Je… J’allais être terriblement embarrassée. En même temps, ce n’était pas très grave, ce n’était pas un secret. Je ne veux pas non plus le crier sur tous les toits, bien que mon petit coeur, ça ne lui dérangerait pas du tout. Enfin.

Ce n’était pas gênant. Ce n’était pas grave. Dans le pire des cas, je raconterai tout simplement ce qui s’est passé et voilà.

Bon, il ne faut pas s’inquiéter. J’ouvris donc la porte et m’aventurait dans le monde extérieur de ce qui avait été mon petit cocon durant la nuit. Aussitôt, je sentis une odeur de bonne nourriture. Je me dirigeais donc vers la cuisine. Je n’avais pas faim, je n’avais pas oublié non plus les crêpes d’hier. Mais je me disais qu’il y avait de grande chance que si je suis la nourriture, j’allais tombé sur des gens.

Oui, oui, tout ceci est beaucoup trop logique, je suis visiblement encore endormie. D’ailleurs, je devrais essayer d’avoir une mine un peu plus réveillée. Pour cela, je passai ma main dans mes cheveux pour leur donner un semblant d’aspect d’être peigné, sans grand résultat d’ailleurs et me frottai maladroitement les yeux, c’est après un long bâillement, que je dis quelques mots, timidement aux gens présents… Enfin s’ils étaient plusieurs, je ne sais pas, mes dernières larmes de fatigue m’empêchant de bien voir.

- Bon… Bon matin…

Oups. Je suis encore en pyjama, faites qu’il n’y ait personne ou presque de debout, s’il vous plaît.

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le Mar 28 Aoû - 21:51
Abishai attend qu’elle vienne se blottir contre lui pour déposer son bras sur ses hanches et se lover tout contre elle. Il avait après tout un rôle de repoussoir à jouer, non ? Mais elle ne vient pas tout de suite, préfère prendre une dernière fois ses lèvres des siennes. Alors lui laisse vagabonder sa main sur ses hanches, les caresses tendrement tandis qu’il lui laisse la direction du baiser. C’est doux et agréable, rien d’impersonnel comme avant. Il y a quelque chose au fond de ce baiser, quelque chose de fort et doux à la fois, de piquant et d’acidulé comme un bonbon. Il ne repousse pas, même si ses yeux clignent et combatte le sommeil qui pointe le bout de son nez et qui endort une à une ses résistances. Aussi, il n’a pas la force de repousser le chat qui vient avec eux. C’est bien connu, le Chat est un empêcheur de tourner en rond. Il le chassera plus tard. Mais pas ce soir. Ce soir, il n’a pas envie de bouger et son épaule fait grève. C’est donc un matou triomphant qui ronronne à leurs côtés, blotti contre eux comme il le souhaite, comme peut le rêver un chat.

***
C’est les rayons du soleil qui transpercent par endroit le store qui le tire de son sommeil quelque peu agité. Il se sent un peu vaseux, il n’a probablement pas assez dormi. Tant pis, il fera une sieste dans l’après-midi, lorsque son corps le décidera. Il est assez vaseux pour se demander à qui et à quoi correspond la présence à côté de lui dans le lit, qui lui semble plus imposant et lourde que la présence du Chat .Lui d’ailleurs est toujours là, le bide vers le ciel, appel à la caresse inexorable si bien qu’il laisse doucement trainer ses longs doigts dans sa fourrure offerte, déclenchant un ronron mécanique dans le sommeil du félin. Cela lui permet de donner un peu d’ordre et se rappeler la nuit. Mélodie. Leurs discussions diverses et variées sur l’avenir. Les cauchemars de la jeune femme. Leur officialisation officieuse de leur couple, à croire que tout le monde avait compris sauf eux. Les baisers. Beaucoup de baisers. Suffisamment pour qu’il en rougisse encore au petit matin, lorsque ses lèvres viennent effleurer légèrement son cou, pour la saluer sans la réveiller. Puis il s’échappe de la chaleur du lit, retirant son haut pour échanger avec une chemise bleu ciel, ornée de minuscules motifs pattern qui recouvre le long du vêtement. On lui a conseillé les chemises avec son épaule malade, lui qui porte plus souvent des polos et des teeshirts lorsqu’il n’est pas tenu au costume pour les occasions et les présentations de projets sérieux. Ses chemises en ce moment ont donc l’air très habillées et c’est le cas .Tant pis. Il grommelle contre lui-même en s’attachant les boutons, avec une main, ce n’est pas très facile. Moi facile en tout cas que d’enfiler le pantalon. Juste enfiler. Le reste ce sera fait en salle de bain pour peaufiner.

En sortant de celle-ci, il trouve sa mère errant dans le salon, un peu perdue. Ça, ça veut dire qu’il a du retard sur le programme habituel. A cette heure-là, Sisel est assise devant la fenêtre avec sa part de brioche et son mug de thé. Il lui prend doucement la main pour la rassurer mais elle est dans un calme sage, contrairement au calme inquiet habituel. Elle se laisse docilement emmener jusqu’au salon, nourrir et écrire sur le bras. C’est à ce moment que Mel sort de sa chambre. Sisel l’entend, se redresse d’un coup, le feutre indélébile dérape au moment d’écrire « number », Abishai grogne mais sa mère s’en fiche, capturant la main valide de Mélodie toute contente de la voir. Alors le géant ne dit rien, préfère se relever les rejoignant.

« Bon matin à toi aussi. »

Il ne l’embrasse pas, présence maternelle oblige, il se rattrapera plus tard.

« Nadia a dû sortir pour faire quelques courses et mon père dort encore. Tu veux boire un thé ou tu préfères t’habiller avant. Peut-être qu’il faut attendre que quelqu’un vienne nous relever pour maman et que l’on puisse te mettre une jolie robe. »

Il la taquine encore, histoire de la faire rosir encore un peu, avant de tenter de récupérer sa mère.

« Maminka, Il me manque encore une minute et vingt-huit seconde pour terminer, après je te laisse à tes grues. Ou alors Mélodie s’en charge. »

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le Jeu 30 Aoû - 2:07
Il est mignon Abi. Enfin, pas seulement mignon, il est beau également. Il a une belle chemise. Je trouve que ça lui va particulièrement bien. Ça fait que mes joues rosissent un peu. La vue est plaisante, c’est tout. Je le regarde faire, je ne sais pas trop où me mettre, ce que je devrais faire.

C’est finalement Sisel qui me prend en charge, comme si elle savait que je ne savais pas ce que je devais faire en ce moment. Elle devait sentir quelque chose. Je suis certaine, même si elle ne parle pas, elle doit comprendre des tonnes de trucs. Elle me prend la main. C’est drôle comment sa main est beaucoup plus petite que celle de son garçon. La comparaison me fit quand même sourire. Sisel semblait heureuse de me voir. Je trouvais ça tellement mignon. C’est drôle quand même de trouver une femme beaucoup plus âgée que moi mignonne. Mais enfin, c’est cette joie qu’elle a de me voir, ça me réchauffe grandement le cœur. Si ce n’était pas sa maman, probablement que je lui ferais un câlin. Je ne me suis pas encore convaincue de lui en faire, ça me gênait encore sans que je sache expliquer pourquoi.

Mais les joues encore roses, je souriais à la mère de mon nouveau amoureux en lui disant, tout doucement :

- Coucou Sisel…

Me prendre la main comme cela, c’était peut-être sa façon de me dire bonjour, j’avais préféré lui répondre avec ces deux mots forts simples, par politesse, même si elle m’avait entendu la première fois. Sinon elle ne serait pas venue me voir. Abi aussi s’approcha, marqueur à la main, je lui souriais d’avantage. L’idée de lui faire un énorme câlin m’avait passé par la tête, mais avec mes deux mains en moins, ça commençait à être une tâche plutôt ardue. Mais il semblait un peu faire comme si rien ne s’était passé. Probablement parce que sa maman était avec nous.

En même temps, je comprends un peu, si c’était ma maman, je ne voudrais tellement pas qu’elle voie que notre relation a changé du jour au lendemain. Non mais, en vrai, elle n’a pas tellement changée. Disons seulement qu’il y a maintenant quelques bonus en plus que je n’avais pas alors que nous nous considérions uniquement comme des amis. Mais je crois que depuis cette nuit, je me sens mieux, fatiguée, mais quand même beaucoup mieux.

C’était peut-être les baisers…
Ou tout simplement parce que j’avais réussi à dormir quelques heures sans faire de cauchemar.
Un peu des deux je crois.

J’étais contente quand même de savoir que son papa dormait encore et que Nadia était sortie. C’était moins gênant pour le pyjama et tout ça. En vrai, Nadia ça me dérangeait pas tellement, c’est plutôt Monsieur Lis, s’il m’avait vu avec ce pyjama, très mignon, mais qui ne faisait aucunement adulte, ça m’aurait beaucoup gênée. Étonnement, que Sisel me voit ainsi me dérangeait beaucoup moins.

J’écoutai Abi, je finis par secouer doucement de la tête. Je ne pouvais pas lui donner un coup de main, parce que la main que j’aurais de besoin pour l’aider… Elle n’est pas valide. Arg! Ça me frustrait que je ne puisse pas faire ce genre de choses aussi simple. Je ne suis pas fichue de pouvoir mettre une robe, je ne peux pas écrire, sinon j’ai l’air d’une enfant de trois ans, et encore. Je déteste ça. Même si, ça quelques points positifs. J’ai pu dire à Abi que je l’aimais, c’est quand même quelque chose de bien. En tout cas, ça m’avait particulièrement rendue heureuse.

- Je ne peux pas aider malheureusement, je ne peux pas écrire de ma main valide qui en plus a été kidnappé. Sinon, ça va être un gros gribouillis et personne ne va comprendre. Par contre, je peux servir du thé, si tu en veux, bien sûr.

Si j’avais rosi au début, mes joues étaient maintenant des tomates. Je me sentais absolument gênée par le fait qu’Abi était encore sérieux pour la robe. Je… je veux dire que j’avais quand même besoin d’un coup de main pour m’habiller, enfin, c’est toujours plaisant d’avoir un coup de main, plutôt que de rager super longtemps afin de trouver une façon efficace de me vêtir. Si Abi était super efficace pour éloigner les cauchemars, il pourrait être capable de faire en sorte que je puisse me vêtir sans trop rager.

Mais qu’il m’aide à me vêtir ça veut dire que…
Que…

- Je… Je peux attendre pour la robe, bafouillai-je.

Que…
L’idée me faisait encore plus rougir, si c’était humainement possible. J’y avais pensé, mais je ne l’avais pas vraiment réaliser en même temps. Quelle idée complètement idiote eus-je en lui demandant une telle chose. J’ai envie de mourir. Mourir de honte, de gêne, de toute ce qui se rapproche de ces émotions-là. Et s’il ne me trouvait plus jolie, une fois que je n’aurais plus...mon… pyjama…?

J’essayais donc de me défaire, en douceur, de l’emprise de Sisel. Je suis vraiment idiote quand je veux.

- Je... Je... Je vais aller me prendre un thé.

Soudainement, je suis tout à fait réveillée.

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le Ven 31 Aoû - 4:55
Sisel n’en fait qu’à sa tête, Sisel n’en fait toujours qu’à sa tête. Elle préfère danser au milieu du salon sur une mélodie imaginaire, aller embêter Maciej dans son sommeil, faire des grues et y cacher des mathématiques à l’intérieur que de se faire écrire ce fichu message à l’intérieur de son bras. Ca chatouille et Abishai le sait. Il n’a pas pris la bonne marque de feutre, celle-là déclenche des réactions incontrôlées de sa main blanche titillée par la pointe du feutre sur la peau fine de son bras. Elle joue encore avec la main de Mélodie en la balançant, semblant réfléchir, sortie du monde extérieur, perdue quelque part dans sa folie intérieur. Abishai s’en inquiète tandis qu’il voit Mélodie libérer la main de l’étreinte. Alors il reporte son attention sur la jeune femme, attendant que sa mère et son esprit revienne parmi eux, souriant au fur et à mesure qu’elle rosissait, virant à un joli rouge écarlate. L’effet voulu avait réussi, elle avait plus au moins compris le sous-entendu de la robe. A défaut de pouvoir s’étreindre correctement, ils pouvaient bien jouer à ce genre de jeu, à se frôler du bout de leurs doigts valides pour se tester et se découvrir. Les deux écharpes médicales ne faisaient que retarder le moment fatidique où ils iraient plus loin dans la découverte de l’autre, d’un commun accord. D’ailleurs, le plus à décider de donner son accord ne serait pas forcément celui que l’on croit. Il a un peu honte de son corps de géant par rapport à Mel, de la cicatrice laissée par la balle aussi. Lui qui a l’habitude de relations basées uniquement sur le physique, a peur de la décevoir même redevenu valide. Peut-être. Peut-être pas.

Abishai se tire de ses pensées, pendant lesquels il a fixé un vague point sur le tableau sous le canapé du salon, pris du même arrêt, du même bug que sa mère. Tel mère, tel fils. Le Chat a refait son apparition, sa longue queue touffue. Il a fait un graaaaand arc de cercle pour éviter Sisel, s’est longuement frotté contre les jambes d’Abishai et comme cela ne répondait pas et que les croquettes n’arrivaient pas assez vite, il est allé jeter son dévolu sur Mélodie, phéromonant contre ses jambes en ronronnant. ELLE, elle est sympa. ELLE, elle va le nourrir sans le faire attendre même, maintenant tout de suite. Pas comme l’espèce d’ingrat là-bas et la propriétaire du monstre. Ada a vaguement suivi le maitre Chat, préférant quand même la proximité de son frère d’âme, fixant Mélodie de ses yeux jaunes, la langue pendante et la gueule entre ouverte.

Abishai adresse une caresse entre les deux oreilles à sa louve d’âme avant de tenter de secouer sa mère doucement, avec toute la tendresse et l’admiration qu’il a pour elle. Il s’attend à voir ses pupilles se réactiver doucement, signe que son semblant d’esprit et de retour sur Terre et pas perdu dans le panthéon des mathématiciens là-haut. Alors qu’elle n’est pas sa surprise lorsque Sisel s’anime d’un coup, arrachant d’une main rageuse le feutre de la main de son fils et termine d’elle-même de s’écrire sans numéro, sans une faute sur le bras, Elle expédie ensuite le feutre à l’autre bout de la pièce, entrainant Ada qui se jette à sa poursuite (du feutre, Sisel, elle s’en fiche mais le feutre, c’est comme une balle.), prend un autre morceau de brioche entre ses dents , son mug de thé plein dont elle renverse légèrement le contenu sur le parquet du salon , récupère une feuille à origami sur un meuble, manquant de renverser un vase qu’Abishai sauve in extremis et avance d’un pas décidé vers la chambre conjugale, fermant la porte derrière elle, laissant un fiston coi son vase fleuri dans les mains.

« Ah. »


Abishai se tourne vers Mélodie, le vase toujours dans le creux de ses mains.

« J’ai fait quelque chose de mal à ton avis ? Ou c’est sa manière de nous dire de vivre notre vie en ne s’inquiétant pas d’elle ? »


Il revient vers son amoureuse, c’est bien son statut maintenant, avec sa tête de gamin perdu, finit par poser son vase sur le comptoir de la cuisine américaine, pour venir à sa proximité, se réservant une tasse de thé, se brulant les lèvres dans le liquide bouillant et sombre, interrogateur.

« Du coup, on va pouvoir te mettre ta robe et … sortir plus tôt que prévu. Comme visiblement, elle a décidé pour nous que papa serait son gardien. »


Ada revient vers eux, la queue battante, le feutre dans la gueule toute fière et contente de son exploit. Eh, Eh, vous avez vu ? J’ai retrouvé le feutre alors que la dame l’avait lancé vachement loin sans prévenir, semble-t-elle raconter dans ses yeux dorés. Le Chat a lui préféré se carapater sous un meuble, sait-on jamais, que la folle et son bestiau de malheur reviennent.

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le Sam 1 Sep - 0:41
Abi est vilain quand même lorsqu’il veut. Il se moque de moi. Il a fait exprès. Il m’a gêné. Tout ça à cause de cette idée de robe. Quelle idée idiote j’ai peu avoir eu à deux heures du matin. La prochaine fois, je ferais mieux de seulement rester dormir, sans dire de bêtises.

J’avais rejoint la cuisine, prenant de l’eau encore chaude et une tasse afin de me faire un petit thé. Ça allait un peu plus me réveiller.

J’avais pris quelques secondes pour sortir Béatrice de sa cachette, pendant que l’eau infusait. La nuit, je préférais fusionner avec elle. Parce que je ne voulais pas qu’elle dorme dans mon lit, sinon j’avais tellement peur de l’écraser en bougeant. Et si elle se réveillait avant moi, j’aurais l’impression d’avoir une mouche dans ma chambre, et ça, je n’apprécie pas particulièrement non plus. Mais durant la journée, ça ne me dérangeait pas de la laisser sortir. Peut-être qu’Ada va vouloir jouer avec, sait-on jamais. Ils seraient mignons à voir ces deux-là.

Béatrice s’anima rapidement, se mettant à voler un peu partout dans la pièce, préférant aller vers les plantes plutôt que d’aller embêter les autres personnes, totem ou animal présent dans la pièce.

- Mais oui, Monsieur le Chat, je vais te nourrir, attend un peu, espèce de gros gourmand.

Oui, je parlais au Chat. C’est comme parler avec Béatrice ou à un petit chien trop mignon appartenant à un inconnu – j’avoue que lorsque je ne connais pas le propriétaire, je gardais les commentaires pour moi ou son propriétaire, en disant qu’il avait un beau chien, des choses comme ça –. Je partis chercher ses petites croquettes, une fois que j’eus les croquettes en main, le Chat s’était mis à miauler, comme si c’était toute sa vie.  Allez, tu vas bientôt avoir ton repas, arrête de te plaindre. Je ne le fis pas trop attendre, je déposai rapidement les croquettes dans son bol et voilà que Monsieur le Chat était enfin heureux, il pouvait manger.

C’est à peine que j’eus le temps de me redresser, que je vis un marqueur voler dans la pièce. Ça me fit quand même sursauter. Je ne m’attendais pas à une telle chose. Et Abi était tout aussi surpris… Probablement plus. Donc, ce n’était pas lui qui avait fait ça. Bien entendu, ce n’était pas son genre de faire une telle chose. Du coup… Sisel… Je ne comprenais pas tout. Je suivis du regard la maman de mon ami qui finit par filer et aller se réfugier auprès de Monsieur Lis. Ça avait quelque chose de mignon et d’inquiétant en même temps. Inquiétant parce qu’il semblait que quelque chose avait bouger, ce n’était pas une réaction habituelle, je pouvais bien le voir avec la réaction qu’Abi avait et mignon, parce qu’elle avait envie de retrouver l’homme qu’elle aime.

Abi, lui n’avait pas trop bougé, il avait sauvé un vase et se tenait là, on dirait qu’il ne réalisait pas encore ce qui venait de se produire. C’était quand même assez étrange d’ailleurs ce qui venait de se passer. Il avait l’air d’un petit enfant, qui se demandait s’il avait fait quelque chose de mal, s’il aurait du agir autrement. Je souriais doucement. Je suis certaine qu’il s’en fait un peu trop. Je suis certaine qu’elle n’aie pas fâchée contre lui. Une maman ça ne pas être fâchée contre son enfant. Surtout qu’Abi fait énormément de choses pour ses parents, ils ne peuvent pas être fâchés contre lui.

C’est pour ça que je lui dis tout doucement :

- Je ne crois pas qu’elle soit fâchée contre toi, elle va toujours t’aimer peu importe ce que tu fais. Peut-être qu’elle est fâchée contre le marqueur… Elle en a peut-être marre qu’on écrive ça chaque fois sur son bras. Je ne sais pas trop…

Une fois que nous ayons terminé notre breuvage je lui dis :

- Viens …

Avant qu’il ne puisse protester, avec ma main valide, je lui pris la main, l’amenant avec moi dans la chambre d’invitée qui était mon petit refuge depuis mon arrivée ici. Une fois entrée dans la chambre, je replaçai maladroitement la couverture, question que le lit semble être relativement fait.

J’étais toute embarrassée encore une fois de lui avoir proposer une telle chose. Mais en même temps, c’était difficile de changer d’idée au point ou nous étions rendus. Je… Pourquoi j’ai l’impression d’être seulement qu’une petite adolescente! Ça m’énervait. Et je ne suis pas certaine si ça m’énervait dans un bon sens ou un mauvais. Il faut croire qu’Abi est doué pour me faire perdre mes moyens. Je suis une petite abeille stressée qui ne sait pas exactement quoi faire de sa peau en ce moment. Mon coeur bat très rapidement, j’anticipe un peu trop ce qui pourrait arriver, même si je sais qu’il ne se passera pas grand-chose.

Je ne vais pas en mourir, ça j’en suis certaine…

Il faut que j’arrête de m’inquiéter! Je pris mon courage à deux mains, je lui ouvrai le garde-robe, lui montrant les quelques robes présentes.

- Je te laisse choisir la robe. Ne me demande pas laquelle je préfère, si je l’ai amenée, c’est parce que je les aime.

C’était peut-être une idée idiote. Je m’en fiche. Il faut que je m’amuse un peu. Je m’assis sur le lit, en attendant de voir ce qu’il allait choisir.

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le Lun 8 Oct - 2:16
Il ne sait pas quoi penser de cette réaction. Il ne sait pas s’il doit éprouver de la joie de la voir réagir ainsi ou de la tristesse. Il ne sait pas non plus s’il doit s’apeurer de cette réaction impulsive qui aurait pu être dangereuse dans tout autre contexte. Avec des si, on mettrait Toronto en bouteille. Ou Paris, selon l’expression consacrée. Et puis l’état de Sisel va de mieux en mieux, il parait. Il parait. Il ne sait pas vraiment sur quoi les médecins peuvent se baser pour établir cette constatation. Mais ils doivent savoir, ils sont médecins, docteur même. Ils ont fait plus de huit ans d’étude pour lui démontrer que sa mère va mieux. Elle fait des grues à la chaine mais elle va bien. C’est complétement stakhanoviste, c’est même presque mécanique. Il est même persuadé que si on met sa mère à côté d’un robot spécialisé dans les origamis en forme de grues, parce qu’il est persuadé que les japonais ont bien du mettre ça sur pied un jour, on peut lancer un concours de vitesse. Mais elle va mieux. Elle revit aux côtés d’un Maciej diminué. Il y a probablement eu un échange quelque part. Ils ont toujours été à la fois tellement fusionnels et différents. Complémentaire. C’est ce qui ressort de ses souvenirs d’enfants récemment remonté dans le creux de sa gorge et dans le fond de son hippocampe, siège de la mémoire. Et c’est pour cela que cela fonctionne entre eux. Abishai pose ses yeux sur Mélodie. Interrogation. Sont-ils aussi complémentaire pour que la magie des contraires s’applique ? Parce qu’ils sont différents, il le sait. Mélodie a un esprit qui vagabonde et s’aventure par-delà du réel. Son esprit à lui est presque aussi cartésien que celui de sa mère. Il pense trop, trop carré. Elle pense rond, arrondie, sans aucun angle. Très fluide.

Il est toujours là, lui, avec le vase devant lui, vase qu’il a sauvé parce qu’il a une vague idée de sa valeur. Il ne sait pas si ce vase aux oiseaux est un cadeau fait à son père, un cadeau de son père ou un achat impulsif. Il sait juste que c’est comme une partie de la garde-robe de sa mère, du mobilier ou de la décoration. Cela vaut cher. Oublie le vase. Il fait partie du décor. Nouveau coup d’œil sur son amoureuse qui répond à sa question rhétorique. Sa mère n’est pas fâchée contre la personne mais contre l’acte, celui de la marquer chaque jour comme on marquerait une possession d’enfant qui finirait perdue à un moment ou à un autre pour espérer qu’une bonne âme la ramène un jour. Cependant, Shai proteste, Ada toujours derrière lui avec le marqueur dans la gueule, après tout, personne n’a daigné lui reprendre.

« Oui mais si je ne le fais pas et qu’elle sort … Elle oublie , elle se retrouvera dans un endroit inconnu et hostile sans personne pour la guider ou la comprendre, sans pouvoir donner son identité ou son adresse pour qu’on la ramène, on mettrait des jours à la retrouver, Maciej remuerait ciel et terre et il n’est pas en état de le faire, il est trop blessé, je pense que c’est pour ça qu’elle le colle autant . »


Contradiction. Si Sisel colle Maciej, elle ne partira pas seule, il n’est pas en état d’aller faire un tour nulle part ou alors avec Nadia en chien guide et en clopinant sur ses béquilles. Et puis, ce n’est pas le moment de penser à eux. Sa mère lui offre un moment de liberté, sans parents à charge, une vraie journée de jeune adulte. Alors autant la prendre. Et cela commence par une invitation saugrenue. Sans qu’il s’en soit aperçu, Abishai s’est retrouvé dans la chambre de la jeune femme, assit sur le grand lit en face de la penderie. Choisir une tenue. Lui. Alors qu’il est incapable de choisir lui-même ses vêtements et qu’il est au fond toujours habillé pareil. Mais il ne veut pas la décevoir. Alors il ferme les yeux, tente de se souvenir d’une tenue, d’un style que Mélo affectionne. Si elle a ces robes, alors elle les apprécie forcément. Nœud au cerveau.

Son choix s’arrête finalement sur une robe aux motifs familiers, comme sortie d’une enluminure ou d’une monographie de Clélie Horovice, rangée bien soigneusement dans l’armoire aux trésors de la librairie. En silence, Abishai se lève pour la sortir avec soin sur son cintre, caressant du bout de ses doigts agiles le fond crème de la robe.


« Elle ? Elle est assez chaude tu penses ? Avec un collant, un gilet ce genre de chose non ? Je vais t’aider à les mettre, »

Il se tient devant elle, prêt à obéir à ses ordres. Il doit aider et aider, il sait. Même si ses joues vont rougir, même s’il sera tenté de glisser ses lèvres dans son cou, peu importe. Il sera lui, au creux de ses bras.

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le Lun 8 Oct - 5:25
Pauvre petit chat, il semblait sous le choc pour sa maman. Mais en vrai, je ne savais pas ce que je pouvais lui dire, ce qui pourrais lui remonter le moral. Je comprenais que c’était super important qu’il lui écrive ce message sur son bras, mais peut-être que sa maman en avait vraiment marre? C’est un hypothèse, je ne suis pas dans sa tête afin de répondre aux interrogations de l’homme que j’aime. Malheureusement. J’aimerais qu’il ne s’en fasse pas. Mais je sais qu’il se fait bien souvent du soucis pour ses parents.

- Je comprends, mais… Je ne sais pas pourquoi elle a fait ça. Je ne peux pas t’aider, désolée.

J’aurais aimé le faire, j’aurais aimé l’aider à comprendre, j’aurais aimé qu’il ne s’en fasse pas pour sa maman ou son papa. Ils étaient de drôle d’oiseau, pour Monsieur Lis, c’était plutôt approprié sachant que son totem est une colombe. Je faisais tout mon possible pour les aider et prendre soin d’eux. Et d’Abi. Ces gens me tiennent grandement à cœur. J’étais heureuse d’être tombés sur des gens aussi gentils, aussi bizarre qu’ils puissent être parfois. Mais… les familles parfaites et normales, ça n’existent pas. Des familles normales sont impossibles, la mienne est loin de l’être également.

Enfin.

Une fois dans la chambre, je regardai Abishai choisir la robe, je le trouvais mignon comme ça. Il semblait avoir une idée de ce qu’il pourrait prendre. Ça m’amusait. Si j’avais eu mon téléphone sous la main, je crois que je l’aurais pris en photo. Parce que j’aimais son petit air incertain et réfléchi en même temps.

Il finit par prendre une robe beige avec de multiples motifs. Il y avait des loups dessus qui me rappelait Ada et des licornes. Cette robe était parfaite. Je l’aimais beaucoup et avec un temps comme celui d’aujourd’hui, elle serait parfaite. Je lui répondis avec un doux sourire :

- Oui, celle-ci est assez chaude. Attends, je vais sortir collants et gilet.

Je le délaissai un petit moment, juste le temps de trouver dans les tiroirs la paire de collant que je voulais. Quand je m’habille on pourrait penser que je suis comme une gamine, que je ne sais pas forcément agencer correctement mes couleurs et tout cela. La robe que mon amoureux avait choisi. Oh. J’adore dire que c’est mon amoureux. C’est… C’est tellement mignon, ça me donne vraiment envie de le câliner et de l’embrasser…

Mais ce n’est pas tout à fait le propos pour le moment. Pour le moment, c’est que je décidai de prendre une paire de collant rouge, du même rouge, ou presque, que certaines des fleurs qui se trouvaient sur la robe qu’Abi avait choisi. Et pour le gilet j’optai pour quelque chose de plus sobre. Un gilet noir. J’aurais bien aimé faire l’inverse, mais je n’avais pas de veste ou de gilet rouge. Pas encore. Je finirais bien par en trouver un quelque part.

Je retournai vers Abi. Je le regardai. Je réfléchissais. En ce moment, je pensais beaucoup trop. Trop de questions commençaient à se bousculer dans ma tête, trop d’incertitude. Ça ne me ressemble pas ça. Habituellement, je suis tête en l’air, je décide sur un coup de tête et là… La je me questionne.

Là, je me demande s’il m’aimait vraiment. Je me demandais s’il y avait des chances que finalement… Ça ne fonctionnerait pas. Je me demandais si… si… Si une tonne de choses. J’avais peur. Pourtant. Ce n’était pas la première fois qu’un garçon me voyait avec peu de vêtements. Et en plus il allait seulement me voir en sous-vêtements, rien de plus. C’était comme un maillot de bain. Et si nous étions toujours ensemble cet été, parce que c’est possible que ça ne fonctionne pas longtemps entre nous, c’est possible, il ne faut pas trop se faire d’illusion, il aurait la chance de me voir en maillot. C’est normal. C’est viable.

Et en le regardant, j’avais quand même la certitude que nous allions être encore ensemble cet été.

Mais… mais. J’avais peur. J’avais mon petit cœur qui battait super méga rapidement. Je l’entendais presque résonner jusqu’à mes oreilles. Je finis par détourner la tête, les joues complètement rouge, je murmurai avec incertitude :

- Je… J’ai peur Abi. Et si je ne suis pas… assez jolie pour toi?

Ça avait été difficile à dire, à avouer. J’avais peur. J’avais envie de lui dire de laisser faire. Que… Qu’un simple t-shirt et un jean pourrait faire l’affaire. Mais en même temps, je... Je ne voulais pas me défiler, je ne voulais pas paraître pour une poule mouillée. Je ne voulais pas que l’on rebrousse tout le chemin parcouru.

Et s’il n’apprécie pas mon physique… C’est que ce n’est pas une bonne personne pour moi. Voilà tout.

Mais, il savait quoi faire pour me rassurer. Il avait pris mon visage entre ses mains, me forçant à le regarder et sans trop attendre, il m’avait embrassé. Kidnapper mes lèvres étaient un bon moyen pour me donner du courage et me convaincre que tout allait bien se passer. Oui. Tout ne pourrait que bien aller. Il m’aimait. J’avais bien apprécié cette petite douceur.

Ça allait aller.

- Bon...

Un respire. J’étais encore un peu gênée, mais ça allait aller. Je n’allais pas mourir et après, j’aurais la chance de manger des crêpes avec un homme que je trouve absolument merveilleux et charmant et ça allait être un petit moment de bonheur. Parce que ces moments où nous sommes tous les deux, sont toujours des moments de bonheur.

Avant qu’il se demande ce qu’il se passait, qu’il me pose des questions ou quoi que ce soit, je lui demandai, timidement, s’il voulait bien m’aider à retirer mon t-shirt de pyjama à thématique du roi lion. Peut-être qu’il va bientôt me falloir un pyjama moins enfantin, un peu plus adulte. Ce n’est pas trop approprié pour dormir avec quelqu’un. Je le garderais pour les moments où je serais seule.

On avait retiré mon haut. Ça n’avait pas été une mince affaire, je dirais même que c’était plutôt du sport, mais avec chacun un bras en moins ou presque, on ne s’en sortait pas trop mal. Viable disons. Ce qui rendait la chose plus viable c’était les doigts d’Abishai qui se perdaient sur ma peau, l’effleurant légèrement ici et là et qui me donnaient des frissons. Tout, en douceur. J’avais des frissons, j’avais froid et chaud en même temps. Mes joues étaient en feu, mais mes bras avaient la chaire de poule.

Je ne dois pas être une personne normale. J’ai l’impression d’être encore adolescente et que… Enfin. Je ne suis plus une ado, mais avec Abishai, j’ai l’impression que c’est tout comme. Je crois, je crois que c’est parce que je l’aime vraiment trop par moment. Je crois que c’est un peu ça le problème.

J’avais envie de ne pas être raisonnable. Se faire déshabiller de la sorte, ça donne de mauvaises idées. Des idées qui font encore rougir. Des idées que l’on ne veut pas dire à voix haute, mais qui se sentent, se ressentent et qui donnent des envies. Mais… Mais ça ne serait pas pour aujourd’hui. Pas pour maintenant. Pour le moment, nous étions « brisés » nous devions attendre encore, nous devions attendre d’être réparer avant de faire ces choses-là. Je pouvais attendre. Ce n’est pas le moment.

C’était plutôt le moment de retirer le bas. Mais ça, c’était plus facile, j’étais relativement capable de le faire toute seule. Disons.. Sans trop de difficulté. Là encore Abi me donna un coup de main. Ce ne fut pas trop long que je me retrouvais en sous-vêtements devant lui. Je ne portais pas grand-chose de très sexy. De confortable plutôt. Je ne m’attendais pas à ce que l’on me voit ainsi vêtue. Sinon, bah. J’aurais probablement mis quelque chose de plus joli. Mes sous-vêtements étaient tout simplement blancs, avec de très motifs de fleurs très discret.

Ainsi vêtue, je détournai le regard. Je n’osais pas le regarder ainsi vêtue. Il semblerait que dans ma tête, que l’on me regarde en sous-vêtements n’avait pas la même signification que l’on me regarde en maillot de bain. Pourtant… Ces deux ensembles cachaient la même chose, me présentait pratiquement de la même façon.

Le plus embêtant allait commencer. Les collants. Je déteste généralement enfiler des collants, c’est tellement désagréable, je me sens toujours comme une enfant qui ne sait jamais exactement comment mettre ce vêtement. Par contre, j’en mettais assez souvent. Parce que c’était toujours joli pour aller travailler, ça allait toujours bien avec des jupes et des robes.

Je dois être confiante. Ça allait bien aller. Nous allions nous en sortir. Presque trois mains pour enfiler un collant, c’était faisable… Non? Je.. Il fallait qu’on réussisse, sinon, nous pourrions jamais aller manger des crêpes et voilà que je commence à avoir déjà faim.

Au moment d’enfiler les collants, ça a été plus fort que moi. Je rigolais. Au début, j’essayais de me retenir, de garder un certain sérieux. Mais il semblerait qu’un Abishai qui m’aide à enfiler des collants, ça chatouille, ça chatouille comme le marqueur sur le bras de Sisel, sauf qu’à la différence de la maman de mon copain, moi, ça me faisait rire. Je rigolais comme une petite gamine, j’essayais du mieux que je le pouvais de le cacher, mais je n’y arrivais pas. J’avais un espèce de fou rire. Je crois que c’est la fatigue, je n’ai quand même pas tellement dormi la nuit dernière et si on ajoute à cela toute la tension qu’il y avait, je ne pouvais pas me retenir bien longtemps de rire.

- Ça chatouille, lâchai-je innocemment.

Il allait me prendre pour une gamine. Mais j’en suis une bien souvent lorsque je suis avec lui. Il devais commencer à en avoir l’habitude. C’est beaucoup plus amusée et beaucoup moins gênée que nous réussîmes à vaincre les collants et, comparativement à eux, ce fut presque facile d’enfiler la robe… Sauf les manches. Les manches. Je n’aime pas. Au moins, grâce à Abi, ce fut vraiment facile de fermer la fermeture éclair de la robe qui se trouvait dans mon dos. J’ai toujours du mal à faire ça toute seule, du coup, qu’il le fasse pour moi, c’était une aide précieuse.

Le gilet, ce fut plutôt facile après tout ce que nous venions de traverser, j’étais enfin présentable.

- Merci. Tu es douée on dirait. Je devrais te demander de m’aider plus souvent, dis-je finalement, amusée.

On avait réussi. Je le remerciai en me permettant de lui voler un baiser. Il l’avait bien mérité après tout.

- Veux-tu que je t’aide pour quelque chose? Ou tu es prêt? Ou…?

J’avais encore quelques petites choses à faire, comme d’aller à la salle de bain, arranger mes cheveux en autre, mais ça, je pourrais m’en sortir tout seule...

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le Jeu 18 Oct - 21:51
Ça le rassure, c’est idiot. Ça le rassure que Mélo n’en sache pas plus que lui sur cette réaction presque épidermique de sa mère. Stable, elle était déjà comme ça, il connait bien l’histoire qui a scellé la rencontre de ses parents. Comment Maciej Lis s’était attaché à ce chaton mouillé très fâché qui semblait terroriser de ses menaces et de ses cris de mathématicienne mécontente un étudiant de deux fois sa taille et de six ans son ainé. Alors maintenant que sa conscience adulte n’inhibe ses comportement que rarement …

Abishai s’amuse dans son rôle de styliste en herbe, malgré son épaule en moins, cela lui plait d’ajuster les couleurs, là où le faire pour lui ne lui aurait ni chaud ni froid. C’est sa mère qui a toujours assurés ce travail, plus ou moins. Et maintenant, il le sait, Maciej derrière elle. La robe choisie semble avoir subtilisé ses motifs dans une tapisserie médiévale et des enluminures que sa grand-mère aimait tant. C’est peut-être pour cela qu’il l’a choisi. Les motifs lui étaient familiers, ils avaient cette valeur de chose inaccessible dans une haute étagère dans un buffet, derrière une porte de bois aux motifs art nouveau décorée de fioritures florales pour tenir les vitres. Objet d’interdit parce que son grand père vénère les monographies de sa défunte femme comme on peut vénérer un livre sacré. Il y pense encore, en répétition, comme une litanie dans son esprit. Mélodie valide le choix et sort les accessoires à accorder avec la tenue. Il est étonné par le choix, il aurait plutôt vu des collants plus sombres, presque brun afin de faire ressortir la robe. Mais Mélodie a choisi du rouge alors rouge ce sera. Il pose délicatement la robe sur le lit et s’assoit à côté, patient.

Elle hésite, Abishai penche la tête, silencieux dans son interrogation, avare en mot. Quelque chose la tracasse, elle est limpide et c’est un défaut qu’il apprécie, son incapacité à feindre. On peut lire en Mélo comme dans un livre ouvert. Elle rougit, à quoi tu penses, petite abeille ? Qu’est ce qui est en train de torture ton cœur, tordre ton esprit de Peter Pan. Peur. Peur de ne pas être assez jolie à son gout. Il fronce les sourcils, maudit cette peur culturellement féminine et stupide. Il se demande un jour si c’est venu à la tête d’un homme de ne pas se trouver assez beau pour la personne qu’il aime, de l’exprimer aussi clairement qu’elle le fait ici, sans véritable honte, avec un début de courage. C’est une idée de question de sondage en sociologie et en étude des genres, tient. Il ne répond pas, pas encore, il préfère l’attirer d’une main contre lui et nicher son visage contre son ventre. Là . Là, il se sent bien, bercé. Il espère qu’elle viendra glisser les mains dans ses cheveux comme elle le fait souvent lorsqu’elle sent pointer une crise d’anxiété de son ami et ce depuis leurs premières rencontres. Elle a cette réussite à son actif, celle de le décrypter plus que ne peut le faire ses plus proches. Pas de réponse, encore. Juste du calme. A ce rythme-là, ils ne vont jamais sortir. Mais ce n’est pas grave. Ils ont du temps. Du temps pour faire d’autres plans sur la comète, du temps pour réaliser ces fameux plans et rêver à deux ceux qui seront définitivement inaccessibles pour leurs bourses et dans l’état actuel des choses.

Pas de mots encore. Abishai se redresse doucement. Il était à sa hauteur, il se relève maintenant pour la protéger de sa taille de géant, pour caresser son visage pâle et venir prendre ses lèvres des siennes. Elle a le courage de poser cette question. Lui ne l’a pas et pourtant elle était toute aussi présente. M’aimeras-tu Mélodie ? Malgré mon corps abimé ? Par la balle qu’on a retirée de mon épaule. Par l’explosion ? Mon oreille gauche encore capricieuse ? Et puis les blessures d’avant, les blessures de la rue, pour la courte période de profond désarroi et c’est un euphémisme qu’il a pu vivre avec sa mère quand la femme légitime de Maciej a découvert le pot aux roses ? Cette chose dont il a n’a jamais parlé à personne, pas même à Anshel, pas même au psychologue que ce dernier lui a fait voir.
Bon. Deuxième once de courage. Signale que Mélo se décide quand même. Abishai se tient au garde à vous pour la faire rire, lui obéit en faisant attention au plâtre. Il est trop concentré sur ses tâches, un peu maladroit à cause de l’épaule. Ils avaient l’air malin vraiment. Puis ses doigts deviennent plus conscients de la situation plus intime. C’est chaud et froid à la fois, la peau surréagit aux contacts et s’en devient enivrant. On se découvre comme deux enfants, c’est idiot. Aimer, visiblement, ça fait régresser. Surtout avec la première. Un baiser, encore un, à en faire rougir un public imaginaire. Là, brusquement, l’idée d’aller manger une crêpe s’estompe dans son esprit pour quelque chose de plus prosaïque, plus charnel, encore plus avec le moment. Mais il se tient, il n’a pas eu d’accord, pas même tacite. Et puis nos corps ne le supporteront pas, ils sont encore trop cassés pour se lier et s’aimer comme nous en rêvons l’un est l’autre. Attendre. Torture interminable, foutue enveloppe charnelle en papier mâché.

Changer, oublier. Abishai vient effleurer une zone de son épaule sensible aux chatouilles pour la faire dérider, la princesse, lui faire oublier que maintenant, elle est en sous-vêtements, presque nue devant lui. L’idée de chatouille fait son chemin et l’enfilage du premier vêtement devient que peu épique. D’abord parce que les collants, il ne s’en sert que pour boucher les ventilations de certaines pièces de la maison quand celle-ci est trop forte et que Sisel manque d’attraper froid (parce que Sisel, le froid, la maison, les gilets, les chaussures, surtout les chaussures …. Voilà.) . Recette de grand-mère de grand père Anshel. A vrai dire, Abi n’avait jamais pensé mettre un jour un collant et encore moins le faire enfiler à quelqu’un. Il peine un peu dans sa tâche, s’y prend probablement très mal. Alors rectifions. Il peine vraiment, vraiment, vraiment beaucoup. Ca a le mérite de faire rire Mélodie alors peu importe, il continue de galérer joyeusement avec ce foutu collant. La robe, déjà, c’est plus facile. Et le gilet encore plus.

C’est déjà fini. Dommage, pense-t-il avant de refréner cette idée stupide. Il cherche Ada du regard. Elle n’est jamais loin, l’âme louve, là elle a le regard d’un chiot curieux, se demandant ce que les humains peuvent bien fabriquer. Tout ce qu’elle a compris, vraiment, c’est qu’ils vont sortir, et ça, c’est beaucoup, vraiment beaucoup trop bien. A croire que c’est une âme chien plus qu’une âme de loup. C’est proche, après tout.

Retour sur terre. Besoin d’aide ? Abishai secoue la tête, il a perdu ses mots dans cette histoire, quelque part, pas loin, ils reviendront. Il se permet juste un baiser sur sa nuque, un moment calme la tête blotti dans son cou à la recherche d’un contact doux, d’une caresse pour apaiser son cœur. Repenser à ce qu’ils ont dit. Objectif crêpe, on a dit, Abishai. Alors il ressort de la chambre après avoir adressé un sourire à la rousse. A lui de terminer de s’habiller seul. Un lourd gilet de grosse maille crème, toujours à cause cette fichue épaule/ Là maintenant, il ressemble à l’Abi qui vient chercher Mélo à la fin de son travail au musée le soir, il ne manque plus que le manteau, l’écharpe et l’éternel bonnet. Il l’attend dans le salon, tapote son paquet de cigarette perdu au fond de sa poche. Il n’a jamais vraiment fumé devant Mélodie, attends d’être seul pour le faire, mais pour une fois, il va déroger, son corps n’a pas bien accepté l’arrêt forcé à cause de l’hôpital. Déjà qu’il ne boit presque plus alors si en plus il arrête tous d’un coup, son corps va se mettre en grève. Mais il ne fume pas à l’intérieur, jamais, pour protéger Sisel comme on protège un enfant. Alors il la sort juste, attend Mélo, lui adresse un grand sourire lorsqu’elle sort fin prête. Un dernier baiser sans poison avant de lui proposer son bras valide pour qu’elle s’appuie, quittant l’appartement douillet.

Dehors il fait encore froid pour la saison. Abishai s’allume la cigarette qu’il a coincée entre ses lèvres, tirant une bouffée. Ada gambade devant. Une scène normale, une scène tout ce qu’il y a de plus normale. Rassurer encore. Ils vont jusqu’à la bouche de métro la plus proche pour pouvoir se diriger dans le
bon quartier. Il y a finalement peu d’usager à cette heure-là et c’est agréable. Abishai termine sa cigarette avant d’entrer dans la station.

« Alors, ta crêpe ? Tu vas la prendre à quoi, Mel ? »

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le Ven 19 Oct - 3:24
Il me fait fondre, complètement. Cette douceur. Lorsqu’il me prend dans ses bras, j’ai l’impression d’être dans la plus confortable des couvertures, des plus douces, des plus réconfortantes. On avait quand même réussit l’impossible. Me mettre une robe, un gilet et surtout des collants. Cela avait été du sport, mais nous nous en étions très bien sorti. On n’avait pas dit grand-chose. Je crois que nous avions tous les deux donné notre langue au Chat. Ce qui était assez naturel, normal, on avait fait un peu du n’importe quoi et rester sage avec tout cela, relevait de l’exploit. Par contre, je sais bien qu’un jour nous allions être beaucoup moins sage et que les crêpes prendraient « le bord », cette prochaine fois… Ou peu importe le plat que ce sera. Peut-être de la lasagne, qui sait?

On a finit par se séparer. Sans un mot, Abishai était ressorti de la chambre, il m’avait laissé avec un beau sourire. Un sourire que je gardais pour moi, pour mon petit cœur. Un sourire que je voyais parfois, alors que d’autres fois, Abi semblait beaucoup trop préoccupé par tout pour en faire un. Mais celui-là, c’était l’un de ces rares sourires qui chavirent le coeur et que l’on aurait bien aimé photographier avant qu’il ne disparaisse dans un moment aussi éphémère que celui-là.

Je crois que mes joues avaient fortement rougies. Je crois que mon ventre, en plus d’hurler qu’il avait faim, mangeait des papillons qui virevoltaient partout dedans et mon cœur battait tellement vite, que je n’entendais plus mon ventre.

On dirait une scène surréaliste. Je suis certaine que Breton ou encore Dalí auraient grandement apprécié l’image mentale. Enfin. Il m’avait laissé sur un magnifique sourire, que je souhaitais revoir encore et encore. Bon. Je devais finir de me préparer. Parce que non! Ce n’était pas encore terminé! J’aurais bien aimé par contre. Une fois qu’il fut parti et que je m’étais remise de mes émotions, je libérai Béatrice, je crois qu’après la nuit que je venais de passer, après ce moment, elle avait besoin d’exprimer beaucoup de choses. Ce que je gardais pour moi, Béatrice, elle préférait le démontrer en volant. Ma petite abeille filait dans tous les sens, comme une imbécile heureuse. Ouais, je crois que nous étions, en ce moment, deux imbéciles heureuses.

Mais j’aime ça.
Pour Abishai, ça vaut la peine.

Alors que Béatrice allait dans tous les sens, absolument incapable de se poser plus de deux secondes à un endroit, j’en profitai pour terminer mes préparatifs afin de sortir. D’abord faire quelque chose de mes cheveux. Je finis par les laisser détacher, parce qu’en vrai, les attacher avec mon plâtre, c’était une vraie torture. Et ça l’air que c’est plus joli lorsque je les porte détachés.

Une fois ce fut fait, je sortis tout ce dont j’avais de besoin pour cette sortie. Manteau, écharpe, bonnet, bottillons, mitaine et mon sac à main. J’ai préféré rager d’abord sur mes bottillons, d’autant plus que mes cheveux détachés me cachaient par moment la vue. Tout allait bien.

Presque.

L’idée de demander de l’aide à Abi me traversa de nouveau la tête… Mais, j’allais faire de mon mieux, je suis une grande fille. Je vais m’en sortir. C’est avec une certaine difficulté que je réussissais à enfiler le tout, pas seulement les bottillons, mais le manteau et les accessoires également. Sauf les mitaines, j’ai fini par me rendre compte qu’avec mon plâtre c’était définitivement une mauvaise idée. Je pris mon sac et finit par sortir de la chambre.

Il m’attendait. C’était certain. J’aurais pu le deviner. Béatrice sortit comme une flèche de la chambre, allant un peu partout dans l’appartement. Une vraie folle. Mais je crois qu’elle représente bien mon état d’esprit. J’étais plus qu’heureuse de sortir avec Abi, de faire une sortie comme cela, j’avais l’impression que cela faisait un long moment que ce n’était pas arrivé. C’est seulement que je me sens choyée, encore plus lorsque je fis son grand sourire affiché sur son visage.

Juste ce sourire, il me fit rougir.

- Pardon pour le temps que j’ai pris…

Mais je ne crois pas que ce soit bien grave, il doit s’y attendre, avec mon bras handicapé. Il m’offrit un baiser, avant que je prenne doucement son bras et que nous quittions, enfin. C’est mon ventre qui se plaint. Béatrice nous avait bien sûr suivit. En fait, elle s’amusait plus à l’avant avec Ada. C’était mignon de les voir tous les deux ensembles quand même.En fait, ça me rassurait beaucoup de voir Ada et Béa s’entendre bien.

Dehors, l’air était fraîche. Ça me fit frissonner légèrement. J’enfouis mon nez dans mon écharpe, j’ai tellement hâte que la chaleur arrive! Quoi que ça me donne quand même une bonne occasion pour me coller contre mon amoureux, sans trop m’en inquiéter. Bon, sans l’écraser non plus, je ne peux pas trop coller non plus.

Nous marchions tranquillement. Il fumait, je le laissai faire. Je n’étais pas là pour juger ce qu’il faisait, tant que je n’ai pas de fumée dans le visage. Mais je crois que j’étais assez petite pour l’éviter. Du coup, ça allait, ça me dérangeait pas trop, je crois que c’était la première fois que je le voyais faire. Je n’arrivais pas à me souvenir de la dernière fois que je l’avais vu faire. Avait-il déjà eu une dernière fois? Ouais, je crois que c’était plutôt la première fois. Mais bon, ce n’était pas très grave, c’est quand même un grand garçon. Tant que ça ne lui nuise pas. Voilà.

- Aaaaah! Je n’en peux plus! J’ai hâte qu’il fasse plus chaud, l'été me manque, avec sa chaleur, le camping et les plages! Lançai-je beaucoup trop heureuse d’entrer dans la bouche de métro qu’autre chose.

Il me posa une question impossible à répondre. Quelle saveur allait avoir ma crêpe. Non mais on ne peut pas répondre à ce genre de question, je ne sais pas quoi répondre à ce genre de questions. Il y a tellement de possibilité. Bon. Entre une crêpe salée ou sucrée, de loin, j’y allais avec le sucré. Je suis une vraie bestiole à sucre. Et je crois, qu’aujourd’hui, j’avais besoin de sucre, surtout avec la nuit plutôt courte que j’ai eu. Que nous avions eu. Plein de sucre!

Sans trop réfléchir… en fait, en réfléchissant à une réponse intelligente que je lui dis :

- Mmh… C’est difficile à dire. Il y a trop de choix, c’est ça le problème. Prendre une crêpe chocolat et banane, c’est comme un classique. Mais avec une TONNE de fruits et de sirop d’érable se serait absolument divin! Oooh! Et avec de la crème Chantilly! Ouais! Je pense que je vais y aller pour ça!

Il semblerait que que je veuille beaucoup de fruits. Des fraises, des framboises, des bleuets, des mûres, des bananes. Pleins de fruits. L’idée faisait pratiquement saliver Béa. Les fruits, c’est définitivement notre truc.

Par curiosité, je lui retournai la question alors que nous atteignions le quai de la station de métro.

- Et toi?

Dans quelques minutes, le métro allait faire son apparition. Ça me laissait du temps pour dire des bêtises. Mais des fois, sur le coup, je ne savais pas exactement quoi lui dire. Parce que j’avais envie de tout lui raconter en même temps. Lui dire les plus grandes bêtises en espérant le voir rire ou sourire. Je dois avouer que lorsque je voyais un Abi souriant ou qui rit, je dois admettre que ça fait ma journée.

Pour l’instant, j’ai déjà eu deux sourires, j’ai l’impression de voler sur un petit nuage.

Voilà, maintenant, je me sens bête. Je dis rien. Je n’ai rien à dire, comme si j’apprécie trop cette sortie, aussi simple soit-elle, le Chat s’est définitivement sauvé avec ma langue. C’est embarrassant, quand même, un peu. Je regardai les rails du métro, probablement beaucoup trop pensive, beaucoup trop dans ma bulle.

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le Mar 23 Oct - 21:46
Le jeune homme voit passer la dame abeille, dont le bourdonnement fait partie maintenant du quotidien de l’appartement et dont personne ne s’étonne plus, pas même Sisel ou le Chat. Si elle est dehors, c’est que Mélodie est fin prête, il pense savoir que sortir Béa est la dernière touche de la routine de la rousse. Elle aurait été youtubeuse, on aurait appelé ça une morning routine et ça aurait été probablement très drôle en dernière recommandation, après les astuces soin et maquillages ou comment assortir ses accessoires à sa tenue. L’arrivée de l’abeille intéressa beaucoup Ada, qui, toute contente, cavala derrière elle sans trop réfléchir, le museau en l’air, sans faire vraiment attention des possibles obstacles devant elle si bien que d’abord dedans, ce fut les pieds de tables et de chaises, ainsi que les recoins du buffet de l’entrée. Dehors, elle eut plus à éviter les poteaux, les jambes des gens et les poubelles. Mais on ne la referait. Ada était, après tout, la preuve qu’il n’était pas lui, Abishai, encore complètement adulte et qu’il restait un peu d’enfance quelque part en sursis, en lui.

Mélodie sort de la chambre, fièrement harnachée et Abishai penche la tête, un peu surpris, un peu contrariée. Dans un jeu, il lui pique son bonnet et va le poser un peu plus loin. Et ce n’est pas le temps qu’elle a mis qui l’embête plus que ça mais plus la tenue. D’habitude, il a l’habitude de se battre avec Sisel qui, comme tout enfant de cinq ans, bien que son corps en ait trente-sept ans de plus, n’aime pas mettre ses chaussures et trouve les manteaux plus handicapants dans ses mouvements qu’autre chose. Parce que, disons-le, le froid est un concept bien abstrait. Alors être confronté à la chose inverse.


« Tu sais, le début de l’été est certes frais mais je doute que tu ais besoin d’autant de choses. »


L’allée vers le métro se fait de manière plutôt silencieuse, Abishai s’attachant à finir sa cigarette. L’avantage d’être très grand, surtout par rapport à Mélodie, c’est que sa ligne de fumée ne vient importuner ni son nez, ni sa bouche. La nicotine qu’il inhale n’attaque donc que ses poumons à lui et ne vient donc travailler que son futur cancer et pas celui des autres. En attendant, elle joue son rôle, terminant d’apaiser le début de manque qui commençait à se créer au bout de ses doigts. La demoiselle râle sur le froid, Abi lâche un petit rire et tapote le haut de son crane avant d’écraser et de ramasser son mégot dans la boite dédiée à cet effet.


« Il parait que les températures vont remonter la semaine prochaine. Et puis, les mois d’avril et de mai frais présage en général un mois de juin très agréable et des mois de juillet-aout chaud. Par contre, je suis incapable de te dire si ça tient de la prédiction de grand-mère ou de réalité statistique, faudrait que je demande au doctorant qui s’occupe de ça, chez moi. »


Il regarde le ciel avant de s’engouffrer dans la bouche de métro, le proposant sa main valide pour l’aider à descendre.

« Et puis, je te rappelle qu’avec mon épaule et ton attelle, nos vacances d’été vont être un peu compromise et conditionnée à ça. Je crois que la Bétadine et le soleil, ce n’est pas conseillé. Après, on peut réfléchir à des séjours plus studieux et remettre le camping à l’année prochaine et la baignade à la piscine chauffée au mois de décembre. »

Il l’écoute choisir son parfum de crêpe, un vrai bec sucré. Il garde un œil sur Ada qui penche la tête pour voir le métro arriver. Il ne lui répond pas de suite, préfère rappeler la louve d’un sifflement avant d’entrer dans la rame, détaillant le trajet pour sa mémoire comme pour elle.

« On est à Bay station, on s’arrête à Runnymede Station, on en a pour onze station si je ne me trompe pas. »


Il prend place dans un carré, se plaçant du côté couloir en lui proposant son épaule pour se reposer un peu, peu importe que cela soit la bonne ou pas.

« Je pense que je prendrais deux crêpes pour un repas complet, une sucrée, une salée. La salée, … du classique, genre lard, pomme de terre et fromage. La sucrée avec des bleuets et d’autres fruits des bois. Et une bière pour faire passer tout ça. Juste pour se caler l’estomac, traverser le parc, rejoindre le front de mer et le tramway … Et sentir la mer. Faire des plans sur la comète, réfléchir à nos petites vacances à Québec … Tenter de m’apprendre trois mots de française histoire que je ne me retrouve pas complétement la bouche en cœur devant tes parents… Je suis sûr que c’est comme le polonais, le français. Ça a l’air compliqué, seulement ça l’est pas tant.»

Si tu savais, Shai.

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le Sam 27 Oct - 4:19
Une faible protestation. C’est tout ce que j’avais dit contre le bonnet. Il n’y avait pas grand-chose à dire. Je sais bien que je ne gagnerais pas ce combat-là. Pas grave. Ce n’était pas SI pire dehors. J’avais vraiment juste hâte que le temps chaud se pointe le bout du nez. Généralement, c’est rendu à mon anniversaire que je me plais bien à rester durant de longues heures à l’extérieure. En compagnie de Béa qui fait la folle parce que les fleurs ont enfin éclos et que le temps est merveilleux. Il fallait encore attendre, quelques semaines, à un certain moment que j’aurais mon bras opérationnel, rendu à ce moment-là, nous pourrions faire les folles Béa et moi. Probablement qu’Ada serait enthousiaste de se joindre à nous.

Et alors que je plains, le voilà qu’il se moque de moi. Je suis presque certaine qu’il se moque de moi. Non pas le fait qu’il s’est mis à rigoler.

Non mais sérieusement, il y a vraiment un doctorant qui fait des statistiques sur ce genre de choses!? Je jugeais un moment Abishai, me demandant s’il était vraiment sérieux ou non. J’avais les sourcils froncés, le fixant, un peu trop intensément.

- Ne me dis pas qu’il y a vraiment quelqu’un qui fait des statistiques sur ce genre de chose? Dis-je lentement, réfléchissant en même à ce que je lui disais.

C’était une presque question. Elle ne commençait pas « pourquoi » ou « est-ce que », le genre de choses que je demande aux élèves lorsqu’ils viennent au musée et qu’ils veulent poser des questions. Parce que si on ne leur dit pas ce genre de choses, ils passent leur temps à dire des tonnes de commentaires sur tout et n’importe quoi qui rejoint plus ou moins mes propos. Il y en a toujours, peu importe la classe. Non, je ne suis pas autoritaire, c’est que j’ai malheureusement un horaire chargé par moment… Et sinon, ce serait beaucoup trop interminable, bien que j’adore les enfants.

Je n’arrivais pas à le savoir. Ça m’embête. Non mais, à quel point c’est quelque chose d’utile ça? Au lieu de faire des statistiques sur la météo, pourquoi ne pas tout simplement devenir météorologue? Les gens qui étudient les mathématiques sont vraiment étranges lorsqu’ils le veulent.

J’étais déçue que nous puissions pas faire de camping. Je demanderais à Ludo dans ce cas s’il veut bien y aller avec moi. Bah quoi? Ludo pourra m’aider avec la tente et tout ça, ce n’était pas bien sorcier. Et puis nous avions quand même l’habitude d’en faire. Nous en faisons chaque été depuis quelques années déjà. Je pense qu’il pouvait le voir sur mon visage que j’étais quand même triste. Je suis certaine que le soleil ne nous empêcherait pas de sortir et de nous amuser. La plage, c’était une sortie obligée de l’été. Au moins une fois. Plusieurs fois, c’est encore mieux, mais je peux me contenter d’une seule fois. Et puis, les piscines… Ce n’est tellement pas la même chose! Sentir le chlore c’est moins agréable que sentir l’eau de la mer ou d’un lac.

Et je ne voulais pas attendre le mois de décembre pour qu’il voit mes jolis maillots de bain.

Enfin, peu importe. Dans le métro, Béatrice vint se poser sur la tête d’Ada. Il semblait que ma petite abeille avait besoin de repos. Elles sont plutôt mignonnes ces deux-là, ensemble comme ça. Ça donne envie de prendre des photos. Je sentais que Béatrice le voulait bien, mais je crois que cela pourrait être quand même un peu étrange. Je préférais garder ça pour moi, une autre fois.

Installés confortablement dans le métro je regardai la carte. Onze stations avait-il dit. On avait quelques minutes alors à faire dans ce transport. J’étais entre Abi et la fenêtre, je posai doucement ma tête contre son épaule, ne sachant plus trop si c’était la bonne ou non. J’espérais seulement ne pas lui faire mal. Je l’écoutai sagement, fermant doucement les yeux afin de me concentrer sur le son de sa voix… Mais aussi du bruit que faisait le métro. Il me donnait vraiment faim à parler autant de crêpes. Quelle idée aussi de lui demander ce qu’il voulait comme saveur. Maintenant, mon ventre criait famine, il faisait presque plus de bruit que le métro en soit. J’espérais que mon amoureux ne l’ait pas remarqué. Sinon ce serait quelque peu gênant. J’aurais du me prendre un fruit pour ne pas mourir intérieurement en attendant. Je dois être sage.

Les idées qu’il avait me plaisaient bien. J’avais l’impression avec tout cela que nous avions un moment que pour nous deux, un monde remplie de fantaisie et de rêve. Et déjà, j’arrivais à imaginer la mer et nous à faire les enfants devant cet étendu d’eau. Ça me rappelait une chanson québécoise d’ailleurs…

Je rigolai doucement lorsqu’il parlait de mes parents. Je levai les yeux vers lui en lançant :

- Je ne sais pas si je te l’ai déjà dit, mais mes parents sont bilingues. Je sais que ma maman préfère parler anglais alors que mon papa c’est l’inverse. Du coup, tu n’es pas forcé d’apprendre le français pour les impressionner. Je suis certaine qu’ils vont t’apprécier et même si tu parlerais chinois, ça ne changerait rien.

Parce qu’ils n’avaient rien dit lorsque j’avais sorti avec l’autre qui me sert aujourd’hui d’ex en carton. Ils avaient seulement vu que j’étais heureuse et ça, c’était le plus important, enfin, surtout pour mon père. Ma mère, j’avais bien sentie qu’elle l’aimait moins. Elle l’avait souvent critiqué pour des choses qu’il avait fait, ou enfin, plutôt les choses qu’il ne faisait pas et que je faisais à sa place. Beaucoup de choses. Même Ludo l’avait remarqué. Ludo ne l’avait pas aimé, ça je le savais. Et vu que Ludo est pour moi comme un frère son opinion compte autant que celui de mes parents.

J’espère que Ludo apprécierait Abi. Sinon je serais tellement triste.

Ce n’était pas le moment de s’inquiéter. Non! Pas du tout. Je tenais quand même à dire ce que cela n'était pas nécessaire qu’il apprenne le français. Je pouvais quand même le faire, ça me dérangerait pas du tout. Je ne sais pas si je pourrais être une bonne professeure par contre. Je suis une bonne animatrice, une bonne médiatrice. Mais être professeur ce n’est pas du tout la même chose.

Mais Abi semble être un bon élève...

- Mais si tu y tiens vraiment, je peux t’apprendre quelques mots. Ça pourrait être amusant et tu pourrais m’apprendre des mots de polonais ou… n’importe quoi que tu voudrais bien m’apprendre.

Je lui souriais, doucement, amusée, un peu gênée. Trop d’émotions en même temps, comme toujours. Je lui souriais même d’avantage avant de lui demander, quelque peu naïvement :

- Si tu pouvais aller n’importe où pour les vacances, tu irais où?

Question simple, question bête, elle était venue comme ça, spontanément. Tout ce qu’il avait dit, non pas concernant ses crêpes, mais le reste, m’avait fait penser à ça. J’étais curieuse. Il fallait que je pose des questions comme cela. Et peut-être qu’avec un peu de chance, ce pourrait être un truc super réalisable et ça pourrait être un moment que nous pourrions peut-être partager tous les deux.

S’il le veut bien, après tout je ne veux pas le forcer! Aaaaah! Juste penser à des choses comme ça, ça me gêne tellement! Idiote, pourquoi j’ai posé une question comme cela!? Je ne suis plus du tout certaine que je veux savoir la réponse.

Je vais trop rapidement probablement. Il va probablement me trouver super étrange. Je dois être une extraterrestre, c’est pour ça que je pose toujours des questions aux moments inopportuns.

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le Sam 17 Nov - 12:24
C’est au tour d’Abishai d’écarquiller les yeux avec étonnement, avec sa moue si énervante de « Bah oui, c’est évident ». Et là, ça lui semblait vraiment évident, clair comme de l’eau de roche. La météorologie, ce n’est pas seulement observer des nuages sur des images satellites. Quand on l’allie à la climatologie, c’est simple, on a un saupoudrage de statistique qui se ballade. Et puis la pluviométrie, ça se calcule comment si ce n’est en faisant des moyennes ? Et puis y’a un truc qui s’appelle la spécialisation qui fait que les chercheurs en sciences, qu’elles soient dures ou humaines, ont toujours besoin d’un statisticien dans le creux de leur poche pour les démarches qui dépasse complétement leur champs de compétence et le peu de cours qu’ils ont pu avoir sur le sujet à la faculté. Cependant, une petite voix lui fait savoir gentiment au creux de son esprit que s’il exprime tout cela à voix haute, il va la faire bouder ou pire. Donc il ne dit rien. Déjà qu’elle lui fait une tête de chaton mouillé, presque la même que Sisel lorsque Maciej ose lui refuser quelque chose, quand il lui dit qu’il va falloir attendre pour mettre les maillots. De toute façon, lui, avec la Bétadine quotidienne sur son omoplate, il a bien compris qu’il devait faire une croix totale sur le soleil et si possible aussi l’eau salée.  Mais visiblement, ce n’est pas une excuse pour la jeune fille. Abishai lui dirait bien qu’on ne mets pas la tentation à deux mètres de soi quand on ne veut pas y céder. Et la tentation, ici, c’est valable pour un plan d’eau alors qu’il fait 35 degrés de température ressentie dehors. C’est tout aussi valable avec une Mélodie en bikini, pour d’autres raisons bien moins avouable.

Le métro démarre en grand bruit, cahin-caha, après avoir refermé ses portes, pour les mener jusqu’à leur destination. Ada vient poser sa truffe sur la cuisse de Mélodie, après tout, elle, elle a le droit, pour lui faire ses grands yeux des louveteaux tout choupi mignon, dans l’idée de glaner une caresse, Béa toujours sur le haut de son crâne. Doucement, Abi vient poser sa tête sur l’épaule valide de la jeune fille pour se reposer encore un peu, se laisser bercer par l’ambiance, refaire autour de lui une espèce de cocon protecteur. Sa grande main se pose sur la sienne, il la caresse tendrement en l’écoutant. Donc ses parents sont parfaitement bilingues. Bien.

« Non, tu ne me l’avais pas dit. »


Après, il est vrai que les parents n’avaient pas été un sujet de conversation particulièrement prolifique entre eux deux. Abishai n’avait jamais parlé des siens, si bien que la jeune fille n’avait fait le lien entre la fibre polonaise de son compagnon et l’homme boiteux si célèbre et riche avec sa femme un peu folle qu’elle avait rencontré lors d’une visite particulière au musée que très tardivement. Et tardivement, c’est un euphémisme, elle l’avait découvert en attendant de ses nouvelles à l’hôpital. Il y avait fort à parier que sans cet événement, jamais elle n’aurais su pour Monsieur Lys et Sisel. Sûrement, la seule famille qu’elle aurait connue de lui aurait été Anshel et sa librairie. Et en miroir, il n’avait jamais été questions de ses parents à elle dans leur conversation, par pur égoïsme pense alors Abishai. Il avait trop peur qu’elle lui renvoie la question, que ce « et toi » le force à devenir évasif. Ses parents avaient toujours été un sujet compliqué, avec tout le monde, et même avec deux grammes d’alcools dans le sang.  Elle parle d’apprendre quelques mots quand même, il acquiesce doucement.


« Les formules de politesse par exemple. Ça fait toujours plaisir de les entendre dans sa langue maternelle, je crois. Par exemple, si tu salues Maciej la prochaine fois et que tu lui dis « Cześć, jak się masz ?» Je crois que ça lui fera plaisir un peu . Même si je crois que le fait de pratiquer un peu son français avec quelqu’un et s’apercevoir qu’il n’est pas si rouillé que ça lui fait grandement plaisir déjà. C’est bon pour l’ego. »


Une pause, pour laisser s’installer le silence puis .

«Pour grand père, ce sera plus «Ahoj, jak se máš ? » Quand je te disais que les deux langues étaient plutôt proches, je ne te mentais pas. »


Aller n’importe où en vacances. Abishai réfléchit longuement comme si sa réponse donnerait lieu à un engagement pour un futur voyage dont on ne pourrait pas changer la destination choisie à ce moment-là. Il n’a jamais vraiment voyagé en dehors de l’Amérique du Nord. Et encore, il s’est surtout déplacé pour des conférences, pour assister son directeur de thèse ou chercher des financements, jamais pour son plaisir personnel. Alors où ?

« J’aimerais bien aller voir Horovice. En vrai, j’entends. Je ne sais absolument pas où ça se trouve en République Tchèque, ni si c’est touristique et sympathique, mais j’aimerais bien juste. Dans le même genre, je visiterais bien la région des Grands Lacs, au Canada, plutôt le Nord là-haut, le Sud, je connais, on y est. Mais Grand-mère était originaire du Nord, à côté de Moosonee, je crois. Enfin, je crois que si je vais là-bas, Grand Père se planque dans les valises si on ne  lui propose pas »


Nouvelle pause, il surveille le nom de la station où le métro fait un arrêt. Encore trois stations.


« Et toi, tu voudrais aller où ? Paris ? Ils ont un pendule de Foucault à Paris. Et des bidules d’Arts Modernes comme tu aimes. Je crois que la fille qui fait des points partout a fait une expo. Et puis, ça cause français à Paris. Il parait qu’ils sont nuls en anglais. Et pleins de préjugés. Maman disait qu’ils étaient presque tous nuls en mathématiques aussi. Y’en avait deux trois pour sauver l’honneur mais sans plus. »



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le Dim 18 Nov - 3:54
Bon, je ne lui avais pas dit. Possible. Je dis tellement de choses qu’à un certain moment, je radote ou j’oublie de dire certaines choses à certaine personne. Pas très grave, peut-être que ce serait un certain soulagement. Je ne sais même pas si je lui ai déjà parlé de Louis, mon frère cadet. En fait, je ne suis pas certaine qu’il veuille en entendre parler. Je ne voudrais pas trop dire de méchancetés à son sujet. Je ne suis jamais très tendre lorsque je parle de lui. Du coup, moins que j’en parle, mieux que je me porte.  Bref. En fait, on parlait peu de nos familles. Je les côtoie assez souvent, surtout depuis que j’ai emprunté la chambre d’ami, mais… Enfin. Ce n’est pas grave. C’est mieux comme ça, je découvre ses parents à ma façon. J’espère qu’il pourra découvrir ma famille un peu de la même façon.

Mais il ne squattera pas la chambre d’amis par contre.  C’est certain.

On avait dévié sur l’idée d’apprendre des langues. Apprendre des formules de politesse. Mmh. J’imagine qu’on dirait, bonjour comment ça va? C’est la base de la base lorsqu’on apprend une langue. Il me dit comment bien saluer Monsieur Lis dans sa langue maternelle. Ça semblait quand même difficile. C,est sur que la journée que je voudrais le dire à Monsieur Lis, je vais vouloir le faire parfaitement. Parce que je ne veux pas me couvrir de honte, ou encore dire quelque chose qui ne fait aucun sens par erreur, ou même quelque chose de méchant! On ne sait jamais. Du coup, je ne souhaitais pas m’aventurer trop, trop dans cette langue une peu trop inconnue pour moi. Même si j’aimerais bien. J’aimerais bien pouvoir dire que je connais quelques mots d’une autre langues, une langue qui n’est pas connue de tous.

Si Abi trouvait que c’était bon pour son égo, je trouvais que c’était un bon exercice pour son papa. Bien souvent, on s’échangeait en français, ça lui permettait de pratiquer, de devenir meilleur. Parce qu’il n’a pas d’âge pour pratiquer! Et en plus, ça me faisait plaisir de parler dans ma langue natale, enfin, j’ai grandi avec le français et l’anglais à la maison, mais j’ai fait ma scolarité en français tout de même. Et indirectement, ça m’amenait un peu de chez moi dans ce coin-ci, même si je pouvais très bien parler avec Ludo et ça faisait la même chose.

- Ton papa parle très bien français. C’est vraiment plaisant de pouvoir échanger avec lui. C’est sur qu’il fait quelques erreurs, mais je trouve ça vraiment adorable.

Parce que oui, c’est quand même adorable. J’aimais bien son accent, c’est pour cela que je n’avais pas pu résister à l’envie de dire qu’il était adorable. Après un petit moment, le temps d’essayer déjà de me souvenir ce que je devais dire à Monsieur Lis, Abi reprit en me disant ce que je devrais dire à son grand-père. J’avoue que c’était plutôt proche, mais ça restait tout de même difficile pour mon cerveau d’essayer de bien comprendre à bien le dire.

- Comme ça?

Je fis vraiment de mon mieux pour bien dire la phrase, mais je suis certaine que j’écorcherai la prononciation, ou peut-être même que je réussirais à la massacrer totalement. C’est certain qu’Abishai allait se moquer de moi, j’en étais même certaine, je prononçai la phrase plusieurs fois, en essayant de me rapprocher le plus possible de la phrase initiale prononcée par Abi. Mais je suis certaine que plus je répétais, plus c’était horrible. Je ne dois pas être douée.

Après quelques tentatives, je finis par vouloir le faire souffrir à son tour et lui donner la formulation de base en français. Question que je ris un peu moi aussi.

- Sinon, toi, si tu veux faire plaisir à mon papa, tu peux toujours lui dire « bonjour, comment allez-vous? » Ça doit être à peu près ça que tu essaies de me faire dire.

Je pense que mon père apprécierait, il aimerait cette petite attention. Une petite pensée pour lui en somme. Ma mère, elle, ça lui importerait peu. Elle allait probablement trouver l’accent mignon – et moi dont –, mais sans plus. Probablement qu’elle se dirait que c’est uniquement pour faire impression aussi. Ma mère est une peu particulière par moment. Enfin.

J’étais contente qu’il me parle des endroits qu’il aimerait bien visiter. J’adorais l’entendre parler de toutes ces places. Tant de places, tant de possibilités. L’entendre parler ainsi, me faisait rêver, m’imaginant des endroits que je n’avais pas vu, des endroits qui devaient être magiques ou peut-être pas, on ne sait pas. Il me parla également de Paris. Je lui jetai un coup d’oeil, le regard pétillant. Oui! Paris! Je voudrais bien voir cette ville! C’est quand même un passage important pour les Musées!

Mais la première chose que je fis par sortir, quelque peu soucieuse c’est cela :

- J’espère que je ne fais pas trop honte à ta maman, parce que je suis vraiment nulle en mathématique, dis-je en finissant par pouffer.

En fait, j’étais encore plus nulle que nulle. Plutôt archi-nulle. Tellement nulle. Il y a des choses que je peux parler. Comme l’histoire de l’art, pour moi c’est facile. Mais pour les mathématiques. Très peu pour moi. Au moins, si je suis mal prise, je peux toujours demander au doctorant qui est à mes côtés. Mais au moins, je sais quand même faire des calculs de bases. Mais du moment que ça devient trop complexe, je m’y perds.

Je revenais vers sa question. À quelle endroit voudrais-je aller également? Partout. C’était ce que je mourrais envie de lui répondre. Mais je devais faire des choix. Même si c’était déchirant, même si j’aimerais fouler la terre de nombreux pays. Je veux tout voir, je veux voir tellement de cultures différentes, mais disons que, pour le moment, je rêvais d’aller voir l’Europe.

Ça ou l’Ouest canadien, comme aller à Banff et Jasper.

- En vrai, si je pouvais aller pratiquement partout en Europe, je le ferais. J’aimerais bien, en effet, visiter Paris. Je rêve d’y voir l’art moderne, l’art ancien également. Voir le radeau de la Méduse de Géricault par exemple. Mais j’aimerais bien visiter Berlin et Vienne, ils semblent qu’ils ont également de jolis musées d’art. Et l’Italie est quelque peu un incontournable également. Arrrg! Ça me donne envie de me perdre dans les grandes villes d’Europe tout ça! Dis-je, rêveuse.

Je ne lui laissai pas le temps d’ajouter quelque chose, que je rajoutai :

- On ira partout! Enfin, pas tout de suite, mais un jour, on ira partout. Voyager, découvrir le monde ensemble! On pourrait mettre toutes les destinations dans un grand bol ou une boîte et la journée qu’on décide de partir, on pige au hasard! Ça serait vraiment drôle!

Comprenant rapidement que je m’emportais beaucoup trop, c’était probablement l’idée de voyager avec lui me plaisait autant, l’idée de vivre des choses uniques tous les deux qui m’enivraient de la sorte,  je me sentis d’un coup gênée. Peut-être qu’il ne voulait pas. Peut-être que ce n’était pas dans ses plans? Je ne lui avais pas demandé son avis après tout! Peut-être aussi qu’il voudrait voyager mais avec quelqu’un d’autre, peut-être qu’il a un ami avec qu’il pouvait vivre toutes ces expériences. Je ne sais pas. Je n’ai même pas pris la peine de lui demander.

Embarrassée, j’ajoutai rapidement :

- Enfin, si tu le veux bien aussi, si tu ne veux pas… Je ne te forcerais jamais.

Je pris une pause. Regardant nos deux mains s’amuser, s’effleurer du bout des doigts par moment. Le temps de cette pause fut courte puisque nous arrivions bientôt à notre destination. Alors que le métro ralentissait, je lançai un peu soudainement :

- Mais pour le moment, il faut que l’on débarque du métro, sinon on ne pourra pas manger!

Je me retournai légèrement vers lui afin de donner un rapide baiser sur la joue, je lui pris ensuite la main et tout doucement, je le tirai pour qu’il se lève. Il devait penser que je suis une gamine en ce moment. Je venais limite d’exploser mon nom de mots que j’employais par minute. J’avais des tonnes de choses à lui dire. J’avais un peu commencer, mais me retourner la question de savoir où j’aimerais aller, c’était assurer qu’il y aurait un flot de paroles.

Pour le moment, le métro s’arrêta en douceur, je jetai un coup d’oeil à Abi, Ada et Béa, qui était toujours sur la tête de sa chère amie et je sortis du transport. Regardant d’un côté, puis de l’autre la direction à prendre afin de sortir et de nous retrouver de nouveau à l’extérieur.

Une fois de plus, j’entendis mon ventre gargouiller. J’ai vraiment faim, j’aurais du prendre quelque chose avant de partir.

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le Mar 27 Nov - 0:29
Maciej parle très bien français. Ca, Abishai n’en doute pas vraiment, son père a quand même été élevé par une dame parlant français et Abi pense bien que son père a dû apprendre à mêler les deux langues, en tout cas, c’était probablement l’objectif de sa grand-mère en le collant dans les pattes de cette dame. Peut-être que ça fait chic de parler français. Plutôt que polonais ou tchèque qui ferait plus langue de péquenots de l’Europe de l’ouest. Paradoxale de penser ça pour une dame censée venir de là-bas. Cependant, cela n’effleure pas l’esprit de Mélodie, bien au contraire. Après tout, elle a grandi avec le français et l’anglais et ne semble n’avoir mis sur le piédestal aucune de ces deux langues. De même que lui, même si le polonais a été honni à un moment de sa vie, n’a jamais tenté de comparé le tchèque, l’anglais et cette langue. Mel, elle, trouve ça « adorable » que son père lui parle en français malgré ses difficultés. Abi a appris à ne pas être jaloux de ce mot que la québécoise semble mettre un peu à toutes les sauces et qui semble avoir pas mal de synonyme dans sa bouche. Parfois il signifie juste qu’il lui fait envie et cela se rapporte à une pâtisserie. Beau pour les yeux, bon pour l’estomac à vous en faire saliver. Parfois il veut dire que c’est mignon et que cela la fait craquer, comme quand elle du Chat, de Béa ou d’Ada, d’un totem, d’une peluche, d’un enfant ou d’une bestiole dans un documentaire animalier. Adorable sera un pis-aller de beau quand elle parle d’un objet ou d’un tableau. Et quand elle parle d’un adulte, cela veut souvent dire admirable ou remarquable. Son dictionnaire Mélodie-Anglais se construit petit à petit, il suffit qu'il prenne son temps.

On a ensuite une tentative de Mélodie en polonais qui le font sourire. Il l’aide à répéter correctement, sous le regard soit amusé soit inquisiteurs de leur voisin. Abishai décortique pour elle la prononciation polonaise puis tchèque à Mélodie pour que les ensembles ne deviennent que des syllabes à imiter. Ceci dit, il peut rire. Voilà qu’il faut maintenant qu’il s’attaque au français. Le « n » de Bonjour devient sonnant et chantant, prononcé comme si un « e » était venu s’immiscer entre lui et le j. La suite est plus maladroite mais ce sont des sons qui existent dans les langues qu’il a l’habitude de parler du coup, rien de de compliqué si ce n’est que, peut-être, les mots ne sont pas coupé aux bons endroits mais peu importe, après tout, ce n’est qu’une tentative mignonne et il aurait tout l’occasion de s’entrainer avant l’été. Même peut être de commencer à s’exercer avec ces fameuses applications de langues tant à la mode. Après tout, c’est bien l’occasion et le moment de les tester pour du vocabulaire de base, surtout avec un objectif au bout, ce serait terriblement motivant. Il n’y a pas qu’elle à qui cela ferait plaisir, peut-être qu'Anshel se plairait à entendre un peu de français sous son toit, langue dont il ne doit plus entendre parler depuis des années, Maciej faisant toujours attention de garder ses références et ses chansons de la langue de Molière loin du vieil homme , pour ne pas raviver des souvenirs et des rêves , des espérances qui le feraient s’effondre comme un château de cartes. Peut-être Sisel l’avait-elle mis en garde, quand elle avait son esprit.

La jeune fille aborde maintenant les mathématiques, le sourire d’Abishai s’élargit un peu plus, il se fait rassurant.

« Quand j’étais petit, Papa avait l’habitude de dire que les mathématiques étaient la langue de maman, son domaine particulier tandis que lui avait posé son pré carré sur la musique auquel maman ne comprenait pas grand-chose. Tout ça pour dire qu’elle ne t’en tiendra pas rigueur, au contraire. Enfin, je crois, je ne sais pas trop ce dont elle a conscience actuellement. Et puis, tu te mens, tu es bonne en mathématiques, tu n’en as juste pas conscience, Mel »

Ses lèvres effleurent sa joue pour la taquiner un peu. Elle parle de voyages avec plein de rêve et d’étoiles dans les yeux, cela la rend encore plus adorable … Tiens, voilà qu’il parle en Mélodie maintenant. Elle veut faire le tour de l’Europe, ça il en était un peu persuadé. Et lui, ça ne lui déplairait pas trop. Ça lui plairait même beaucoup. Et surtout l’idée du jeu qui se lie à ses théories mathématiques. Il aimerait bien calculer les probabilités qu’un lieu sorte, voir s’il en a plus que d’autres, créer un arbre de possibilité, des schémas, des idées. Là, c’est limite si l’optique de faire ce jeu l’excite plus. Mais avant de lui en faire part, il la suit hors du métro et remonte à la surface, happant une grande bouffée d’air frais. Il la guide, invitant une main à se caler contre son bras.

« Moi, je le ferais bien, ce jeu …. Mettons qu’on se réserve deux dates … Deux semaines… Une qu’on mettrait après le voyage chez tes parents et une autre avant Noël, ce serait mon cadeau justement. Cela ferait déjà deux lieux de la longue liste et dans le second cas, on pourrait même y faire nos cadeaux de Noël. Imagine que tu rapportes un cadeau à Ludovick tout droit de Paris, de Bruges, d’Amsterdam, de Copenhague ou de Berlin ? Ou de République Tchèque ou de Pologne. Avoue que ça ferait chic. »

Ada part en trottinant devant eux, la truffe au vent, pistant le restaurant à l’odeur, restaurant qu’ils ne tardent pas à trouver grâce à son odorat de fin limier. Y trouver une place est aisé, visiblement, ils arrivent après le coup de feu et les gens sont déjà reparti ou en train de terminer leur repas. On les installe dans un coin au calme et Ada se couche à leur pied sous la table, grognant de plaisir, à l’aise dans ce lieu aux si bonnes odeurs. Tandis qu’il défait son gilet et aide la jeune femme à se mettre à son aise avant de s’assoir, Abishai a un sourire qui ne semble pas se défaire de son visage. Cela lui rappelle leurs premiers rendez-vous, ils avaient aussi fini au restaurant. Son choix se porte vite sur une formule crêpe plat et crêpe dessert, accompagné de cidre et se terminant par un café, le tenancier est visiblement français pour avoir importé ce genre de coutume.

« Nous pourrions faire ça devant un thé en rentrant. Cela nous laisse l’après-midi pour réfléchir à notre liste de désirs vagabonds. »

On leur apporte des amuses gueules qu’Abishai laisse à Mélo qu’il sait affamée et des verres d’eaux pour patienter, tandis que l’on prend leur commande.

« Pour moi ce sera une crêpe bacon, fromage de chèvre et miel avec une crêpe poire melba au dessert et une bolée de cidre ? Et toi, Mel ? Qu’est-ce que tu prends ? »

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le Mar 27 Nov - 3:56
Il se moquait de moi. Mais au moins, c’était réciproque. Parler une autre langue, ça a toujours un petit quelque chose d’effrayant. Par contre, je ne devais pas m’en tirer trop mal. Il va de soit, que j’allais finir par oublier. Quand nous allions rentrer, j’allais être rouillée et je ne saurais plus comment le dire. Et puis, si jamais je le dis à Monsieur Lis, je et qu’il me répond dans cette langue, je fais quoi moi? Ça serait super embarrassant de ne pas comprendre ce qu’il allait me répondre. Enfin bref. Vaut mieux ne pas penser à tout cela pour le moment. C’était mieux de seulement se concentrer sur les bêtises qu’Abishai et moi nous disions. J’essayai de ne pas trop pouffer lorsqu’il fit sa tentative de français. Ça m’amusait. Et ça ne me dérangeait pas du tout de le lui faire remarquer.

Il me parlait de lui petit. Je n’ai pas pus m’empêcher de m’imaginer à quoi pouvait bien ressembler un mini-Abi. Ce devait être absolument trop mignon. J’étais assez d’accord avec ses propos. Chacun son domaine. C’est probablement mieux de ne pas les mélanger. Même si parfois, on parle le même langage, mais on finit par se perdre dans des notions complètement différentes.

Mais en même temps, je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas douée avec les mathématiques. Je le sais, je ne suis pas idiote quand même. Les chiffres sont seulement des notions beaucoup trop abstraites pour moi. Je ne suis pas certaine que cette phrase fasse beaucoup de sens, mais je m’en fichai. Quoi que oui, les mathématiques ce sont des choses aussi abstraite qu’un tableau de Piet Mondrian ou encore de Vassily Kandinsky et ses nombreuses compositions.

- Peut-être qu’il me faudrait juste un bon prof…

C’était une idée bête comme les autres. C’était certain que si Abi m’aidait un peu.. Je serait peut-être un peu plus attentive. Peut-être. Parce que ça se peut que ce ne soit pas le cas non plus. C’est si facile de rester accroché à ses jolis sourires lorsqu’il en faisait ou je pouvais me perdre dans ses jolis yeux bleus. Et la combinaison des deux est absolument fatale pour mon petit cœur.

Enfin. Ce… Je ne suis plus certaine que c’était une bonne idée au final. Une fois à l’extérieur, il me parla des voyages. J’étais quand même heureuse et surprise qu’il veuille bien voyager avec moi. Ça me surprenait quand même qu’il apprécie mon idée complètement débile, aux limites de l’impossible. Mais en même temps, ça fait super plaisir, qu’il veuille bien se lancer dans des délires de la sorte avec moi.

J’avais une nouvelle fois pris son bras afin de me laisser guider dans les rues de Toronto. Je l’écoutai, regardant autour de nous, essayant de reconnaître ce coin, moi et mon sens de l’orientation qui n’est pas des plus fameux. Peu importe. Il semblerait qu’Ada connaisse le chemin, alors que Béatrice s’était détachée de la louve afin de voler de ses propres ailes jusqu’au restaurant.

Je pense que ce qui me surprit le plus dans cette idée de voyage, c’est le fait qu’il pensait déjà à un cadeau de Noël! Partir en voyage comme cadeau… Ce… C’est beaucoup trop! Trop… Trop gentil! Trop… Adorable, trop mignon. Trop tout. Ça me gênait parce que cette idée, je la trouvais complètement folle, mais j’aimerais tellement qu’on puisse faire une telle chose! Je ne trouvais pas les mots. Je les cherchais. Chose rare chez moi. Mais il semblerait qu’Abi soit doué pour qu’il m’arrive de telles choses.

Mes joues sont en feu. Mon coeur s’affole. On est jeune, on peut bien faire ce genre de folie.
Mais. Mais.

Et rapporter un cadeau d’un autre pays à Ludo… Ce serait chouette. Probablement qu’il aimerait. Je pourrais peut-être lui rapporter une bouteille d’alcool de l’endroit. Je pourrais lui offrir un petit quelque chose de spécial qui ferait changement de mon célèbre pull de Noël. Habituellement, à chaque Noël, je faisais comme Molly Weasley. Au début, mes pull étaient super moches, mais avec le temps, j’avais réussi à en faire de plutôt jolis et j’étais de plus en plus fière de mes cadeaux. Probablement que nous voyagions, j’allais lui trouver quelque chose et le lui offrir avec le pull.

Et je ferais également un pull à Abi.
Mais ça, c’est un secret pour le moment.

- Ton… Ton cadeau!? Mais on n’est même pas proche de Noël! Tu.. Tu as le temps de changer d’idée des millions de fois avant de te dire : ah tiens, un voyage en cadeau, ce ne serait pas mal. Et… Et c’est beaucoup trop gros comme cadeau… Et…

Et… Et… Beaucoup de choses! Tant de questions. Tant de choix, tant de possibilité et tant de choses qui peuvent changer d’ici là. Être pessimiste ce n’est pas mon genre, mais peut-être que pour une raison ou une autre… Si on n’est plus ensemble à Noël!? Et les voyages, on ne dit pas que ce sont durant ces moments que l’on sait si on est fait pour rester avec la personne ou non? Genre que des fois, à cause d’un voyage les gens ne sont plus amis ou des trucs comme cela? Ça fait un peu flipper. Je n’ai jamais fait de grand voyage avec Ludo, du camping ça a toujours été suffisant pour nous deux. Mais… SI je partais en voyage avec Ludo et qu’ensuite nous ne serions plus amis?  Et s’il m’arrivait la même chose avec Abi?

Il vaut mieux ne pas trop y penser pour le moment. Après tout. Ça ne fait même pas une journée complète qu’il était mon amoureux. Je suis certaine que nous allions rester longtemps ensemble. J’aimerais bien être visionnaire, voir dans l’avenir. Les avenirs possibles afin de savoir comment notre histoire pourrait bien évoluer. Mais malheureusement, je n’ai pas ce don. Je le laisserais ça aux histoires imaginaires et aux mondes merveilleux.

Pour l’instant nous étions dans le restaurant et mon ventre me rappelait qu’il y avait une odeur. Et comme on dit. Bonne odeur, bonne bouffe. Je le remerciai d’un rapide bisou sur la joue alors qu’il m’aidait avec mes vêtements qui commençaient à être quelque superflu. Le manteau principalement. Ça m’aidait beaucoup qu’il fasse une telle chose. Je lui en étais reconnaissante. J’en ai déjà marre de mon plâtre.

Mon ventre était beaucoup trop heureux de voir quelques amuses gueules. Je remerciai le serveur qui venait de poser cela sur la table avec un chaleureux sourire. J’en pris un pour commencer, question de rester sage. Parce que si j’étais seule avec Béa, probablement que j’aurais dévoré le contenu de l’assiette. Mais je ne suis pas seule.

Et bon, disons-le, j’étais quand même distraite par le joli sourire qu’il me faisait. Un magnifique sourire. Mon coeur s’emballait à le voir comme ça. C’était contagieux en plus de ça. Je devais sourire comme une idiote moi aussi. Enfin, je ne veux pas dire qu’il sourit comme un idiot, loin de là, c’est moi qui sourit comme une idiote parce que mon… mon nouvel amoureux était absolument trop adorable. Mignon. Et tous les autres qualificatifs que pouvaient aller dans le même sens.

Ça y est. Je me gêne.

Il faut que je me calme. Vraiment. Je n’ai pas le choix, sinon je vais décéder. Et je crois que les gens que j’aime n’apprécieraient pas.

D’ailleurs, Béatrice se posa sur la tête d’Abi. Comme ça. Sans aucune raison. Peut-être pour m’embêter. Je ne crois pas que ça le dérange, lui. J’essayai de garder mon sérieux, après tout, peut-être n’avait-il pas remarqué.

Je me cachai quelque peu en prenant le menu. Celui-ci allait peut-être camoufler mon air un peu rieur, mais très heureux de passer un moment aussi agréable en sa compagnie.

Il était vraiment très, très heureux de vouloir faire ce jeu, ça me donnait envie de danser et de chanter. Mais peut-être pas dans un restaurant. Peut-être une fois de retour chez lui. Qui sait. Je ne sais pas si je chante bien. Je ne suis pas certaine que je veuille le savoir, ou qu’il me donne son avis.

- Oui, faisons cela en rentrant! Je suis certaine que notre liste va être interminable, ajoutai-je avec un regard rieur que je lui jetai par-dessus  le menu.

Je me concentrais un moment. Je ne savais pas du tout ce que je voulais. Bien sûr, je voulais une crêpe dessert, mais savoir laquelle, ça c’était vraiment difficile à savoir. Ça me prit un certain moment avant de choisir, mais finalement, j’arrivai à un choix, d’autant plus que le serveur attendait après moi. Il devait avoir autre chose à faire. Du coup, je dis rapidement :

- Moi, je vais prendre la crêpe avec des bananes, fraises, bleuets. En plus dessus il y a de la crème fouettée! Et avec ça je vais prendre un milkshake à la vanille! Ça fait tellement longtemps que je n’en ai pas pris un.

Satisfait des réponses, le monsieur quitta nous laissant seuls. Je n’avais plus rien pour me cacher, avec Béatrice qui s’amusait beaucoup trop à virevolter dans les cheveux d’Abi. Je détournai le regard afin de ne pas trop en rire.

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Merci Vilmos hihi
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Totem de compagnie
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Totem de compagnie
le Dim 2 Déc - 16:18
Peut-être qu’elle n’a pas eu un bon prof. Abishai ne dit rien. Il a toujours pensé que les mathématiques étaient une matière particulièrement compliquée à vulgariser et donc à enseigner. Si en effet, la plupart des mathématiciens étaient comme sa mère, à ne pas comprendre que les gens ne comprennent pas du premier coup et que cela n’est pas forcément du à leurs capacités intellectuelles mais plus à la non capacité de leur interlocuteur ou de leur interlocutrice à expliquer, la survie des mathématiques dans le cœur du grand public aurait à craindre pour sa survie. Surtout, ce qu’il a voulu dire à Mel, c’est qu’elle fait plus de mathématique qu’elle ne le croit et même inconsciemment. Que ce soit dans sa vie de tous les jours ou dans son travail. Etre mauvaise, vraiment mauvais signifierai qu’elle n’est pas capable de faire ses comptes ou de rendre la monnaie, qu’elle n’est non plus en mesure  de monter un meuble en kit simple. Et puis la connaissant, Abishai est persuadé qu’elle se mésestime. Il parait que c’est sociologiquement prouvé, les femmes ont tendance à minorer leurs compétences en mathématique et en science. Heureusement pour leur étude, il n’avait pas de « Sisel » dans leur étude pour s’insurger et remotiver les troupes de sa gente. Ce sont probablement les nombres qui font que Sisel n’a jamais sombré complétement. Des nombres et des principes mathématiques, il y en a partout autour de nous et sans le vouloir, son cerveau endormi a dû les appliquer de manière automatique dès lors qu’elle se trouvait face à eux.

Une fois dehors, Abishai l’observe ne lâchant pas vraiment son contact, souriant aux réactions qui arrivent, graduée, à chaque annonce. Il est si facile de lire en Mélodie, elle est transparente et c’est même agréable. Elle parle de changer d’avis de cadeau, lui esquisse un petit rire. Dans son for intérieur, il sait qu’elle a trop, beaucoup trop envie de voyager pour changer d’avis. Non, ce qui risque de changer, c’est son envie vis-à-vis de la destination. D’où l’idée du tirage au sort. Si c’est le sort qui décide et qu’on s’y fit alors il n’est plus possible de le contredire. Cela ressemble à un jeu, avec ses règles inhérentes pour son bon fonctionnement. Bon après, il faut peut-être pousser un peu le sort et prier pour que la destination de Noël tombe plutôt dans l’Europe du Nord ou en Europe Centrale. Il parfait qu’il y fait froid mais que les animations et les décorations de Noël sont une chose à voir. Et c’est aussi un cadeau qu’il s’offre vu qu’il vient et qu’il y a ses destinations dans le pot à pioche. Tiens d’ailleurs, où est ce qu’il irait bien, à part la République Tchèque… Il irait bien aussi dans d’autre ville européenne … Londres … Paris … Copenhague … Cracovie. Puis vers l’Est aussi. Des villes japonaises et coréennes, dans l’Asie du Sud Est et en Australie … La nouvelle Zélande aussi peut être … Quelques villes aux Etats Unis. Pleins de destinations, pleins de possibilité. Et puis c’est un peu une habitude chez un couple nouvellement formé de faire des plans sur la comète. Même si pour eux, c’est un particulier, ils ont été probablement les derniers au courant du fait qu’ils étaient en couple. Même ses parents à lui ont dû comprendre avant lui ce qui se passait. En même temps avec leur passif, ils sont peut-être plus experts qu’ils en ont l’air.

Abishai se penche lorsque Mélodie l’embrasse sur la joue pour qu’elle n’ait pas trop à se tortiller sur la pointe des pieds. Il apprécie le petit moment d’intimité avant d’entrer dans le restaurant. La commande est vite prise, Abi ne s’aperçoit pas de la présence de Béa sur le haut de son crâne et ne comprend pas les grands yeux désespérés d’Ada qui se redresse et s’assoit à côté de lui avec son regard de chien battu. Elle se demande bien pourquoi l’abeille se pose plutôt sur son humain que sur elle, en quoi sa tête est mieux que la sienne, d’abord, elle a deux oreilles derrière lesquels se cacher tout en restant en hauteur, elle. Alors Abi oublie, se concentre plus sur la quantité d’ingrédient que Mel compte ajouter à sa crêpe, imagine le résultat en petit château de fruits avec des fondations en crêpes et des consolidations en crème chantilly là où sa crêpe à lui risque d’être un peu plate . Le serveur demande s’il apporte  tout en même, Abishai répond oui et demande aussi à ce qu’il apporte une assiette pour que Mel puisse piquer dans sa crêpe salée au besoin ainsi qu’une bouteille d’eau au cas où.

Et après … Après, ils iront jusqu’au front de mer ou de lac … Ils finissent toujours à un moment ou à un autre par se retrouver là-bas au grès de leur pas. Puis, rentrer se mettre au chaud, observer Sisel faire ses grues avec beaucoup d’ardeur devant une tasse de thé, entendre son père émerger musicalement parlant et sentir Nadia s’affairer. Il faudrait aussi trouver une jolie boite ou une jolie jarre pour mettre les papillons de papier correspondant à la destination dans leurs pérégrinations. Une journée au calme, juste une journée au calme pour papillonner et s’étreindre avant que leurs corps ne leur rappellent leurs incapacités et que la réalité ne les rattrape douloureusement. Avant que le travail et les absences, que la vie quotidienne ne revienne faire son lit dans leur vie. Et puis, il sera toujours temps d’imaginer le futur, agréable, de prévoir d'autres journées comme celle-ci, surtout avec le printemps qui s’installe et l’été qui ne tardera probablement pas. Pleins de possibilités, beaucoup, peut-être trop  mais peu importe.
Ils ont bien le droit, non ?

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