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08/12/2018
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le Sam 8 Déc - 17:57
Prénom Nom
Prénom Nom : Louis Grant
Surnom : Lou ou Louisss (en insistant bien sur le s qui est normalement muet)
Age : 44 ans
Sexe : Homme
Orientation : Hétérosexuel
Origine(s) : Américaines (Bâton-Rouge en Louisiane)
Nationalité(s) : Américano-Canadiennes
Métier/Etude : Libraire (il possède son propre petit commerce)
Groupe : Totem de compagnie
Caractère
Louis n’aime pas se prendre au sérieux.
Louis n’aime pas les gens trop sérieux non plus. Il pense qu’on ne peut pas rigoler avec eux. Ni d’eux, d’ailleurs, sinon ils se vexeraient. C’est pourquoi, afin de ne pas leur ressembler, Louis ne se prend jamais trop au sérieux. Il est d’un naturel comique, bien que son adolescente de fille déplore constamment ses blagues. Louis ne s’en préoccupe pas, il préfère largement rigoler plutôt que de s’enfermer dans une vie morne et sans couleur. La principale victime de Louis se trouve être lui-même, même si le reste de la population n’est pas en reste non plus. Il possède un petit côté moqueur et grande gueule qui pourrait parfois blesser les concernés. Mais d’après Louis, il n’y a que la vérité qui blesse, c’est pourquoi il ne prend que rarement le temps de se confondre en excuses. Qu’est-ce qui pourrait bien lui arriver de toute façon ? Un poing en plein visage ? Qui ferait une telle chose ?
En effet, Louis est également d’un optimisme affligeant. Pourquoi toujours voir le mauvais côté de la chose ? Autant voir le bon côté, non ? Il voit constamment le verre à moitié plein, ce qui pourrait facilement en énerver plus d’un. Certains pourraient qualifier Louis d’utopiste ou de quelqu’un qui n’a jamais les pieds sur terre. C’est faux. Louis est quelqu’un de très terre-à-terre, conscient des problèmes qui l’entourent. Il préfère juste ne pas s’apitoyer dessus, voilà tout. A quoi cette mascarade pourrait-elle bien servir, de toute façon ? Si ce n’est à aggraver le problème ? Se lamenter, voilà une bien étrange idée, dira-t-il.

Pourtant, comme à tout le monde, il arrive à Louis d’avoir des coups de mou. Mais ceux-ci sont bien vite balayés par la simple présence de sa petite fille. Certes, sa petite fille n’est plus si petite et se trouve être en pleine crise d’adolescence, mais Louis l’aime plus que tout. Sa fille, c’est toute sa vie. Il pourra sûrement se montrer un peu trop protecteur envers elle, ce qui aura tendance à ennuyer rapidement cette dernière. Dans la même idée, il aura la fâcheuse habitude de souvent la taquiner, chose qu’il affectionne par-dessus tout et chose dont elle a horreur. Louis est en effet très famille, il a toujours gardé contact avec ses sœurs et ses parents, malgré la distance qui les séparent. Quant à sa fille, il s’inquiète souvent à son sujet et déplore le fait qu’elle lui parle de moins en moins.
Louis a en effet tendance à fourrer son nez dans les affaires des autres, surtout dans celles qui ne le concernent pas. Mais il aime bien tout savoir sur tout. Louis est quelqu’un de fouineur et de curieux qui saura apprécier pleinement les petites histoires croustillantes de son entourage. D’ailleurs, il sera sûrement le premier à aller les répéter aux voisins. Commérer est un talent chez lui, il sera bien la dernière personne à qui vous pourriez penser pour confier un sombre secret. Louis aime bien bavarder de tout et de rien, et surtout de rien en fait. Louis est quelqu’un de sociable, qui n’a jamais eu de mal avec le genre humain, bien qu’il préfère tout de même la compagnie de ses livres.

Louis n’a effectivement pas cherché à devenir libraire pour rien. Il a toujours apprécié l’odeur des livres et la petite librairie qu’il a réussi à acheter peu de temps après obtenu sa nationalité canadienne est l’une de ses plus grandes fiertés, après sa fille. Bien évidemment, sa petite boutique a besoin d’un entretien constant, mais Louis est travailleur et ne rechigne jamais à la tâche. Il s’en est occupé seul pendant des années, ce n’est que récemment qu’il s’en enfin décidé à prendre un employé, afin de passer plus de temps avec sa fille qui commence doucement à s’éloigner de lui. Peut-être a-t-il fini par se rendre compte qu’elle grandit et qu’elle ne sera pas constamment sa petite fille ?
Et même s’il ne le montre pas, cette idée le tourmente énormément.
Totem : Eros le coyote
Symbolique/caractère/physique du totem : Le coyote a longtemps été perçu comme un animal lâche et indigne de confiance. Il est également le signe d’une personnalité complexe et d’une certaine adaptabilité, couplé à un sens de l’humour étrange et une autodérision avisée. Ce petit canidé ne cherche nullement à plaire et pousse à la réflexion plutôt qu’à l’acceptation pure et simple des règles préétablies. Il s’agit d’un animal spontané et curieux qui vous rappelle qu’il ne faut jamais prendre les choses trop au sérieux.

Eros est un petit canidé qui ressemble étrangement à un loup en plus petit et en plus fin. Haut d’une soixantaine de centimètres au garrot, le coyote est long de plus d’un mètre dix, sans compter la queue d’environ quarante centimètres. Il pèse environ une vingtaine de kilos. Sa fourrure est majoritairement grise, exceptées de larges tâches fauves au niveau des pattes et du haut du crâne. Quelques touches de poils noirs apparaissent çà-et-là. Son museau fin, ses oreilles longues et ses pattes allongées lui donnent un air plus effilé que son proche cousin le loup. Malgré tout, il conserve une queue touffue et une fourrure épaisse au niveau du cou.
Le coyote est un animal grégaire, dont la meute est principalement composée d’individus de sa propre famille. Les meutes non-familiales sont rares et ne durent généralement pas dans le temps. Le petit animal est vif d’esprit et curieux de tout, avec une ouïe et un odorat développés ce qui le rend capable de s’adapter facilement à de nombreuses situations. Enfin, c’est un animal plutôt grande gueule.

Ressemblances avec son humain : Eros possède la même curiosité que Louis, bien qu’ils ne la manifestent pas de la même façon. En effet, Eros aura plutôt tendance à aller fouiner dans des sacs, des cartons, voire même des poubelles dans de rares cas, tandis que Louis parle énormément. Eros voudra constamment explorer un environnement nouveau, comme une maison qu’il ne connait pas ou une ruelle dans laquelle il n’a jamais été, si bien que Louis se retrouve bien souvent obligé de le suivre, chose qui ne lui déplait pas, bien au contraire. On retrouve aussi très facilement l’optimisme de Louis dans Eros. Eros ressemble à un chien toujours content, avec la queue qui se secoue dans tous les sens, les yeux qui fouinent partout, les oreilles dressées et la langue qui pendouille. Il lui arrive aussi de japper de temps à autres, mais il reste majoritairement silencieux, préférant faire ses petites affaires discrètement.
Eros est également très possessif et protecteur. Louis est son humain à lui, et à personne d’autre. Il avait particulièrement mal vécu la naissance de la fille de Louis, mais il s’est rapidement assagi, notamment lorsqu’il a compris que rien ne comptait plus pour Louis. Depuis, Eros peut se montrer tout aussi protecteur que son humain la concernant. Il marche à côté, voire devant elle dès qu’il le peut et n’hésite pas à montrer les crocs dès que quelqu’un la regarde d’un peu trop près à son goût. Et même s’il n’attaque pas, les crocs d’un coyote peuvent un dissuader plus d’un. Louis, de son côté, aura même tendance à encourager ce comportement. Après tout, il s’agit de sa petite fille à lui. Et à personne d’autre.

Différences avec son humain : Eros a un comportement plus enfantin et spontané que Louis, notamment en ce qui concerne l’hiver. Lorsque les premières neiges arrivent, il n’est pas rare de voir Louis se promener avec un clébard gogole qui court en rond autour de lui tout en essayant de bouffer les flocons.
Et Eros assume ses poils blancs. Lui.
Physique
Louis n’aime pas vieillir.
C’est pourquoi chaque matin, devant son miroir, Louis s’arrache les cheveux blancs à la pince à épiler. Louis n’aime pas vieillir mais ce matin, il remarque une nouvelle fois que son âge finira constamment par le rattraper. Il se passe la main dans les cheveux en soupirant. Autrefois d’un brun presque noir, agrémenté de quelques touches cuivrées, ils commencent doucement à se teinter de blanc et de gris, et ce malgré ses efforts. Sa barbe aussi commence à prendre une couleur poivre-et-sel. Bien évidemment, il ne s’en réjouit pas plus. Il pince ses lèvres fines devant ce spectacle tout en saisissant une petite paire de ciseaux à barbe. D’une main habile, il élime rapidement les poils trop longs ou trop blancs afin de faire ressortir sa mâchoire carrée. Une fois fait, il ne peut s’empêcher de faire glisser son regard brun vers les pattes d’oie qui délimitent ses yeux depuis désormais quelques années. Fatigué de se voir vieillir, il soulève ses sourcils drus avec un air insolent, ce qui fait apparaitre quelques rides supplémentaires sur son large front.
Louis soupire en saisissant sa chemise blanche. Il l’enfile en la faisant passer sur ses épaules larges, signe d’une époque révolue où il faisait encore de la natation une fois par semaine. Aujourd’hui, l’homme s’est empâté, faute de pouvoir reprendre le sport. Les muscles ont fini par s’enfouir sous une légère couche de graisse et c’est avec amertume qu’il cache son début de brioche sous sa chemise. Louis a toujours apprécié bien s’habiller. Chemise ou pull, jean et chaussures de ville. La cravate est exceptionnelle. Il porte des T-shirt uniquement les jours où il reste chez lui. Quant au jogging, il n’en met que pour dormir. Il finit de se préparer en se passant de la cire sur les cheveux, afin de les coiffer en arrière, tout en prenant soin de faire en sorte que la pâte n’entre pas en contact avec une fine bague dorée portée à son annulaire gauche.
Je devrais peut-être me faire faire une teinture. Et me remettre au sport…

Il hausse les épaules.
Boarf. Pas le temps.

Louis sort de la salle de bain, suivi de près par un canidé à la langue pendante. Il prend au passage une montre en cuir que lui a offert sa fille voilà deux ans, maintenant. Il ne lui a jamais avoué, mais il ne sait pas de quelle couleur peut bien être cette montre. Est-elle rouge foncé ou brune, il ne saurait le dire. L’homme est légèrement dyschromate. Il est parfaitement incapable de distinguer le rouge du brun, ou le rose du rouge, ou encore le violet du bleu. Il n’a jamais su dire si c’était la faute de ses yeux ou de son cerveau. Mais ce petit problème l’importe peu : il préfère en rire que de s’en lamenter.
Le voilà qui arrive dans la cuisine, les yeux rivées sur la lanière de sa montre qu’il essaye tant bien que mal de mettre d’une seule main. Le menton sur le cou et avec un double-menton caché sous une épaisse barbe, il lance un bonjour étouffé à sa progéniture, laquelle lui répond avec un simple grognement, bien trop concentrée par l’arrière du paquet de céréales. Il se sert une tasse de café en levant les yeux au ciel, agacé par le comportement de sa fille de seize ans, avant d’aller s’asseoir sur une chaise avec un air pataud. Il en profite pour étaler ses jambes sous la table, sachant parfaitement qu’il ne risque de déranger personne, ce qui serait étonnant pour un homme qui rentre tout juste dans la moyenne.
Quelques secondes après son arrivée, sa fille se lève, débarrasse sa table en vitesse avant de saisir son sac de cours et de filer à travers l’appartement sans un mot. Louis attrape le journal d’une main ferme avant de boire une longue gorgée de son café.

« Tu fais attention sur la route ! lance-t-il à sa fille lorsqu’il l’entend revenir dans le vestibule.
- Ouais ouais, rétorque cette dernière avec une voix blasée. »

La porte de l’entrée claque.
Un silence de quelques secondes s’en suit.
Louis soupire.

« Je me demande quelle partie de son éducation j’ai bien pu foirer… »
Histoire
22 décembre 2001

- Je crois que je vais tomber dans les pommes.
- Ressaisis-toi, Louis, je t’en prie !

Blanc comme un linge, Louis regarde sa femme droit dans les yeux.
Lucina lui broie la main lorsqu’une nouvelle contraction lui déchire le ventre. Elle semble exténuée, bien plus que la normale, comme si son accouchement durait maintenant depuis des heures alors qu’il n’a débuté que depuis une trentaine de minutes. Ses longs cheveux blonds, devenus ternes, lui collent au front tandis que ses yeux verts sont marqués de cernes impressionnants. Elle souffle longuement une fois la contraction passée, les yeux fermés.

- Je savais qu’on aurait dû demander une césarienne, se plaint Louis, la vois étouffée derrière un masque chirurgical.
- Et tu savais aussi que je ne le voulais pas, réplique sèchement Lucina. Ce sera peut-être notre seul enfant.

Lou grommelle dans sa barbe.
La boule qui a élu domicile dans son ventre depuis que sa femme lui a annoncé sa grossesse ne le quitte toujours pas. Ils ont dû y réfléchir des jours et des jours, après cette annonce. Allaient-ils garder l’enfant ? Après tout ce qui venait de se passer ? Ils ont finalement décidé que oui. Il s’agissait là d’un heureux hasard, Lucina n’aurait jamais dû tomber enceinte. Même les médecins leur avaient conseillé l’interruption de grossesse. Elle sera peut-être risquée, leur avaient-ils annoncé. Lucina et Louis avaient refusé, conscient qu’il s’agissait là de leur seule chance de devenir parents.
La grossesse avait donc été suivi de près, et malgré les nombreuses échographies que Lucina avait dû subir, les deux futurs parents n’avaient pas souhaité connaitre le sexe de l’enfant. Malgré tout, ils avaient déjà choisi les possibles prénoms. Le principal différent que Lucina et Louis avaient eu s’est rapidement porté sur le choix de l’accouchement. Vu les antécédents de la future mère, la césarienne avait directement été proposé, afin de ne pas trop l’épuiser. Louis était pour, Lucina contre. Après des mois de débats qui pouvaient facilement partir en engueulade, Lucina a finalement eu le dernier mot. Elle accouchera naturellement.

- Encore un petit effort, Madame ! lui annonce le gynécologue. Je vois la tête !
- C’est bientôt fini, ma chérie, tente de la rassurer Louis en lui caressant les cheveux.
- J’espère bien, marmonne cette dernière.

Louis soupire de soulagement.
Finalement, l’accouchement aura duré moins longtemps qu’il ne l’aurait cru. Mais la réalité le rattrape lorsque sa femme lui démolit la main une nouvelle fois. Lui serre les dents, non sans penser qu’il serait égoïste de sa part de ne pas souffrir un peu avec Lucina, mais qu’il aurait tout de même préféré que ce ne soit pas le cas. Il en vient même à se demander si ses doigts retrouveront un jour une forme normale. Il ne soupçonnait pas sa femme d’avoir autant de poigne…

- C’est bon ! déclare le médecin. Je l’ai !

Les deux parents se détendent.
Lucina s’affale sur son lit tandis que Louis pose son front contre celui de sa femme. C’est bon. Ils sont parents. Le stress, la peur, la crainte que tout se passe mal, tout s’envole pour laisser place à une douce chaleur. Ils ont un enfant. La respiration de Lucina s’apaise enfin. Lou embrasse son front trempé de sueur. Elle n’a jamais été aussi belle.

- C’est une petite fille, annonce une infirmière.

Les deux parents sourient.
Le bébé commence à crier après que le médecin lui ait vigoureusement frotté le dos. Elle semble en bonne santé, entend Louis. Le jeune père se redresse afin de voir son enfant, tandis qu’une petite boule de poils noirs apparait aux côtés de sa fille. Un chat. Rapidement, le chat se change en poule puis en lapin, avant de se stabiliser sous cette forme pendant quelques minutes.

- Vous voulez couper le cordon, Monsieur ? continue-t-elle.
- Hein ? s’étrangle Louis.

La jeune femme lui tend le bébé.
La petite fille a encore les yeux fermés et hurle d’une petite voix aigüe. Une petite touffe de cheveux blonds se dresse au-dessus de son crâne. Elle ressemble à sa mère, se dit Louis. L’infirmière insiste avec le nouveau-né dans les bras. Soudainement, à la vue de sa fille, l’estomac du jeune père se retourne si bien qu’il se voit obligé de se maintenir au lit de sa femme afin de ne pas défaillir. Tout ceci lui semble tellement irréaliste. Ce n’était pas censé se produire. Comme si quelqu’un avait anticipé sa réaction, une bassine lui atterrit sous les yeux comme par magie.
Ça va aller. Ça va aller.
D’une main tremblante, il coupe le cordon avant de se retrouver avec sa fille dans les bras. Elle lui semble tellement petite, tellement fragile.

- Comment allez-vous l’appeler ? demande le gynécologue.
- Judy, répond Lucina d’une voix fatiguée. Judy Grant.

*****

Louis est né le 23 avril 1974.
Il a vu le jour à Bâton-Rouge en Louisiane, d’une mère avec de fortes origines françaises. C’est pourquoi il a hérité de ce prénom. Louis, prononcé à la française, avec un s muet. Son père, quant à lui, est originaire de l’Arkansas. Né après ses deux grandes sœurs, Helen et Sylvia, il est le dernier de sa fratrie. La petite famille vivait dans une maisonnette, à la périphérie de la ville. Ils n’étaient pas pauvres, loin de là. Mais ils n’étaient pas aisés non plus. Dans tous les cas, Louis n’a jamais connu le manque. Lorsque Louis est né, Eros, le futur coyote, s’est avéré être un escargot. On aura vu plus glorieux. Rapidement, et durant toute l’enfance de son humain, Eros se changeait très souvent en canidé. Chien, loup, renard, fennec ou encore tanuki. Le coyote est, certes, apparu quelques fois. Or, il n’était pas rare non plus de le voir se changer en félidé ou en insecte.
Louis a eu une enfance tranquille. Il n’a quitté que très rarement la Louisiane, si ce n’est pour des voyages scolaires. Lou n’a jamais été un bon élève. Rester des heures coincé sur une chaise ne lui a jamais plu. Il préférait largement aller se promener en forêt, en compagnie de son fidèle totem. Il détestait être obligé de garder Eros enfermé. C’est beaucoup moins drôle, disait-il. Encore aujourd’hui, Eros reste la plupart de son temps dehors. Après tout, il n’est pas bien gros. Même Eros, après être resté longtemps enfermé, avait tendance à vouloir se dégourdir les jambes. Dans ces moments-là, il se changeait en chat et devenait tout fou. Louis était bien obligé de le suivre.
Ainsi, vu la fréquence à laquelle Eros se changeait en canidé, personne ne fut vraiment surpris de le voir se changer en coyote, encore un canidé, durant l’année des douze ans de Louis. De sa fratrie, seule l’ainée, Sylvia, était née sans totem. Helen, quant à elle, possédait un poisson clown. Ce dernier avait pour habitude de sortir dans une mare que les parents de Louis avaient fait creuser lors des douze ans d’Helen, une fois que son totem s’était définitivement changé en poisson. Leurs parents possédaient également des totems. Une loutre et un petit oiseau tout bleu.

La première fois que Louis est allé au Canada, c’était durant l’année de ses seize ans. Il s’est rendu à la ville de Québec avec le reste de sa famille, afin de faire connaissance avec une partie éloignée de la famille de sa mère. Une partie française. Le jeune homme est rapidement tombé amoureux du pays, et a décidé d’y retourner l’année suivante, puis celle d’après. Durant les semaines où il était au Québec, il vivait chez la famille de sa mère. Finalement, après plusieurs années à se rendre au Canada que de manière occasionnelle, il s’est enfin décidé d’aller y faire ses études, malgré le mal qu’il a eu à quitter ses parents et ses sœurs.
Il s’est rendu à l’université de Sherbrooke, non loin de la ville de Québec, pour étudier le commerce. Il vivait chez la famille de sa mère, et rentrait chez lui, en Louisiane, uniquement pendant les vacances. A cette époque, il avait déjà en tête l’idée d’ouvrir sa propre petite boutique. C’est à ses vingt-et-un ans qu’il rencontra Lucina, sa future femme, qui arrivait alors tout juste à l’université. Elle avait dix-neuf ans et elle n’avait pas de totem. Ils commencèrent à sortir ensemble cette même année et prirent un appartement en colocation dès qu’elle fut majeure. Deux ans plus tard, Louis sortit de l’université et trouva un petit job dans la ville de Québec, qui n’avait alors rien à voir avec ses études. C’était le temps de faire des économies, disait-il.
Eros fut dans un premier temps jaloux de cette relation privilégiée qu’avait son humain avec cette femme. Bien que Louis s’en rendait compte, il ne disait mot à Lucina, qui ne pouvait pas voir à quel point le coyote était jaloux d’elle. Mais au bout de quelques mois de relation, Eros se mit à supporter – mais pas apprécier – cette humaine. Après tout, il se rendait bien compte que son humain était heureux avec elle. Alors pourquoi lui en voudrait-il autant. Ainsi, il se calma petit-à-petit puis finit par supporter la présence de Lucina dans sa petite vie bien rangée.
C’est lorsque Lucina eut vingt-quatre ans que les ennuis commencèrent.

*****

3 février 2000

- Rein. Troisième stade, annonce le médecin.

Depuis des semaines, Lucina se sent fatiguée.
Le repos et les vitamines n’y changent rien. Louis lui a conseillé de ralentir le rythme. Tu travailles trop, disait-il. Elle venait tout juste de quitter l’école et avait également trouvé un emploi après quelques mois de recherche. Rapidement la fatigue s’est faite ressentir mais elle ne s’en préoccupait guère. C’est lorsque la fièvre et les douleurs sont arrivées qu’elle commença à s’inquiéter. Médecin, examens, verdict.

- Troisième stade ? demande Louis. Ça fait combien de temps ?
- Possiblement quelques années, explique le médecin. C’est compliqué de s’en apercevoir lorsque le rein est touché. Même si l’un ne fonctionne plus, l’autre marche encore. La palpation ne donne généralement rien et étant donné que l’organe ne possède pas beaucoup de terminaisons nerveuses, la douleur apparait tardivement.

Le jeune couple se tait.
Rein. Troisième stade. Une boule tombe le ventre de Louis. Et surtout une question. Quel est le pourcentage de chance de survie ? Il voit dans les yeux de Lucina qu’elle se pose la même question. Il la voit pâlir, trembler. Instinctivement, il aimerait passer son bras autour de son épaule, afin de la rassurer, mais ses mains restent désespérément coller à ses cuisses. Il ne pense à rien, si ce n’est à l’avenir qu’ils s’imaginaient tous les deux. Qu’allait-il se passer désormais ?
Elle semble bien trop jeune pour avoir à subir une telle maladie.

- D’après l’échographie, il y a eu propagation jusque dans les tissus graisseux, continue le médecin. Le rein n’est plus du tout en état de marcher.

Louis inspire.
Lucina ne dit rien. Elle semble amorphe depuis la découverte de la nouvelle. Louis arrive enfin à détacher ses mains jusqu’alors fixées à ses cuisses. Il saisit la main de sa compagne dans la sienne. Lucina se réveille légèrement, comme si tout ceci n’était encore qu’un mauvais rêve. Elle sert la main de Louis en déglutissant.

- On peut tenter l’ablation totale, couplé à une chimiothérapie.

*****

La nouvelle de la maladie de Lucina donna à Louis un nouveau but : donner à sa compagne l’envie de survivre. Elle commença la chimiothérapie quelques semaines plus tard. Rapidement, les effets secondaires se firent sentir : fatigue, perte d’appétit, perte de cheveux par poignées. L’ablation du rein gauche eut lieu trois mois après le diagnostic. De là, les doses de médicaments purent être réduit et des examens complémentaires montrèrent que la totalité de la tumeur avait été retiré avec le rein. Lucina dût bien évidemment changer de régime : moins de graisse, moins de protéines, plus de fibres. Louis la suivait dans tous ses choix, afin qu’elle n’ait pas l’impression d’avoir des habitudes différentes à cause de sa maladie.
A vingt-six ans, Louis commença les démarches pour obtenir officiellement la nationalité canadienne. En avril 2001, Lucina apprit qu’elle était enceinte, après une période de maladie liée à la grossesse qui lui fit craindre une rechute. Elle demanda immédiatement de changer de traitement, afin que ce ne soit pas dangereux pour le futur bébé. Louis et elle se mirent rapidement d’accord pour garder l’enfant et également la surprise du sexe.

Ils se marièrent le 05 août 2001.
Judy naquit le 22 décembre 2001.

*****


15 septembre 2002

Judy babille du haut de ses neuf mois. Eros est allongé dans un coin de la pièce. Il la fixe avec un regard protecteur. Comme pour Lucina, le coyote avait mal vécu l’apparition d’une nouvelle humaine dans la vie de Louis. Mais rapidement, la petite a finit par l’attendrir. Et le voilà aussi gaga que peut l’être Louis. Le totem de la petite reste à côté d’elle. Aujourd’hui, c’est un papillon. Il est perché sur le nez de son humaine. Cette dernière le regarde en louchant. Elle rigole et tente de l’attraper. Elle ne se rend pas compte de la nouvelle. Elle est bien trop jeune. Pour elle, tout en nouveau. Cette salle est nouvelle, elle ne l’a jamais vu. Elle pose ses petits yeux marrons partout, avec un regard curieux. Louis la berce, préoccupé. Ils ne pouvaient pas venir sans elle, aujourd’hui. Ils l’ont donc amenée. Lucina est assise à côté de son mari, exténuée. La fatigue l’a reprise il y a peu. Le souffle court, des douleurs dans la poitrine. Ils sont retournés voir les médecins, Lucina a à nouveau passé une batterie d’examens. Et le verdict tombe à nouveau.

- Il y a des métastases.
- Mais vous lui aviez retiré tout son rein ! s’insurge Louis. Comment c’est possible ?
- Les cellules ont dû se détacher avant l’opération. La faible dose de chimiothérapie a dû leur permettre de se développer lentement, assez pour qu’elles ne se manifestent que maintenant.

Lucina prend sa tête dans ses mains.
Elle est exténuée. Judy lance à sa mère un petit “baba“, ce qui lui rend le sourire quelques secondes. Elle regarde sa fille et pose son doigt dans le creux de sa petite main. La petite la serre, toute contente d’avoir un contact avec sa mère. Louis sourit tristement. Sa femme inspire, semble se reprendre soudainement. Elle regarde le médecin droit dans les yeux, visiblement bien décidée à s’en sortir une nouvelle fois.

- C’est où ? demande-t-elle bien qu’elle se doute déjà d’une partie de la réponse.
- Poumon droit, annonce le médecin. Et veine cave.

Louis se dandine, mal à l’aise.
Sa fille a depuis longtemps lâché le doigt de sa mère et a reporté son attention sur le visage de père. Elle tente de lui attraper les poils de sa barbe de ses petites mains afin de mieux tirer dessus. Louis lève la tête pour l’en empêcher tout en regardant Lucina. Elle fixe le sol et semble réfléchir. Les derniers mots du médecin semblent l’avoir choquée. Même l’oncologue ne dit plus rien, comme si Lucina et lui venaient tout juste d’avoir une discussion silencieuse à laquelle Louis n’a rien compris.

- La veine cave, commence Lucina, c’est mauvais, n’est-ce pas ?
- Très.

*****

Lucina décéda le 21 novembre 2002, après six semaines d’hospitalisation intensive.
Officiellement, elle est décédée d’une détresse respiratoire, suivie d’un arrêt cardiaque.
Judy avait onze mois et Louis vingt-huit ans.

De là, Louis commença à se renfermer sur lui-même.
Il passait le plus clair de son temps chez lui, volets fermés, ne sortant que pour acheter de quoi manger pour lui et sa fille. Il ignora les appels de ses collègues, de ses amis, de sa famille. Judy était devenue le centre de son univers. Il devint rapidement surprotecteur envers elle, comme s’il risquait de la perdre à tout instant comme il avait perdu sa femme. Il restait constamment à ses côtés, craignant le moindre petit danger. Eros tenta de secouer son humain, mais rien n’y faisait. Louis restait enfermé dans son chagrin, espérant retrouver le visage de sa femme à chaque fois qu’il regardait sa fille.
Il se demandait pourquoi, dès l’instant où Lucina était décédée, le monde n’avait pas arrêté de tourner. Il se demandait pourquoi il avait fait si beau ce jour-là, comme s’il s’agissait d’une journée des plus normales. Il se demandait comment allait bien pouvoir grandir sa fille, sans figure maternelle. Allait-elle se souvenir de sa mère ? Probablement pas. Y aurait-il quelques petites réminiscences ? Allez savoir. Il se demandait surtout ce qu’il allait faire, lui, sans Lucina à ses côtes.

*****

3 février 2003

La sonnette de la porte d’entrée sonne.
Louis sursaute. Allongé sur son lit, les yeux jusqu’alors fermés, il essayait de trouver un sommeil qui l’avait fui depuis des mois. Combien de temps qu’il ne dormait plus correctement ? Combien de temps qu’il n’avait pas fait un repas digne de ce nom ? Il ne s’en souvient plus. L’homme a changé. De larges cernes s’étalent désormais sous ses yeux, ses cheveux sont devenus ternes et son visage émacié. On le croirait vieilli de dix ans. Il se lève, un T-shirt trop large lui tombant sur les épaules. Il a facilement perdu une bonne dizaine de kilos. Il ne mange presque plus, ne dort presque plus. Il ne vit que pour Judy.
On sonne à nouveau.
Louis grogne. Qui vient le déranger ? Il ne veut voir personne. Il se frotte le visage, passe sa main dans sa barbe dont il ne s’est pas occupé depuis des jours et des jours. A travers les volets fermés filtre la lumière du jour. Quelle heure est-il ? se demande-t-il. Sûrement plus de midi. Depuis combien de temps n’a-t-il pas vu la lumière du soleil ? Il ne sait plus. Il a arrêté de compter depuis longtemps maintenant.
On sonne encore.
Judy se met à pleurer, alertée par le bruit. Louis se lève immédiatement pour la prendre dans ses bras et la bercer. Il peste en silence contre la personne derrière la porte. Quelle idée de réveiller sa fille. Elle qui dormait si profondément. Il sort de sa chambre, se dirige vers la porte d’entrée afin d’aller ouvrir.
S’il s’agit d’un facteur ou d’un commercial, ils vont m’entendre…
Il ouvre la porte pour découvrir sa sœur Helen sur le perron.

- Helen ? s’étonne Louis en réhaussant Judy dans ses bras. Qu’est-ce que tu fais là ?
- Tu n’as pas appelé depuis des mois, explique-t-elle. Et on s’inquiète.

Il hausse les épaules en la laissant entrer.
Helen colle un bisou baveux sur le front de sa nièce qu’elle n’a pas vu depuis des mois avant d’entrer dans l’appartement et de plisser les yeux.

- Ça fait combien de temps que tu n’as pas ouvert tes volets ?
- Je sais plus. Quelques jours, je dirais.
- Et combien de temps que tu n’as pas été au boulot ?
- Des semaines. Je suis en arrêt.

Eros déboule dans la pièce à vivre pour sauter sur la sœur de son humain. Voilà peut-être quelqu’un qui pourra sortir Louis de sa torpeur. Il secoue la queue, tout content qu’elle ait fait plusieurs heures d’avion pour venir depuis la Louisiane, dans l’unique but de remonter le moral de son frère. Et de voir un peu sa nièce aussi, qu’elle ne voit que très rarement à cause de la distance. Helen se trouve être la marraine de Judy. Son parrain, quant à lui, est un frère de Lucina.
Louis dépose sa fille son parc à jouets.

- T’as besoin d’une bonne coupe de cheveux, lui annonce Helen. Et de sortir.
- Ecoute, Helen, commence son frère. Je n’ai pas envie de sortir. Et si tu veux me couper les cheveux, fais-toi plaisir.
- Tu comptes sortir quand, à nouveau ? demande Helen avec un ton agacé.

Son petit frère hausse les épaules.
A quoi bon sortir ? Qu’est-ce qu’il y a dehors qui pourrait en valoir la peine ?
Helen lève les yeux au ciel avant de se tourner vers Judy, alors occupée à secouer un hochet coloré dans tous les sens et à le frapper au sol. Elle rigole tandis que son totem se change soudainement en un petit singe. Helen lui sourit, Louis la fixe, le menton nonchalamment posé dans sa main, le coude posé sur sa table. Il n’a pas souri depuis la mort de Lucina, et ce malgré la présence de sa fille.

- Tu as besoin de voir des gens, Louis.
- Je te vois toi, là, réplique-t-il, énervé. C’est pas assez ?
- Et tu comptes garder Judy enfermée toute son enfance ?

Lou regarde sa fille.
Assise en équilibre précaire, son hochet encore dans sa main, elle lance un large sourire à son père, avec ses quelques dents déjà sorties. Ce dernier soupire en se frottant les yeux de deux doigts. C’est vrai. Combien de temps allait-il laisser Judy enfermée ? Il pouvait rester enfermé autant de temps qu’il voulait, mais il ne pouvait pas vraiment faire subir ce sort à sa propre fille.
Papa.
Oui, il était son père.
Il ne pouvait pas lui faire ça.

- Louis ! s’exclame sa sœur. Tu suis vraiment rien !
- Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
- Regarde ta fille !

Il rouvre les yeux pour les poser sur Judy.
Elle le regarde, tout sourire. Puis elle recommence.

- Papa.

Elle pointe Louis du doigt.
Il la fixe quelques secondes, stupéfait.
Puis il lui sourit.

*****

Louis fit son maximum pour que Judy ait une enfance heureuse.
Après être sorti de son état amorphe, il découvrit que sa fille était une enfant pleine de curiosité et de joie de vivre. Pour la première fois depuis le décès de Lucina, il arrivait enfin à prendre plaisir à sortir ou à aller se promener avec elle. Même si l’image de sa défunte femme ne le quittait jamais lorsqu’il regardait Judy, il réussit à nouveau à sourire et à reprendre le goût de vivre. Il vous dira souvent que sa fille l’a sorti de sa torpeur, là où tout le monde avait échoué.

Deux ans plus tard, Louis obtint officiellement sa nationalité canadienne.
Lui et sa fille, alors âgée de trois ans, déménagèrent à Toronto, dès que Louis eut trouvé les fonds et un petit local non loin du centre-ville afin d’ouvrir sa librairie. Dès que son petit commerce ouvrit, il prit la dure décision de se séparer de Judy et de la placer en crèche, afin qu’elle fasse enfin la connaissance d’autres enfants. Il prit alors l’habitude de fermer sa boutique le temps de midi et tôt le soir afin de s’occuper de sa fille, chose qu’il fait encore aujourd’hui malgré le fait que sa fille ait désormais seize ans. Dans un premier temps, Louis parvint également à louer un petit appartement non loin de sa libraire, avant de convaincre la banque de lui prêter de quoi acheter l’appartement juste au-dessus de sa boutique, qu’il retapa de fond en comble.
C’est à l’âge de six ans que Judy commença à se demander pourquoi elle n’avait pas de maman, alors que les autres enfants de l’école en avaient une, eux. Son père eut du mal à lui expliquer, essayant tant bien que mal d’atténuer le choc pour la petite fille. Elle-même eut du mal à comprendre. Pourquoi maman ne peut pas revenir ? demandait-elle. Finalement, bien qu’elle affirmait le contraire, Louis ne fut jamais persuadé que Judy ait compris directement ce qui se cachait derrière l’absence de sa mère. Elle ne comprit réellement que quelques années plus tard.
Plus elle grandissait, plus Louis retrouvait Lucina dans Judy. Elle était le portrait craché de sa mère, si on mettait de côté ses yeux marrons. Elle lui ressemblait également dans sa manière de penser, ou même de parler. Elle possédait le même rire, la même voix, la même petite lueur malicieuse dans ses yeux. Louis, malgré quelques rapides aventures qu’il prenait soin de cacher à Judy, ne se remit jamais officiellement en couple, encore meurtri par le décès de Lucina. Rapidement, le totem de la petite finit, comme pour Louis, par adopter des formes récurrentes. Souvent des singes ou marsupiaux. A ses douze ans, le totem se fixa sous la forme d’un ouistiti argenté.
A quinze ans, le comportement de Judy commença à changer. En pleine crise d’adolescence et excédée par le comportement surprotecteur de son père, elle s’éloigna petit à petit de lui, préférant alors la compagnie de ses amies. Ce changement soudain fit beaucoup de peine à son père, qui se décida enfin à prendre un employé afin de pouvoir passer plus de temps avec Judy. Elle se mit alors à l’éviter de plus en plus.

*****

29 septembre 2018

Aujourd’hui, Louis travaille.
Pendant un temps, il fut tenté de se rendre à la course d’orientation organisée par la ville mais il préféra s’occuper de sa petite boutique à la place, conscient qu’il y aurait peut-être des touristes et donc une certaine recette au cours de cette journée. C’est pourquoi aujourd’hui, Louis travaille, bien décidé à profiter de cette occasion pour se faire connaitre au-delà de ses habitués. Alors occupé à déballer des cartons contenant les nouveaux arrivages et à refaire sa devanture pour mettre en avant ses plus beaux livres touristiques sur la ville de Toronto, il aperçoit sa fille passer en vitesse devant la vitrine, sans qu’elle ne lui jette un regard. Il pince les lèvres, peiné par ce comportement et ne sachant même pas où elle peut bien se rendre d’un pas aussi vif. Il se doute qu’elle va rejoindre ses amies mais il aurait tout de même préféré qu’elle le prévienne. Agacé, il retourne dans l’arrière-boutique afin d’ouvrir un carton plein avec une certaine violence.
C’est alors qu’il entend grogner.
Tout d’abord intrigué, il se met à regarder autour de lui, puis dans la boutique afin de vérifier que personne n’est rentré avec son chien. Avant de tout simplement remarquer qu’il s’agit d’Eros. Le coyote est ramassé sur lui-même, montre les dents et grogne méchamment, les pupilles complètement dilatées. Et surtout, il regarde son humain droit dans les yeux. Louis est surpris : il ne l’a jamais entendu grogner, même lorsqu’il menace un prétendant de sa fille. Sur le coup, Louis s’inquiète un peu. Qu’a-t-il bien pu voir pour se retrouver dans cet état, lui qui ne ferait pas de mal à une mouche ? Ou bien est-il malade et il veut le faire savoir ? Si c’était le cas, ce serait étrange, Louis serait forcément au courant.

- T’es malade ou quoi ? tente quand même ce dernier.

Soudainement, Eros saute à la gorge de Louis.
Par réflexe, l’humain bascule en arrière et se protège de son bras, que le coyote mord à pleines dents.

- Bordel, mais qu’est-ce que tu fous ?!

Louis secoue son bras dans l’espoir que l’animal finira par le lâcher tandis que les crocs du canidé s’enfoncent un peu plus dans la chair. Eros tente de se maintenir en plongeant un peu plus ses griffes dans le torse de son humain. Un vrai animal sauvage. Du sang commence à couler de la plaie, la chemise blanche de Louis se teinte doucement de rouge. Par pur instinct, il balance un coup de pied dans le ventre de l’animal, qui vole alors sur plusieurs mètres, non sans emporter un morceau de chair dans sa course. Louis pousse un cri de douleur en se tenant le bras, prêt à essuyer une nouvelle attaque de son ami. Le souffle court, il regarde le coyote se relever en secouant la tête et se remettre en position d’attaque.
Avant de tout simplement se changer en escargot.

- Qu’est-ce que… ?

Il approche de l’escargot d’un pas tremblotant et le bras en sang, encore choqué par le comportement d’Eros. Qu’a-t-il bien pu se passer dans sa tête ? Pourquoi devenir aussi soudainement agressif ? Et surtout, pourquoi vient-il tout juste de se changer en escargot alors qu’il n’avait pas changé de forme depuis près de trente-deux ans ? De son bras valide, il attrape l’escargot afin de l’examiner. Ce qui semble être Eros rentre rapidement dans sa coquille en apercevant Louis. Il est de tout évidence craintif, comme pourrait l’être un escargot normal en voyant un humain beaucoup plus imposant que lui.
Louis pose alors l’escargot sur un carton. Immédiatement, il sort de sa coquille et tente de s’enfuir aussi rapidement que possible. Louis fronce les sourcils avant de s’occuper son bras, qui commence à sérieusement le brûler. Il remonte la manche de sa chemise pour découvrir une morsure impressionnante. Un morceau de chair d’une certaine taille est parti avec Eros lorsqu’il lui a mis un coup. Quelques griffures bégnines ornent également son torse. Certaines d’entre elles saignent, mais moins abondamment que la morsure au niveau du bras. La main tremblante, il remet sa chemise sur son bras en essayant de serrer un maximum. L’escargot est alors au bord du carton.
Puis il disparait, réapparait, se change rapidement en paon puis en lézard de mur avant de redevenir un coyote. Par réflexe, Louis s’éloigne, de crainte d’une nouvelle attaque, mais Eros regarde autour de lui, légèrement perdu. Il fixe son humain avec des yeux tristes, regarde son bras quelques secondes avant de baisser la tête, visiblement désolé. Il n’ose pas s’approcher de Louis.

- Viens-là… Viens, lui fait-il en lui tendant son bras valide.

Eros s’approche à petits pas, les yeux toujours baissés.
Une fois assez proche, Louis le prend dans ses bras pour lui caresser la tête. Eros pose sa truffe sur la blessure de son humain en couinant. Il commence même à y passer des petits coups de langue affectueux, comme s’il voulait soigner la blessure après l’avoir provoquée.

- C’est pas grave, mon gros… le rassure Louis sans vraiment y croire. C’est pas grave…

Il lui une dernière main sur la tête.
Puis un flash les éclaire.
Et Eros disparait.

Sans rien pour se retenir, Louis trébuche.
Il regarde autour de lui, afin de chercher des yeux son fidèle totem. Il cherche, cherche tandis que la panique commence à l’envahir. Pas encore. Pas lui.

- Eros ?! Eros ?!
Derrière l'écran

Pseudo sur internet : Line
Age : 21 ans
Code:
[b]OC[/b] de Dopey - [url=http://totem-emblem.forumactif.com/u207]Louis Grant[/url]
Comment as-tu connu le forum ? Via un partenariat. Et je tombe souvent dessus sur les Top-Sites.
Comment trouves-tu le forum (contexte, design...) ? Il est vraiment superbe. Le design est épuré et parfaitement clair (tout est à sa place, c’est bô). Quant au contexte inspiré de A la Croisée des Mondes, j’aime beaucoup. Et c’est l’évolution du contexte qui a fini par me faire craquer, je connais le forum depuis des mois.


Dernière édition par Louis Grant le Jeu 13 Déc - 20:48, édité 3 fois
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Totem de poche
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Totem de poche
le Lun 10 Déc - 9:05
Bienvenuuuuuuue bird
N’hésites pas si tu as besoin d'aide, quand on est vieux il ne faut pas avoir honte doge

Et autrement, merci d'avoir stalké si souvent TE plz Ravi que le forum plaise à ce point, et que l'évolution ne t'ait pas déçu yes

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Invité, si tu veux des copains, pense à voter toutes les deux heures !



 
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Totem de compagnie
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Totem de compagnie
le Lun 10 Déc - 19:16
Bienvenue !

En espérant que tu t'amuseras bien parmi nous hello

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Dillawn se sert de vous en #cc9999
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Totem poids lourd
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Totem poids lourd
le Mar 11 Déc - 18:02
Louiiiiiiiiiis hug attack

Je pourrais te redire bienvenue mais... rah... allez, quand même : bienvenue chez nouuus ! Tu le savais déjà mais j'ai super hâte de lire ce que tu nous réserves sur ce forum (j'ai même déjà lu le début de ta fiche en vrai mais shhh), ton personnage promet d'être franchement fun et je ne peux qu'approuver du choix du coyote comme totem. Du coup...

Finis-nous vite ton histoire pour qu'on puisse en savoir plus, allez zou ! gyah

_________________
Don't worry, all is well. All is so perfectly, damnably well. I can feel your heart beating as clearly as I feel my own, and I know that separation is an illusion. Soon, I will see your smile. You will wake up.
Merci à Sheryl pour mon superbe avatar à gif que je lui dois ♥

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Hier à 20:50
Oyé gyah
Généralement, je remercie les gens quand j'ai fini ma fiche mais j'ai vu trop tard qu'il y avait un sujet réservé pour prévenir des fiches terminées. Si j'avais su, je vous aurais remercié avant plz Mais merci pour votre accueil intense hug
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