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08/12/2018
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le Sam 8 Déc - 15:18
Sisel Horovice
Prénom Nom :Sisel Horovice
Surnom : Chaton de la part de Maciej. Sis de la part d’autre.
Age : 49 ans
Sexe : Féminin
Orientation : Hétérosexuelle
Origine(s) :Québéco-tchèque
Nationalité(s) :Canadienne
Métier/Etude : Productrice industrielle de grues en origami. Sinon, pour l’instant, en convalescence.
Groupe :Totem de compagnie.
Caractère
Pour le commun des mortels, il a toujours manqué une case à Sisel. Même quand elle avait 14 ans et que la faculté de Toronto avait accepté de la faire entrer dans ses locaux sous un régime spécial. Disons que Sisel ne comprend pas toujours le monde et que ce dernier le lui rend assez bien. Pour lui, elle est caractérielle, soupe au lait. Elle ne supporte pas qu’on ne remplisse pas sa part du marché. Rien que pour ça, elle peut grogner, tempêter, se fâcher, sembler exploser de colère. Elle ne comprend pas non plus qu’on ne comprenne pas. Vraiment, si elle a compris, avec un peu de bonne volonté, les autres peuvent comprendre. Elle n’est pas plus intelligente que les autres, non ? En fait si. Parce qu’on n’entre pas en fac à 14 ans. Aux yeux de Sisel, comprendre le monde s’avère plus compliqué que de comprendre la résolution algorithmique du jeu des tours de Hanoi. Tout a toujours tourné beaucoup trop vite dans cette tête bien faite de toute façon. C’est ainsi.

Ce qui définit aussi Sisel, c’est sa fierté. Tenez-le-vous pour dit, elle n’a jamais tort même quand elle a tort. Et impossible de la faire démordre, que vous soyez son père, son mari, son fils, le doyen de la faculté, un collègue ou un étudiant. Et puis d’abord, vous avez une preuve qu’elle a tort ? Plusieurs preuves ? Elles sont démontrées par la méthode scientifique ? Et quelle est la probabilité que votre avis soit faux, vous l’avez calculé ? Et le taux d’échec ? Et la corrélation ? (Attention, ce genre d’argumentaire peut être développé quand vous contredisez une théorie scientifique dont elle est sûre mais aussi lorsque vous affirmez que votre place de cinéma vous a couté douze dollars. Et que vous avez le ticket dans la main.) Bref, elle ne peut pas avoir tort. Ou alors elle n’avait pas toutes les informations en sa possession pour savoir.  C’est tout.

Superstitieuse au possible, la malchance peut venir de partout et de n’importe quelle tradition. Aussi Sisel n’aime ni les mardi 13 (tradition espagnole) ni les vendredi 13. Elle n’aime pas non plus se rendre au quatrième étage (tradition chinoise). Elle ne tuera jamais d’araignée sauf si elle souhaite déclencher la pluie (tradition finnoise), ne porte jamais de vert le vendredi, ne passe jamais sous échelle (tradition française) et chasse le mauvais œil en jetant du sel par-dessus son épaule gauche (pas la droite, attention). Vous n’arriverez pas non plus à la faire assoir à une table de 13. (C’est ainsi qu’elle a passé toute une table ronde aux Etats Unis … debout.) Et on pourrait continuer parce que la liste est longue, longue …

Sisel est aussi plutôt bavarde, à croire qu’elle parle pour elle-même, son mari et son fils réuni. Elle est assez expressive dans ses mots comme sur son visage et on lit en elle comme dans un livre ouvert. En prenant le pli, la parole n’a pas tant manqué dans la mauvaise période. Plus la raison. Elle est aussi complétement désordonnée, ses rangements relèvent d’un mystère pour son entourage.

Cela fait beaucoup de défaut. A croire qu’elle n’a pas ou peu de qualité. Et pourtant. Sisel est une femme affectueuse, très tactile. Extrêmement fidèle en amour et en amitié, elle a ses manières à elle de déclarer son affection et son amour. Intelligente, vive, elle est toujours très motivée et pleine d’entrain, elle n’a jamais rechigné à la tâche, c’est son éducation qui veut ça. C’est aussi une femme obstinée, qui va toujours au fond des choses (ou des murs, ça dépend si elle a tort ou raison, voir plus haut). Elle a un côté sensible aux arts assez surprenant, détecte des choses intéressantes dans la musique ou les arts picturaux, d’une sensibilité qui lui est propre. Pour d’autres choses, elle peut avoir la naïveté d’une petite fille et finalement des savoirs assez inégaux sur certains domaines. Ainsi, jusqu’à ses trente ans, Sisel était persuadée que manger le pépin ou le noyau d’un fruit faisait pousser ledit fruit dans son ventre.  Il a fallu toute la patience de Maciej pour lui expliquer que, non, ça ne se passait comme ça.

Cette Sisel là a des gouts bien tranchés. Elle aime les beaux livres, la musique de Maciej , a en amour la fille aux cheveux de lin de Debussy. Elle aime bien le sucré et les chats. Elle n’aime pas l’amer et l’exercice physique. Elle n’aime pas non plus les discours trop ampoulé et le manque de couleurs.

Cependant, il y a eu la catastrophe, l’évènement. Maintenant, plus personne n’est sûr de ce qui tourne dans la tête de la femme d’âge mûr.  On n’est pas bien sûr des dégâts qu’ont causés les grains de sable de sa vie. Seule Sisel sait. Et elle sait d’autant plus maintenant que sa raison revient et se consolide. Elle se sert encore de ce pseudo oubli d’elle-même, qui lui permet de faire fi de certaines conventions sociales sans être inquiétée, à agir sans inquiéter ce contre quoi elle se bat. D’être aussi égoïstement chouchoutée par son père, son mari, son infirmière gouvernante, son fils et sa peut être future belle fille et il n’y a pas de petit profit. Pourtant, elle évolue, son esprit est de retour, renforcé, en pleine forme après presque treize ans d’hibernation. La dernière crise des Totems lui a débloqué le dernier frein qui lui donnait son statue de folle. Sa parole est revenue, comme ça, sans prévenir, sans que ça n’ait le don de l’affoler ou de l’intriguer. C’était une juste suite.

Tiens, quand je vous disais que treize, ça portait malheur.
Totem : Vicomte
Avant de prendre sa forme définitive, Vicomte s’est pas mal cherché et Sisel avec. Après une petite enfance à osciller entre le ouistiti (et faire enrager Anshel parce qu’il escaladait les étagères de la librairie) et le lérot, il y eu un passage aussi de rhinocéros, sauf que rentrer dans la vieille maison familiale s’avérait plutôt compliqué. Même constat pour la version chamois, bouc markhor et la version bélier faisait peur à Hvezda. Habitué aux totems qui foncent dans le tas, quelle n’a pas été la surprise d’Anshel de voir Vicomte se fixer, enfin, en un énorme chat Maine Coon au pelage gris tigré.

Alors Anshel a cherché dans les livres de sa librairie consacrés aux totems mais aussi dans les livres de zoologie domestique. Il a d’abord appris que le Maine Coon était la race de chat la plus grande au monde.  Visiblement, l’idée de foncer dans le tas sans réfléchir en imposant son poids, ce n’était toujours pas oublié. Juste joliment détourné. Il avait aussi lu que les Maine Coon étaient des chats polydactyles (?) avec des poils sous les pattes, chose qu’il s’était empressé de vérifier.

Le livre sur les totems qu’il a ensuite consulté proposait cinq interprétations possibles à ce totem félin.  La première était la patience. Un regard sur sa fille en train de corriger les erreurs de son livre de mathématique de lycée à 12 ans lui rappela que cette interprétation n’était peut-être pas la bonne. Seconde interprétation possible. Esprit d’indépendance mais quand même un amour des relations sociales. Ça, oui, déjà, cela collait mieux au personnage. Ensuite, il y avait l’esprit d’aventure et le courage. Etrange, Sisel avait été plutôt casanière comme gamine. Et c’est ce qu’il pensait des chats aussi. Quatrième possibilité, l’introspection…. Remise en question, Sisel ? On parle bien de Sisel ? On oublie. Reste la curiosité. Ça, oui, aucun soucis, à ses yeux, Sisel est l’incarnation faite femme de la curiosité, son allégorie. Comme sa mère, avait-il pensé, en refermant le livre.

Chat au caractère de chien, complice des 400 coups de Sisel, Vicomte a toujours été fusionnel avec son humaine. C’est un félin joueur, plein de ressources, qui aime cependant son repos ronronnant. Leur relation s’est quelque peu étiolée dernièrement, suite aux événements. Sisel le boude à son grand désespoir, lui préfère le Chat, ce faussaire, ce remplaçant de bas étage tout de poil, d’os et de chairs. En plus, le Chat a tenté de boulotter Paloma une fois. Vicomte est un chat jaloux, ne l’aviez-vous pas remarqué ?

   Ressemblances avec son humain : Tout comme Sisel, Vicomte est bavard , très bavard. Il roucoule en miaulement à qui veut l’entendre et a souvent de longues, très longues discussions sans fin, sans queue ni tête aussi avec son humaine. Il est vrai aussi qu’une conversation humain –chat n’a jamais été particulièrement intelligible, même quand cela cause des probabilités statistiques. Comme elle, Vicomte est un chat câlin. Très câlin. Trop câlin. Complétement envahissant par moment mais il le vaut bien, c’est un Vicomte. Enfin, comme elle, encore, Vicomte est un être joueur et curieux. Pour fouiller et mettre le bazar, en général, ils s’entendent bien. Enfin, comme tous les chats, Vicomte à son indépendance. Comme Sisel.

   Différences avec son humain : Vicomte a la patience que Sisel n’aura jamais. La patience d’un Maine Coon, en somme.  Il est aussi plus calme et posé qu’elle et parfois fait plus preuve de sagesse qu’elle. Il est aussi bien plus arrangeant qu’elle et se plie sans râler aux contraintes que l’on peut lui présenter. Plus docile en soit là où, hors des mathématiques et de la recherche, Sisel a en horreur les cadres trop rigides.
Physique
Ce que l’on retient de Sisel lorsqu’on l’aperçoit, c’est sa silhouette petite, fine et diaphane, son physique de poupée de porcelaine à la peau blanche presque translucides et aux joues rosées que l’on croirait fêler si jamais, par mégarde, on l’avait effleuré d’un peu trop prêt. Elle n’a jamais été ni enveloppée, ni musclée, c’est avant tout un être d’intérieur, habituée depuis toute petite à la bibliothèque de son père puis aux salles de classe. A la naissance de sa fille puis sur la fin de sa vie, sa mère ne pouvait plus sortir pour raisons médicales et l’habitude est restée, après son décès. L’extérieur est resté ce milieu hostile et dangereux qui ne peut être source de bonheur. La silhouette dans son ensemble est presque trop maigre, ses épaules et ses hanches sont creusées, ses coudes très anguleux et marqué par l’os. Sisel a les traits d’une beauté fragile qui a maturé doucement pour aller vers sa moitié de siècle, conservée dans la naphtaline de son esprit embrumé.

Son visage fascine toujours ceux qui la croisent.  On note d’abord sa longue et imposante crinière blonde qu’elle n’a jamais coupé de manière franche, juste les pointes tous les ans et encore, sa patience étant réduite à néant par les brumes, il est rare que la coiffeuse arrive au bout du tour de ses mèches d’un joli blond doré, si bien que cette tignasse, imposante, lui descend aujourd’hui jusqu’au bas de ses fesses. C’est la raison pour laquelle on lui attache souvent en tresses et en lourd chignon. Parce que, paradoxalement, si Sisel n’a jamais eu l’idée d’éclaircir cette touffe, elle n’aime pas les sentir envahissant et dérangeant dans ses mouvements. Cette chevelure, c’est un legs de sa mère qui avait la même mais qui avait toujours préféré une coupe à la garçonne, presque trop courte.

Puis on s’attache à ses yeux en amande d’un beau bleu très clair et à son regard. Un proverbe dit que les yeux sont le miroir de l’âme. Ce n’a jamais été aussi vrai avec Sisel. Ses yeux sont un second langage, ils ont été toujours très expressif et permettent toujours à son interlocuteur de savoir le fond de sa pensée. Ils sont aussi incapables de mentir. Leur regard est tempétueux, pénétrant, sondant les âmes. Il marque, plus que les cheveux même. Suivent ensuite sur ce visage fin le nez, aquilin puis les lèvres finement dessinée d’une rose qui ressort sur sa peau.  Ses lèvres forment en général un air un peu neutre ou un discret sourire. Parfois, elles se tordent de colère. Cela arrive.

La perte de conscience a imprimé son paraitre au plus haut point. Son corps a été marqué par la perte de poids massive d’il y a treize ans. Ses longues mains agiles sont aussi émaillées de petites cicatrices d’engelures, ainsi que sur ses pieds. Il faut avouer que marcher pied nue dans la neige dans un hiver canadien n’a jamais été une bonne idée.

Du point de vue vestimentaire, les tenues de Sisel sont achetées par Maciej qui ne regarde pas vraiment les prix, peut-être par manque de conscience de la valeur réelle de ces vêtements. Il la préfère dans des jolies robes et des ensembles élégants de grands créateurs. Parfois se mêlent à ces pièces de luxe des pièces moins chères mais tout aussi luxueuses. Sisel aime les imprimés et les couleurs, être à l’aise donc les vêtements sont amples. Maciej a cependant pris soin d’en bannir le vert, suite à la mésaventure d’une certaine robe dont il a compris sans le comprendre le destin.

Le seul bijou que porte Sisel est son alliance, une jolie bague de platine, décorée sur le dessus d’alvéoles serties de tanzanites, la pierre de naissance de Sisel qu’elle affectionne et pense qu’elle lui porte bonheur
Histoire
Sisel est une fille d’universitaire née à la dernière demi-heure du dernier jour du dernier mois de la dernière année de la sixième décennie du vingtième siècle. A date spéciale, bébé tout aussi spécial. Sa mère, Clélie Horovice, est une jeune fille de la région du nord des grands lacs, à côté de la ville de Moosonee. Née dans une famille francophone, elle avait alors beaucoup voyagé avant d’atterrir à Toronto, son diplôme de doctorat en histoire de l’art en poche et un petit poste à la fac qui lui tendait les bras. Clélie avait sa niche, les enluminures et les livres d’heures, avec un amour tout particulier pour les riches heures du duc de Berry. Elle était lumineuse, enjouée, de par sa maladie consciente de la vacuité de la vie et de l’importance de faire ce qui nous plait maintenant. Si, comme une dame noble du moyen âge, Clélie aurait dû se munir d’une devise, cela aurait une citation du célèbre poème d’Horace : Carpe diem, quam minimum credula postero. Cueille le jour, et ne crois pas au lendemain.

Ce vers, elle a tenté de l’enseigner à son mari, Anshel Horovice. Fils de réfugiés juifs tchèques, ayant échoué de leur Bohème natale dans ces nouvelles terres du nord pour fuir toujours plus l’antisémitisme de l’Est et en retrouver un différent à l’Ouest, ce dernier, avant de reprendre sagement la librairie de ses parents, s’était attaché à rendre avec le plus grand des sérieux une thèse en littérature classique sur le ressort narratif dans les romans et les nouvelles de Conan Doyle ainsi que son impact dans la littérature policière moderne. Taiseux, taciturne, il avait doucement hoché la tête en étreignant son petit soleil avec des précautions infinies. C’est avec des précautions toutes aussi importante qu’il s’était occupé avec soin de sa fille, contrairement à ce que les mœurs de l’époque prévalaient. C’était la fille de Clélie. C’était sa fille. Elle était donc extrêmement précieuse et importante. Cette naissance, ils l’avaient réfléchi, prévu sous tous les points de vue si bien que Clélie s’était amusée à déchausser certaines lattes du parquet à la recherche de pièces d’or cachées par sa défunte belle-mère. Ce bébé, ils l’adoreraient et le choieraient le plus longtemps possible à deux. Elle et le petit totem qui l’accompagnera jusqu’à la fin de sa vie.

Malheureusement, la vie est cruelle. Le premier souvenir que Sisel a de sa vie lui prend souvent la gorge. C’est l’enterrement de sa mère, alors qu’elle vient d’avoir 5 ans. Cette image la choque profondément car c’est le seul moment où elle verra son père s’effondrer et pleurer longuement pour évacuer puis suivre doucement les étapes du deuil et remonter la pente pour se consacrer à son deuxième trésor. Il élève sa fille en solitaire, la gâte comme une petite princesse, lui donne son gout pour l’art. Il l’envoie aussi dans les meilleures écoles de Toronto, d’abord au jardin d’enfant puis l’école primaire. C’est dans ces écoles, où les enfants sont très encadrés que les aptitudes de Sisel pour les nombres et les mathématiques en général sont détectées. Sisel comprend vite, applique et corrige tout aussi rapidement, elle a des appétences  pour les savoir et de la curiosité à revendre. Elle s’avère aussi plus mature que ses camarades. L’école s’enorgueillit d’avoir une telle élève destinée à des brillantes études où elle pourra faire rayonner la réputation de l’école. On repère donc sa dominante, propose à Anshel d’aménager l’emploi du temps de sorte à ce qu’elle suive des cours particuliers en mathématique avec un professeur du lycée pour avancer à son rythme tout en ne délaissant pas les autres matières. Anshel réfléchit, se torture un peu l’esprit, tente un peu de spiritisme pour voir ce qu’en pense Clélie et finit par accepter.

A 14 ans, le professeur atteint ses limites et les questions de Sisel commencent à nettement dépasser ses compétences. On prend donc contact par réseau et entremise avec la faculté de mathématique de Toronto. Après discussion, on arrive à un accord. Sisel intègre un programme d’étude qui lui permet de commencer un premier cycle en mathématique tout en continuant à suivre le programme scolaire dans les autres matières qu’elle a choisi de présenter au diplôme. Ils feront office d’option et de matière mineure. A cet âge, Sisel comprend surement plus que son père ce que cela implique et c’est donc elle qui donne son accord. Vicomte le totem a enfin pris sa forme définitive en fin d'année dernière et c’est un chat à la longue queue en plumeau qui accompagnera son humaine dans ses nouvelles aventures. D’ailleurs, il a aussi participé au débat en miaulant à qui voulait l’entendre que ça lui semblait pas mal même s’il ne comprenait pas grand-chose à ce qui se passait.  La première année se passe plutôt bien et facilement même. Sisel en profite pour découvrir les lieux, se balader, squatter des cours qui ne sont pas les siens, se prendre la tête avec des doctorants sur des questions scientifiques. Déjà, elle se fait une réputation, elle, son chat d’âme et son fort caractère. En six mois, c’est une petite célébrité qu’on apprécie ou non mais que personne ne sous estimerait à cause de son âge. Cela tombe bien parce qu’elle arrive en deuxième année. Cette année se passe sous le signe du sérieux et de l’introspection. En effet, pour la première fois, Sisel se retrouve en difficulté, tout ne marche pas du premier coup et les choses se compliquent. Sisel grogne, Sisel enfouit sa tête dans la fourrure de Vicomte qui ronronne. Sisel va câliner son père. Puis Sisel revient à son tableau et essaie autre chose.

Sisel rencontre Maciej alors qu’elle a 18 ans. Elle est en première année de maitrise de mathématique spécialisée en algorithmique, c’est un jeune doctorant en science politique passionné de musique et de piano. Lui décuvait plus ou moins d’une soirée de la veille sur le campus. Elle coursait (parce que c’est le mot) son binôme parce que ce dernier avait rendu sa partie du travail en retard et que c’était ni fait, ni à faire. On ne sait pas ce qui a le plus marqué Mac. Voir passer un matin à 8h un petit brin de femme aux allures adolescentes de poupée, vociférant des menaces dignes de bikers à un étudiant de trois tête plus grand qu’elle qui s’éloignait d’elle pour fuir son courroux, à moitié habillé, complétement terrorisé, visiblement plus que de se prendre une mauvaise note pour un travail ni fait ni à faire. A croire que le professeur avait prévu cette scène et cette motivation supplémentaire pour un étudiant sur la mauvaise pente. Mac avait fini par intervenir pour l’empêcher de bouffer l’étudiant et l’apaiser mais aussi, naïf qu’il est, proposé son aide. Il s’était fait nommer secrétaire et avait dû passer la journée à taper le travail pour un travail sur un tout nouvel ordinateur, le NeXTcube. La journée s’était terminée autour de la fille aux cheveux de lin, joué sur un piano abandonné pour tenter de calmer la boule d’énergie.

Sisel et Maciej se cherchent, se grondent, se côtoient. Ils s’apprivoisent, tentent de se lier d’amitié, de se comprendre, se lient un peu trop, finissent par s’aimer maladroitement. C’est intense, fusionnel, tellement fusionnels que leurs totems s’apprécient énormément, comme une complicité inédites. On se berce, on se caresse, Sisel grogne contre les marques du corps de Maciej, elle aimerait le protéger, continuer à le voir sourire de la sorte, à ne plus avoir peur. Elle aimerait déplacer des montagnes, s’opposer aux Lis. Mais Maciej veut aussi protéger, Maciej ne veut pas qu’on s’en prenne à elle. Alors, quand il finit son doctorat et que les Lis le rappellent à Chicago, il ne peut que rompre à regret pour aller se conformer au désir de ses parents. Sisel tempête longuement, s’énerve, maudit les parents Lis et leur stupidité. Elle en veut au monde entier, à Maciej d’avoir cédé, à la richesse de la famille Lis. Elle le pleure, tente de juguler sa rancœur en mettant son savoir au service de l’internet. L’algorithmique est, après tout, une science assez proche. Sisel touche à tout, progresse, met un pied dans l’hacktivisme qui n’en est qu’à ses débuts.

Elle continue d’évoluer, obtient sa maitrise puis son doctorat avec les félicitations du jury. Columbia vient la recruter en tant qu’enseignante chercheuse. Sisel a besoin de quitter Toronto pour continuer à oublier. Anshel panique un peu, c’est la première fois que sa fille quitte la maison pour aller à ce qui lui semble à l’autre bout de la terre. Mais elle se sent capable alors il y va. Nouvel univers uniquement anglophone et plus internationale que celui de Toronto, il lui semble. Sisel se lie d’amitié avec des gens un peu comme elle, des gens qui réfléchissent beaucoup trop vite pour le commun des mortels. Ils ont son âge ou sont plus âgé qu’elle. Ils étudient des matières aussi diverses que la physique des particules, la topologie algébrique ou la biochimie. Leur proximité est stimulante, Sisel se plait dans cet univers. Elle fait aussi la connaissance de mentor, homme ou femme, qui la guident dans le monde merveilleux de la recherche. Ces gens sont souvent des vieux chercheurs ou des dames élégante en tailleurs qui ont connu une époque où un processeur occupait une pièce complète et pesait 4 tonnes. Sa meilleure amie reste Nanri Ootani, chercheuse en mathématiques discrètes avec qui elle fait les 400 coups.

Et puis, un soir, l’impensable se produit. Son directeur de chair l’envoie à une levée de fond pour le département de recherche, sous prétexte que certains donateurs préfèrent les mathématiques vendues par une jolie blonde que par un vieux barbu. Sisel grogne. Sisel proteste à cette allégation complétement sexiste mais elle finit par s’y plier parce qu’il faut vraiment qu’elle change la carte mère de son ordinateur de recherche pour un modèle plus puissant que celui qu’elle pourrait se payer avec son salaire de chercheuse. A la soirée, un invité prend place au piano. Ce pianiste, c’est Maciej. Il vient vers elle, Sisel se fâche, tempête encore, Vicomte fait le gros dos avec elle mécontent de ce retour providentiel. Ça s’enguirlande jusque sur le trottoir, elle tente de faire semblant mais c’est Maciej. Elle a tellement désiré ce moment. Alors elle cède, elle profite, elle observe, les grogne contre les nouvelles marques qui se sont ajoutées. Elle l’aime follement. Lui aussi. Alors dès qu’il le peut, il s’éclipse, la rejoint, ils vivent dans l’ombre de sa femme, ils s’aiment, ils sortent, ils goutent à la liberté. Sisel le soigne dès qu’il revient trop abimé, elle ne demande jamais le premier soir ce qui s’est passé. Maciej arrive parfois en plein milieu de la nuit, elle s’en fiche. Paloma est toujours accueillie par un Vicomte ronronnant.

Leur relation prend un nouveau tournant lorsque Sisel tombe enceinte. Maciej se croyant infertile et comme ils sont fidèles l’un à l’autre, ils n’ont pas fait beaucoup attention aux protections. Le plus gros travail de l’annonce a été d’expliquer par a+b et preuves scientifiques d’examen à l’appui que non, il n’est pas stérile. Il lui faut du temps et une Sisel chaton qui lui répète qu’il est le pire médecin au monde et qu’heureusement, d’ailleurs, qu’il ne l’est pas médecin, pour qu’il se fasse à cette idée. Cette naissance  remet aussi pas mal de chose en questions. Ils ne peuvent plus vivre au jour le jour, au hasard des arrivées de Maciej. Avec cette naissance, il y a certaines choses qu’il faut revoir et prévoir, il faut anticiper. Parce que cet enfant, même s’il est surprise, ils vont le garder. C’est un cadeau du ciel aux yeux de Maciej et Sisel n’a pas contredit cette allégation pour une fois. Outre les questions métaphysiques, il y  a des choses plus prosaïques. Plus possible d’habiter dans le petit deux pièces avec un bébé. La place manquera inévitablement. Maciej ne veut pas que son amante et son fils manquent de quoi que ce soit. Il ne veut pas qu’ils soient triste comme il l’a été et si l’argent n’est pas l’unique raison, il en est la preuve vivante, il en reste une condition sine qua none. Maciej déménage donc Sisel dans un grand appartement dont les fenêtres donnent sur Central Park. Il s’attache aussi les services d’une gouvernante, la sachant peu à même de réaliser les tâches ménagères avec soin ou même juste ranger. Il soupçonne même Anshel de passer mensuellement dans l’appartement de sa fille pour y faire un ménage à fond.

Dès lors, la vie de Sisel se partage entre deux ambiances assez différentes. Quand Maciej est présent, la vie est douce et calme, apaisée. Ils passent du temps à deux, du temps à trois. Sisel l’encourage à prendre Abishai seul pour faire des trucs entre eux deux, qu’ils aient leurs propres souvenirs. Que même si Maciej est absent aux fêtes « importantes », que cela ne manque pas à Abishai, qu’il ne ressente pas l’absence qu’elle a ressentie au décès de sa mère. Quand il est obligé de retourner chez sa femme ou auprès de ses parents, la vie de l’appartement devient une émulation scientifique constante où des amis scientifiques passent, se pose, repartent en permanence. Certaines têtes sont des habitués. Nombreux sont ceux qui s’occupent beaucoup d’Abishai quand Sisel doit aller « sauver le monde des mathématiques », fin de  citation. On théorise, on construit, on invente, on s’amuse, on joue, on emprunte les jouets d’Abishai pour tester la théorie, Abishai qui boude parce qu’en bon enfant unique, il n’aime pas prêter. L’appartement newyorkais prend des allures de salons du XVIIIème siècle  et la chambre d’ami est rarement inoccupée. Sisel apprécie cette ambiance, s’y love. C’est sa période la plus productive en matière de recherches et de publication.

Le bonheur dure treize ans. On ne sait comment, la femme légitime de Maciej découvre son existence et celle d’Abishai. Sisel a offert à Maciej ce qu’elle lui avait toujours interdit et refusé, un enfant.  La  colère des Lis doit s’abattre sur elle. Elle ne sera pas frontale mais insidieuse et foudroyante.  Il faut s’assurer de détruire cette poche de liberté que l’homme s’est construit dans son dos, cette poche secrète. Cerner Sisel ne coute pas très cher en honoraire d’avocat et en détective privé. C’est une personnalité publique du monde de la recherche, sa vie scientifique s’étale régulièrement dans de grandes publications. C’est donc là que la famille Lis décide de l’attaquer pour supprimer de l’environnement, la rendre inexistante. La faire disparaitre. En à peine deux mois, Sisel perd tour à tour Maciej, parti pour une providentielle tournée d’un an au Japon, ses partenariats, attaqué au portemonnaie par le consortium Lis,  l’appartement et la gouvernante, parce que l’argent n’arrive plus et qu’il faut bien payer les factures. Les derniers coups de grâce sont la perte de son poste à Columbia, suite à un ubuesque conseil d’administration de la faculté et sa crédibilité de chercheuse parce qu’attaquée en procès pour plagiat par des chercheurs d’une université d’Europe de l’Est qu’elle ne connait ni d’Eve, ni d’Adam.  Sisel encaisse tant qu’elle peut. Pour Maciej, pour Abishai. Elle se démène tant qu’elle peut mais son esprit n’accepte pas cette mise à l’écart et les pensées les plus noires la traverse.  Quand son père arrive à New York, en trombe, parce qu’il n’a plus aucune nouvelle de sa fille, elle est sur le point de perdre la garde de son fils et a passé déjà plusieurs nuits dans la rue alors que l’hiver s’annonce particulièrement rude sur la grosse pomme. Anshel n’attend pas Maciej ou une autre arrivée providentielle, il l’avait bien dit : la colombe, c’est joli mais cela ne sert à rien.  Il rapatrie tout le monde à Toronto en récupérant le peu de chose qui peut l’être dans les affaires de son petit-fils et sa fille.

Sisel ne semble pas reconnaitre la maison de son enfance quand elle passe la porte de la maison de Sorauren Avenue. Son esprit est très affecté par ces événements et se ferme complétement pour se préserver et se protéger. Elle en perd l’usage de la parole et sa sagesse d’adulte, oscillant entre passivité placide et inerte et crise de colère ou de panique. Elle se met de nombreuses fois en danger, déboulant pieds nus en pleine rue à la recherche de Maciej ou de son fils alors à l’école. Anshel tente au début de la gérer seule à l’aide du médecin généraliste, d’un psychiatre qu’il paie à prix d’or et de livres qu’il lit sur le sujet mais il est bientôt dépassé. Sa fille est hospitalisée de nombreuses fois, pendant des périodes plus ou moins longues parce que malgré ses moyens, il n’a pas la capacité financière de la mettre sur une longue durée dans une maison de repos. Il a peur aussi que l’éloignement et l’absence de ses repères n’aggravent son état  mental déjà précaire. Vicomte lui a complétement disparu, Sisel est bien trop malade pour le laisser apparaitre et prendre forme devant elle. Son absence pèse à Abishai avait l’habitude de voir l’ombre duveteuse du chat à ses côtés. Ada se fixe d’ailleurs en louve à cette période. Autre pelage.

Maciej mettra du temps, beaucoup de temps pour retrouver sa famille. Comprendre ce qui s’est passé, que sa famille et sa femme légitime est à la manœuvre est au début compliqué. Mais il s’accroche, ils sont sa raison de vivre et il est mort d’inquiétude. Il finit par frapper à la porte de la librairie deux ans plus tard après les événements, est accueilli par un Abishai furieux et un Anshel plus glacial que d’habitude. Maciej tente d’expliquer, comprend assez vite qu’Anshel est à bout de nerf et qu’il ne pourra pas gérer sa fille plus longtemps à son âge. Il prend le relai. Avant ça, il prépare le terrain. Il divorce d’avec sa femme, il fait reprendre par ses avocats cette fameuse plainte pour plagiat toujours au point mort sans être classée pour montrer sa caducité et attaquer en retour les plaignants pour diffamation. Il pense que restaurer l’honneur de Sisel sera un premier pas pour elle vers un retour à la normal et un espoir de guérison. Il arrête les tournées, rapatrie son travail dans la finance à Toronto pour être près d’eux. Il prend son aimée en charge complétement, s’occupant d’elle tout en continuant sa carrière, lui faisant consulter ce qu’il y a de mieux comme spécialiste. Mais Sisel ne va pas mieux. Pire même, son état s’empire, elle est de plus en plus apathique. Parfois, il devient impossible de la nourrir. Mais Maciej s’accroche.

Au bout de 2 ans, épuisé physiquement et moralement, il se décide à embaucher une infirmière à domicile. Après une dizaine d’essais contreproductifs, il trouve la perle rare, Nadia Lyssenko qui prendra le relai auprès de Sisel, pour veiller complétement sur elle mais aussi effectuer un travail de gouvernante à la maison, étant donné que Sisel ne sort pas. C’est la première, parce qu’extérieur au cercle familiale, à s’apercevoir que la blonde n’est surement pas aussi « folle » qu’elle ne le laisse transparaitre. Qu’elle reste dans son apathie parce qu’après tout, Maciej ne la quitte pas et reste à ses côtés en quasi-permanence. C’est elle qui incite son nouveau patron à aller prendre l’air. Mac réfléchit, se renseigne, recontacte son agent pour de nouvelle tournée.  Il disparait un peu pour se refaire une santé et pouvoir mieux revenir. Pour oublier aussi que son fils tant aimé le déteste plus que tout. Sisel ne comprend pas bien, n’a pas conscience vraiment de cette haine dont elle est la cause et qui plonge son époux dans une mélancolie profonde. Elle n’arrive pas à voir que la bouderie de son fils est plus qu’une bouderie, justement.

Sisel alterne les périodes d’activités et les périodes passives. Tous les matins, Abishai lui écrit le fameux message sur le bras. Elle n’a plus trop conscience des jours, des événements. Elle découvre la présence du Chat un an après son achat par Maciej. On a plus besoin d’elle pour que le monde tourne, on a plus besoin de son cerveau et de sa sensibilité. Son esprit reste donc claquemuré au plus profond de son être. Brusquement pourtant, le temps la rappelle à l’ordre. Maciej a un accident. Tout le monde dit que c’est un accident mais les mots et les pensées ne semblent pas un accord. Maciej revient à ses côté. Maciej doit aller bien, c’est très important, il n’a pas le droit de l’abandonner, pas encore. Alors Sisel plonge dans ses habitudes et sa superstition. Au Japon, il parait qu’il faut plier 1000 grues pour voir son vœu exaucé. Alors Sisel plie des grues. Beaucoup. Enormément. Des fois, elle embauche Mélodie, sa nouvelle belle fille pour l’aider. Elle en plie dans tout et n’importe quoi, dans les papiers qui trainent, les prospectus, les brouillons et les articles d’Abishai, les partitions de Maciej. Parfois, encore, son esprit se réveille et elle cache des idées, des nombres, des équations dans ses jolies grues qu’elle numérote pour ne pas perdre le compte. Elle doit protéger Maciej de sa famille et du reste du monde. Puis il y a l’attentat, Abishai est gravement blessé, Maciej aussi. Nouveau décompte de grues pour un second vœu. Il en faut donc 2000.  Maciej finit par lui offrir des stocks de feuille à origami qu’il importe directement du Japon. Sisel plie. Encore et encore, inlassablement.

Sa guérison « miraculeuse » officielle a lieu lors du bug des totems. Elle retrouve l’usage de ma parole en murmure et son autonomie totale. Nadia reste quand même à proximité parce qu’elle reste sous traitement médicamenteux. Par contre, Maciej est encore blessé donc il faut maintenant faire 3000 grues. Ne vous moquez pas, ça a marché. Il n’est rien arrivé de grave à Abishai comme demandé dans l’une de ses grues. Donc ça a marché.

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