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Sans-Totem
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29/12/2018
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Sans-Totem
le Dim 6 Jan - 16:44
Sur Internet, c’est bien plus simple de faire semblant.
Sans doute la raison principale derrière ton calme inhabituel à discuter face à un écran ; le temps de taper ton message te laisse de quoi réfléchir à chacun de tes mots et à analyser plus en profondeur ton interlocuteur, chose qui est bien plus compliquée dans une discussion en face à face. Même si tu as l’habitude, après tant d’années, un peu d’air frais te fait toujours du bien. De l’air frais qui t’est offert lorsque tu te cloîtres dans ta chambre, sous les couvertures, ordinateur portable sur les genoux.
Ironique.
Même si tes mensonges te rattrapent bien rapidement ; sur Internet, c’est quitte ou double. Soit tu arrives à être honnête envers ton passé (en évitant, bien sûr, certaines parties sensibles) et toi-même, soit tu mens autant que tu le peux, jusqu’à t’inventer une toute autre vie. C’est pour cette raison que tes pseudos varient d’une plateforme à l’autre – il t’arrive même d’avoir plusieurs comptes sur un réseau social pour t’enfoncer encore plus dans tous ses mensonges que tu offres.

Cette Hannya est entrée dans ta vie sur l’un de ses comptes où tu es un peu plus du côté de la vérité – même si ce n’est pas encore assez. Ce ne sera jamais assez ; pour une vérité, tu colmates la brèche que tu as ouverte avec dix mensonges. Un cycle qui se répète sans cesse. (Un résumé de toute ta vie.)
Le sujet de ce jour-là portait sur les discriminations ; chose que tu ne connais que trop bien. Pourtant, sur tous ses points que tu aurais pu amener (la scolarité toxique, le rejet de ta transidentité, tous ses souvenirs que tu souhaites oublier), tu as choisi de parler de celui qui t’a, en réalité, le moins marqué. Toi qui a l’âme aveugle ; le goût amer des insultes à ton égard pour ne pas voir les totems s’était fait sentir alors que tu avais décidé de répondre au sujet – non sans exagérer ce que tu avais vécu, bien sûr.
Puis, Hannya y a également répondu. Et plus rapidement que tu ne le pensais, le débat s’est déportée dans vos messages privés jusqu’à devenir une discussion plus amicale. Depuis, vous ne vous lâchez plus.

Hannya, malgré tout ce que tu tentes de combler, garde certaines différences avec ton cas (auxquelles tu ne peux contredire au risque de briser tes masques et te laisser entrevoir la supercherie) : elle n’est pas sans-totem comme toi, mais c’est plutôt son totem le problème. Mais votre vécu se rapproche et ça a suffit pour créer un lien qui s’est fait plus fort au fur et à mesure que les jours avançaient.
Et puis, l’heure de la rencontre est arrivée. Sur ce compte que tu utilises pour lui parler, tu avais déjà dit – dans un ancien post – que tu vis à Toronto, alors pas moyen de se défiler. (Tu évites les rencontres dès que tu le peux ; rien que le fameux « tu es différente par rapport à Internet » poignarde ton estomac, stressée rien qu’à l’idée que ton masque s’effrite. Mais au fur et à mesure que tu te perfectionnes, ce scénario arrive de moins en moins ; mais la possibilité n’est pas à exclure.)

Une terrasse d’un café.
Un après-midi d’un week-end.
Classique.
Tu avais pris un temps fou à te coiffer avant de sortir de ton appartement – comme pour cette impossibilité de te dérober à cette rencontre, les mensonges que tu prolifères sur tes réseaux sociaux ont eu raison de toi ; tu y postes souvent les coiffures que ta sœur te fait pour passer le temps (c’est, d’après elle, une honte que tu n’en prennes pas autant soin et que tu t’arrêtes juste aux tresses) en prétendant que c’est toi qui les fais. Mais voilà, sur Internet, on trouve de tout et surtout des tutoriels pour se faire une jolie coiffure.
Et puis, une jolie robe, un cardigan et une paire de talon assortie ; et te voici dehors, essayant d’étouffer la boule dans ta gorge.

C’est une belle journée.
Hannya est arrivée avant toi – tu la reconnais facilement, vous vous êtes échangés des photos pour ne pas vous rater, aujourd’hui. Et puis, Hannya n’est pas compliquée à reconnaître, de toute manière. Alors, sans laisser place à plus d’hésitation, tu te diriges rapidement vers elle, avec un grand sourire.

« Salut ! Tu es bien Hannya, c’est ça ? » (tu maudis le léger tremblement de ta voix). « Je suis tellement désolée, j’espère que tu ne m’as pas attendue trop longtemps ! »

Tu t’installes en face d’elle, toujours aussi souriante.

« Comment tu vas ? Ça me fait tellement plaisir qu’on se rencontre enfin ! »

(Et c’est parti.)
FT. HIFUMI


Dernière édition par Lily Pomerleau le Sam 12 Jan - 11:39, édité 1 fois

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Totem de poche
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Totem de poche
le Dim 6 Jan - 21:35
May we meet again
Hifumi regarda son café qui se refroidit doucement. Elle était étrangement nerveuse. Elle oubliait tous les bruits autour d'elle, les quelques regards dirigés vers elle par curiosité. Elle avait presque envie de dévorer tous les bonbons et croustilles qu'elle avait achetés pour le partager avec cette fille qu'elle avait rencontrée sur le net, "Poppy"

Une peur la rongeait doucement: celle d’effrayer l'invitée.

Elle se regarda: pantalon et soulier noir propre, veston noir qui laissait entrevoir sa chemise rouge déboutonnée au col, une montre au poignet d'une grande valeur. De la classe. On pouvait presque croire qu'elle était la pour chasser. Par contre, est-ce un peu trop? Elle aurait pu s'habiller un peu plus relax. Elle poussa un soupir et elle sentit son araignée sortir de sa chemise et marcher sur son bras avant de se placer sur la table. Hifumi fixa son totem qui était calme.

- ... Toi tu n'as pas à te soucier de ton apparence. Je t'envie. Tu peux être jolie sans te forcer.

Alors que plusieurs n'auraient pas caractérisé une araignée qui est presque aussi grande que sa main comme étant "Jolie", Hifumi avait appris à voir la beauté sur une tout autre facette. Oui, ça lui arrivait de complexer encore un peu sur son totem, mais maintenant elle l'acceptait mieux avec le temps.

Alors elle allait enfin rencontrer elle pour la première fois en face à face. Avec le sujet d'injustice de la discrimination et les autres messages amicaux qui les ont rapprochés... Il était certain que tout allait bien se passer. De toute manière, Hifumi a fait attention de ne pas être comme un livre ouvert.

Rassure-toi Hifumi.

Hifumi but une gorgée de son café tiède puis vit son totem se dépêcher à se cacher sous le veston. Ne comprenant pas pourquoi, son regard se promena jusqu'à ce que, de son œil unique, vit cette belle fille se rapprocher.

Elle.

Tu lui envoies la main pour la saluer tout en affichant un sourire sincère. Elle la détailla du regard sans aucune gêne.

- Salut ! Tu es bien Hannya, c’est ça ? Je suis tellement désolée, j’espère que tu ne m’as pas attendue trop longtemps !

- Bingo! C'est bien moi et ne t'excuses pas voyons, ça ne fait pas trop longtemps que je suis arrivé.

Puis elle s'assit, Hifumi ne l'a quitta pas du regard. Un début bien prometteur.

-Comment vas-tu ? Ça me fait tellement plaisir qu’on se rencontre enfin !

Hifumi ne pouvait pas s'empêcher de se sentir si heureuse. Elle avait déjà entendu parler des rencontres farfelues lorsque tout a commencé par des messages privés. Poppy, étant le pseudo de la fille, semblait être fidèle à la manière de se présenter ici et en ligne.

- Ça va très bien, merci! Toi?

Puis, elle présenta sur la table tout ce qu'elle avait acheté plus tôt de la main. Elle dit, d'un air fier, les épaules bien droites.

- ... En passant, tu as pu remarquer tous les bonbons et sacs de croustille, mais ce n'est pas tous pour moi. Gâte-toi, on peut les partager. Je peux aussi aller demander un café pour toi. Il fait froid à l'extérieur, ça ne te fera pas de mal de te réchauffer un peu.

Hifumi, on sait à quoi tu penses en ce moment, mais ne glisse pas un mot.
Ce n'est que votre toute première rencontre.
Ne dis rien.


- Au fait, tu es vraiment adorable. Tu es plus belle en vrai que sur la photo. Je ne serais pas surprise si tu me dis que tu attires tous les beaux regards!

Puis le rire gras de Hifumi se fait entendre avant qu'elle ne s'arrêtât en sentant une patte frotter sur la chemise: Shun, la mygale saumonée.

Hifumi venait d'avoir un petit avertissement...

- Désoler, dis-le-moi si je te gêne avec mes commentaires.

Elle ria nerveusement avant de se mordre la lèvre doucement.
Fais attention pour faire bonne impression.
[ Hifumi & Lily ]
Faniahh/Lala/Cyalana


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Sans-Totem
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Sans-Totem
le Sam 12 Jan - 19:42
À peine cinq minutes, et te voici déjà en train de mentir.
Mais ta seule présence n’est-elle pas un mensonge en elle-même ? C’est le genre de question que tu te poses lorsque tu te retrouves seule dans le noir de ta chambre – pas lorsque tu es en face d’une amie que tu meurs de rencontrer, n’est-ce pas ? N’y pense plus.
Ferme les yeux, inspire, et d’un coup, tout ira mieux. Ça a toujours été le cas, ce n’est pas aujourd’hui que ça changera.

Hannya, contrairement à toi, ne t’a pas menti : elle est exactement comme sur les photos, comme elle s’est décrite par messages – tu n’avais même pas eu peur de ne pas réussir à la reconnaître. Son style n’est pas exactement comme ceux que l’on croise généralement dans la rue ; et tu trouves que ça la réussit bien. C’est vrai, elle ne t’a pas menti, elle n’a pas tenté de se cacher par peur. D’un coup d’œil, tu vois Hannya comme quelqu’un de fort.
Alors que toi… eh bien, tu restes fidèle au personnage que tu joues. C’est au moins ça.

« Je vais bien, merci ! » tu caches tes mains sous la table, simple habitude qui ne t’a jamais lâché. « Et merci aussi pour tout ça, » avec un regard appuyé vers les bonbons et les croustilles que Hannya venait de désigner, « c’est super sympa de ta part, tu n’étais pas obligée ! Ce sont mes préférés, en plus… »

En attrapant l’un des bonbons. En fait, ceux-là, tu ne les aimes pas vraiment – mais qui va s’en soucier ?
Pas toi en tout cas. Tu es trop occupée à ne prendre sur toi pour ne pas grimacer pour y penser, de toute manière.
Après que les paroles d’Hannya aient été traitées pas ton cerveau, tu te stoppes un instant – ce n’est pas rare qu’on te fasse des compliments, mais tu n’es jamais habituée à en recevoir – avant de rejoindre ton amie d’Internet dans son rire. Ça te réchauffe un peu le cœur, ça évapore un peu le stress.
Comme si rigoler pouvait tout résoudre.

« Ne t’inquiète pas, tu ne me gênes absolument pas ! » tu passes ta main derrière ton oreille comme pour ranger une mèche imaginaire. « Toi aussi, tu es beaucoup plus belle que sur les photos que tu m’as envoyées ! Ce style te va vraiment bien, tu es juste magnifique. »

Tu rigoles à nouveau, tout en t’empêchant d’en dire plus. Ce n’est pas la peine d’en faire trop, ça ne ferait que de briser ton masque. Tu attrapes un autre bonbon pour t’empêcher d’y penser.

« Ohlala… je me sens coupable de n’avoir rien amené ! Ces bonbons sont si bons… » tu en prends un dernier. « Laisse-moi te payer un café, pour me faire pardonner ! Si j’avais su, je n’aurais pas hésiter à ramener quelque chose également… »

(Tu parles vraiment pour ne rien dire.
Mais c’est ainsi que ça fonctionne entre vous, n’est-ce pas ? Tu n’as pas besoin d’en faire trop, ni pas assez, pas besoin de partir dans des débats – comme celui sur lequel vous vous êtes rencontrées – pour avoir une conversation intéressante avec Hannya. Arrête de stresser autant.)

« J’étais si surprise de savoir que tu habites Toronto ! Tu es la première personne que je rencontre sur Internet et que j’arrive à retrouver autour d’un café… » (mensonge). « Toutes les autres personnes que je connais vivent à des milliers de kilomètres, à l’autre bout du monde ! C’est juste tellement génial de pouvoir se voir… n’est-ce pas ? »

Tu grignotes ton dernier bonbon avant de reprendre :

« Tu veux qu’on reste ici à discuter ou tu préfères qu’on fasse un petit tour ? Tu connais bien Toronto ? Je connais des petits coins sympas, mais qui sont presque inconnus alors qu’ils sont magnifiques… »

Allez, tais-toi, maintenant.
Laisse Hannya parler un peu – tu vas l’étouffer à force de parler autant. Et puis, peut-être qu’elle n’est pas aussi bavarde que toi (que ton personnage), alors tu devras t’adapter.
FT. HIFUMI

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