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Totem de poche
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Totem de poche
le Sam 8 Déc - 18:02
Daddy cool, sugar daddy
Deux mois. Un long mois dans le brouillard à contempler un espace qui reste béant. Chaque geste est dénué de sens, tout comme chaque pensée manque de quelque chose. Des jours qui défilent en le narguant, puis un autre mois s’ensuit. Le brouillard commence à se dissiper mais le trou reste là. Au fond s’y amasse une colère sourde, vaine tentative de faire taire ces questions. Pourquoi ? Pourquoi ? Personne n’a de réponse et il en veut à tout le monde. Réaction somme toute commune face à l’inconnu et l’incompréhension.

Kalem est paumé, comme beaucoup depuis deux mois. Il vit au jour le jour, répétant cette routine qu’il a tissée depuis quelques années. Il essaye de ne pas trop penser à avant et laisse son deuil en suspens. A vrai dire, il ne fait même plus attention à la date et son job tourne au ralenti ; il répond une fois sur deux aux annonces qui font vibrer son téléphone portable – la prochaine facture sera d’ailleurs probablement difficile à payer – et ne sort qu’à reculons. Il n’a pas franchement envie de voir son expression sur les visages qu’il croisera alors il va à l’essentiel. Il en oublie même de faire ses courses et ses réserves de pâtes, riz et boites de conserve dépérissent peu à peu.

Cette fois est un jour comme un autre, sauf que les placards sont vides. Même son coloc’ actuel n’a pas fait l’effort de les regarnir. En fait… il ne l’a pas vu depuis un moment, à bien y réfléchir. Il ne sait plus depuis quand, mais un long moment. Un court instant, il se demande s’il ne devrait pas s’en inquiéter, mais il balaye vite cette pensée d’un haussement d’épaule. Au fond, il s’en fout. Ce qui l’ennuie un peu plus, c’est la faim qui s’installe. La sortie va devenir obligatoire, ne serait-ce que pour se mettre un truc sous la dent.

Le nez caché dans son écharpe, Kalem se décide à mettre le pied dehors. Evidemment ça caille, mais il n’a pas l’intention de lambiner sur place. Sa destination n’est pas toute proche, il a plutôt intérêt de se dépêcher s’il veut arriver avant la fin du service. Il a décidé d’y aller à pieds cette fois, la flemme de descendre son vélo. Les minutes défilent au même titre que les rues et il finit par arriver devant un petit café qui ne paye pas de mine mais où il sait pouvoir trouver un plat chaud et pas dégueu. Pourquoi ce café en particulier alors qu’il y a des restaurants plus proches de chez lui ? Il ne sait pas trop, peut-être le besoin de voir une tête familière en ayant un prétexte autre que la simple envie. Au moment d’entrer, Kalem se demande si c’est une bonne idée ; après tout il n’a pas forcément envie de s’étendre sur ce qui s’est passé en septembre ni sur la façon dont il le vit… mais avec un peu de chance on le laissera en paix.

La faim l’incite à pousser la porte sans plus tergiverser et il se fait happer par une vague de chaleur. Le contraste avec l’extérieur le fait frissonner et il enlève rapidement gants, bonnet, écharpe, ne gardant que son manteau sur le dos. Un coup d’œil rapide au comptoir lui permet de constater que Myles est déjà occupé. Il lance un « bonjour » avant d’aller s’installer à une table dans un coin de la salle pour se débarrasser du reste de ses affaires, puis il cherche du regard l’ardoise où est indiqué le plat du jour et le juge à son goût. Dès qu’il voit que le comptoir se libère, il se relève et va s’y accouder pour passer commande. Un rictus forcé et il lève les yeux vers le gérant.

« Salut Myles. Il reste des trucs à manger ? »

En voyant sa tête, Kalem a le sentiment qu’il serait capable de rouvrir la cuisine pour nourrir un pauvre mec affamé, mais ce genre d’attention ennuie le coursier plus qu’autre chose…

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le Lun 10 Déc - 11:58
« Daddy cool, sugar daddy »
Feat. @Kalem Brock
Nova n’est plus là…

Depuis ce fameux 29 septembre, depuis le coup de folie des totems, elle n’est jamais revenue… Ce jour-là, vous étiez tranquillement à la maison. Pendant que Lys était en train de dessiner devant la télévision, tu préparais le dîner. Ce sont les cris de ta fille qui t’avait sorti de tes pensées. Pensant d'abord qu'elle était en train de jouer, tu finis par te retourner pour la retrouver au sol. Son totem, qui avait régulièrement la forme d’un ouistiti, était sur son ventre en train de lui donner des gifles. Relâchant rapidement ton couteau, tu commençais à venir vers elle, n'entendant pas le grognement près de toi. Mais une violent douleur se fit ressentir autour de ta cheville, t'arrêtant net. Les crocs de Nova te maintenait fermement pour t’immobiliser… Ta fille était en danger et tu n’avais pas de temps à perdre avec des états d’âme pour des totems complètement fous. Tu envoyais valser Nova qui poussa un couinement quand elle tapa contre le meuble de la cuisine. Puis tu fonçais sur Lys, oubliant la douleur à la jambe. Tu pris ta gamine sous le bras pour aller t’enfermer dans la salle de bain.

Parfois tu te demandes si Nova n’est pas partie justement parce qu’en la repoussant tu l’as blessé… Derrière ton bar, tu grattes ta nuque en soupirant. Depuis cette journée tout est devenu plus difficile. Même si ta jambe a rapidement guéri après quelques points de suture et des jours de repos, ce n’est rien à côté de la souffrance morale que tu endures. Tu n’aurais jamais imaginé que la vie sans totem puisse être un vrai calvaire, ce vide dans ton coeur devient un peu plus pesant chaque jour. Tu ne te sens plus vraiment entier depuis ce jour, même le décès de ton épouse ne t’avait pas mis dans un tel état, et pourtant on peut dire que tu en avais bavé. Lys quant à elle a eut la chance de voir Ava revenir à ses côtés, mais il lui a fallut du temps pour lui pardonner. Les premières semaines n’ont pas été faciles, ta fille refusant de garder son totem, que celui-ci la touche ou ne l’approche… Et toi qui a perdu la capacité de voir les totems, tu avais l’impression d’arbitrer un combat entre Lys et un fantôme… Heureusement depuis quelques jours le calme semble être revenu. La confiance n’est pas entièrement rétablie et ta progéniture refuse de dormir seule, mais tu sens qu’il y a du progrès dans leur relation.

Un de tes clients finit par te sortir de tes pensées, t’obligeant à t’activer pour lui préparer un café. Tellement pressé d’ailleurs que tu ne remarques pas l’arrivée de Kalem qui s’installe dans un coin. Les cheveux noués en arrière, tu souffles vers le haut pour repousser une mèche rebelle. Tu glisses la tasse face à ton client qui te remercie pour aller s’asseoir et tu profites du calme pour détacher ta longue tignasse bouclée et faire un nouveau chignon. Tes yeux se posent alors sur un Kalem plus pâle que d’ordinaire, et peut-être un peu plus mince ? Tu ne saurais dire exactement.

- Bouge pas.

Tu le laisses là alors que tu files dans la cuisine pour constater que ton chef est déjà en train de tout nettoyer. Tu lui demandes s’il reste encore un plat de lasagne, et elle t’indique le four maintenant au chaud ce qui doit te servir de repas. Tu souris pour la remercier avant de prendre le plat encore un peu chaud et de revenir en salle. Comme à chaque fois, tu évites de regarder le coussin vide de Nova, et vient vers Kalem pour déposer le plat face à lui.

- Tu as de la chance qu’il nous reste du rab. Tu veux quelque chose à boire ?

Tu as appris à mentir au jeune homme, pour éviter qu’il ne se sente trop couver ou tout simplement qu’il pense que tu le prends en pitié. Tu as toujours été du genre à aider les gens, et surtout offrir une deuxième chance à ceux qui n’ont pas toujours fait les bons choix dans leur vie. Mais la plupart d’entre eux sont malheureusement bien trop fier pour avouer qu’ils ont besoin d’aide, ou tout simplement pour saisir la main qu’on leur tend.

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le Mar 11 Déc - 13:29
Daddy cool, sugar daddy

Hochement de tête. Maintenant qu’il est là, il ne va pas bouger tout de suite, non. Et pendant que Myles s’absente dans la cuisine, il balaye lentement la salle du regard. C’est étrange, tout parait normal, la vie suit son cours comme si de rien n’était et, pourtant, quelque chose cloche. A commencer par un coussin qui, il y a quelques mois encore, servait de panier au totem du trentenaire. Quand il n’y était pas, Kalem s’était habitué à le voir roder entre les tables, parfois suivi de Blue. Mais, cette fois, le berger allemand n’est nulle part. Kalem ignore si Myles l’avait perdu ou s’il le gardait en lui – par précaution – et n’est pas certain de vouloir une réponse à cette interrogation.
Quant aux clients, Kalem reconnait quelques habitués, nombreux étant des membres des forces de l’ordre qu’il s’efforce d’éviter, et leurs expressions d’ordinaires assez joviales se sont assombries pour beaucoup d’entre eux. Les séquelles de l’attaque sont encore bien visibles, personne ne parvient à oublier. Et comment pourraient-ils le faire, avec ce manque constant qui leur noue l’estomac et les empêche de dormir ? C’est leur âme-même, tout comme celle de Kalem, qui a été touchée. Et ce type de blessure est bien plus profond qu’aucune autre.

Le bruit d’une assiette qu’on pose devant lui le fait se retourner alors que son regard vient de terminer sa course par une seconde pause sur le coussin. L’odeur du plat de lasagnes monte jusqu’à lui et lui rappelle à quel point il est affamé. Sans plus de cérémonie, avec juste un « Merci. » étouffé par la première bouchée, il goûte ce que le patron lui propose. God dam nit ce que c’est bon ! Les spasmes de son estomac enfin nourri sont presque douloureux et réclament la suite. Kalem prend cependant le temps de suspendre sa fourchette pour acquiescer à la question qui vient de lui être posée.

« Ouais, je veux bien si t’as une bonne bière… sinon un coca. Et un café, après. »

La caféine, il en a besoin en ce moment, avec ses insomnies.
Kalem ne se rend pas compte de l’image de morfale qu’il renvoie, ou plutôt il s’en fiche. La moitié du plat est engloutie en cinq secondes chrono ; il prend un tout petit peu plus son temps pour l’autre moitié car c’est vraiment bon et il veut en profiter.
Tout en mangeant, il sent un regard qui pèse sur lui. Il sait que Myles l’observe attentivement mais c’est un moindre mal avec ce qu’il lui a apporté. Il fait mine de rien et termine son plat sans piper mot.

Les débuts entre eux avaient été plus ou moins chaotiques pusiqu’à cette époque, encore mineur et sous la responsabilité de ses parents, Kalem s’était fait arrêter et Myles lui-même l’avait placé en garde à vue. Il l’avait baratiné jusqu’à ce que ses vieux se pointent, et même un peu après, sur les possibilités qui se fermaient devant lui à cause des choix qu’il faisait. Rien de mieux pour faire lever les yeux au ciel à un ado de 15 ans.
Kalem s’était arrangé pour ne plus avoir affaire à lui mais, visiblement, le destin avait décidé de se moquer de lui puisqu’il est retombé sur Myles deux ans auparavant… dans ce café. Il avait fait une drôle de tête à ce moment, s’attendant à tout sauf à tomber sur un ancien flic reconverti en barman. Il a failli faire demi-tour ce jour-là, mais le besoin d’argent a eu raison de sa fierté et il a accompli son boulot jusqu’au bout, à savoir déposer un colis sur le comptoir et récolter une signature.
Après, il ne se souvient plus trop comment il s’est retrouvé à y passer de temps en temps, surement les livraisons encore. Ils ont fini par discuter et Kalem a décidé d’y retourner juste pour un café. Depuis, il s’accomode à peu près de se faire couver du regard, même s’il ne l’avouera jamais.

Un verre de bière dans la main droite, la gauche qui pianote sur le bar – il a abandonné sans crainte ses affaires à la table, qui irait les lui piquer dans un repaire de flics ? – il garde le regard braqué sur le mur devant lui pour ne pas croiser celui de Myles.

« Alors, les affaires, ça tourne ? »

On peut alors parfaitement lire sur son visage l’expression du Putain Kalem, t’avais pas plus con comme question ?, avant qu’il ne se recompose un faciès plus neutre. Il aurait mieux fait de la fermer, payer et partir ; maintenant il faudra assumer d’avoir engagé la conversation.

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Dernière édition par Kalem Brock le Lun 7 Jan - 10:15, édité 1 fois
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le Sam 29 Déc - 12:06
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Feat. @Kalem Brock
Quand tu reviens, tu retrouves le jeune homme en train de contempler la salle du regard. Celui-ci s’attarde l’espace d’une seconde sur le coussin de Nova, juste assez longtemps pour que tu le remarques avant qu’il ne revienne vers toi. Tu évites de jeter toi aussi un coup d’œil, sentant déjà ton cœur qui se serre dans ta poitrine. Mais la vue de Kalem enfournant les lasagnes comme s’il n’avait pas mangé depuis des jours finis par t’arracher un léger sourire.

- Prends le temps de mâcher un peu, autrement tu vas t’étouffer.

Tu as l’impression de revoir ta fille quand tu lui fais son plat préféré à la maison. Elle le mange tellement rapidement de peur de ne pas pouvoir avoir du rab… Ce qui est un peu étrange, puisque vous n’êtes que tous les deux à manger, elle aura forcément une deuxième part si elle le demande, vu qu’en bon père tu n’irais pas lui manger. Ça aurait été sûrement différent si elle avait eu un frère… Tu soupires légèrement à cette pensée. Depuis quelques temps ton esprit aime te torturer, la perte de Nova ravive la perte de ton épouse. Heureusement que tu as toujours Lys, autrement tu ne serais sûrement pas rester dans ce monde.

Tu te retournes pour prendre un verre et le remplit doucement avec de la bière avant de déposer la boisson devant le garçon. Tu attendras le dernier moment pour faire son café, histoire qu’il n’ai pas à le boire complètement froid. Pourtant, tu te doutes que cette jolie blonde sera bu aussi rapidement que le plat de lasagne qui a déjà disparu. Tu observes Kalem, qui comme souvent tente d’éviter par tous les moyens ton regard. Tu ne sais pas vraiment ce que ça changerait qu’il plonge ses yeux dans les tiens, après tout tu ne vas pas non plus le changer de statue de pierre. Il a peut être tout simplement peur qu’en faisant ça, tu le prennes comme une autorisation à le questionner ? C’est vrai que tu as beau le côtoyer depuis près de deux ans, tu ne sais finalement pas grand chose de sa vie. Tu sais que c’est un coursier, qu’il dort dans un lit et… Qu’il aime ton café. Peut être un peu ta gentillesse aussi, autrement il ne reviendrait pas. Mais à part ça… Tu évites de poser trop de questions, tu as déjà essayé et en plus de n’avoir rien appris, il s’est complètement fermé.

- Comme tu vois, j’ai toujours autant de monde. Même quand la vie va mal, les gens ont visiblement besoin de se retrouver autour d’un café. Ou de boire une bière.

Tu souris en coin pour cacher ta tristesse. Ton regard bloque un instant sur lui, comme pour savoir comment il a pu vivre la journée de disparition des totems, avant de revenir sur le reste de la salle. Même s’il y a des rires, que l’ambiance est conviviale, tu as toujours l’impression qu’un truc flotte dans l’air, empêchant de réellement se détendre. Tu espères cependant être le seul à ressentir cette sensation, la mettant sur le compte de la perte de ton totem. D’ailleurs, tu ne sais pas vraiment ce qu’il en est pour Kalem. Vous n’avez pas eu l’occasion de vraiment en discuter avant, et comme tu n’as plus la capacité de voir les totems en plus d’avoir perdu Nova… Un long soupir s’échappe alors que tu te tournes pour te servir un coca bien frais. Tu n’aurais pas été au travail, tu aurais très certainement suivi Kalem avec une bière.

- Et toi, les affaires ?

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le Lun 7 Jan - 12:12
Daddy cool, sugar daddy

Le conseil de Myles n’est qu’à moitié entendu, encore moins écouté et, pour son application, il faudra revenir. Les lasagnes étaient vraiment délicieuses, rien à voir avec les dernières conserves ou pâtes premier prix qu’il avait dû réchauffer après avoir fouillé tous ses placards quelques jours auparavant. La bière servie après est bonne, il prend un peu plus son temps pour finir de se rassasier.

Kalem profite de sa réponse pour faire un nouveau tour de salle, il se sent un peu mal à l’aise. Ses yeux se fixent ensuite au comptoir et il hoche la tête en acquiescement, avec un son de gorge affirmatif. Puis il lève la tête, le regarde se servir un coca sans trop y faire attention. Invariablement, ses pensées reviennent à Blue. Son totem aurait déjà grogné à le voir déprimer sur sa bière, mais en même temps cela ne serait probablement pas arrivé s’il était encore là.

Son attention revient au présent. Ses affaires à lui ? En ce moment ce n’est pas glorieux, mais c’est principalement de sa propre faute. Il laisse beaucoup d’appels sonner dans le vide, ne rappelle pas malgré les messages vocaux insistants et supprime même certains textos sans les lire. Ouais, on peut dire que ça rame grave, mais il n’a pas le droit de s’en plaindre. Et puis il va être temps de s’y remettre un peu plus franchement, ne serait-ce que pour pouvoir payer son prochain loyer. Ça risque d’être un peu difficile au début, surtout après avoir fait le mort pendant deux mois, mais il sait toujours qui contacter pour relancer la machine. Pas ce qu’il y aura de plus légal, mais Myles n’a pas besoin de le savoir. Alors il boit quelques gorgées de bière, puis hausse les épaules.

« C’est… calme. Mais j’ai l’impression que ça va repartir dans pas longtemps. »

Il pense surtout au nouveau marché noir qui se développe suite aux derniers événements. Il devrait pouvoir y trouver de la clientèle ou un embaucheur s’il cherche bien. Pas la peine de s’étendre trop sur ce sujet, l’ancien flic se doute déjà probablement que ses livraisons ne sont pas toujours bien clean et Kalem n’a pas la tête à écouter un sermon en ce moment.

Cette fois, il accroche son regard sur Myles et le détaille avec une application concentrée. Son examen n’est pas très rassurant, ses traits lui semblent plus fatigués que d’habitude, les cernes peut-être ? Et pourtant, il continue d’afficher cet air bienveillant, comme s’il ne voulait inquiéter personne. Kalem soupire, termine son verre et le repose doucement sur le bar.

« Te vexe pas mais… toi aussi t’as l’air d’avoir besoin d’une bonne bière. Ou d’un café, à la rigueur. »

C’est presque une invitation, allez pose-toi un instant, surtout qu’il va devoir lui préparer le café commandé.
Des rires qui montent d’une tablée lui font tendre l’oreille. Il y a toujours des gens pour apporter une certaine convivialité quand les choses vont mal. Ce sont sûrement eux qui ont raison d’ailleurs, à ne pas se laisser abattre par leurs malheurs personnels. Le jeune coursier attrape l’expresso que Myles lui sert et trempe ses lèvres dedans. L’atmosphère du lieu le réchauffe un peu, il a l’impression qu’il pourrait parler un peu plus, rien qu’une fois, juste pour voir. Mais il n’est pas très doué pour la conversation cordiale, surtout avec lui. Et puis tant pis, le sujet est déjà presque sur le tapis, il faut simplement mettre des mots dessus.

« Le tien aussi est parti ? »

Il lance ça en retenant son souffle, presque d’un air je-m’en-foutiste calqué sur sa voix et son visage. Il ne veut pas montrer la douleur que ça lui cause, il ne veut pas que Myles comprenne sa détresse et, pourtant, il lui en parle en quête d’un certain réconfort. Il sait qu’il n’est pas le seul, mais en discuter avec une connaissance pourrait peut-être un peu alléger la peine.

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le Mar 15 Jan - 14:59
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Feat. @Kalem Brock
Tu acquiesces doucement quand il te dit que les affaires ne tarderont pas à repartir. Pas que tu comprennes réellement ce qu’il pourrait sous entendre, mais avec l’attaque des totems, pas mal de commerces ont été en stand by. Certains pour cause de rénovation, et d’autres tout simplement parce qu’il n’avait plus de clientèles. On dit que la déprime encourage les achats, mais la peur les empêche de sortir.

Tu bois une gorgée de ton coca, frissonnant en sentant la fraîcheur pétillante dans ta bouche. Quand tu entends le verre de Kalem se posant sur le bar, tu ne peux t’empêcher de tourner les yeux vers le son. Puis il vient te dire que tu aurais sûrement besoin d’une bonne bière ou d’un café… Une façon gentille de te dire que tu as une sale gueule ? Lui qui ne semble pas vraiment se préoccupé des autres, tu es presque touché qu’il t’accorde cette petite remarque. Tu poses le verre sur le comptoir, léchant tes lèvres délicieusement sucré. Tu enchaînes le café après sa bière vide. Lui tournant le dos pour pouvoir prendre une tasse alors que des rires dans la pièce se font entendre. Tu reviens vers lui, servant le café avant de poser la tasse sur une petite assiette avec un chocolat. Il t’arrive de faire plutôt des gobelets, suivant la mode des Starbucks et Mc Donald, ce qui arrange bien tes anciens collègues lorsqu’ils passent en coup de vent. Mais tu sens bien que Kalem n’est pas que là pour un rapide salue. D’ailleurs, il ne te fait pas de remarque sur la tasse, il se contente de la porter jusqu’à ses lèvres, que tu fixes durant une seconde.

Tu commences à débarrasser devant lui, récupérant l’assiette pour y mettre dedans les couverts et le verre fraîchement vidé. Tu soulèves le tout pour le déposer plus loin avec la vaisselle sale, mais il te pose LA question. Celle que tu ne voulais pas vraiment entendre, et que tu pensais surtout ne jamais entendre de sa bouche. Un petit spams remonte le long de ton dos, faisant tinter le verre contre le couteau. Tu racles ta gorge, sans lui jeter un regard et sans rien dire, tu pars à la cuisine. Tu déposes tout sur le plan de travail, et tu profites qu’il ne te voit plus pour prendre une grande inspiration. Ta cuisinière te demande ce qu’il y a, et tu te contentes de dire que tout va bien. Réclamant un sandwich avec de la salade et du jambon, tu retournes ensuite en salle, ne sachant pas vraiment quelle tête tu es en train de faire. Tu dois sûrement être plus pâle que quelques secondes avant. Ta mine est sûrement un peu plus fermée, et tu n’arrives pas à faire revenir ce fichu sourire que tu te forces à placarder. Pas besoin de répondre pour qu’il comprenne. Certains de tes clients t’observent, mais quand tu les regardes en retour, ils détournent bien vite le regard. Certains savent déjà. Parce que plus tôt durant le service, tu es passé à travers leur totem sans t’en rendre compte. Mais personne n’avait jusque là osé dire la question à voix haute. Quand tu finis par te mettre face à lui, tu te contentes d’observer les bulles qui remontent dans ton coca avant de marmonner un :

- C’est comme ça.

Tu souffles lentement pour essayer de ne pas perdre pied, mais tu as beau être une personne forte, tu es aussi quelqu’un de sensible. Ton esprit et ton cœur viennent à peine de se remettre de la disparition de ta femme, et maintenant c’est Nova que l’on t’enlève. Tu sens tes yeux qui commencent à te brûler, et tu finis par te laisser glisser. Caché derrière le bar, tu t’accroupis alors tu sens les larmes qui montent lentement. Tes bras sont tendus, te tenant encore au bar. Tu essaies de contrôler ta respiration pour ne pas totalement craquer. Tu finis par grogner un “fait chier”.

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Hier à 16:16
Daddy cool, sugar daddy

Il a tout faux. Les mots, le ton, le moment. L’intention. Ça lui saute aux yeux, à peine sa question posée. Il n’a pas besoin de voir son expression pour remarquer ses épaules qui se raidissent et comprendre que son raclement de gorge est une façon de se donner contenance.
Il voulait évacuer une partie de sa peine, il n’a pas pensé à celle de Myles. Il aurait pu choisir un autre moment, il a préféré aborder le sujet dès qu’il en a eu le courage, en plein service. Il aurait dû y mettre les formes, il a juste lancé ça comme une bombe dont on veut se débarrasser sans penser au reste.

Le patron du café disparaît quelques minutes en cuisine, laissant largement le temps à Kalem de finir son café tout en se demandant comment il arrive à être aussi con parfois. Ça doit être pathologique, ou quelque chose du genre, du type incurable. Alors il soupire, se traite mentalement d’imbécile et repose sa tasse vide à l’écart. C’est ce moment que choisit Myles pour revenir et… il est livide. Il fait une tête encore pire que quelques instants plus tôt, et c’est sa faute. D’ordinaire ça ne l’aurait pas dérangé de rendre mal quelqu’un mais, étrangement, avec Myles c’est différent, un peu comme s’il tenait à lui. C’est nouveau pour lui, se rendre compte que les réactions d’un autre ont de l’importance.

Myles fait l’effort de répondre, et Kalem voit bien combien ça lui coûte. Il aurait jamais dû la poser, cette question, il connaissait déjà la réponse, au fond. Mais le pire, c’est quand le barman disparaît derrière le bar. Il sent sa gorge se serrer et se redresse légèrement, les pieds sur les barreaux de son tabouret pour se pencher au-dessus du comptoir et voir l’homme accroupi derrière le bar. Alors il essaye de rattraper sa connerie, il s’excuse à voix basse en vérifiant d’un coup d’œil qu’on ne les observe pas trop.

« Merde… j’suis désolé Myles, je… j’aurais pas dû dire ça comme ça… c’est… putain… »

Il se rassoit, profondément mortifié par son incompétence en matière relationnelle et très affecté par la réaction de l’ancien flic.

Il est paumé, il ignore ce qu’il doit faire, ou dire, ou ne pas dire même. Il n’est pas doué pour ça, Kalem, apporter son soutien. Tout simplement parce qu’il se préoccupe avant tout de lui-même. Mais cette fois, il a envie de faire quelque chose, un effort. Simplement, il ne sait pas quoi. Il ne sait pas s’il doit changer de sujet ou continuer de crever l’abcès mais, franchement, vu la réaction de Myles, il n’a pas très envie de continuer dans ce sens. En plus, vu l’heure, le patron en a encore pour un petit moment de service, autant ne pas l’enfoncer davantage.

Encore une fois, il songe au fait que, si Blue avait été là, il n’aurait pas ressenti le besoin d’en parler, tout se serait mieux passé, probablement… Le manque le ronge, le pousse à faire des conneries. Il soupire, une nouvelle fois, se prend la tête dans la main. En ce moment, ce n’est pas le Kalem que tout le monde connait, c’en est un complètement paumé qui n’a plus l’énergie pour les faux-semblants.

Si le café avait été vide, il se serait peut-être levé et aurait fait le tour du comptoir pour essayer de soutenir Myles, mais il ne peut pas faire ça maintenant, il ne veut pas attirer l’attention sur eux.

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Hier à 20:17
« Daddy cool, sugar daddy »
Feat. @Kalem Brock
Tu expires longuement, essayant de ravaler ce sentiment que tu préfères laisser éclater à un autre moment. C’est en général le soir, quand ta fille dort que tu ressens encore plus le manque de ton totem et que tu te lâches. Souvent tu t’endors les yeux un peu humide. Tu t’empêches de craquer devant Lys, ne voulant pas l'inquiéter. Et comme tout le monde est bien trop gêné pour poser la question, en général tu tiens plutôt bien la journée. Mais Kalem a toujours été comme ça, dire ce qui lui passe par la tête sans vraiment réfléchir. Tu pensais qu’en arrivant il avait compris, qu’il éviterait du coup la moindre remarque. Mais apparemment non. Il n’avait pas réussi à se retenir, et le barrage qui t’empêchait de craquer avait fini par se fendre. Tu dois clairement avoir l’air pitoyable comme ça. Tu sens que le jeune homme bouge un peu pour se pencher, mais tu te contentes de fixer le sol. Tu ne peux réprimer un sourire en coin quand tu l’entends, contrastant avec la larme qui coule doucement le long de ta joue.

Tu l’entends qui bouge encore pour se rassoir sûrement. Ton coeur s’apaise lentement. Tu n’es pas moins triste ou affecté, mais tu commences à réussir à te reprendre. Tes mains quittent le comptoir pour attraper derrière toi un bout d’essuie-tout, que tu passes sur ta joue humide. Un homme mature de 34 ans qui pleure encore… Même si tu n’as pas vraiment honte, tu n’as pas non plus envie de montrer à tout le monde ta faiblesse. Tu refais surface après quelques instants, ton teint a repris un peu de couleur, et ton sourire est revenu. Bizarrement, voir Kalem aussi affecté pour toi t’as fait du bien. Tu t’es senti moins seul, et surtout apprécié. Qui aurait pu croire que ce garçon que tu as connu délinquant arriverait à s'inquiéter pour toi.

Quand tu es debout, aucun regard n’est tourné vers toi, sûrement par politesse. Tu te doutes bien que ta disparition n’est pas passée inaperçue et pourtant, tu les remercies de faire tout comme. Tu retrouves un Kalem avec le visage entre ses mains, se sentant visiblement mal pour l’état dans lequel il t’a mis. Tu déposes ta grande main chaude au sommet de son crâne, avant de te pencher pour chuchoter :

- Reste un peu.

Tu lui adresses un fin sourire, ne sachant pas s’il sortira ou non de sa coquille avant de l’abandonner une nouvelle fois. Tu retournes en cuisine récupérant une assiette avec ton sandwich et une autre avec deux parts de cheesecake maison. Tu reviens, prenant cette fois-ci place à côté de lui et non derrière le bar, puis tu déposes l’assiette à ses côtés. Doucement tu reprends des couleurs, même si tu as toujours au fond de tes yeux de la tristesse, tu arrives malgré tout à te contenir.

- Laisse moi quand même une part.

Tu glisses une cuillère à ses côtés pour le laisser manger une part du gâteau. Après une gorgée de ton coca, tu croques dans ton sandwich alors que certains de tes clients quittent ton café. En général tu préfères manger dans la cuisine pensant que c’est peut être plus poli de faire ainsi, mais aujourd’hui tu vas rester avec lui. Parce que tu vois bien à sa tête qu’il en a besoin, et il a dû voir à la tienne que ça ne te ferait pas de mal non plus de discuter. Tu piques une nouvelle fois un bout de ton casse croûte, galérant l’espace d’un instant avec le jambon qui ne semble pas vouloir lâcher la prise. Puis, après avoir avalé, tu reprends enfin la parole.

- Désolé, c’est difficile sans Nova… Lys a encore peur de son totem, mais au moins il est encore là. Tu n’as pas été blessé durant l’attaque ?

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