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le Mar 21 Nov - 19:02
La belle & la bête

Feat. Rebecca





"C'est pas que je pense que le bonheur vaille grand chose. Mais j'y crois quand même."


Les semaines s'enchaînaient étrangement vite, ne lui laissant guère le temps de souffler.
Lizaveta se sentait étrangement oppressée ce jour-là. Le besoin d'air avait même eu raison d'une recluse dans son genre et entendre Dvorian faire les cent pas dans le salon ne l'aidait guère. Le lendemain... C'était le lendemain que Morgan venait chez elle. Elle avait beau tenter de faire celle qui n'était pas du tout nerveuse, c'était un total échec. Dvorian avait beau essayer de la persuader que tout se passerait à merveille, la jeune femme n'en était que plus angoissée. Morgan avait mis "bisou" à la fin de son dernier SMS. En plus elle avait été maladroite sur le sujet de l'alcool, sans doutes devait-il lui en vouloir...

Les semaines à l'hôpital et le stress de se retrouver de nouveau seule à seule avec cet ami qu'elle appréciait un peu trop la conduisirent à rechercher une échappatoire. Il y avait bien une chose d'extérieur que Liza aimait faire.

Emmitouflée dans son grand manteau noir bordé de fausse fourrure blanche, une grosse écharpe la protégeant de la froidure de ce mois de novembre, elle évoluait à pas prudents entre les troncs d'arbre, la main sur l'encolure de son totem. L'étalon gris reniflait l'air, les oreilles dansant alors qu'il les tournait pour capter l'envol lourd d'un faisan dans les taillis. Prudent, il prenait garde où sa moitié posait les pieds, jusqu'à parvenir à un petit coin qu'ils connaissaient depuis des années maintenant. L'endroit paisible aux senteur d'humus et de mousse fournissait une délicate enclave entre les arbres et un vieux pin abattu protégeait un renfoncement pierreux. Liza s'y assit prudemment, appuyant ses cheveux blancs contre la mousse humide, appréciant de sentir la caresse d'un timide soleil de cette fin d'automne dorée. Son corps se détendit peu à peu alors qu'elle se glissait jusque dans le corps de Dvorian, ouvrant des yeux équins sur un monde ayant retrouvé ses couleurs et ses reliefs.
De joie, Liza et son totem ruèrent de plaisir avec un hennissement sonore qui fit s'envoler les oiseaux proches.

La joie simple de sentir la forêt trembler au rythme de son galop fit de nouveau hennir Lizaveta, abandonnant derrière elle cette dépouille aveugle et limitée pour jouir de cette liberté totale qui s'offrait à elle.
Elle fonçait au travers des sous-bois, sautant quelques branches et tronc qui se dressaient sur son chemin, ivre d'un bonheur tout simple. Puis, lorsqu'elle se fut bien défoulée, marcha au pas, tête levée sur ce soleil qui éclaboussait d'or les crins argentés. Secouant sa belle tête racée, l'étalon profitait simplement de la quiétude de son esprit. Envolés, les soucis, la cécité, la maladie. Il ne restait que la lumière éclatante et l'odeur enivrante tandis qu'elle marchait avec légèreté, Dvorian ne cachant pas sa joie de les savoir ensemble, enfin paisibles.

Point de souffrance, point de désespoir : Lizaveta les avait laissé dans ce corps qui gisait paisiblement, tâche blanche et noire sur lit de mousse. Sa robe noire faisait comme une corolle à ce triste lys, dont le visage affichait à cet instant un sourire léger, malgré les muscles abandonnés. Une fleur blanche dans le paysage automnal.
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le Mer 22 Nov - 8:43

En ce mois de novembre, le froid environnant semblait vouloir se frayer un chemin à travers les nombreuses protections que je disposais à l’instant. Soit, j’étais chaudement habillée d’un manteau en peau de bissons renforcé de l’aine de mouton, ainsi, les garnitures de la capuche en fourrures de renard étaient comme la cerise sur le gâteau, je n’avais absolument pas froid.

Dans la lumière de cette forêt qui nous étaient familière, chacun de nos pas résonnait comme un coup de fusil mais, la chasse était terminée et les nombreux cadavres de lièvres sur mon épaule en étaient la preuve, il fallait dire que Kahòntsi m’était toujours d’une grande aide.

Les couleurs de l’automne avaient toujours eu la douceur de colorer les forêts verdoyantes d’une tâche de rouge, d’orange et de jaune, ravivant mes pupilles attristées par le gris sombre des villes qui semblaient plongées dans une mélancolie sans lendemain.

Un soupire s’échappant de mes lèvres, Kahòntsi dressait les oreilles, m’observant curieusement. Un petit sourire aux coins des lèvres, je soulevais son museau avant d’embrasser sa truffe humide. Il aurait été humain, le rouge lui aurait monté aux joues, je le voyais à son expression et cela me faisait rire.

Deux jappements ainsi qu’un coup de tête dans les jambes, le totem m’avait fait comprendre que mes rires devaient s’arrêter là. Une caresse déposée sur le haut de son crâne, nous continuâmes notre route jusqu’à que je sois surprise d’apercevoir à même le sol, les traces fraichement dessinées d’un cheval. Accroupie, je me mise à toucher l’empreinte boueuse, elle était des plus fraiches… Je haussais les épaules avant d’être interrompu par les jappements de Kahòntsi qui semblait avoir trouvé quelque chose.

En effet, dans son nid de mousses, l’oiseau noir et blanc face à nous était inconscient, un sourire marquait cependant ses douces lèvres. Déposant les cadavres à même le sol, je me mise à retirer mes moufles, caressant du dos de ma main, la peau frigorifiée de ses joues.

« Hé… est-ce que ça va ? » Prononçais-je avant de regarder mon totem qui avait pris la corde reliant les lièvres entre eux dans sa gueule « Elle est belle » Admettais-je avant qu’il détourne le regard, absolument pas intéressé par mes propos.

La regardant de haut en bas, celle-ci semblait bien couverte mais son inconscience me faisait penser à un malaise. Retirant mon manteau pour le mettre au-dessus d’elle, le froid se mis à m’attaquer brusquement. Grimaçant, je me mise face à elle, tapotant ses joues, ses cheveux d’un blanc immaculés me rappelant la couverture de l’hiver.
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le Sam 25 Nov - 21:54
La belle & la bête

Feat. Rebecca





"C'est pas que je pense que le bonheur vaille grand chose. Mais j'y crois quand même."


Dans ce silence végétal, le fier animal avait dressé les oreilles, captant les milles murmures des bois. Soufflant par les naseau, dessinant un peu de buée dans l'air froid, l'étalon s'attarda à la contemplation de cette nature offerte. La caresse de ce soleil timide lui réchauffait les flancs. Lizaveta éprouva à cet instant une plénitude qu'elle avait perdu depuis des semaines. Elle ne pouvait pas toujours mêler son âme à celle de son totem, le quotidien savait l'engourdir de fatigue et d'une routine abrutissante. Elle préférait rester avec son ordinateur, tranquillement chez elle, à travailler sur les jeux.
Le besoin presque physique de se ressourcer se faisait sentir avec tout ce qui lui était arrivé. trop de choses en trop peu de temps. Trop de gens, de rencontres. Et demain encore, elle revoyait ce garçon qu'elle aurait voulu tenir loin d'elle pour le protéger et se protéger.

Soudain, un bruit de pas troubla sa quiétude et Liza, brutalement rattrapée par la réalité, s'enfuit dans les taillis, apercevant la forme d'un chien - ou un loup ? - suivi d'un humain. Le souffle court, inquiète, demeura un instant immobile, silencieuse, masquée par un bosquet encore dense. Personne ne venait jamais vraiment par ici, d'habitude. Ce coin de forêt était assez éloigné des sentiers de promenade pour ne pas risquer de mettre son corps en danger. Telle une belle au bois dormant moderne, elle gisait sur son lit de mousse et de roc, vulnérable. Et l'inconnue ne tarderait guère à la trouver.

Les flancs frémissants d'inquiétude mais espérant ne pas attirer l'attention, l'étalon demeura un instant comme paralysé. La fille n'était plus qu'à quelques pas du corps délesté d'âme. Finalement, la voyant s'accroupir, Lizaveta sortit des fourrés, poussant un hennissement sonore. Dominant la scène en contrebas de la petite cuvette naturelle où gisait son corps, Lizaveta posa un regard sur l'inconnue, dont la veste était posée sur sa forme humaine. Comme il était perturbant de se voir ainsi de l'extérieur... Cette femme aux cheveux noirs... Elle devait penser qu'elle avait fait un malaise ? A cet instant, Lizaveta prit toute la mesure de la beauté sauvage de cette inconnue et du totem de loup - ou de chien loup ? - auprès d'elle, la gueule chargée par leurs prises de chasse. Le cheval gris pommelé hennit de nouveau comme un avertissement. Puis, sans signe avant coureur, la jeune femme réintégra son corps. Elle ouvrit des yeux aveugle sur une obscurité qui lui brisa le coeur, dans une inspiration douloureuse de nouveau-né. Toussant un peu, désorientée par le brusque changement de proportions et de perspectives, Liza regretta déjà l'absence de ce sens qui lui faisait défaut.
Le manteau sur elle était chaud, une odeur animale emplissait l'air. De la fourrure ? Un instant, presque machinalement, les doigts de Liza s'y égarèrent malgré elle.

Au fond de Liza, il y avait de la peur, il y avait aussi le souvenir de ce beau visage à la peau râblée. Beaucoup de choses qui se mélangeaient en elle, dont l'agacement d'avoir dû écourter ce moment si paisible. Ne pourrait-on pas juste la laisse tranquille ?
"Y'en a qui ont le complexe de la sauveuse... Hey ça va, reprenez votre manteau, retournez courir dans les bois avec votre loup. J'suis pas morte, c'est bon, y'a plus rien à voir, circulez."
Du Liza tout craché. Cette dernière affichait une moue boudeuse, le coeur encore empli de cette amertume de quitter un monde fait de lumière d'or pour son obscurité perpétuelle.
Dvorian s'approcha doucement de la scène, tranquille et attentif, fixant l'autre femme et l'autre totem, impénétrable.
D'un geste qui se voulait sûr mais qui était un peu tremblant, Liza tendit à l'autre femme ce manteau confortable dont elle l'avait couverte. Faire mine d'être reconnaissante ? Certainement pas ! Ce serait avouer sa faiblesse et sa tristesse, enfermées à double tour dans une petite boîte de Pandore.
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le Dim 26 Nov - 10:41

Le vent dans les feuillages d’automne était comme le murmure de mes ancêtres, parvenant à mes oreilles comme un avertissement. Ferment un court instant les yeux, un hennissement m’arracha de mes prières. Sortant de ses fourrées, l’étalon gris pommelée se présentant à nous dévoila lui-même ses origines Totémiques.

Un véritable étalon ne se serait jamais approché aussi facilement d’un bâtard à la fois domestique et sauvage duquel la gueule était ensanglantée par les nombreux cadavres animales gisent désormais à ses crocs.

Mon regard s’attardant sur la belle au bois dormant, ma perception des choses m’éclaircit un chemin bien sombre… Cette femme était loin d’être inconsciente, son âme était mêlée à celle de son Totem, elle nous observait et protégeait sa beauté charnelle à travers lui.

« Y en a qui ont le complexe de la sauveuse... Hey ça va, reprenez votre manteau, retournez courir dans les bois avec votre loup. J'suis pas morte, c'est bon, n'y a plus rien à voir, circuler. » Prononça t-elle, me prenant par surprise.

« Le complexe de la sauveuse… ? » Je me mise à rire, observant alors son doux visage. Je pouvais lire en elle comme dans un livre, l’amertume de son cœur parvenant à moi comme un coup de poignard « Soit, vous avez sans doute raison… Ce sont dans mes principes d’aider les autres » prononçais-je d’une douce voix, me redressant alors.

La belle me donnant mon manteau de fourrure, je pris celui-ci entre mes mains avant de l’enfiler, mon corps frigorifié jouissant de bonheur. Un sourire parcourant mes lèvres, je me mise à l’observer, son doux visage affichant la tristesse d’un bonheur arrachée… oui, tout devenait plus clair pour moi alors que les ténèbres lui prenaient le cœur.

« Excusez-moi, votre âme était sans doute en parfaite harmonie avec celle de votre Totem… la beauté de la forêt, le chant des oiseaux ainsi que la douce brise… un moment à vous deux, un moment où la beauté du monde s’offrait à vous » prononçais-je en fixant la jeune femme, ses yeux recouverts trahissant l’un de ses points faibles « Vous avez cependant choisi un magnifique endroit pour ne faire qu’un, la nature… loin de la laideur des villes, de la pollution atmosphérique comme sonore… » Rajoutais-je, mon côté sociable et bavard prenant rapidement le dessus.

Ma main attrapant la corde entre les crocs de Kahòntsi, les cadavres de lièvre se retrouvaient rapidement en ma possession. Le chien-loup se redressant sur ses pattes, le contact de son corps ne quittant pas ma jambe, je me mise à réfléchir à une façon de m’excuser convenablement face à la jeune femme au cœur d’amertume.

« Pourquoi ne profiteriez-vous pas du temps favorable… ? Je pourrais rester ainsi à surveiller votre corps endormi… à moins que vous ne préféreriez que je vous accompagne jusqu’à un sentier plus sûr... bon nombre de personnes mal attentionné pourraient s’en prendre à vous… » Admettais-je, Kahòntsi venant entre mes jambes.
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le Dim 26 Nov - 13:36
La belle & la bête

Feat. Rebecca





"C'est pas que je pense que le bonheur vaille grand chose. Mais j'y crois quand même."


Déjà, elle regrettait la lumière, à peine avait-elle regagné ce corps malade et las. Elle avait toujours détesté ce brutal retour à la réalité de la douleur et des limites de cette enveloppe. Elle n'était jamais plus heureuse, Liza, lorsqu'elle arpentait la forêt dans le corps de son totem. C'était sa seule joie véritable, son moment précieux.
Loin de s'énerver contre ses propos acide, la femme qui l'avait arrachée à cette paix sembla plutôt en rire. Pourquoi est-ce que les gens devaient être autant.... Frustrants ? Pourquoi s'entêter à parler quand il était clair que le message était "dégage" ?

Lizaveta n'avait que faire des principes d'une inconnue, persuadée qu'une personne altruiste ne l'était que pour se donner bonne conscience et non par véritable charité. Beaucoup se sentaient mieux en tenant le bras d'un vieux pour l'aider à traverser, se masturbant mentalement de leur propre gentillesse. Tout ça c'était du flan : aucun de ceux-là n'iraient en maison de retraite pour faire des animations et écouter le même vieux. Si cela prenait trop de leur précieux temps, ils fuiraient. Elle ne pensait aucun bien de ceux qui clamaient trop fort vouloir aider.

Cependant, malgré l'acidité de son humeur, Liza ne dit rien, espérant secrètement que l'autre soit prise d'une Épiphanie et s'en aille finalement. Malheureusement, il n'en fut rien. La voilà qui déblatère sur les Totems. Bon, certes, elle marquait un point en comprenant qu'elle était en fusion avec Dvorian - c'était assez rare pour être noté, bravo, voici un cookie !
Mais alors que l'inconnue se lançait sur une tirade sur la beauté de la nature et la laideur des villes, Lizaveta haussa un sourcil circonspect. Quoi ?
Elle était une enfant de la ville, animal certes dénaturé mais consciente que sa survie passait par un truc super nommé la chimie et la science - merci les médicaments qui l'avaient maintenu en vie jusqu'à ses vingt-trois ans. Cette survie toute bête qui passait aussi par la technologie qui lui permettait d'avoir une fonction vocale sur son téléphone et faisait de son ordinateur une bête de course pour lui permettre de coder en braille.
"Ouais ouais, la nature, toussa..." Fit Lizaveta, agitant une main lasse en se levant. "Enfin, c'pas au milieu de la forêt qu'on pourra me livrer une pizza. Bref. C'est vrai que c'est vachement mieux de porter des cadavres sur le col de son manteau et de mêler l'or au sang et de chasser des petits lapins."
C'était vache. Elle le savait. Elle le voulait. C'était mesquin.
Mais pourquoi elle restait aussi, cette nana ? Pourquoi parler de se faire pardonner ? Surtout en lui proposant de veiller sur son corps - merci mais non merci, eurk ! Pas envie d'être à la merci d'une psychopathe tueuse de lapins, aussi jolie fut-elle.

Ce fut la proposition de la raccompagner jusqu'à des chemins sûrs qui acheva de la foutre en rogne, la Liza. Non mais c'était quoi cette meuf ? Elle se prenait pour qui ? Pour la bonne samaritaine qui allait guider l'aveugle jusqu'au joli petit sentier en devisant gaiement sous les branches des arbres dénudés à l'approche de l'hiver ? Wow, such bucolisme.

Mains sur les hanches, levant crânement la tête malgré sa petite taille et son air fluet, la voilà vraiment énervée.
"Z'avez cru quoi ? Que j'étais une pauvre aveugle qui allait trébucher sur la première brindille venue ? Comment je suis arrivée là si ce n'est toute seule ? Et puis c'est quoi cette morale à la con en mode "pauvre chérie t'es une femme seule dans la forêt, il pourrait t'arriver des bricoles alors je vais te protéger ?". Spoiler alert : j'ai besoin de personne. Surtout pas d'une inconnue qui prétends vouloir aider les autres quand elle n'est même pas capable de comprendre que là, elle me fait grave chier. Okay ? Message reçu ?"

Liza se tourna comme une princesse, avec un reniflement de dédain, s'éloignant à grandes enjambées sans réfléchir. Dvorian tenta bien de la prévenir mais...
"Putain de bordel de merde !" fit la douce voix de Lizaveta quand elle trébucha et s'étala de tout son long dans un roncier...
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le Dim 26 Nov - 16:25

J’écoutais attentivement chacune des paroles de la jeune femme, certaines résonnant dans mon esprit comme un écho et d’autres comme une tempête de douleur insatiable. Ses mots étaient dignes de celle qui ne manifestait aucun intérêt, aucune compassion envers quoi que ce soit, dans le fond, elle était le serpent dont le venin brûlait la langue.

Elle m'avait assailli, ses mots étaient des coups que je devais subir mais, mon esprit était loin d'être faible... Elle portait un masque, cette carapace que certain prédateur pouvait cependant arracher... J'avais appris avec les années, la sagesse de mes ancêtres, rien n'était un hasard… nous nous étions rencontré dans cette forêt où les arbres pleuraient des larmes rouges, je croyais… le savais que les esprits de mes ancêtres étaient derrière ça.

Mon interlocutrice continuait de cracher son venin, en faisant frémir les muscles de Kahòntsi qui peu à peu, se mit à montrer les crocs. Il ne comprenait pas, il n’avait jamais compris pourquoi la gentillesse faisait partie de moi, à un point où cela en devenait un défaut. Il voulait tout simplement rebrousser chemin et laisser cette inconsciente dans son désespoir, elle avait attaqué la première et je n’avais aucunement riposté ; Étais-je faible ?

Main sur les hanches, les traits de son visage montrait le désaccord et la colère. Je restais de pierre face à elle, mon esprit divaguant entre le possible et l’impossible, que lui était-il arriver… pourquoi en était elle là, à être la tortue protéger de sa carapace, à être le serpent prêt à tuer sa proie…

« Z'avez cru quoi ? Que j'étais une pauvre aveugle qui allait trébucher sur la première brindille venue ? Comment je suis arrivée là si ce n'est tout seul ? Et puis c'est quoi cette morale à la con en mode "Pauvre chérie tu es une femme seule dans la forêt, il pourrait t'arriver des bricoles alors je vais te protéger " Spoiler alert : j'ai besoin de personne. Surtout pas d'une inconnue qui prétend vouloir aider les autres quand elle n'est même pas capable de comprendre que là, elle me fait grave chier. Okay ? Message reçu ? » Prononça t-elle acidement

« Les grand prédateurs eux-mêmes trébuches, croyez-vous que le simple fait d’être aveugle fait de vous une victime ? Personne n’est à l’abri de quoi que ce soit… Il y a une histoire, une bataille entre deux loups à l’intérieur de nous tous, l'un est le mal, l'autre le bien... qui des deux remporteraient la victoire... ? Celui que vous avez décidé de nourrir. Je décide de nourrir ma gentillesse pour combattre ceux qui désire perpétuer le mal... mais soit, si cela est votre désir, je ne vous importunerais plus, viens Kahòntsi. » Prononçais-je, toujours sur le même ton, d’une voix douce que beaucoup appréciait.

Le serpent de neige se retournant pour reprendre son chemin fièrement, je me mise à soupirer, réajustant les lapins sur mon épaule avant de lancer un dernier regard en sa direction « Attent… » Je me mise à grimacer au son du choc. Son corps ne faisant désormais qu’un avec le roncier ayant barré son chemin.

Je l’avais expliqué comme cette histoire que les anciens racontaient au plus jeunes Amérindiens, mon loup intérieur, le bien… m’avait une nouvelle fois poussé à secourir cet agneau derrière le costume d’une bête féroce. Kahòntsi, vexé de me voir retourner auprès de cette femme, commença à se coucher à même le sol, prenant cet air boudeur que je lui connaissais si bien.

Reposant les cadavres, je me servis de mes moufles pour dégager les ronces sans trop m’égratigner, écrasant certaine avec mes pieds alors que d'autres réussissais à traverser mon pantalon pour venir m’écorcher les jambes.

« Ne pensez pas à cracher votre venin et sortez d’ici » Prononçais-je, une ronce venant me tailler la joue.
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le Dim 26 Nov - 18:46
La belle & la bête

Feat. Rebecca





"C'est pas que je pense que le bonheur vaille grand chose. Mais j'y crois quand même."


Elle tomba le nez contre la terre et s'empêtra dans les lianes épineuses enchevêtrées. La voilà captive de cette nature qu'elle évitait habituellement. Dvorian hennit d'angoisse, renâclant devant les ronces qui piégeaient celle que l'on voyait aisément comme quelque vipère immaculée mais qui était en réalité un cheval sauvage et ombrageux, pourtant appâté par un peu de douceur lorsque l'on passait sa méfiance profonde.
Le totem de Liza était si parfaitement représentatif de sa réalité, que cela en devenait presque caricatural. Elle était l'étalon indompté jusqu'alors. Le seul à avoir pu passer les barrières était Morgan...
Morgan qui lui manqua à cet instant cruellement. Larmes aux yeux, humiliée par sa propre impulsivité, mains, jambes et visage griffés par les ronces contre lesquelles elle se débattit en vain, la voilà vulnérable et haïssant cela.

Liza tenta bien de ruer mais sa cécité l'empêchait de vraiment se repérer. Humiliée, oui, par les propos de cette étrangère qui lui parlait de bien et de mal en ignorant tout de son combat intérieur. Elle avait toujours subi, proie des autres humains, trop pour parvenir à laisser quelqu'un l'approcher aussi aisément. Quid des loups duègnes quand l'on ignore si l'on passera le prochain hiver ? Elle s'accrochait au souffle de vie qui la retenait encore, sans trop savoir pourquoi, puisqu'elle n'avait pas vraiment de but autre que celui de faire mentir les prognostiques vitaux.

Dvorian, tenta de passer aussi mais les ronces étaient denses et il se griffait aussi. Chaque douleurs était celle de Liza et inversement. Quand au bruit qui suivit, Liza déduisit que la femme la rejoignait, sans trop savoir pourquoi.

"Genre, je peux sortir de là." Souffla Liza, mauvaise, en roulant des yeux. Elle aimerait bien, justement mais les épines retenaient ses vêtements, filant son collant et accrochaient ses cheveux clairs. A vrai dire, l'aveugle n'en menait pas large, le coeur battant la chamade comme quelque oiseau affolé. Soudain, une main qui attrape la sienne, la tirant vers l'avant. Elle s'y raccrocha presque par réflexe et, toute ligotée qu'elle fut, se retrouva propulsée en avant un peu trop vite pour ne pas heurter le torse de l'autre femme. Essoufflée, tremblante, elle demeura quelques secondes ainsi, contre le manteau à fourrures, le visage empourpré de gêne. Etait-ce des larmes au coin de ses yeux clairs ?
Elle les chassa d'un geste colérique du dos de la main, repoussant l'autre pour faire quelques pas hors de ce foutu buisson touffu, non sans se rajouter quelques balafres et accrocs.
Boudeuse, elle sentit Dvorian se précipiter pour lui donner d'affectueux coup de museau et elle emmêla ses doigts à la crinière argent pour se calmer.

A présent, elle se sentait mal. Non pas parce qu'elle avait été aidée : la femme l'avait fait en son âme et conscience mais parce qu'elle avait été faible. Exactement ce qu'elle ne voulait pas être. Alors, détournant la tête avec une moue entre la colère contre elle-même et la gêne, Liza glissa finalement : "Merci."
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le Dim 26 Nov - 21:16
L’indomptable désormais hors de la prison d’épine, celle-ci demeurait tremblante, essoufflée de ses efforts qui avait d’autant plus abimé son visage de porcelaine. Un sourire au coin des lèvres, le pourpre de ses joues m’inondait de délices. J’avais toujours été ainsi… à ne jamais m’arrêter sur le sexe, le genre… et il fallait l’avouée, la vipère était une perle de culture.

Je n’avais fais aucun mouvement après cela, son corps restant contre mon manteau de fourrure, la douce brise faisant parvenir son parfum à mes narines. Souriant, la jeune femme fini par le repousser quelque peu, son totem apparaissant à ses côtés pour un peu de réconfort… il était mignon.

Moi-même, avais-je regardé en arrière. Kahòntsi était toujours couché sur le sol, il n’avait pas bougé d’un poil, boudant plus qu’autre chose. Soupirant, je me mise à le regarder dans les yeux, grimaçant avant de lui sourire chaleureusement « Tu es celui que j’aime le plus Kahòntsi » Prononçais-je, lui faisant en signe de tête, ma main l’invitant à recevoir une petite douceur.

« Merci » Prononça alors mon interlocutrice

«  Il n’y a pas de quoi » Prononçais-je à mon tour, m’accroupissant pour pouvoir prendre mon Totem dans mes bras, l’enlaçant avec amour.

Le silence régnant désormais sur l’immensité de la forêt, je me mise à observer la jeune femme ainsi que son Totem, un étalon. Elle avait une langue de vipère, crachait son venin à tout vas… mais, finalement, je la voyais comme le mustang fougueux.

Déposant un baiser sur la truffe de Kahòntsi, je me redressais, faisant désormais face à la jeune femme et son totem gris pommelée.

« Je m’appelle Rebecca Nhiòte mais… Rebecca est plus courant et facile à prononcer… et, mon fidèle est Kahòntsi » prononçais-je à la jeune femme, souriant alors que le chien-loup se mit à japper, essayant de jouer les sociables.

Ma main touchant l’égratignure sur ma joue, je me mise à grimacer, sortant de ma petite sacoche un mélange amérindien parfait contre ce genre de petite blessure anodine. L’appliquant doucement sur ma joue, je me mise à approcher mon doigt de la jeune femme.

« Me permettez-vous de mettre un peu de pommade sur vos plaids ou… Est-ce trop gentiment demander et devrais-je aller me faire foutre avec ma texture inconnue aux bataillons? » Prononçais-je en riant légèrement.
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le Mar 28 Nov - 13:05
La belle & la bête

Feat. Rebecca





"C'est pas que je pense que le bonheur vaille grand chose. Mais j'y crois quand même."


Lizaveta frissonna, se remettant doucement de sa frayeur - et de son humiliation au passage. L'univers était un sacré troll : elle se vantait de se débrouiller seule et se retrouvait dans la panade par sa propre bêtise. Elle soupira, capitulant un peu. Les doigts emmêlés dans la crinière de son totem, elle se lova contre l'encolure familière, inspirant l'odeur de musc qui se dégageait de lui. L'étalon n'était pas très grand, comme tous les lusitaniens : un petit mètre cinquante-cinq au garrot, mais il se dégageait de lui une impression de robustesse tandis qu'il fixait calmement le chien-loup, sans peur ni agressivité.

Voilà finalement l'heure des présentations et Liza soupira doucement, se calmant peu à peu. De quelle origine était donc ce prénom peu courant ? Pas Rebecca hein, l'autre, qu'elle serait bien en peine de prononcer. Quand au nom du totem, elle apprécia la sonorité exotique.
"Kahontsi ? - Désolée, je dois super mal le prononcer* - C'est joli. C'est en quelle langue ?" La sonorité ne lui disait trop rien à vrai dire, tout comme la phrase prononcée plus tôt. C'était sans doute un peu stupide de sa part mais le jappement du loup - ou du chien elle n'avait pas encore tranché sur le sujet - était mignon.
"Voici Dvorian. Moi c'est Liza." L'étalon releva un peu crânement la tête sous la caresse de sa moitié. Lizaveta ne donnait jamais son nom complet : non pas par soucis de renier ses origines maternelles (quoique) mais plus parce que les gens n'étaient pas foutus de le prononcer correctement. Et puis on lui demandait toujours de quelle origine c'était... Comme ce qu'elle venait de faire avec Rebecca. Fuck.

Toute à ses pensées, elle capta une odeur inconnue et voilà qu'on lui proposait de se faire tartiner d'un truc qui sentait fort les plantes - de la sauge ?
"Mpfff..." Fit Liza comme toute réponse, hésitante. Les griffures la cuisait franchement - qui aurait cru que ça ferait si mal, ce n'était que superficiel... Elle était fatiguée de lutter contre le vent et de renâcler en vain.
"Y'a de la sauge dedans, nan ?" Fit-elle "Bon okay mais n'en profitez pas ou je vous frappe."
Une part de Liza se sentait mal à l'aise à l'idée qu'une inconnue la touche. Une autre part plus rationnelle lui signalait qu'il n'était pas question de massage érotique mais plutôt de simplement l'aider avec sa connerie de plus tôt. Elle capitula finalement, se laissant approcher sans se plaindre malgré le fait qu'elle avait l'air d'être tombée sur une meute de chats sauvages, avec ses griffures et accrocs partout, ainsi que son collant filé.
Par pur réflexe, sentant l'odeur approcher de son visage, elle recula mais buta contre le poitrail de son étalon qui la poussa en avant d'un gentil coup de chanfrein, l'incitant à se laisser tartiner de baume.

(* : Effectivement, elle le prononce mal.)
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le Mar 28 Nov - 15:50

L’heure des présentations était sans doute le moment que j’appréciais le plus. J’étais une personne sociable, qui connaissait de nombreuses personnes, de nombreux prénoms… sans jamais oublier quelle tête appartenait à son édifice. Bien que beaucoup de personnes me nommaient par mon prénom Rebecca, certaine m’appelaient Nhiòte… ma mère, mes grands-parents, les habitants de la réserve Mohawk ainsi que certains amis proches.

« Kahontsi ? - Désolée, je dois super mal le prononcer - C'est joli. C'est en quelle langue ? » Prononça-t-elle alors que le chien-loup redressait la tête, n’étais pas habitué à ce que l’on déforme ainsi son nom. En voyant la réaction du totem, je me mise à rire.

« Kahòn-tsi, en forçant un peu sur le "K'" et en relâchant le "H"' à la façon maghrébine, c’est assez dur à expliquer… » Admettais-je en riant alors que je souriais à la demoiselle « C’est du Mohawk, Kahòntsi signifie la couleur noire car il a toujours revêtu fourrure et plumage de cette couleur » expliquais-je en caressant la bête.

« Voici Dvorian. Moi c'est Liza  » Dit-elle à son tour avant que je m’attarde une nouvelle fois sur son Totem.

« Dvo..rian, j’ai aussi un peu de mal… » Prononçais-je avant de rire, me frottant l’arrière du crâne « Liza est un très beau prénom » Je me mise à hocher la tête, me retrouvant dans la même gêne de ne pas savoir prononcer le prénom de son Totem.

Après notre échange, j’avais simplement sorti de quoi soigner mes petites coupures mais restait que celle de Lizzy était… très voyante. Je n’y pouvais rien, j’étais généreuse et cela m’avais poussé à lui proposer de lui mettre de du baume, du moins sur le visage. Approchant mon doigt d’elle, je lui avais demandé son autorisation – du moins en quelque sorte – Elle commença par ronchonner quelque peu pour finalement me répondre clairement.

« Il y a de la sauge dedans, Nan ? … Bon okay mais n'en profitez pas où je vous frappe. » Prononça t-elle, me faisant rire une nouvelle fois

« Oui, il y a de la sauge et pas de mal d’autres plantes que j’apprécie… vous avez un très bon odorat… et des idées bien saugrenue, pourquoi me vouloir du mal ? » Prononçais-je à mon tour

À l'approche de mon doigt, la jeune femme recula le visage mais son Totem semblait m’avoir fait confiance avant son hôte. D’un petit coup de chanfrein, l’étalon me permit de pouvoir appliquer le baume sur les divers plaids de Lizzy. Instinctivement, je me mise alors à remercier l’étalon comme s’il était au final, qu’un vulgaire animal « Merci de ton aide esprit indomptable » en soi j’avais toujours respecté aussi bien la faune que la flore, il fallait dire que l’ont m’avais enseigné le respect de ce qui m’entourait.

Une fois le baume appliqué, j’avais rangé ce dernier dans ma sacoche. Une nouvelle fois je ne pouvais pas le nier et la beauté de l’aveugle ne m’était pas indifférente et ça Kahòntsi l’avait remarqué. Même si sa bouche regorgeait de parole que je n’appréciais guère, rien ne changeait que sa peau était aussi douce que celle d’un nourrisson.

« Voilà c'est terminé... » prononçais-je avant de glisser une baume que je n'avais pas encore utilisée dans le creux de sa main droite « Avec ça, ça devrais cicatriser assez rapidement » admettais-je avant de rajouter « Je peux vous accompagner ou n'êtes vous toujours pas convaincue ? » Je me mise à sourire une nouvelle fois.
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le Dim 3 Déc - 14:47
La belle & la bête

Feat. Rebecca





"C'est pas que je pense que le bonheur vaille grand chose. Mais j'y crois quand même."


Elle renâclait au contact comme un cheval rétif, ses lèvres affichant une moue dubitative. Lizaveta n'aimait pas le contact avec les inconnus. Sous le contact de Dvorian, cependant, elle resta immobile, sentant le geste amorcé dans sa direction puis la froidure de la pommade sur sa joue.
"Je vous veux pas de mal. Juste je préviens." Dit-elle, tendue comme un arc sous les doigts cuivrés qui touchaient sa peau. Cependant, la sensation sur la petite plaie lui fit du bien et elle se permit un soupir de soulagement. Le visage se détendit un instant alors que Lizaveta se laissait faire. Sentant Dvorian partagé entre la satisfaction un peu fière et l'amusement d'être remercié de manière si respectueuse - Liza, elle, n'avait rien comprit - elle eut une petite moue sceptique.

Quel drôle de femme quand même cette Rebecca : elle l'envoyait paître et pourtant elle revenait l'aider. Etait-elle un peu masochiste ? Lizaveta n'était pas sûre de comprendre ses intentions et sa motivation à s'imposer mutuellement leurs compagnies.

"M'accompagner ?" Haussant les sourcils, Liza poussa finalement un soupir, fermant un instant ses yeux clairs. Elle était du genre têtue cette indienne (elle avait mis du temps à se souvenir que les Mohawk étaient un peuple indien du coin - enfin si elle ne se trompait pas trop, il paraissait qu'il y avait même une réserve.) et avait de la suite dans les idées.
"Okay, okay..." Soupira-t-elle, abdiquant de nouveau, résignée à l'idée qu'on ne la laisserait pas tranquille tant que l'autre femme ne serait pas sûre qu'elle n'irait pas de nouveau faire des bisous aux ronces.

Amorçant un mouvement pour commencer à marcher, la main sur l'encolure de Dvorian par habitude, Liza avait l'odorat chatouillé par l'odeur de baume qui apaisait ses griffures, la faisant éternuer - ça sentait bon, mais fort.

"Bon et sinon, à part chasser du lapin et mettre du baume sur les andouilles écorchées, tu fais quoi dans la vie ?" Puisqu'on en était là, autant passer le temps - ça passerait plus vite. Bon sang, quelle andouille, de se faire des griffures partout juste avant son rendez-vous du lendemain avec Morgan, elle allait avoir l'air d'une truffe. Enfin... Pas sûr qu'un mec défiguré ait grand chose à faire de quelques écorchures... C'était une pensée débile. Dvorian, lui, s'amusait intérieurement du léger rougissement de sa moitié.
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le Mar 5 Déc - 14:57
La belle, comme un étalon sauvage, semblait avoir accepté son cavalier pendant un court instant. J'étais heureuse, de nature sociable, j'avais toujours aimé quand les personnes rétrécissantes finissaient par accepter ma compagnie ou bien même mon aide. Cela était plutôt cruel mais, je pouvais remercier les esprits de m'avoir conduit à son corps endormi puis, je l'avoie fait tomber dans ce parterre de ronce. Il n'y avait pas de hasard à tout ça, c'était le destin et j'attendais avec impatience de voir ce que ce dernier nous réservais à moi et à Liza.

Les lapins morts pendues à mon épaule par leurs pattes, Kahontsi à mes pieds, nous partîmes tous ensemble en direction d'un chemin plus calme. Liza marchait paisiblement, la main sur l'encolure de Dvorian. Souriant, je me disais qu'elle et son totem devait avoir un lien bien plus fort que n'importe qui... Dvorian était les yeux de Liza et j'appréciais cette façon de voir les choses.

« Bon et sinon, à part chasser du lapin et mettre du baume sur les andouilles écorchées, tu fais quoi dans la vie ? » Dit-elle, attirant mon attention

« Dans la vie ? J'ai une boutique "l'attrape-rêve amérindiens", j'y vends des produit purement amérindiens que je fais moi-même ou avec l'aide de mes proches parents de la même branche, et t-toi ? » Prononçais-je, ayant abandonnée le vouvoiement pour un tutoiement, après tout... la demoiselle à la chevelure argentée avait pris ses aises rapidement.

Tapotant ma cuisse pour finalement caresser Kahontsi entre deux pas, je me mise à repenser à une période assez douloureuse de mon passé en passant devant un tronc d'arbre que je reconnaissais, un an plus tard. Deux totems dans la neige à s'amuser, ainsi que deux femmes sur le point de rompre... Je serrais les dents, Kahontsi ayant très bien compris à quoi je pensais à cet instant. Depuis ma séparation avec Dillawn, je n'avais eu aucune aventure, mis à part une histoire d'un soir avec une certaine Helen... il faut dire que le soir même j'étais partie me changer les idées.

Dans un soupire, nous avions rapidement atteint un chemin plutôt tranquille, mais, je n'avais rien dis, restant tout simplement auprès de la jeune femme, après tout... je devais rentrer moi aussi pour pouvoir faire cuire ce lapin dans la soirée.

« Si jamais tu as l’occasion de passer à ma boutique, je te ferais -20% parce que j'ai été très collante aujourd’hui » admettais-je en riant « J'ai de très beau tapis pour les chevaux, Dvorian serait peut-être content dans avoir un » Admettais-je en souriant, donnant les lapins à Kahontsi pour me débarrasser un instant l'épaule.
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le Sam 16 Déc - 22:26
La belle & la bête

Feat. Rebecca





"C'est pas que je pense que le bonheur vaille grand chose. Mais j'y crois quand même."


Elle s'est radoucie maintenant qu'elle s'est bien sentie quiche, se montrant méfiante mais de meilleure volonté, la Lizaveta. Elle marche sous les frondaisons dorées et orangées, la main sur l'encolure familière qui la guide sans trébucher. Un totem de cheval comme chien d'aveugle, c'est original. Elle ne s'était pas rendue compte qu'elle avait tutoyé Rebecca, emportée par la fatigue des émotions éprouvées en trop peu de temps.
Est-ce que ce serait difficile de réussir à se reposer un peu ? Elle appréhendait bien assez le lendemain pour que ce jour là soit facile, la rendant plus maussade qu'à l'ordinaire.

Quant au métier de Rebecca, Liza la considéra un instant en silence. Elle avait une boutique ? C'était un métier exigeant. Et jamais le genre qu'elle ferait : le contact avec trop d'abrutis risquait de finir de tuer sa patience. Comment faisaient les vendeuses pour survivre face aux con-sommateurs ? Elle grimaça légèrement, ironique :
"T'es du genre patiente pour ce type de boulot. Et t'as pas de vie, vu que t'es patronne en prime. Je pourrais pas. Respect."
Elle se renferma de nouveau dans ses silences, soupirant doucement tandis qu'elle marchait d'un pas égal.

Cependant, Lizaveta haussa un léger sourcil quand elle lui proposa une ristourne, ainsi que des tapis de selle. Un instant, elle eut un rire un peu nerveux qu'elle étouffa d'un geste de la main, réprimant un début de fou-rire.
"C'est toujours utile un tapis de selle pour un cheval à peine matériel que je chevauche à cru." Dit-elle, avant de se rendre compte que son ton était un peu trop moqueur et presque mesquin. En même temps... Est-ce que son âme avait besoin d'être sellée et bridée ? Rebecca mettrait-elle un collier et une laisse à Kahontsi ? Le sortirait-elle comme on promène un vrai chien ? C'était d'une partie de son âme que l'on parlait et monter Dvorian ne saurait souffrir aucun artifice. "Désolée. C'est gentil comme proposition. Peut-être que j'irais faire un tour, à l'occasion. Il y a sûrement des choses sympa"

Lizaveta s'autorisa un sourire plus doux, tandis que le sentier approchait, Dvorian la guidant au rythme des pas de Rebecca. Finalement, l'étalon lui indiqua qu'ils étaient arrivés à un chemin plus sûr et connu et Lizaveta poussa un petit soupir de soulagement. Tant de choses lui trottaient en tête, la faisant penser en boucle. D'un geste souple, elle prit appuie sur le garrot de sa moitié, retombant délicatement à cru, les doigts accrochés à la crinière.
"Dvorian connait le chemin et je t'ai bien assez ennuyée pour aujourd'hui." Elle marqua une petite pause et, rougissant, elle ajouta "Merci de m'avoir aidé."

Puis Dvorian tourna bride pour avancer le long du chemin en un trot régulier, Lizaveta sur son dos ne se retourna guère : pour quoi faire, elle était aveugle. Peut-être qu'elle irait à la boutique de Rebecca, un jour, qui sait...


[Clos pour moi, merci de ce rp ♥️]
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