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Totem de poche
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le Mer 5 Déc - 17:56


“You keep waiting for the dust to settle and then you realize this is it; the dust is your life going on. If happy comes along -- that weird unbearable delight that's actually happy -- I think you have to grab it while you can. You take what you can get, 'cause it's here, and then... gone.”

21 octobre 2018

Il semble que la vie suit son cours. Peu importe les gens devenus sans totem. Peu importe les blessés ou les morts. Les oiseaux chantaient quand même. Le soleil brillait toujours. Sara se souvenait clairement le jour où sa mère et son père avaient eu un accident mortel en percutant un orignal. Elle se souvenait qu’elle avait trouvé incongru le passage insensible des jours, alors que son monde venait de s’écrouler. Elle se souvenait de son incompréhension devant le ciel sans nuage, alors qu’il aurait dû tomber des trombes d’eau, comme elle-même pleurait la perte de ses parents. Oui, la vie suit toujours son cours.

Le loft de Sara lui avait semblé bien petit; elle avait eu l’impression d’étouffer. Elle avait l’habitude de se rendre au parc. Les habitudes ont la vie dure et les derniers évènements n’y changeraient rien. Accoudée à une balustrade en bois, elle regardait l’étang qui s’étendait devant elle. La vue avait quelque chose d’apaisante et le vent était doux. Vanir semblait vouloir se dégourdir les ailes : il avait frôlé la surface de l’eau, zigzagué entre des arbres, puis elle l’avait vu disparaître plusieurs mètres plus loin, de l’autre côté d’un buisson.

La jeune femme ferma les yeux et se perdit dans ses tristes souvenirs. Les vingt-deux derniers jours avaient été un véritable supplice. Sara rouvrit les yeux. Tout compte fait, elle préférait ne pas se perdre dans le passé. Elle avait tourné et retourné la scène dans tous les sens, avec des si, on pouvait refaire le monde; c’était à en perdre la raison. Elle avait failli en perdre la raison; elle avait eu envie de mettre le feu à ses peintures, de mettre le feu à son loft, qui avait été autrefois le loft d’Élodie.

Elle n’avait rien détruit, n’avait rien jeté, n’avait rien brûlé. Tout était exactement comme avant. Sauf qu’Élodie n’était plus là.

À l’hôpital, elle avait serré sa sœur dans ses bras. Sa sœur couverte d’un sang qui ne lui appartenait pas. Sa tante… Sara secoua la tête. C’était une belle journée. Les oiseaux chantaient. Le vent était doux.

La veille, Sara avait insisté pour qu’Éléonor vienne dormir chez elle; qu’elle vienne même souper, elle lui concocterait un repas. Éléonor avait ri. Pas méchamment, mais elle avait ri. Avec un mélange de lassitude et de tristesse. D’accord, c’était de renommé quasi public que Sara cuisinait mal…

Vanir revint peu de temps après être disparu, atterrissant sur la balustrade. Son oiseau totem tirait son nom de la mythologie nordique. Sa mère avait été historienne au musée culturel à Toronto, et elle avait adoré tout ce qui était mythologies et légendes. Les Vanir étaient un groupe de Dieux associés à la fertilité, à la fécondité, à la sagesse et à la précognition. On les priait pour avoir une bonne récolte ou de bonnes conditions météorologiques.

Son Vanir à elle n’était doué pour aucune de ses choses, et encore moins pour connaître l’avenir. Cependant, Vanir tenait dans son bec une longue tige de fleurs violettes, des Asters de la Nouvelle-Angleterre, un peu couvertes de givres. L’oiseau étira complètement ses ailes et pencha un peu la tête. C'était une offrande. Sara essuya une larme et accepta les fleurs.

- Elle va les adorer. Merci, Vanir.

Sara savait que l’oiseau était troublé et désolé par les derniers évènements, mais elle n’en avait fait aucun cas. Maintenant, elle comprenait qu’elle avait été injuste avec son totem.

Sara se retourna et appuya son dos sur la balustrade.

Un animal attira son attention. Sara se détacha de la balustrade. La vue de cette louve replongea Sara dans ses souvenirs. L’attentat de Mars. L’hôpital. Alors qu'Élodie se reposait dans une chambre. Sara se souvenait bien de cette louve rousse et de ses yeux. Elle s’était perdue dans ses yeux bruns et cela l’avait étrangement calmée. Encore aujourd’hui, la louve était là.

Sara croisa le regard d’Abishai. Elle pensa lever la main pour le saluer, mais ne le fit pas. Peut-être ne se souvenait-il pas d’elle, malgré leur échange de paroles. Après tout, leur rencontre remontait à quelques mois maintenant. Son oiseau décida de prendre les devants : il quitta la balustrade, vola jusqu’à l’homme et son totem et décrivit un large cercle autour d’eux avant de revenir se poser sur l’avant-bras que lui présenta Sara, qui s'était avancée pour aller à la rencontre de l'homme.

- Il me semble à moi que nous avons tendance à nous croiser après des tragédies. Deux fois sur deux jusqu’à maintenant. …Je n’ai pas spécialement envie qu’il y ait une troisième tragédie, pour voir si la tendance se confirme.


La première fois qu’ils avaient échangé quelques mots, Sara avait un pansement sur le visage, sous son œil gauche. Maintenant, il lui restait une cicatrice. Elle voyait déjà que physiquement Abishai se portait bien, aussi elle demanda plutôt :

- Votre famille va bien? Et votre amie?

Ils étaient des inconnus l’un pour l’autre, essentiellement. Alors, oui, ce n’était pas de ces foutus affaires. Abishai pourrait le lui dire; il pourrait lui dire d’aller voir ailleurs. Sara ne serait pas choquée.

Elle avait besoin de distractions.


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le Mer 5 Déc - 20:14
Se changer les idées. Abishai soupire. Mélodie a repris le travail en lui jurant que « tout va bien, merci » avant d’adresser un large sourire à Béa. Visiblement, rien n’a changé entre elles deux, rien du tout. Aucune méfiance, aucune animosité. Il les enviait toutes les deux. Lui ne pouvait s’empêcher de brider Ada. La haine qu’il ressentait pour elle, pour une partie de lui-même qui s’était avéré dangereuse, ne se diluait pas avec le temps. Il avait fallu plus de dix ans à Abishai pour tenter un rapprochement avec son père et encore, celui-ci avait été motivé entre autre par cet accident de voiture et le fait qu’il avait failli le perdre, que son père se serait laissé mourir au fond de ce vallon si les secours et l’assistance de la voiture n’avaient pas sonner l’alerte et rappliquer à temps. Que faudrait-il pour qu’il pardonne à sa louve d’âme. Dans un sens, il avait aussi failli la perdre. D’après les dernières statistiques gouvernementales, 80% des totems ont disparus. Ceux de ses parents vont bien. Celui de Nadia, malgré des péripéties rocambolesques (il était passé du plus gros mammifères au monde au plus petits des oiseaux avant de revenir à son état normal), le totem d’Anshel, son grand père, était lui porté disparu. Le vieil homme l’avait pris stoïquement. D’après lui, c’était normal, à intervalle régulier, il perdait les êtres qui lui étaient chers plus que tout. Il avait déjà perdu ses parents puis sa femme bien aimée. Il avait ensuite perdu en quelque sorte sa fille il y a 13 ans, même si là, maintenant, il l’avait plus que retrouver. (Elle avait débarqué en trombe à la librairie pour ranger et faire les comptes devant son père quelque peu apathique. Enfin. Ranger à sa manière.) Maintenant, il perdait Hvezda. Il avait lancé un long regard à son petit-fils. Si la logique se suivait, il était maintenant le prochain.

Un peu esseulé, il s’était retrouvé en face à face avec une correction d’article à lui après relecture, parce qu’il n’avait vraiment rien d’autres à faire en soupirant. Un peu. Beaucoup. Suffisamment pour que cela fasse réagir sa mère en ce bon matin. Elle s’était pointé devant lui particulièrement déterminée, vêtue d’un sweat qui lui descendait jusqu’aux genoux, dans lequel elle flottait comme dans une robe. Elle tenait devant elle le lourd blouson bleu marine avec le col en mouton et son sac de sport prêt sans un mot. Abishai avait levé un sourcil pas convaincu, la table de travail avait été secouée par le Chat grimpant avec élégance dessus, mrutant avec satisfaction. Pas miaulant, mrutant. Entre le ronron et le miaulement content, on vous dit. Le jeune homme avait retiré ses lunettes, toujours sans comprendre, jusqu’à ce que sa mère reprenne la parole en murmurant, ne pouvant pas encore parler trop fort. « Tu soupires trop » avait-elle déclaré. « Tu soupires tellement fort que tu vas réveiller ton père. Donc. Dehors. ». « Qu’est-ce que tu veux que je fasse dehors un dimanche » avait-il demandé l’air pas plus convaincu. « Va ramer. Et laisse sortir Ada, ça lui fera du bien aussi. » N’ayant pas plus d’argument autre que son manque de volonté, il avait obtempéré en grommelant, laissant sortir la louve et passant son blouson. Il avait callé son sac en bandoulière, passé une paire de basket taupe et remis les bas de son jean correctement.

C’est comme ça qu’il s’est retrouvé au parc, avançant d’un pas rapide, Ada vaquant devant comme un chien en promenade, la truffe au vent. Son casque sur les oreilles crachotant de la musique classique, il ne lui prête aucune attention à son grand regret et malgré la tonne de bâton et autres feuilles mortes qu’elle peut lui ramener en offrande. Soudain, la louve s’arrête, fixant une ombre qu’elle semble reconnaitre. Abi fronce les sourcils avant d’apercevoir une jeune femme aux cheveux clairs et à la peau presque translucide. Sa tête lui dit quelque chose. Et visiblement, c’est réciproque. Il suffit qu’elle prenne la parole pour qu’il la remette. Cette femme, il l’avait rencontré à l’hôpital. Abi la salut avec un grand signe de tête et s’approche, se détournant de sa route.

« Il faut voir si le sort des grues fonctionne. Visiblement, un des vœux a marché, je n’ai rien. »

Il avance vers elle pour lui faire face, la dominant quelque peu de sa grande taille.

« Tout le monde va pour le mieux. »

Il ne s’épanche pas plus que ça, il n’aime pas s’épancher.

« Et vous ? Qu’est-ce qui vous amène ici ? »


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le Dim 9 Déc - 17:38

Finalement, il la reconnaît. Soulagement; ç’aurait été bizarre comme situation autrement. Il hoche la tête, s’approche d’elle et lui parle de vœux. Le sort des grues, ça ne lui dit rien. Superstition familiale?

- Le sort des grues, hein? Qu’est-ce que c’est? Ça pourrait encore me servir.

Elle a encore une sœur, elles ont encore le même nom de famille, même si Éléonor est injuste, même si elle est méchante et égoïste. Sara ne comprend pas trop, elle aurait cru à un rapprochement. Parce que les gens c’est ce qu’ils font, quand un malheur les frappe: ils se rapprochent, ils se soutiennent, ils ne se divisent pas. Enfin, c’est ce que Sara croyait. Éléonor a de la rancune, ses paroles sont acerbes. Éléonor est lâche, elle a besoin d’un responsable et elle préfère pointer Sara. Elle mérite son totem. Elle et la hyène, elles se valent toutes les deux. Sara n’a rien fait pour mériter ça. Ce n’est pas sa faute. Mais il y a tous les « si » que Sara a retourné dans sa tête, ces « si » qui ont failli lui faire péter un câble; alors peut-être qu’Éléonor la méprisante a raison.

Abishai lui dit que tout le monde va bien. Blackwell hoche la tête. Elle est sincèrement contente pour lui.

« Et vous ? Qu’est-ce qui vous amène ici ? »

Elle laisse l’oiseau s’envoler. Il va trouver un meilleur perchoir, pas très loin. Il aime regarder les choses à distance, ça donne une perspective différente. Elle aussi aime ça. Ils se comprennent bien. Sa main gauche tient les fleurs sauvages. L’autre est libre. Sara passe sa main droite dans ses cheveux pour les replacer après un coup de vent. Elle aurait dû prendre une casquette. Elle a oublié; elle est partie un peu sur un coup de tête.

Elle parle simplement; elle a toujours été franche.

- Essentiellement, je fuis mon loft, ma sœur, et les gens qui viennent cogner à ma porte en prétextant être des amis. Mais surtout, j’aime ce parc. J’y viens souvent. Si je pouvais m’y perdre, je le ferais sans hésitation.

Sara pointe le sac en bandoulière de l’homme.

- C’est pour le plaisir ou pour le sport?


Son attention est légèrement détournée vers la louve, à qui elle adresse un mince sourire. Elle n’a pas peur des totems. Elle n’est pas en colère. Elle est surtout triste et confuse à propos de ce qui est arrivé. Ce sentiment n’est pas près de la quitter; la mort de sa tante était injuste, brutale et soudaine.


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le Mer 19 Déc - 22:15
Le sort des grues. Abishai toussote un peu gêné, il en a trop dit. Comment expliquer la lubie de Sisel et le fait que, malgré un esprit complétement cartésien, elle fait surement partie des personnes les plus superstitieuses au monde ? D’ailleurs, le fait qu’elle ait recouvré la parole ne semble pas la gêner guère. Elle continue de plier, encore et toujours, elle occupe ses mains. Mais il ne veut pas expliquer à Sara. Même s’ils ont déjà discuté ensemble, même s’ils ne sont pas de complets inconnus, il n’a jamais aimé se livrer, même à des gens qu’il connait mieux. Horovice n’est pas un nom facile à porter en faculté de mathématiques. Lis n’est pas un nom facile à porter en société en général. Alors, il tente d’évacuer le sujet d’un geste de la main, tandis qu’Ada revient à ses pieds comme un chien docile. Depuis les événements et donc après que Sara l’ait vu pour la dernière fois, elle a perdu son petit côté chiot joueur et curieux qui la fait courir un peu partout et zigzaguer entre les gens . Elle est devenu un molosse sage et calme, consciente et inquiète face à sa propre dangerosité qu’Abishai, son humain, n’a pas encore pardonné.

Abishai détaille un peu son interlocutrice, ses fleurs, un sourcil levé en regardant les fleurs cueillis dans sa main. La dernière fois qu’il a dû faire ça, il devait avoir quatre ou cinq ans grands maximum, Anshel l’avait emmené au parc et il s’était fait grondé parce qu’il avait arraché les pensées des platebandes municipales. Ada-moineau l’avait d’ailleurs aidé avec ardeur en se servant de ses petites pattes. Elle vient là pour fuir. Dans un sens, ils se rejoignent. Lui est parti parce que fortement invité par sa mère de le faire, elle veut s’éloigner du mouvement ambiant et d’un entourage visiblement intéressé et envahissant. Il hoche doucement la tête et lève un peu le bras lorsqu’elle pointe son sac de sport. Il est un peu gêné.
« Je … vais ramer. J’ai été immobilisé pendant presque trois mois avec mon épaule, plus un mois de rééducation et remise en route où je devais faire attention et adapter l’entrainement. J’ai des essais à la mi-novembre, avant que le bassin soit gelé et impraticable et si je veux faire une performance honorable pour m’inscrire aux compétitions universitaire de l’été prochain, il faut que je me reprenne un peu en main »

Il lui fait signe de le suivre, pour continuer à avancer tout en discutant. C’est que malgré la saison, il ne faisait plus très chaud. Ada reprend son avancée devant, surveillant toujours de son œil jaune anxieux que son humain ne l’abandonne pas, comme si il pouvait, physiquement. C’est qu’ils ne sont plus très loin du bassin d’entrainement qu’Abishai peut maintenant apercevoir au loin. Il s’étonne d’y voir si peu de monde alors que le temps est plutôt favorable. Puis, il se souvient que les partiels de fin d’année sont pour bientôt. C’est donc normal d’y voir peu de membre du club universitaire. On est aussi en pleine semaine donc ne peuvent venir que quelques personnes aux horaires décalés et les retraités. C’est d’ailleurs un d’entre eux qui surveille et conseille sur un petit bateau à moteur les quelques bateaux qui font des aller et retours à une vitesse plutôt lente. La ligne intérieur, destinée à la vitesse et l’entrainement est vide.
« Vous voulez essayer ? Si vous voulez vous perdre, c’est une activité idéale, vous ne pourrez que vous concentrer dessus. Il doit y avoir des tenues de rechanges qui trainent dans les vestiaires pour femme que vous pourrez emprunter au besoin, si vous ne voulez pas mouiller votre tenue actuelle. »


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le Dim 23 Déc - 1:16

Abishai balais l’air de la main. Sara se contente d’hausser légèrement les épaules. Elle consent à ce qu’Abishai garde pour lui-même le secret du sort des grues. De toute façon, Sara n’a jamais été superstitieuse. Élodie avait une breloque censée la protéger… de quoi, Sara n’a jamais su. Des maringouins, peut-être. Ou des coups de soleil. Une connerie du genre, parce que ça n’a jamais empêché le malheur de frapper Élodie. Abishai peut garder tous ses secrets s’il le désire, Sara n’est pas venue ici pour interroger. Elle est venue pour s'évader. Oublier.

La jeune Blackwell hoche la tête. Ainsi, Abishai est venu pour le sport. Et même, pour la compétition! Sara n'a pas un esprit très compétitif... sauf quand cela concerne sa jeune sœur, mais ce n’est pas la même chose. Sara suit l’homme, le totem prend les devants. Elle trouve particulière l’attitude de la louve, gardant à l’œil son humain comme si Abishai pouvait se volatiliser. Ironique, car se sont plutôt les totems qui se sont volatilisés.

« Vous voulez essayer ? Si vous voulez vous perdre, c’est une activité idéale, vous ne pourrez que vous concentrer dessus. Il doit y avoir des tenues de rechanges qui trainent dans les vestiaires pour femme que vous pourrez emprunter au besoin, si vous ne voulez pas mouiller votre tenue actuelle. »

Sara promène son regard sur le bassin, s’imprègne des lieux. Pensive, elle dit :

-  La dernière fois que j’ai fait une activité de la sorte, c’était dans un canot et j’avais… 12 ans, je crois. Puis, ma tante a brûlé le canot, mais ça c’est une autre histoire…

Sara tourne la tête vers Abishai et dit, avec un mince sourire :

- Me changer? Non, ça va, merci. Mes vêtements ne sont pas faits en chocolat.

L’activité idéale pour se perdre, a-t-il dit? Dans ce cas…

- Je veux bien essayer. Ça a l’air plutôt plaisant. Mais je n’ai jamais fait ça, alors j’aurai besoin d’un professeur …et je me doute que vos plans de la journée n’incluent pas de donner un cours de rattrapage.


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le Sam 5 Jan - 19:34
Abishai lève une sourcil, surpris et circonspect. Comment ça , sa tante a brûlé un canot. Alors certes, ça ne devait pas être un bateau hors de prix comme une yole mais quand même, qu'est ce qui faisait qu'on arrive a de telles extrémités ? A part se lancer dans une reconstitution cheap et sans cadavre de funérailles viking , il ne voit pas . Ou alors c'est encore une de ces élucubrations artistiques d'un plasticien contemporain torturé pr son mal de mer que Mélodie a tenté de lui montrer une fois sans succès. Déjà qu'il est un peu hermétique à tout art ne s'approchant pas de près ou de loin à l'enluminure ou la musique, là, on était allé beaucoup trop loin , procéduralement et "artistiquement" pour que son esprit ne capte ne serait-ce qu'une bribe de la démarche artistique et que son cerveau daigne mettre en route ses petites cellules grises pour tenter de comprendre. Bref , voilà que Sarah lui parle d'un meurtre de bateau par immolation d'une tante visiblement un peu fêlée. Soit. Après tout , il a bien un mère qui fabrique des origamis à la chaîne, persuadée que par paquets de milles, ils exaucent les vœux, un père qui la trouve fantastique même quand elle le secoue , physiquement, parce qu'elle trouve qu'il manque de répondant et un grand père en pleine dépression qui se relance dans du spiritisme pour tenter de convoquer l'esprit de sa défunte femme afin de trouver conseil auprès d'elle pour savoir si c'est bon , ça y est , on a plus besoin de lui et qu'il peut la rejoindre comme il en rêve secrètement et sans se l'avouer depuis des années ou s'il va devoir remettre sa cape de super papa/papi incessamment sous peu parce que depuis que Maciej trouble tout ce qu'il touche a cause de sa *grossièreté en yiddish* de famille de banquier polonais, on cite. Chose notable, Anshel a récemment déporté la responsabilité des malheurs de sa descendance de Maciej en personne à l'entité "Famille Lis". Comme si , actuellement , il était plus simple d'en vouloir à un truc vague plutôt qu'à une personne physique.

Quoiqu'il en soit, l'expérience semble remonter et il serait très impoli de demander son âge pour pouvoir en juger. Passons sur les vêtements. Ce n'est pas une question de coquetterie , plus de sécurité. Alors Abishai se permettre de lui répondre.

" Sur une yole, vous êtes plus a l'étroit que sur un canot. Vous avez aussi plus de risque de tomber à l'eau . Donc si en haut, quand vous aurez enlevé le manteau , ça devrait être bon , le jean en bas , c'est vraiment pas conseillé, surtout s'il est étroit. Vous allez avoir besoin de bouger et si vous le mouillez , il va devenir très lourd. Donc il vous faut au moins un pantalon de jogging et des baskets parce qu'il faut les attacher au fond du bateau... enfin on va en sortir un , vous allez comprendre."

Il a un petit sourire en coin , sûr de lui.  Ce n'est pas là première qu'il fait de l'initiation débutant donc il sait à peu près ce qu'il faut faire et présenter pour que cela se passe dans les meilleures conditions possibles.

" On doit avoir ça au hangar. Les essais pour les débutants ont du avoir lieu au début du mois donc le matériel de secours doit toujours être là ."

Il s'arrête devant le hangar, salue le responsable en expliquant qui est Sara ( "une amie, elle souhaite tester ") et entre avec elle dans le bâtiment parfaitement rangé sous le toit de tôle. Les bateaux de différentes tailles sont rangé sur des portant, les rames accrochées au mur.

" Juste, pour que je sache où je commence mon explication, est ce que vous pourriez vous asseoir à l'ergometre et me montrer comment vous faites pour ramer? Comme ça date ."

Il désigne une machine , qui ressemble fortement au rameur que l'on trouve dans les salles de sports , muni d'une siège, de deux emplacements pour caller les pieds , d'un câble enroulé à une espèce de poulie et d'une poignet.

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le Sam 5 Jan - 23:51
Attentive, Sara écouta les explications de l’homme concernant ses vêtements. Apparemment, sa paire de jeans étroite pouvait lui nuire. Elle n’avait pas vu la situation sous cet angle. Dans ce cas, elle suivrait ses conseils. Apparemment, l’activité que lui proposait Abishai comportait le risque de tomber à l’eau. Une petite baignade glaciale. Pas plus pire que le Toronto Polar Bear Dip. On l’invitait tous les ans à cet évènement. Elle refusait tous les ans. Se purifier de 2018, oui l’idée était intéressante.

La jeune femme acquiesça, puis suivit Abishai jusqu’à un hangar où il avait, évidemment, ses accès privilégiés. Sara venait souvent au parc, mais jamais dans cette section. Alors, pour la distraction, ça commençait plutôt bien.

« Juste, pour que je sache où je commence mon explication, est ce que vous pourriez vous asseoir à l'ergomètre et me montrer comment vous faites pour ramer? Comme ça date. »

- À l’ergomètre, hein?

Ce devait être cette drôle de machine que lui pointait Abishai. Sara sembla perplexe quelques secondes, puis lança d'un ton léger, avec l'ombre d'un sourire :

- Eh bien, l’embarras n’a jamais tué personne.

Blackwell tendit les précieuses Asters à Vanir, qui les prit dans ses petites serres et alla se poser un peu à l’écart. Elle retira sa veste d'automne, dévoilant un chandail à manche ¾, en laine, léger, à l’encolure dégagée et arrondie, de couleur bleu pastel.

Sara alla ensuite s’asseoir sur le siège qu’on lui avait désigné et positionna ses pieds. Il était vrai qu’elle n’avait pas prévu faire de sport, sinon elle n’aurait pas mis de jeans. Elle attrapa tout de même la poignée, jeta un court regard à Abishai, pour ensuite effectuer le mouvement; pousser avec les jambes, tirer avec les bras, relâcher. Dans sa tête, ce n’était pas si mal, mais en vrai Sara savait que ses mouvements étaient incomplets, que sa posture de dos laissait à désirer. Elle était une coureuse, pas une rameuse. …Mais, peut-être qu’avant la fin de cette journée, Sara pourrait se considérer un peu plus comme une rameuse.

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